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Le prieuré de Penpont

Les origines de l’Abbaye de Paimpont

Le document le plus ancien faisant clairement référence à une communauté monastique à Penpont/Paimpont, date seulement de la fin du 11e siècle. Il s’agit d’un acte provenant de l’abbaye de la Trinité de Caen, intitulé Titulus sanctae Mariœ Heremipenpont. Prieuré bénédictin de Saint-Méen au 12e siècle, la communauté passe sous la règle des chanoines réguliers de Saint Augustin et devient indépendante sous l’appellation d’abbaye Béate Marie de Penpont au début du 13e siècle. En 1791, la nationalisation des biens de l’abbaye signe la fin de la présence monastique.

Aux origines de Penpont

Penpont vient des termes bretons « penn » signifiant le bout, la tête ou le chef, et « pont » qui a le même sens qu’en français. —  LAGADEUC, Jehan de et LE MEN, René-François, Le Catholicon de Iehan de Lagadeuc : dictionnaire breton, français et latin, 1867, d’après l’édition de Me Auffret de Quoetqueveran, Lorient, E. Corfmat, 1464, Voir en ligne. page 169 — Penpont signifie donc « bout du pont » ou « tête de pont ».

De quel pont pourrait-il s’agir ? Deux ouvrages franchissant une zone de tourbière ont existé sur le site de Paimpont, l’un lié à une voie antique, l’autre à une digue créée par les moines.

La voie antique Corseul-Rieux

La présence d’une zone marécageuse entre les collines de la Haute-forêt et la profonde vallée de la Moutte aurait nécessité la construction d’un pont pour éviter le contournement du massif forestier. L’archéologue Guy Guennou confirme l’existence d’une voie antique, passant par Paimpont, qui reliait la Manche à l’Atlantique depuis Alet (actuellement Saint-Servan) jusqu’à Grannona (Clis-sous-Guérande), en passant par Fanum Martis (Corseul) et Duretie (Rieux). Elle traversait l’actuel bourg de Saint-Méen, et passait à deux kilomètres environ à l’est de Gaël pour atteindre le Pertuis du Faux en Concoret. De là, elle rejoignait Paimpont par le même trajet que la route actuelle (D. 773). —  AUTRET, Yvon, « Voies romaines de Bretagne - Corseul-Rieux », 2014, Voir en ligne. — L’aspect des lieux laisse penser qu’elle traversait le Cannée entre les hauteurs de Saint-Barthélémy et la vallée de la Moutte, avant de gagner Guer. —  GUENNOU, Guy, La cité des Coriosolites, Centre Régional Archéologique d’Alet et Laboratoire d’Archéologie, Institut Armoricain. Université de Haute Bretagne, 1981. —

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Entre Haute forêt et vallée de la Moutte

Une digue créée par les moines

Le toponyme « Penpont » pourrait aussi faire référence à la digue (chaussée), construite en amont de la voie antique par une communauté religieuse venue s’installer sur les lieux. « Penpont » signifierait alors « bout de la digue ».

Cette chaussée a été submergée par le relèvement de la voie antique devenue digue principale. Un texte manuscrit du 12 juin 1541 évoque la coexistence d’un étang, d’une chaussée et d’une retenue d’eau :

Les maisons abasialles, église, chappelles et mestairies de la dite abbaye de Notre Dame de Paimpont siises en la forest de Bréxelian avecques leurs courtz déportz yssues, jardins, prez, prayries, terres arables et non arables, boays de haulte fustaille nommée la Monstre, estang, moulins, bardaulx, chaussée et retenue d’eaulx avecques leurs regorgemens en submertion deaue, clostures, colombier, garaines, landes, froslz galloiz..

Un manuscrit du 17e siècle évoque la construction ou la rénovation de la chaussée par un abbé de Paimpont :

Oliverius Guiho, insigne personnage et 13e abbé dudict lieu, pendant l’espace de cinquante ans, qui a, de son temps, presque rebasti toute l’abbaye, et faict ceste admirable chaussée d’estang voisin du mesme lieu. BARLEUF, abbé Vincent, « Relation de l’Abbaye de Nostre-Dame de Painpont en Bretagne, Ordre des Chanoines réguliers de la Congrégation de France », Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine 5 J 164, v. 1670.

