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Le hêtre de Roche Plate en Paimpont

Un arbre remarquable disparu

Le hêtre de Roche Plate était un arbre remarquable de la forêt de Paimpont. Plusieurs fois frappé par la foudre, il est mort au début des années 2000.

Le hêtre de Roche Plate était situé dans un petit vallon près de l’Aff, trois cents mètres en contrebas de la maison de garde de Roche Plate.

Une photo ancienne

Sur le massif de Paimpont, seuls deux arbres remarquables font l’objet de cartes postales anciennes, le chêne d’Anatole-le-Braz aux Forges de Paimpont et le hêtre de Roche Plate. La carte représentant l’arbre, datée du début du 20e siècle, est sous-titrée le gros hêtre de Rocheplate, 6 mètres de tour, c’est le plus gros arbre de la Forêt.

Carte postale du hêtre de Roche Plate

Deux descriptions littéraires

En 1907, le hêtre est mentionné par Édouard Aubrée comme un des plus beaux arbres d’Ille-et-Vilaine, inférieur cependant en majesté au hêtre de la Gelée.

J’ai entendu lui comparer [Le hêtre de la Gelée], mais à tort, un autre hêtre de la même forêt, distant de cinq à sept kilomètres, crû dans un bas-fond, au-dessous de la maison forestière de Roche- Plate, à une lieue de Beignon, et à quelques enjambées de la petite rivière d’Aff, qui sinue à travers une étroite vallée des plus pittoresques et sépare l’Ille-et-Vilaine du Morbihan. De l’un et l’autre côté du cours d’eau, torrentueux en hiver, à sec depuis des mois quand en août et septembre derniers j’ai suivi ses rives, émergent à cinquante, soixante et parfois quatre-vingts mètres de hauteur, des rocs abrupts, que dissimulent en partie sur le versant de notre département les extrêmes bois de la forêt, et sur le versant Morbihannais sauvagement dénudés ou à demi recouverts d’herbe maigre, d’ajoncs courts et hargneux, qui, vers les bords de l’Aff, laissent toutefois percer çà et là quelques touffes de bruyères. Le hêtre de Roche-Plate, d’accès plutôt difficile, est à demi-enfoui dans la végétation qui le presse, comme un monument enserré de banales constructions ; il en est tout gêné, il a peine à s’étendre et s’étire gauchement. Son tronc pourtant a les mêmes dimensions que celui de la Gelée ; ses branches déploient sur près de 29 mètres de l’est à l’ouest et sur 22 à 24 du nord au sud. Sa situation et son entourage lui font tort ; il eut dû naître, pour sa gloire, bien dégagé en plaine ou sommet. Il serait cependant à citer si son rival n’existait pas.

AUBRÉE, Edouard, « Quelques beaux arbres et quelques vieux arbres de l’Ille-et-Vilaine », Revue bretonne de botanique pure et appliquée, Vol. 2, 1907, p. 72-75, Voir en ligne.p. 74

L’académicien Charles le Goffic en donne une courte description dans son dernier livre paru en 1932.

Le roi de ces colosses serait, mesures prises, le hêtre de Roche-Plate. Il dérobe sa majesté en l’un des breils les plus retirés, au sud, vers les escarpements qui dominent le ravin sinueux de l’Aff.

LE GOFFIC, Charles et DUPOUY, Auguste, Brocéliande, Rééd. 1995, Terre de Brume, 1932. [pages 39-40]

Les dernières années de l’arbre

Le hêtre de Roche Plate est à nouveau mentionné au début des années quatre vingts par Jacky Éalet.

Dissimulé dans les méandres de la vallée de l’Aff, le hêtre de Rocheplate, de dimension comparable à celui de la Gelée ( 5,05 m à 1 m du sol, plus de 6 m à la base) est vraisemblablement le plus vieux et le plus retiré des tous les arbres ici cités. Les branches maitresses sont passablement mutilées et témoignent de maints orages et foudroyants assauts du ciel. Cependant, dans le sous-bois, il demeure bien planté, le tronc enroulé dans une carapace de géant hors d’âge.

Le hêtre de Roche Plate en 1998
Le hêtre de Roche Plate en 1998
Alain Bellido

Le hêtre est mentionné dans un article de la revue de l’Écomusée de Montfort de 1992, introduction au premier inventaire des arbres remarquables d’Ille-et-Vilaine.—  RICHARD, Anne, « Arbres remarquables en pays de Montfort et de Brocéliande », Glanes en pays pourpré, 1992, p. 8-14. —

Trois hêtres de la commune de Paimpont, le hêtre de Ponthus, le hêtre de la Gelée et un troisième dont le nom n’est pas cité, sont répertoriés dans l’inventaire départemental publié en 1997 à l’initiative de La Maison de la Consommation et de l’Environnement de Rennes. ll s’agit très vraisemblablement du hêtre de Roche Plate, encore en vie à cette date.—  AMIOT, Christophe, LEBOUC, Yves, LE BOURDELLÈS, Joël, [et al.], Arbres remarquables en Ille-et-Vilaine, Rennes, Apogée, 1997, 157 p. [page 154] —

L’arbre est mort au début des années 2000, frappé plusieurs fois par la foudre.—  EALET, Jacky et LARCHER, Guy, Paimpont en Brocéliande, Beignon, Les oiseaux de papier, 2015. [page 226] —

Le hêtre de Roche Plate en 2009
Le hêtre de Roche Plate en 2009
Guy Larcher

Bibliographie

AMIOT, Christophe, LEBOUC, Yves, LE BOURDELLÈS, Joël, [et al.], Arbres remarquables en Ille-et-Vilaine, Rennes, Apogée, 1997, 157 p.

AUBRÉE, Edouard, « Quelques beaux arbres et quelques vieux arbres de l’Ille-et-Vilaine », Revue bretonne de botanique pure et appliquée, Vol. 2, 1907, p. 72-75, Voir en ligne.

EALET, Jacky et LARCHER, Guy, Paimpont en Brocéliande, Beignon, Les oiseaux de papier, 2015.

EALET, Jacky, « Les seigneurs de la forêt », Le Châtenay - Journal de l’Association des Amis du Moulin du Châtenay, Mai, 1984, p. 9-11.

AUBRÉE, Edouard, « Quelques beaux arbres et quelques vieux arbres de l’Ille-et-Vilaine », Revue bretonne de botanique pure et appliquée, Vol. 2, 1907, p. 72-75, Voir en ligne.

RICHARD, Anne, « Arbres remarquables en pays de Montfort et de Brocéliande », Glanes en pays pourpré, 1992, p. 8-14.