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1385-1414

Guy XIII de Montfort-Laval

Jean de Montfort-Gaël devient Guy XIII de Laval

Jean de Montfort, fils de Raoul VIII, héritier de la lignée des Gaël-Montfort, donne naissance à l’une des branches de la maison de Montfort-Laval par son mariage avec Anne de Laval en 1405. L’alliance de ces deux lignées prestigieuses va faire des Laval une des plus puissantes familles du duché de Bretagne. Ils sont par ailleurs très proches des rois de France jusqu’à Charles VII.

Contexte historique en Bretagne

Le duc de Bretagne Jean III meurt en 1341 sans laisser de postérité ni désigner de successeur. Deux parents proches revendiquent le duché : sa nièce, Jeanne de Penthièvre et son demi-frère, Jean de Montfort, comte de Montfort-l’Amaury. Jeanne de Penthièvre est mariée à Charles de Blois, neveu du roi de France Philippe VI qui le soutient. Jean de Montfort, comte de Montfort-l’Amaury, a le soutien du roi Edouard III d’Angleterre. Commence alors la Guerre de Succession de Bretagne qui va durer 23 ans. Elle prend fin à la bataille d’Auray remportée par Jean IV, fils de Jean de Montfort-l’Amaury sur Charles de Blois. En 1365, le traité de Guérande met fin à la guerre et reconnait Jean IV duc de Bretagne. Alors que la guerre de Cent Ans fait rage entre les royaumes de France et d’Angleterre, le nouveau duc poursuit clandestinement une collaboration active avec Edouard III. Cet activisme déplait fortement aux Bretons qui se tournent vers le roi de France Charles V en la personne de son connétable Bertrand du Guesclin. De 1373 à 1379, Jean IV est contraint à un exil Outre-Manche. Un second traité de Guérande est signé en 1381. Celui-ci voit Jean IV retrouver la confiance des barons bretons pour diriger le duché jusqu’en 1399, date à laquelle son fils Jean V lui succède. Durant le règne de Jean V, la Bretagne bénéficie d’une grande stabilité politique alors qu’au royaume de France, sous le règne de Charles VI nait une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui vient s’ajouter à la guerre de Cent Ans.

Éléments de généalogie

Nous laissons le comte Jean de Montfort-l’Amaury pour un autre Jean de Montfort, né en 1385. Jean est le fils aîné de Raoul VIII de Gaël-Montfort et de Jeanne, fille de Jean de Kergorlay et de Marie de Léon. Jean a deux frères, Charles et Guillaume. En 1404, il épouse Anne, fille de Guy XII, seigneur de Laval et de Vitré qui le choisit pour successeur. Jean de Montfort meurt en 1414.

L’origine de la branche de Laval

La seigneurie de Laval apparaît dans le premier quart du 11e siècle. Elle s’éteint au début du 13e siècle avec Emma de Laval, dernière descendante directe, fille de Guy VI de Laval et de Havoise de Craon. Son mariage avec Mathieu II de Montmorency, voit leur fils prendre le nom de Guy VII de Laval pour lui et sa postérité 1. Les descendants de Guy VII conserveront le titre des Laval. En 1383, Guy XII 2, n’ayant pas d’enfant de son premier mariage avec Louise de Châteaubriant, épouse en secondes noces Jeanne de Laval qui lui donne un fils, Guy et une fille, Anne. En 1404, Guy, alors âgé de 15 ans, chute mortellement dans un puits en jouant à la paume dans une rue de Laval. Anne devient alors héritière présomptive.

Jean de Gaël-Montfort devient Guy XIII de Laval

Apparemment, Guy XII veut conserver le titre de Laval. Le contrat de mariage d’Anne va dans ce sens. Il faut pour cela que l’époux accepte les conditions imposées par le contrat de mariage qui le présente comme le vassal par alliance des Laval.

Les avis sont partagés concernant le choix de Jean de Gaël-Montfort 3 comme prétendant. Pour certains, ce choix vient de Guy XII, le père d’Anne, pour d’autres, du roi de France ou du duc de Bretagne, Jean V qui donne son consentement en publiant le contrat de mariage 4. Il stipule notamment que Jean de Montfort doit délaisser son nom, cri et armes 5 et celles de son père pour les transmettre à Charles, son frère puîné.