Il s’agit probablement d’un réaménagement de la digue initiale, qui a pu être utilisée jusqu’au 17e siècle comme chemin reliant les bâtiments religieux à une fontaine située de l’autre côté de l’étang.

L’abbé Gervy l’évoque encore en 1907 :

Les pèlerins s‘y rendaient jadis par la chaussée, dite des moines, que l’on voit encore quand l’eau de l’étang à baissé par l’effet de la sécheresse ou de l’écoulement. De la place des Litières, sise auprès de l’église, on arrivait à une porte qui ouvre actuellement l’étable des religieuses. Ce passage n’est connu que sous le nom de chemin des pèlerins, qui correspondait précisément avec l’extrémité de la chaussée. GERVY, abbé Louis, « Un grand pèlerinage et un charmant pays (1) », Revue de Bretagne, Vol. 37, 1907, p. 344-370, Voir en ligne. pages 362-363

Le toponyme « Penpont » dans le Cartulaire de Redon

Les plus anciennes mentions du toponyme « Penpont » se trouvent dans le [Cartulaire de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, recueil d’actes du 9e au 11e siècle, dans lequel il est cité quatre fois. Ce toponyme, relativement fréquent en Bretagne 1, y apparaît trois fois sous la forme bretonne de « Penpont » et une fois sous la forme latine de « Caput Pontis ». D’aucuns ont cru voir dans ces mentions la désignation du prieuré de Penpont/Paimpont. Pourtant, aucune précision géographique ne permet d’affirmer qu’il s’agisse de celui-ci.

  • La plus ancienne mention d’un « Penpont » correspond à un lieu-dit en Guérande. L’acte daté de 870 porte le titre de Salina Penpont et alia Samoeli qui se traduit par « la saline de Penpont et de Samoeli ». —  COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. page 181 —
  • Un lieu nommé « Caput pontis » (traduction latine de « Penpont », tête de pont) est cité dans une charte datée de 845 :
    Illoc et Risuuoret, Risuueten et Buduuoret, Cantuueten, Haeluuocon, et Hocar, et d’autres, vinrent à Caput Pontis devant Nominoë...
    —  COURSON, Aurélien de, « Folio 69 v. LXXXVIII », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. page 66 —
  • Un lieu nommé « Penpont » est cité dans une charte datée de 858, montrant comment une religieuse nommée Cleroc qui remet aux moines de Redon, la totalité de son héritage..., dont le territoire de Ran-Penpont 2. —  COURSON, Aurélien de, « Folio 53 v. XXVIII », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. page 23 — Ce lieu est situé sur la commune de Bain/Oust —  LAIGUE, René de, « Étude sur les noms de lieux de la paroisse de Bains cités dans le Cartulaire de Redon », Annales de Bretagne, Vol. 23 / 2, 1907, p. 204-216, Voir en ligne. pages 204-216 —.
  • Un document daté de 1141 fait état d’un certain Galterio (Gautier) de « Penpont » sans que ce nom puisse être associé de façon certaine au prieuré de Penpont —  COURSON, Aurélien de, « Folio 183 v. CCCLXXXI », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. page 337 —.

La plus ancienne mention de Penpont historiquement attestée

La première mention certaine d’une communauté monastique à Penpont figure dans les « Rouleaux des Morts » 3 de Mathilde 4, fille de Guillaume le Conquérant et première abbesse de la Trinité de Caen. Ce document, qui recense les décès survenus dans les abbayes bénédictines, a été écrit entre 1066, date de création de cette abbaye normande et 1113, date de la mort de Mathilde.

