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1626-1653

La vente de la forêt de Brécilien

Henri III de La Trémoille aliène le comté de Montfort

Henri III de La Trémoille est duc de Thouars, prince de Tarente et de Talmont, il possède d’importants fiefs dans le royaume de France. Héritier des Laval en Bretagne, il devient comte de Montfort et de Quintin, baron de Vitré, vicomte de Rennes, seigneur d’Avaugour, de Bécherel, de Gaël, de Mauron et châtelain du Désert-à-Domalain. En 1626, Henri III de La Trémoille qui doit assainir ses finances, se voit contraint de vendre ses biens en Bretagne. En 1653, la vente de l’ensemble de la forêt de Brécilien met fin à celle des fiefs, juridictions et seigneuries du comté de Montfort.

Henri III de La Trémoille vend ses domaines bretons de Montfort-Gaël

Marie de La Tour d’Auvergne réalise la vente du comté de Montfort et de la forêt de Brécilien

En 1661, Marie de La Tour d’Auvergne, l’épouse d’Henri III de La Trémoille, rédige un Mémoire dans lequel elle fait part des nombreuses ventes que son mari lui a confiées :

[…] Je fus mariée en l’année 1619, âgée de 18 ans, je ne me mêlais d’aucune affaire plusieurs années, pour ce que madame ma belle mère et monsieur mon mari en prenaient le soin sans m’en donner aucune connaissance. En l’année 1626, monsieur mon mari, qui se voyait endetté de près de 500.000 écus […] dont les intérêts consumaient plus que notre revenu, trouva à propos que je fisse un voyage à Montfort, pour y faire quelques ventes 1. IMBERT, Hugues, « Mémoire de Marie de la Tour-d’Auvergne, duchesse de la Trémoille (1664) », Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, Vol. 31, 1867, p. 95-129, Voir en ligne. page 96

Les ventes notifiées dans le Mémoire de Marie de La Tour d’Auvergne s’échelonnent de 1626 à 1653. Les explications qu’elle apporte sont succinctes et ne concernent qu’une partie des fiefs de Gaël, Plélan, Bréal, Comblessac, Saint-Malon et la forêt de Brécilien.

  • En 1626, la terre de Gaël est vendue à Mathurin de Rosmadec (1581-1644), seigneur de Saint-Jouan (Saint-Jouan-de-L’Isle, Côtes d’Armor) 2 pour la somme de 160 000 livres. — Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 96 (Voir en ligne) —.
  • Les terres de Plélan, Bréal et Comblessac sont vendues à Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart (†1643), pour 51 730 livres. 3. — Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 97 (Voir en ligne) —
  • François d’Andigné, seigneur de Kermagaro et de la Chasse, achète la châtellenie de Saint-Malon qui est une composante du comté de Montfort 4. — Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 97 (Voir en ligne) —
  • Marie de La tour d’Auvergne écrit avoir fait une offre de vente au comte du « Bois de la Roche » d’un canton de forêt proche des terres de ce dernier 5. La vente n’aboutit pas. Marie de La Tour d’Auvergne impute cet échec au prix offert très inférieur à ses attentes. Par ailleurs elle constate un blocage à la vente d’autres cantons de forêt, qu’elle attribue aux pressions exercées, y compris sur ses propres officiers, par le vicomte de Volvire.— Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 103-104 (Voir en ligne) —

Marie de La Tour d’Auvergne et son mari réalisent qu’ils ne pourront vendre la forêt de Brécilien, soit en entier, soit par canton. Ils envisagent alors d’y bâtir des forges.

Depuis 1608, le droit d’implanter des forges en forêt est acquis. En témoigne un contrat de vente du 19 mai 1653 notifiant que le duc de La Trémoïlle est en possession des lettres patentes de sa Majesté lui donnant droit de faire bâtir des forges et édifices :

[...] Je voyais bien dans toutes les difficultés que le plus avantageux parti que nous pouvions prendre était d’y faire des forges ; mais pour y parvenir il fallait trois choses, la première un fonds de plus de 200.000 livres, tant pour les faire construire que pour en acheter de M. de Mortemar l’emplacement, la seconde de trouver gens capables et fidèles pour en conduire le travail et prendre le soin des dites forges, et la troisième d’établir des officiers pour la garde des bois qui s’en acquittassent mieux que tous ceux que jusqu’alors nous avions commis non seulement là mais aux lieux où nous faisions notre plus ordinaire demeure.[...]Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 104 (Voir en ligne)