Dorénavant, Jean, son héritier ou le mari d’une héritière seront tenus de porter et de prendre le nom, cri et armes de Laval. L’alliance avec les Montfort ne devait donc pas être rendue publique. Aussitôt le mariage contracté, Jean de Montfort devient Guy de Laval, sire de Gavre, de Laval et de Vitré, du nom et surnom du défunt seigneur Guy (mort prématurément à l’âge de 15 ans). Le contrat stipule que le nouvel époux doit assurer la défense et la valorisation des terres des Laval et qu’il en sera de même pour sa lignée 6.

L’union de Jean de Montfort et d’Anne de Laval constitue la tige d’une troisième branche des seigneurs de Laval, les Montfort-Laval. Pour autant, en abandonnant leur nom, prénom, blason, cri et armes, les Montfort renoncent à voir leurs armoiries figurer sur celles des Laval.

Jean de Gaël-Montfort prend le nom de Guy XIII à la mort de Guy XII le 21 avril 1412 et Anne devient héritière du patrimoine des Montmorency-Laval.

Mort de Guy XIII de Laval

En 1411, Guy XIII prend part à la lutte entre les Armagnacs et les Bourguignons. Il profite de la paix signée pour accomplir le vœu d’aller en pèlerinage en Terre sainte. Avant d’entreprendre ce périlleux voyage en 1413, il rédige un testament dans lequel il laisse à Anne de Laval son épouse et à son père Raoul VIII, pleins pouvoirs de garder et gouverner ses nombreux domaines en Bretagne, Anjou, Maine, Normandie, France, Picardie, Flandre, Hainaut et Artois.

À son retour de Palestine, Guy XIII rend visite à sa parente, Charlotte de Bourbon, sur l’île de Chypre et fait une halte à Rhodes. Ignorant que la peste y règne, il est atteint par la maladie et meurt sur l’île le 12 août 1414. Âgé de 30 ans, il laisse cinq enfants mineurs : l’aîné des fils, François de Montfort, qui n’a que huit ans, deviendra Guy XIV. Anne de Laval entre en possession de son héritage paternel et devient seigneur de Laval.

Mésententes entre les familles de Laval et de Montfort

La mort de Guy XIII entraîne des discordes entre les deux familles de Laval et de Montfort. La garde des enfants génère un différend entre Anne de Laval et Raoul VIII, le père de Guy XIII. Nous ne connaissons pas les raisons qui poussent le seigneur de Montfort à cette revendication. Anne, confortée par le droit coutumier, doit cependant soutenir un procès devant le Parlement de Bretagne. La tutelle des enfants lui est attribuée par sentence de justice, confirmée dans un arrêt de 1417.

La mort de Raoul VIII de Gaël-Montfort survient en 1419. Le contrat de mariage fait état des nombreuses terres dont il était propriétaire. Il mentionne ce que Raoul VIII et ses fils 7 accordent à Anne de Laval 8.

Aussitôt le décès de Raoul VIII de Gaël-Montfort, Anne de Laval fait appel à son cousin, Thibault de Laval, qui s’empare de la ville de Montfort et de son château. Cette initiative est contestée par Charles et Guillaume de Montfort, frères de Guy XIII.

[...]Ils appelèrent à leur aide parents et amis et vinrent assiéger Thibault dans Montfort. Anne cependant n’avait fait qu’user de son droit. Les biens dont elle s’était emparée étaient assurés par son contrat de mariage à ses enfants. Charles et Guillaume y avaient consenti et avaient eu d’autres terres en partage. Leur colère et leur attaque n’étaient donc nullement fondées. Pour rétablir la concorde, Thibault voulut bien pourtant consentir à leur abandonner la vaisselle et le mobilier de leur père. Ils s’engagèrent ensuite « à garder eux-mêmes bien et loyaument les dites ville et chastel, au profit de madame Anne de Laval et de messeigneurs ses enfants ». Le duc de Bretagne était intervenu en faveur de la dame de Laval dans cette petite querelle de famille. Il lui donna une plus haute preuve d’estime, en consentant aux fiançailles de Marguerite, sa troisième fille, avec l’aîné de ses fils. COUANIER DE LAUNAY, Stéphane, Histoire de Laval, 818-1855, Laval, Typographie de H. Godbert, Imprimeur-Libraire, 1856, Voir en ligne. page 133

