Le chêne de Roche à Iffendic
Un arbre exceptionnel disparu
En 1912, Édouard Aubrée décrit un arbre exceptionnel dans le Bois de la Roche Trébulente, au sud de Trémelin en Iffendic. Cet arbre qu’il nomme Chêne de Roche est aujourd’hui introuvable.
La découverte du chêne
Édouard Aubrée 1 est l’auteur en 1907 d’un des premiers articles bretons sur les arbres remarquables dans lequel il décrit trois arbres de Brocéliande aujourd’hui disparus : le chêne de la Victoire à Treffendel, le hêtre de la Gelée et le hêtre de Roche-plate à Paimpont. — AUBRÉE, Edouard, « Quelques beaux arbres et quelques vieux arbres de l’Ille-et-Vilaine », Revue bretonne de botanique pure et appliquée, Vol. 2, 1907, p. 72-75, Voir en ligne. —
En 1912, il publie sa découverte d’un arbre situé dans le Bois de la Roche Trébulente, au sud de Trémelin en Iffendic.
Du 12 au 16 septembre dernier, j’ai exploré ces environs, et parmi les curiosités, naturelles ou dues à la main des hommes, qui ont le plus frappé mon attention, figure en bon rang le Chêne dit de la Roche. Son habitat, à peu près impossible à découvrir sans un guide, perdu qu’il est en pleins taillis et futaies, se situe au bout Nord-Est du bois de la Roche, lequel joint le Sud du bois de Tremelin, et dans la direction Sud-Est par rapport à l’étang du même nom, à deux kilomètres Est du village de la Croix-Cormier qui borde à droite la voie allant de Saint-Péran à Iffendic.
La description du chêne
Après en avoir donné une description illustrée, il s’attache à le décrire dans toutes ses particularités.
Sur une roche émergente de schiste rouge, sinon quartzite, convexe, orientée de l’Ouest à l’Est en sa longueur presque double de la hauteur prise de la base aux abords du sommet, épaisse à dix centimètres de terre de 0m70 environ, s’amincissant de l’attache à l’arête comme une lame non évidée de rasoir, chevauche un chêne vigoureux de 10 mètres de jet, qui étend ses branches d’une envergure de 11 mètres de l’Ouest à l’Est et de 13 mètres du Sud au Nord, et dont la première prend naissance à deux mètres de la partie inférieure du tronc. Plus aplati que rond, celui-ci mesure 2m36 de tour à 1m50 du sol. Ses faces Nord et Sud accusent approximativement dans les 74 centimètres de large, tandis que vers Ouest il est réduit à une cinquantaine de centimètres et à 0m40 vers Est.
L’arbre m’a semblé plus que centenaire ; eu égard à sa force, aux retards que dans de telles conditions sa croissance a dû subir, je lui donnerais volontiers un siècle et demi. Il ne laisse apparaître aucun signe de décrépitude, si ce n’est au départ du tronc côté Ouest, une fissure, profonde de 15 centimètres, longue de 20, sur une largeur de 5 à 6 entre les lèvres extérieures.
Frappé par la singularité du Chêne de la Roche, Édouard Aubrée, tente de donner une explication scientifique à ce qu’il qualifie lui même de monstruosité
.
Une explication plausible peut elle être donnée de cette monstruosité et des circonstances dans lesquelles elle se serait produite, depuis la germination du gland jusqu’à l’état que nous constatons aujourd’hui ?
Nos recherches dans le Bois de la Roche Trébulente n’ont pas permis de retrouver l’arbre décrit par Édouard Aubrée en 1912.