Ils finissent par renoncer à ce projet de forges. Elle écrit qu’au moment de la vente les acquéreurs sont loin d’avoir les garanties nécessaires pour bâtir des forges :

[...] Les difficultés qui se rencontraient en l’exécution de ces trois conditions firent résoudre Mr mon mari de m’envoyer ses ordres de Vitré, où il était, pour conclure la vente pour le prix sus dit de 220.000 livres avec la réservation du canton de Coulon 6 ; à quoi il est certain que les acquéreurs apportèrent quelque difficulté par la crainte où ils étaient de ne pouvoir réussir au dessein d’y faire des forges, n’étant pas assurés d’y trouver la mine et la castille en la quantité qu’il est besoin, et d’autant même que Mr de Mortemar voulut les accommoder d’un fonds de terre sans quoi ils ne pouvaient rien faire [...]Imbert Hugues (1867) op. cit., p. 104 (Voir en ligne)

Complément à la vente du comté de Montfort et de la forêt de Brécilien

Le duc de La Trémoille a œuvré de son côté à l’aliénation d’une partie de la vente des fiefs, juridictions et seigneuries du comté de Montfort. Les actes notariés ci-dessous, permettent de compléter les explications de Marie de La tour d’Auvergne 7.

En 1629 le duc de La Trémoille vend

  • à François d’Andigné, seigneur de La Châsse, de Kermagaro, de Saint-Malon, cinquante-quatre journaux de terre et les fiefs du Perray.

    Messire François d’Andigné, sieur de la Châsse, conseiller au parlement de Bretagne, acheta cinquante-quatre journaux de bois en la forêt de Brécilien au mesure de la dite forêt, qui sont trente sillons par journal 8, à prendre au canton du Perray ; le tout pour la somme de 415 livres par contrat du 2 décembre 1629, au rapport de Sigay et Bechu, notaires royaux à Vitré [...]AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 377 (Voir en ligne)

  • Dans un premier contrat, à Benjamin de Laage 9 cent-quarante journaux et les fiefs de Folle Pensée.—  TULOT, Jean-Luc, « Correspondance de Monsieur d’Iray intendant des la Trémoille : année 1629-1635 », 2007, Voir en ligne. [page 1] —

A écuyer Benjamin de Laage, par contrats des 22 novembre 1629 et du 28 mars 1630. Les minutes sont chez Guillemot, notaire royal à Montfort. A savoir, la juridiction en basse voirie et les rentes dues au dit seigneur [de La Trémoille] en sa dite châtellenie de Brécilien par les hommes et sujets d’icelle des villages de Follepensée, Pertuis-Néanti et Fermu, à raison de trois deniers par sillon de terre selon l’usement de la dite forêt, qui se monte au dossier des rôles rentiers, à la somme de 46 livres par an ; pour la somme de 1410 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 378-379 (Voir en ligne)

  • Dans un second contrat, deux autres cantons à Benjamin de Laage :

    [...] l’un appelé le canton de La Grenouillère, contenant quarante journaux de terres ; l’autre Le taillis de Gurvant et la Vallée des Portes, contenant ensemble cent dix journaux, pour la somme de 1170 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 379 (Voir en ligne)

Par ce deuxième contrat lui sont vendus les droits de haute et basse justice, pour la somme de 580 livres, s’ajoutant aux droits de moyenne justice mentionnés au premier contrat.

En 1630 le duc de La Trémoille vend

  • à Eustache Le Moyne, sieur de Grand delieuc (paroisse d’Iffendic) :

    Messire Eustache Le Moyne, sieur de Grandlieuc, par contrat du 23 mars 1630, au rapport des dits Guillemot et Régnier, notaires royaux, les rentes ordinaires dues à la dite seigneurie et châtellenie de Brécilien, à raison de trois deniers par sillon, selon l’usement de la dite forêt se montant au dossier des rôles rentiers à 13 livres par an, sans aucun droit de fief ni de juridiction sur les hommes et sujets aux dites rentes vendues ; y compris 10 sols de rente par même contrat, franches et amorties au profit dudit acquéreur qui les devait sur les autres terres. Pour la somme de 262 livres [...]AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 379-380 (Voir en ligne)

  • à François d’Andigné, seigneur de La Châsse les fiefs de La Sangle, Coibois, Le Haut-Champ, Les Buissons, Les Trois Chênes et Le Perray au nord de la forêt.