Titre de sainte Marie de Penpont du Désert. Que son âme et l’âme de tous les fidèles défunts, reposent en paix. Priez pour nos défunts comme nous prions pour les vôtres. Soit, pour le seigneur Adgan, Maurice, l’évêque Hingand, Benoît, et pour les autres dont Dieu connaît le nom 5. DELISLE, Léopold, Rouleaux des morts du IXe au XVe siècle, recueillis et publiés pour la Société de l’histoire de France, Paris, Chez Mme Vve Jules Renouard, 1866, Voir en ligne. page 222

La communauté bénédictine y est nommée sancta Maria Heremipenpont. Heremi, génitif de Heremus, signifie « lieu désert » et indique donc que la communauté était éloignée de tout regroupement humain. Cette prière pour les défunts de Penpont est insérée dans une liste ne mentionnant que d’importantes abbayes bénédictines bretonnes. Sa présence dans le « Rouleau des morts » semble donc indiquer que Penpont est considéré à l’égal des abbayes de Saint-Méen, Saint-Sauveur ou Saint-Melaine.

Remise en cause de la fondation du prieuré de Penpont par Judicaël

Selon la « légende chrétienne », le roi de Domnonée, Judicaël, aurait fondé le prieuré de Penpont en 645. Pourtant, aucune source ne vient confirmer cette tradition.

Aucun acte du Cartulaire de Redon ne cite explicitement le prieuré de Penpont. Les Vies de saint Judicaël et de saint Méen, rédigées respectivement en 1024 et 1074, ne le mentionnent pas non plus. Tout juste y apprend-on que Judicaël endosse l’habit de moine et que sur les conseils de saint Méen, il construisit beaucoup de monastères et en restaura qui avaient été désertés.

Le document le plus ancien relatant cette fondation serait un acte daté de 1411, mentionné vers 1650 par le père Vincent Barleuf dans sa relation de la réforme de Sainte-Geneviève à l’abbaye de Paimpont :

L’abbaye de Notre-Dame de Painpont, diocèze de Sainct-Malo en Bretaigne, a este fondée par Judicaël, que le vulgaire appelle Giquel, Roy de Bretagne, en l’an 645. C’était autrefois un hermitage, ou se retira quelque temps un vertueux personnage, qui vivoit d’aumosne […] Cet hermitage, par succession de temps, fut érigé en paroisse, à cause que la forest qui lui est voisine commençoit à estre habitée, et, depuis, en prieuré dépendant de l’abbaye St-Méen en Gaël, en laquelle ledict Judicaël, après avoir volontairement quitté son royaume, se retira, l’ayant fondée et dotée de grand revenus, avec toutes ses dépendances, entre lesquelles étoit le prieuré de Painpont, duquel il a tousiours été recognue pour fondateur ainsy que font foy les anciens actes de ceste abbaye, et, entre aultres, un de l’an 1411.Barleuf Abbé Vincent (vers 1670) : op.cit.

Pour faire de Judicaël le fondateur du prieuré, le père Barleuf s’appuie sur des actes anciens aujourd’hui disparus, dont un acte de 1411. Au cours du 15e siècle, le culte de saint Judicaël, favorisé par la volonté ducale, se développe à l’abbaye Notre-Dame de Paimpont : elle se voit doter, vers 1450, d’une statue de Judicaël en fondateur, ainsi que d’un bras reliquaire qui aurait été offert vers 1474 par le duc François II. La tradition faisant de Judicaël le fondateur de Paimpont s’affirme à cette époque.

Au début du 18e siècle, l’historien Dom Lobineau mentionne à son tour la fondation du prieuré par Judicaël :

Le peu de temps qu’il avait demeuré sous Saint-Méen, dans l’abbaye de Gaël, lui avait fait concevoir tant d’estime pour la vie religieuse, qu’il bâtit quelques autres monastères, entre lesquels on peut compter celui de Painpont, qui subsiste encore aujourd’hui & qui est entre les mains des chanoines réguliers. LOBINEAU, Dom Guy-Alexis, Les vies des saints de Bretagne et des personnes d’une éminente piété qui ont vécu dans la même province, avec une addition à l’Histoire de Bretagne, Rennes, La Compagnie des imprimeurs-libraires, 1725, Voir en ligne. page 145

Arthur le Moyne de La Borderie et de nombreux historiens reprendront cette affirmation, pourtant non attestée, d’une fondation par Judicaël.