Anne de Laval est dans son droit en prenant possession des biens qui lui sont reconnus par le contrat de mariage. La présence de Charles et Guillaume de Montfort vient de la réclamation des biens meubles que possédait la famille. Leur père, Raoul VIII leur avait fait promesses à chacun d’eux de plusieurs dons et promesses de biens meubles. Ils entendaient dire et prouver que les choses avaient été dites. De son côté, Anne de Laval affirmait que les choses proposés n’étaient pas véritables, ni soutenables et s’offrait de le prouver.

Ce sont aux proches parents et amis des deux parties qu’il revient d’engager des pourparlers.

[...] leurs conseillers, traictèrent, compoersèrent, accordèrent et transchèrent sur lesdites chouses et chascune et leurs dépendances... qui s’ensuivent. BERTRAND DE BROUSSILLON, Arthur, La maison de Laval 1020-1605. Etude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, Vol. 3 (Les Montfort-Laval), Paris, Alphonse Picard et fils, 1900, Voir en ligne. page 38

Cet accord est signé devant la cour de Rennes, le 22 octobre 1419 entre Anne de Laval et Charles et Guillaume de Montfort. Il maintient Anne en possession de la tutelle de ses enfants et attribue à ceux-ci la propriété des trois-quarts des meubles de la succession de leur grand père Raoul VIII de Montfort.

La part d’héritage des frères de Guy XIII

Charles et Guillaume de Montfort ne sont pas oubliés dans le contrat de mariage entre Jean de Montfort et Anne de Laval, la part d’héritage leur revenant sur les possessions à la mort de leur père en 1419 est aussi mentionnée 9.

Anne de Laval se serait remariée en 1416 avec un proche cousin, Guy Turpin, ce qui reste à confirmer. À sa mort en janvier 1466, Anne laisse cinq enfants nés de Guy XIII :

— Jeanne, née en 1405, épouse en 1424 Louis de Bourbon, comte de Vendôme. Elle décède en 1468.

— Guy XIV, né François de Montfort le 28 janvier 1406, chef d’armes et de nom, reçoit l’essentiel de la succession.

— André, né en 1408, reçoit le fief de Lohéac. Il devient maréchal et amiral de France. Il épouse en 1451 Marie de Laval-Retz (veuve de l’amiral Prégent de Coetivy). Il décède sans postérité en décembre 1485.

— Louis, né vers 1411, seigneur de Laval-Châtillon, Grand Maître des Eaux et Forêts de France entre 1466 et 1474, meurt sans alliance en 1489.

— Catherine, mariée en 1427 à Guy III de Chauvigny, vicomte de Brosse, meurt en 1450.


Bibliographie

COUANIER DE LAUNAY, Stéphane, Histoire de Laval, 818-1855, Laval, Typographie de H. Godbert, Imprimeur-Libraire, 1856, Voir en ligne.

BERTRAND DE BROUSSILLON, Arthur, La maison de Laval 1020-1605. Etude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, Vol. 3 (Les Montfort-Laval), Paris, Alphonse Picard et fils, 1900, Voir en ligne.


↑ 1 • Guy VII de Laval épouse en 1239 Philippa, baronne héritière de Vitré

↑ 2 • Guy X de Laval est marié à Béatrice de Dreux. Leur fils ainé, Guy XI, meurt sans postérité à la bataille de La Roche-Derrien en 1347. Son frère, Guy XII qui lui succède, se marie une première fois avec Louise, baronne héritière de Châteaubriant. Ils n’ont pas d’enfant. De son second mariage avec Jeanne de Laval, dame héritière de Châtillon-en-Vendelais, trois enfants naissent : le premier dont le nom n’est pas connu (†1398), Guy (†1403) et Anne qui épouse Jean de Montfort. Jeanne de Laval est l’unique fille de Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Avant d’épouser Guy XII en secondes noces, elle a eu un premier mari, Bertrand du Guesclin, connétable de France (†1380), dont elle n’a pas eu d’enfant.