    Au dit seigneur de la Châsse, d’Andigné par autre contrat du 28 mars 1630, dont la minute est tirée de Guillemot, notaire royal à Montfort, ont été vendus les fiefs, rentes ordinaires et obéissances dues à la juridiction et châtellenie de Brécilien, à raison de trois deniers pour sillon de terre, selon l’usement de la forêt dite de Brécilien ; aux villages de La Sangle, Coibois, Le Haut-Champ, Les Buissons, Les Trois-Chênes et Le Perray ; toutes les dites rentes montantes au dossier des rôles rentiers, à 32 livres 7 sols 5 deniers ; pour la somme de 1349 livres et 1 sol.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 377 (Voir en ligne)

  • à Jacques Polluche de La Motte les fiefs de Beauvais en la paroisse de Paimpont.

    Noble homme Jacques Polluche, sieur de La Motte, par contrat du 28 mars 1630, au rapport des dits Regnier et Guillemot, notaires, le lieu et la Maison vulgairement appelée la Contournise [?] en Beauvais située en la paroisse de Paimpont, plus six journaux en bois de haute futaie situés au derrière de la dite maison et un journal et demi au haut de la petite vallée du Gaubu ; plus l’amortissement de sept livres sept sols et six deniers dus par le dit sieur de La Motte ; plus un moulin appelé le moulin de Châtenay, situé en la dite paroisse, avec l’étang, droit de mouture et d’en faire un autre au-dessus du précédent ; plus 100 livres 12 sols de rentes qui étaient dues à la dite châtellenie de Brécilien par les hommes et vassaux d’icelle et les villages de Brehelo, La Touche Guérin, La Guette, des Rues Jehan, du Châtenay, du Gaubu, maisons et terres de Hucheloup, de Pinçais, du Gué au Moine, de L’Orgeril et de Pontblay [?] les dites rentes à raison de trois deniers le sillon selon l’usement de la dite forêt avec le droit de juridiction haute, moyenne et basse sur les hommes d’icelle. Le tout pour le prix de 8794 livres à charges de foi et hommage sans rachat.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 380-381 (Voir en ligne)

  • à Isaac de Forçant :

    A écuyer Isaac de Forçant, seigneur de Maradan,[?] par contrat du 21 mai 1630, au rapport des dits Régnier et de Guillemot, notaires, les rentes ordinaires dues à la châtellenie de Brécilien à la même raison de trois deniers par sillon se montant à 16 livres 12 sous, par plusieurs particuliers dénommés au dit contrat moyennant la somme de 498 livres 10 sous et 6 deniers, avec la basse justice seulement, le dit seigneur comte s’étant réservé la haute et moyenne justice.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 381 (Voir en ligne)

  • à Eustache Le Moyne de Grand delieuc (paroisse d’Iffendic) :

    Au dit sieur du Grand delieuc, par contrat du 21 mai 1630, au rapport des dits Régnier et Guillemot, achète le fief et la juridiction de la basse voirie seulement sur les hommes débiteurs des rentes par lui acquises par contrats des 22 février 1629 et 23 mars 1630 ; moyennant la somme de 130 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 380-381 (Voir en ligne)

  • aux seigneurs de Maradan et de Grand delieuc, cités aux deux précédents articles :

    [...] les rentes, fiefs et juridictions en basse voirie, dues à la dite châtellenie de Brécilien, dans les paroisses de Coulon, Talensac et d’Iffendic se montant à 26 livres, 17 sous et 8 deniers à la réserve d’autres mentionnées au contrat ci-devant pour la somme de 806 livres et 10 sols. AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 380-381 (Voir en ligne)

  • à Jean Madic, sieur des Maisons-Neuves, fils d’Antoine et de Henriette Le Baillif, (fille de Roch Le Baillif), les terres de Ranlou en forêt de Brécilien :