À la fin du 19e siècle, la légende chrétienne de Judicaël s’enrichit d’un apport marial : un vitrail du chœur de l’église abbatiale, daté de 1899, met en scène l’apparition de la sainte Vierge à Judicaël. En présence de bergers, elle lui désigne un lieu d’où, d’un coup de bâton, le roi fait jaillir une source miraculeuse, appelée fontaine de Notre-Dame de Paimpont. La construction d’une réplique de la grotte de Lourdes à la fontaine Notre-Dame de Paimpont en 1885 fut très certainement l’occasion d’inventer le miracle de l’apparition de la vierge au saint fondateur : Il part. – Dans sa course, Il voit à ses pieds, Jaillir une source... Au Pré-des-carrés. — Gervy, Abbé Louis (1907) : op.cit., p.364 (Voir en ligne) —

L’abbé Gervy est le seul auteur à évoquer en 1907 l’existence d’une « tradition » faisant de Judicaël l’évangélisateur d’un lieu de culte druidique :

Il bâtit sur le bord du lac, nous apprend un ancien parchemin, à l’endroit où la tradition porte qu’il y avait un dolmen ou un autel druidique, un sanctuaire qu’il dédia à la Mère de Dieu, sous le nom de Notre-Dame de Paimpont. Gervy Abbé Louis (1907) : op.cit., p.356 (Voir en ligne)

Laissons à l’abbé Gervy ses théories « romantiques ».

Le prieuré de Penpont du 7e au 11e siècle

Les sources concernant l’histoire d’une communauté religieuse à Penpont, de sa fondation hypothétique au 7e jusqu’au 11e siècle, sont inexistantes.

L’absence de documents n’a pourtant pas empêché de nombreux auteurs d’indiquer comme des faits historiques des événements non avérés. Parmi ceux-ci, la destruction du prieuré au 9e siècle lors des invasions normandes et sa reconstruction au 11esiècle :

Ils mirent tout à feu et à sang. Possédés par le génie de la destruction, les farouches vandales réduisirent à l’état de ruine le palais de la vierge. Un siècle s’écoula et seules les ronces et les épines couvrent la terre sainte que foulaient naguère les milliers de pèlerins. Ce ne fut que vers le commencement du XI siècle, qu’un prince de Bretagne, reprit l’œuvre de saint Judicaël, et rétablit le sanctuaire plus beau et plus majestueux que jamais. Gervy, Abbé Louis (1907) : op.cit., p.361 (Voir en ligne)

Ces assertions non justifiées on été reprises depuis lors par plusieurs auteurs, dont le marquis de Bellevüe en 1911 :

Détruite lors des invasions normandes au IXe siècle, l’abbaye de Paimpont fut reconstituée au XIe. D’abord sous la règle de saint Benoist... BELLEVÜE, Xavier de, Paimpont, Rééd. 1994, Rennes, La Découvrance, 1913. [page 66]

Les seules certitudes concernant la période des invasions normandes se limitent à l’exode des moines de Saint-Méen et donc vraisemblablement de Penpont, vers 878. —  LE DUC, Gwenaël, « Qui était Judicaël ? », in Topoguide FFRandonnée ; Brocéliande à pied, 2011, p. 150-153. [page 152] —

Conflits entre le prieuré de Penpont et l’abbaye de Saint-Méen au 12e siècle

Il faut attendre le milieu du 12e siècle pour trouver les premières traces certifiées concernant un lien entre le prieuré de Penpont et l’abbaye de Saint-Méen.

Au 12e siècle, l’abbaye de Saint-Méen est aux prises avec des conflits internes rapportés dans un acte de 1163. Dom Lobineau en fait une interprétation erronée qui l’amène à affirmer que le prieuré de Penpont a été nommé abbaye de Saint-Judicaël 6.