    A écuyer Jean Madicq, sieur des Maisons-Neuves, par deux contrats du 28 mai 1630 au rapport des dits Régnier et de Guillemot, notaires, par le premier en forme d’afféagement le fond de dix journaux de terre en la dite forêt de Brécilien, près de la maison du Vieux-Ranlou pour la somme de 75 livres, et par l’autre, le bois étant sur les dits journaux pour la somme de 195 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 381-382 (Voir en ligne)

En 1631 le duc de La Trémoille vend

  • à François d’Avaugour, seigneur de La Lohière et de Guer10 le canton du Pas de la Chèvre :

    A Messire François d’Avaugour, seigneur de La Lohière, un canton de terre en la dite forêt de Brécilien, appelé le Pas de la Chèvre, de dix journaux, mesure de la dite forêt, pour servir à l’emplacement d’un étang, avec en plus, les rentes ordinaires en la dite châtellenie de Brécilien, à raison de trois deniers par sillon, selon l’usement de la dite forêt, due par les hommes et sujets aux fiefs et frairies de Trudeau, Trédéal, Le Hiry, La Croix-Perrault, les Hautes et Basses Rivières, La Courairie [?], Boncours [?], Le Pont aux Bretons, La Ruisselée, Plaisance, Le bas du Gué de Plélan, en ce qui dépend du dit Brécilien, Le Perray et Les Moreaux ; lesquelles rentes montant, au dossier des rôles rentiers, la somme de 196 livres 10 sous et 6 deniers ; avec le droit de moyenne, haute et basse justice ; pour la somme de 7962 livres, par contrat du 5 juillet 1631 au rapport de Morfouace et de Gaspais, régistrateurs.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 382-383 (Voir en ligne)

  • à Jacques Saulnier, sieur de Ville Aubry, résidant à son lieu et maison de Collincarré, paroisse de Paimpont, les rentes et fiefs des villages et frairies de Télhouët, Coganne, du Cannée ainsi que l’étang du Pré et des Mafrais :

    Messire Jacques Saulnier, sieur de la Ville Aubry, par contrat du 2 août 1631, au rapport des dits Régnier et Guillemot, notaires, [achète] 171 livres de rente, avec le fief et la juridiction en haute, basse et moyenne justice sur les hommes et vassaux, à raison de trois deniers par sillon aux villages et frairies de Télhouët, Coganne, du Cannée et autres mentionnés au dit contrat ; sans comprendre autres petites rentes particulières hors lesdites frairies, avec les affranchissements stipulés de par le dit acquéreur, d’autres rentes qu’il devait ; de 397 livres. Plus deux étangs nommés le Pré de la Reine et les Mafrais, avec droit de faire bâtir un moulin ; de plus, 84 journaux de terre, partie sous bois et partie vague. Le tout pour la somme de 22805 livres à foi et sans rachat.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 379-381 (Voir en ligne)

  • à Mathurin de Rosmadec, baron de Saint-Jouan et de Gaël :

    [...] par contrat du 3 août 1631, au rapport de Gautier et de Gaspais, régistrateurs et notaires royaux à Rennes, 162 livres, 1 sol, 2 deniers de rente, à raison de trois deniers par sillon, dues à la dite châtellenie de Brécilien par les vassaux d’icelle aux villages et frairies de Gaillarde et la Ville dans la paroisse de Concoret ; avec le droit de haute, moyenne et basse justice ; de plus, deux cents journaux de terre et bois dans la dite forêt de Brécilien, près le château de Comper ; le tout, pour la somme de 12487 livres. Les autres clauses à charges aux conditions stipulées et acquitées par le dit contrat.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 382-383 (Voir en ligne)

En 1632 le duc de La Trémoille vend

  • à Guillaume Rabinard, le bois des Relaissés, les moulins de Careil et les fiefs de Saint-Péran :

    L’écuyer Guillaume Rabinard au rapport desdits Guillemot et Regnier notaires royaux de Montfort, par contrat du 28 mars 1632, les moulins à eau avec l’étang de Careil, situé en la paroisse d’Iffendic, le tout dépendant de la seigneurie de Montfort. De plus les fiefs de justice, juridiction haute, moyenne et basse appartenant au dit seigneur duc sur les hommes et vassaux de sa dite châtellenie de Brécillien en la bourgade de saint-Péran, aux villages et cantons de la Bernardière, de la Martinais, du Gacel, du Fourneaux, des Plesses, de la Vallée et la Jaroussaie avec les rentes dues par les dits hommes montant à 119 livres 17 sols, à raison de trois deniers par sillon, selon l’usement de la dite forêt. De plus le fond et bois de futaie des Relaissés, joignant un autre bois de taillis auparavant vendu au dit acquéreur qui a payé pour tout acquis la somme de 16.804 livres sous les clauses et conditions portées par le dit contrat.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 378-379 (Voir en ligne)

En 1642 le duc de La Trémoille vend

  • à Briand Huchet 11 et à François Rabinard des fiefs dans les paroisses d’Iffendic et de Monterfil :

    A Messire Briand Huchet, seigneur de Kerbiquet, et à François Rabinard, sieur de la Fleuvrais, par contrat du 5 mars 1642, au rapport de Mahé et Berthelot, notaires. Le sieur de Kerbiquet acquiert les fiefs et bailliages de Trévit, d’Ysaugoët et de la Roche, ayant cours aux paroisses d’Iffendic et de Monterfil et le sieur de la Fleuvrais, acquiert le droit de conserver irrévocablement les seigneuries de ses terres et les seigneuries de la Roche Trébulente et du Perray, sous la mouvance dudit comté de Montfort sans rentes à foi, hommage et sans rachat. Le tout pour la somme de 15.700 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 384 (Voir en ligne)

  • à Jean-Baptiste d’Andigné des fiefs en la paroisse d’Iffendic :

    Messire Jean-Baptiste d’Andigné, seigneur de la Châsse, conseiller à la Cour, les fiefs et bailliages de la Verrie d’Iffendic et de Saint-Maugand seulement et le fief de Saint-Gonlay en la dite paroisse de Saint-Gonlay, par contrat du 18 mars 1642, au rapport de Mahé et de Berthelot, notaires royaux à Rennes. Aux gages et conditions portés par le dit contrat moyennant la somme de 45.500 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 383 (Voir en ligne)

  • à Gilles Huchet, seigneur de la Bédoyère 12 le fief de Talensac :

    Messire Gilles Huchet, sieur de la Bédoyère, par contrat du 23 mars 1642, acquit le droit de supériorité et de fondation en l’église de Talensac, les rentes et mouvances dans le fief et bailliage de la prévôté de la Rigadelais dans la paroisse de Talensac. De plus un canton de bois, en la dite paroisse de Saint Coulon, sur les bordières de Talensac, dépendant de la forêt de Brécilien ; le tout avec ses terres et seigneurie de la Bédoyère proches du comté de Montfort à foi, hommage et sans rachat. Le tout pour la somme de 10.000 livres.AN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 386 (Voir en ligne)

En 1653 : la majeure partie de la forêt de Brécilien est vendue 225 000 livres

  • à François d’Andigné et Jacques de Farcy :

    Au dit seigneur de la Châsse, et Jacques de Farcy, écuyer, sieur de Pesnel, par contrat du 19 mai 1653, au rapport de Berthelot, régistrateur, le surféage noble des forêts de Brécilien et de Lohéac, dépendantes du comté de Montfort ; quoi que ce soit ce qu’il en reste non contracté ni afféagé, ainsi qu’elles s’étendent en leurs circonférences et grandeurs, fonds, gallois, terres vaines et vagues ; à commencer au Buisson de Boutavant et finir aux extrémités des terres desdites forêts du côté de Ploërmel, suivant les débornements de la dite forêt qui appartient au dit seigneur duc de La Trémoille, avec les passages, paissons, assens et glandées dues aux riverains ; les cinquante criblées d’avoine et les cinquante poules dues par les habitants de Concoret ; avec le droit de fief et de juridiction dans lesdits bois et forêt ; tout ainsi que ledit seigneur duc a le droit et la possession, leur délaissant à celte fois l’auditoire qui lui appartient au Gué de Plélan ; à charge auxdits sieurs de la Châsse et de Pesnel de payer et acquitter, pour le temps à venir, toutes les rentes légats, usages et chauffages
    qui sont et se trouvent dus par les dites forêts et appartenances d’icelle, de quelque nature et qualité qu’elles puissent être et à quelque prix, sommes et espèces qu’elles se puissent monter, selon que les dites forêts s’en trouveront chargées, et en général toutes les charges desdites forêts, sans aucune réservation, et à charge de relever le tout de la seigneurie et comté de Montfort, à devoir de foi et hommage,sans rentes ni rachat ; pour la somme de 225.000 livresAN P1715 Rennes (Ille-et-Vilaine, Bretagne, France) (1676 -1682) p. 388-389 (Voir en ligne)