Le plus ancien document certifiant les liens unissant le prieuré à l’abbaye date de 1192. Il montre l’existence de conflits entre les deux communautés bénédictines. Il s’agit d’une bulle du pape Célestin III, qui confirme à l’abbé de Saint-Méen ses privilèges et les biens qui lui ont été donnés et soumet le prieur de Penpont à sa juridiction. —  MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne. page 723 —

Au début du 13e siècle, ces conflits entraîneront l’arrivée des chanoines réguliers de Saint-Augustin et la transformation du prieuré en abbaye Notre-Dame de Painpont.


Bibliographie

BARLEUF, abbé Vincent, « Relation de l’Abbaye de Nostre-Dame de Painpont en Bretagne, Ordre des Chanoines réguliers de la Congrégation de France », Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine 5 J 164, v. 1670.

AUTRET, Yvon, « Voies romaines de Bretagne - Corseul-Rieux », 2014, Voir en ligne.

BELLEVÜE, Xavier de, Paimpont, Rééd. 1994, Rennes, La Découvrance, 1913.

COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne.

COURSON, Aurélien de, « Folio 53 v. XXVIII », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne.

COURSON, Aurélien de, « Folio 69 v. LXXXVIII », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne.

COURSON, Aurélien de, « Folio 183 v. CCCLXXXI », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne.

DELISLE, Léopold, Rouleaux des morts du IXe au XVe siècle, recueillis et publiés pour la Société de l’histoire de France, Paris, Chez Mme Vve Jules Renouard, 1866, Voir en ligne.

GERVY, abbé Louis, « Un grand pèlerinage et un charmant pays (1) », Revue de Bretagne, Vol. 37, 1907, p. 344-370, Voir en ligne.

GUENNOU, Guy, La cité des Coriosolites, Centre Régional Archéologique d’Alet et Laboratoire d’Archéologie, Institut Armoricain. Université de Haute Bretagne, 1981.

GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Pouillé Historique de l’archevêché de Rennes, Vol. 2, Rennes, Fougeray éditeur, 1891, Voir en ligne.

LAGADEUC, Jehan de et LE MEN, René-François, Le Catholicon de Iehan de Lagadeuc : dictionnaire breton, français et latin, 1867, d’après l’édition de Me Auffret de Quoetqueveran, Lorient, E. Corfmat, 1464, Voir en ligne.

LAIGUE, René de, « Étude sur les noms de lieux de la paroisse de Bains cités dans le Cartulaire de Redon », Annales de Bretagne, Vol. 23 / 2, 1907, p. 204-216, Voir en ligne.

LE DUC, Gwenaël, « Qui était Judicaël ? », in Topoguide FFRandonnée ; Brocéliande à pied, 2011, p. 150-153.

LOBINEAU, Dom Guy-Alexis, Les vies des saints de Bretagne et des personnes d’une éminente piété qui ont vécu dans la même province, avec une addition à l’Histoire de Bretagne, Rennes, La Compagnie des imprimeurs-libraires, 1725, Voir en ligne.

MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne.

ROSENZWEIG, Louis Théophile, Dictionnaire topographique de la France. Dictionnaire topographique du département du Morbihan, comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Rééd. sous les auspices de la Société Polymathique du Morbihan, Paris, Imprimerie Royale, 1870, Voir en ligne.

Documents d’archives

Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine, 5 J 164 : Relation de l’Abbaye de Nostre-Dame de Painpont en Bretagne, Ordre des Chanoines réguliers de la Congrégation de France, Barleuf, Abbé Vincent, vers 1670


↑ 1 • On recense de nombreux « Penpont » en Bretagne :

  • les villages de « Penpont » sur les communes de Berric, Molac et Goven. Le manoir de « Penpont » en Bruc.
  • « Pen-pont » en Guidel, en Plouhinec, en Trévrat et en Locoal-Mendon
  • Le village de l’île Saint-Cado en Belz aussi appelé « Penpont-Cado ». —  ROSENZWEIG, Louis Théophile, Dictionnaire topographique de la France. Dictionnaire topographique du département du Morbihan, comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Rééd. sous les auspices de la Société Polymathique du Morbihan, Paris, Imprimerie Royale, 1870, Voir en ligne. page 245 —