Les nouveaux propriétaires de la forêt de Brécilien

Les gentilshommes de Farcy et d’Andigné sont connus pour être membres de familles de l’entourage de La Trémoille. Ils achètent la majeure partie de la forêt de Brécilien avec l’intention d’y implanter des forges.

Le 29 août 1653, Jacques de Farcy, sieur de Paisnel, acheta avec ses trois frères : François Annibal, seigneur de Saint-Laurent, René, sieur de la Daguerie et Charles, sieur de La Carterie la moitié de la forêt de Brécilien à la duchesse de La Trémoïlle pour la somme de 220 000 livres avec le droit « d’y faire bâtir des forges », l’autre moitié étant acquise par François d’Andigné, sieur de La Chasse 13. GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Les grandes seigneuries de Haute Bretagne, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896. [pages 100-101]

Famille de Farcy

Annibal de Farcy (†1650 à Vitré), avocat au siège présidial d’Alençon, procureur fiscal du comté de Laval et Guyonne de Launay ont quatre fils :

  • Jacques (†1682) achète en septembre 1647 avec sa femme Catherine de Gennes, la seigneurie de la Villedubois auprès de Gilles Huchet de la Bédoyère. Il est l’auteur de la branche de la Villedubois (en Mordelles, Ille-et-Vilaine).
  • François Annibal (†1669), marié en juin 1639 avec Claude Uzille, est l’auteur de la branche de Saint-Laurent.
  • René (†1681), marié vers 1638 avec Marie de Gennes, est l’auteur de la branche de Pont-Farcy dans le Calvados. Il est seigneur de La Daguerie, procureur général de la juridiction des Eaux et Forêts du comté de Laval.
  • Charles (†1688), capitaine au régiment de La Trémoïlle, est l’auteur de la branche de Cuillé. Il se marie deux fois : en 1634, avec Marguerite Rivault et en 1640, avec Marguerite Uzille 14
    —  DE FARCY, Paul, Généalogie de la famille de Farcy, Laval, Imp. de L. Moreau, 1891, Voir en ligne. page 500 —.

Famille d’Andigné

Les d’Andigné, famille originaire d’Anjou, prennent le nom de la Châsse en 1556 avec Lancelot d’Andigné, seigneur de La Grée qui épouse Bertranne, dame héritière de la Châsse. Un siècle plus tard, en 1635, Jean-Baptiste d’Andigné de la Châsse et Marguerite du Garo donnent naissance à François, leur fils ainé. Celui-ci, seigneur de la Châsse et de Saint-Malon épouse en 1659, Jeanne, héritière de Sébastien de Cahideuc 15. François d’Andigné réside au château de la Chasse proche d’Iffendic dans le comté de Montfort. Il meurt à Rennes le 24 avril 1677.

Naissance d’une industrie en forêt de Brécilien

Le comté de Montfort s’étendait alors sur les paroisses suivantes :

  • Les trois paroisses de Montfort : Saint-Jean, Saint-Nicolas et Coulon
  • Les paroisses de Bédée, Saint-Gilles, Clayes, Parthenay, Bréteil, Romillé, Pleumeleuc, Talensac, Irodouër, Landujan, Le Lou, La Nouaye, Iffendic, Le Verger, Monterfil, Saint-Maugand, Saint-Gonlay, Saint-Malon sur Mel, Saint-Péran, Paimpont, Saint-Malo de Beignon, Beignon, Tréhorenteuc, Guilliers.

La vente du comté de Montfort avec sa forêt de Brécilien aura duré près de trente années, de 1626 à 1653.

Avec l’implantation d’une usine métallurgique sous le nom de Forges de Brécilien, le mode d’exploitation du massif forestier change brutalement. Une économie entièrement tournée vers la métallurgie va naitre.

Les nouveaux propriétaires remettent en cause les droits ancestraux dont bénéficiaient les usagers de la forêt, codifiés par la charte des Usements de Brécilien, ce qui provoque dès 1691, un dépôt de plaintes auprès du Parlement de Bretagne. Cela inaugure plusieurs siècles de conflits entre les usagers de la forêt de Brécilien et les propriétaires des Forges.

À partir de 1627, Henri III de La Trémoille obtient plusieurs lettres patentes du roi Louis XIII pour l’aliénation de son comté de Montfort. Notre intention est de définir au mieux la vente du comté de Montfort avec la longue liste des fiefs, juridictions et seigneuries qui composent l’ensemble. Ce complément qui prendrait trop de place dans cet article fera ultérieurement l’objet d’une présentation plus succincte sous forme de tableau.


Bibliographie

ANONYME, Recueil d’extraits de divers chartriers de Bretagne., Provient de l’abbaye de Saint-Melaine, Manuscrit Bibl. nat., fr. 22325, 1601-1700, Voir en ligne.

COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII, Voir en ligne.

DE FARCY, Paul, Généalogie de la famille de Farcy, Laval, Imp. de L. Moreau, 1891, Voir en ligne.

D’HOZIER DE SERIGNY, Antoine Marie et PIERRE, Louis, Armorial general, ou Registres de la noblesse de France, Vol. 3, Registre second, Paris, Chez Prault Père, Imprimeur des Fermes & Droits du Roi, Quay de Gêvres, au Paradis, 1741, Voir en ligne.

GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Vol. 4, Rennes, Fougeray éditeur, 1891, Voir en ligne.

GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Les grandes seigneuries de Haute Bretagne, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896.

IMBERT, Hugues, « Mémoire de Marie de la Tour-d’Auvergne, duchesse de la Trémoille (1664) », Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, Vol. 31, 1867, p. 95-129, Voir en ligne.

LE LOUARN, Geneviève, « Usine métallurgique dite forges de Brécilien, puis forges de Paimpont. », 1982, Voir en ligne.

TULOT, Jean-Luc, « Correspondance de Monsieur d’Iray intendant des la Trémoille : année 1629-1635 », 2007, Voir en ligne.

TULOT, Jean-Luc, « Correspondance de Marie de la Tour d’Auvergne 3e duchesse de la Trémoille (1601-1665), Années 1619-1628 », 2013, Voir en ligne.


↑ 1 • Concernant ce mémoire, Jean-Luc Tulot précise :

[...] Ce document doit être de ce fait considéré avec un esprit critique. Marie de La Tour d’Auvergne notamment dans ce mémoire donne l’impression que c’est elle qui dirigeait tout, éclipsant totalement son époux. Certes, comme le déplorait Colbert de Croissy, elle exerçait une profonde influence sur lui, mais elle agissait toujours comme sa procuratrice et lorsque celui-ci avait pris une décision, elle ne pouvait que s’incliner. TULOT, Jean-Luc, « Correspondance de Marie de la Tour d’Auvergne 3e duchesse de la Trémoille (1601-1665), Années 1619-1628 », 2013, Voir en ligne. [page 27]

↑ 2 • Nommé Monsieur de Saint-Jouan dans le Mémoire, il est le fils de Claude de Rosmadec et de Bertranne de La Vallée, fille aînée héritière de la seigneurie de Saint-Jouan.

Mathurin de Rosmadec ayant acheté en 1626, du duc de La Trémoïlle, les seigneuries de Gaël et de Comper, réclama dans ce sanctuaire tous les droits honorifiques de seigneur supérieur et fondateur et y fit mettre ses armoiries en lisière tout autour. GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Pouillé Historique de l’archevêché de Rennes, Vol. 5, Rennes, Fougeray éditeur, 1891, Voir en ligne. [pages 227]

↑ 3 • Gaspard de Rochechouart est l’époux d’Anne Louise, comtesse de Maure, dame de Mortemart, baronne de Lohéac (†1643).