↑ 2 • Ran fait référence à un territoire fiscal

↑ 3 • Léopold Delisle nous éclaire sur la signification de « Rouleaux des Morts » :

Pendant tout le Moyen Âge, les communautés religieuses avaient l’usage de notifier la mort de leurs membres et de leurs bienfaiteurs à un grand nombre d’églises et spécialement aux maisons avec lesquelles elles avaient conclu des associations spirituelles. La circulaire ou encyclique que dans ces circonstances on écrivait en tête d’un rouleau de parchemin renfermait des détails biographiques sur le défunt, et se terminait toujours par une demande de prières. Les communautés auxquelles l’encyclique était présentée se faisaient un devoir d’y répondre et consignaient sur le rouleau un titre (titulus), plus ou moins long, pour accuser réception de l’encyclique, pour promettre des prières et pour en demander à l’intention des membres et des bienfaiteurs qu’elles avaient elles-mêmes perdus. DELISLE, Léopold, Rouleaux des morts du IXe au XVe siècle, recueillis et publiés pour la Société de l’histoire de France, Paris, Chez Mme Vve Jules Renouard, 1866, Voir en ligne. pages 1

↑ 4 • Mathilde († v.1113), mentionnée dans le Domesday Book, mais pas par Orderic Vital et Guillaume de Malmesbury. Mentionnée comme fille du Conquérant dans la nécrologie de Saint-Niçaise de Meulan.

↑ 5 • Traduction du texte original en latin :

Titulus sanctae Mariœ Heremipenpont. Anima ejus et animae omnium fidelium defunctorum recquiescant in pace. Orate pro nostris, ut. Oravimus pro vestris, scilicet domno Adgano, Mauricio, Hingando episcopo, Benedicto, et pro aliis quorum nomina Deus novit. MS Latin 12652 F. 67-132

↑ 6 • Un acte de 1163 de l’abbaye de Saint-Melaine mentionne Henri, abbé de Saint-Judicaël. C’est selon Dom Lobineau la preuve que le prieuré de Penpont aurait autrefois été appelé abbaye Saint-Judicaël :
L’abbaïe de Painpont porte aujourd’hui le nom de N. D. et portait autrefois celui de Saint-Judicaël. — Lobineau, Dom Gui-Alexis (1725) : op.cit., p.204 (Voir en ligne) —

Pour appuyer ses dires, l’historien cite l’acte en question :

On la trouve nommée Abbaïe de saint Judicaël, dans un acte de l’an 1163. de Josce Archevêque de Tours, au sujet d’un diffèrent qui étoit entre Maître Auffroy & les Templiers de Montfort, d’une part ,& G. Abbé de S. Melaine, de l’autre. Le diffèrent fut terminé par l’Archevêque, en présence d’Etienne Evêque de Rennes, de Bernard Evêque de Nantes, de Robert Abbé de S. Méen, & de Henri Abbé de S. Judicael. Lobineau, Dom Gui-Alexis (1725) : op.cit., p.146 (Voir en ligne)

Selon ce postulat, Henri se serait réfugié auprès des moines de Penpont desquels il serait devenu l’abbé. Le prieuré aurait alors pris le nom d’abbaye Saint Judicaël. Il faut pourtant modérer cette hypothèse. Dès 814, l’abbaye de Saint-Méen porte les noms réunis de « saint Méen et saint Judicaël ». Henri, élu abbé, fut déposé par ses religieux soutenus par l’évêque Jean de la Grille. Ils lui donnèrent pour successeur Robert. L’archevêque de Tours approuva d’abord ce changement puis le blâma. N’ayant pu obtenir de Robert qu’il se démît, il se déclara contre lui. Robert se réclama donc abbé de Saint-Méen et Henri abbé de Saint-Judicaël. —  GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, Pouillé Historique de l’archevêché de Rennes, Vol. 2, Rennes, Fougeray éditeur, 1891, Voir en ligne. page 129 —