↑ 4 • Nommé Monsieur de Quermagarot dans le Mémoire.

↑ 5 • Il s’agit de Charles de Volvire marié en 1652 à Anne Huteau de Cadillac. Le Bois de la Roche est d’abord érigé en vicomté par Louis XII en 1498. Ce vicomté revient par alliance à la famille de Ruffec de Volvire, famille dont descend Charles de Volvire en 1516. Le Bois de la Roche est érigé en comté en 1607.

↑ 6 • Dans l’Usement, Coulon (Couslon) est cité à plusieurs reprises comme étant un des quartiers de la forêt de Brécilien. —  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII, Voir en ligne. — Dès le 12e siècle, Coulon était aussi une paroisse de Montfort citée « ecclesia in parrochia collum » en 1152 dans les titres lors de la fondation de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort —  ANONYME, Recueil d’extraits de divers chartriers de Bretagne., Provient de l’abbaye de Saint-Melaine, Manuscrit Bibl. nat., fr. 22325, 1601-1700, Voir en ligne. —

↑ 7 • Nous avons choisi de nous reporter aux originaux des actes notariés. La reproduction des actes se trouvent également dans l’ouvrage Histoire de Montfort et des environs de l’abbé Oresve.—  ORESVE, abbé Félix Louis Emmanuel, Histoire de Montfort et des environs, Montfort-sur-Meu, A. Aupetit, 1858, Voir en ligne. pages 211 à 219 —

↑ 8 • Le journal est une ancienne unité de mesure de surface, utilisée jusqu’à la Révolution. Définie comme la surface labourée en un jour avec une traction animale, elle varie suivant les régions. En Bretagne sa valeur approximative est d’un demi-hectare.

↑ 9 • Benjamin de Lage († après 1659), sieur du manoir de Rue-Neuve à Tréhorenteuc, est le fils de René de Lage et Francoise de Brettes. Famille originaire du Poitou.

↑ 10 • François d’Avaugour (1593-1658), fils de Robert d’Avaugour et de Péronnelle de Couédor.

↑ 11 • Briand Huchet, fils de Charles Huchet et Mathurine Le Bastard, dame héritière de Kerbiquet est marié à Louise Rabinard héritière du Plessis-Cintré. Il est auteur de la branche de Cintré.

↑ 12 • Gilles Huchet (1600-1662), conseiller au parlement de Bretagne, possédait dans la paroisse de Talensac, dépendant du comté de Montfort, la terre de La Bédoyère dont il portait le nom. En 1642, devenu procureur général au parlement de Bretagne, il put réaliser son projet et acheter Talensac à Henri de La Trémoïlle. Il fit ériger cette terre et la terre de la Bouëxière qu’il possédait en Bréal en châtellenie sous le nom de La Bédoyère.—  GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Les grandes seigneuries de Haute Bretagne, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896. [pages 38-39] —

↑ 13 • ’Arrêté du 14 nivôse an IX du tribunal de Montfort fait figurer comme acheteur Jean-Baptiste d’Andigné, au lieu de son fils François : l’acte de vente du 10 mai 1653, par Marie de la Tour d’Auvergne, duchesse de la Trémoille, à Jean-Baptiste d’Andigné.

↑ 14 • Un membre de la famille de Farcy, François-Jacques seigneur de Saint-Laurent, de Kerleau et de Beauvais a épousé Anne-Marie Harembert, dame de Laubriais. Ils résidaient au manoir de Beauvais en Paimpont.— de Farcy, Paul (1867) op. cit., p. 352 (Voir en ligne) —

↑ 15 • Leur fils, Charles-René d’Andigné, obtient en 1707, du roi de France l’union des trois seigneuries, de Cahideuc, de Saint-Malon et de la Châsse en une seule. Elle porte désormais le nom de la Châsse.—  D’HOZIER DE SERIGNY, Antoine Marie et PIERRE, Louis, Armorial general, ou Registres de la noblesse de France, Vol. 3, Registre second, Paris, Chez Prault Père, Imprimeur des Fermes & Droits du Roi, Quay de Gêvres, au Paradis, 1741, Voir en ligne. pages 1-10 —