↑ 3 • Il faut savoir que Guy XII de Laval donne sa fille Anne en mariage à Jean de Montfort qui est descendant de Guy IX. Voici comment :
La fille ainée de Guy IX, Isabeau avait épousé Péan de Lohéac (†1347). Leur fils, Eon de Lohéac avait épousé Béatrix de Craon. Ils eurent une fille, Isabeau, héritière de Lohéac et de la Roche-Bernard qui se mariait en 1353 avec Raoul VII de Montfort, grand-père de Jean de Montfort.

↑ 4 • Le contrat de mariage entre Jean de Gaël-Montfort et Anne de Laval est daté du 22 janvier 1405 et rédigé au château de Vitré. Il se présente en rouleau de 2,85 m. de long sur 30 cm. de large. André Du Chesne, dans son Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval, paru en 1624, a publié à peu près textuellement quelques passages du contrat proprement dit, inclus dans les lettres de Jean V.

↑ 5 • A la période féodale, les cris d’armes étaient des cris de ralliement pendant les combats

↑ 6 • Nous reprenons ici les paragraphes I. II.et III. du contrat avec une orthographe modernisé pour une meilleure compréhension :

I. Et premièrement a été traité et accordé entre les dites parties, que le dit écuyer et futur mari de la demoiselle sera tenu et promet par ces présentes de délaisser son nom, cri et armes et celles de son dit père, et de les bailler, assigner et transporter au dit Charles, son frère né après lui, qui sera tenu et promet de les prendre et accepter, et dès lors de les porter ; s’il advenait que la dite demoiselle alla de vie à trépas sans héritiers nés d’eux en leur mariage, que le dit Jean son mari, retournera à avoir et porter les armes que son dit père [Raoul VIII] porte actuellement, et son frère puîné portera dès lors, des armes différentes, de sorte que ce mariage n’eut jamais existé.
II. L’écuyer [Jean de Montfort] sera aussi tenu et promettre de porter et prendre dorénavant les nom, cri et armes de Laval. Il doit, dès le mariage contracté, porter le propre nom et surnom du dit feu, sire de Gavre, à savoir : Guy de Laval, sire de Gavre, et le cri, timbre et armes que portait le dit feu, sire de Gavre, fils du dit sire de Laval. Ainsi il se nommera et se fera nommer en sceaux et toutes manières descriptives ; et après le décès du dit sire de Laval [Guy XII], devra porter ses propres nom et surnom : à savoir Guy, sires de Laval et de Vitré, et les cri et pleines armes de Laval et leur timbre, ainsi que les porte le dit sire de Laval, sans rien y ajouter ni ôter, tant en bannières, écussons, panneaux, tunique, heaume, sceaux, signets, lettres, écritures, contrats, procès, actes juridiques, couvertures de chevaux armés des dits armes, il sera tenu et promet de les porter en bataille, tournois, en tous faits d’armes et en tous autres lieux où un noble peut et doit être paré ou doit user de ses armes ; et en les lettres et autres qu’il fera ou consentira faire, pour quelconque chose que ce soit, dira et fera mettre : "Guy, sires de Laval et de Vitré".
III. De même, les enfants qui naitront du dit mariage seront tenus de les porter ainsi que leurs descendants en ligne mâle, à savoir l’ainé qui reprendra les pleines armes, et les puînés à différence, selon ce qu’il est accoutumé de faire en tel cas. Et seront tenus les dits enfants de le jurer sitôt qu’ils seront âgés de quatorze ans.Consentement donné par le duc au contrat de mariage entre Jean de Montfort et Anne de Laval in Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne Copie du temps sur papier (01) (Bibliothèque de Nantes, f. Bizeul ; anc. Arch. de Rohan, Contrats de mariage, no 28 (Voir en ligne)

↑ 7 • Les trois fils de Raoul VIII : Jean, Charles, le puîné et Guillaume, le benjamin. sont sous curatelle. Le curateur est Charles de Dinan (†1418), qui est héritier de la seigneurie de Châteaubriant du droit de Thomasse de Châteaubriant sa grand-mère. De son côté, Anne a pour curateur Geoffroy, sire de Quintin.

↑ 8 • Nous reprenons ici une partie du paragraphe XVIII du contrat avec une orthographe modernisée pour une meilleure compréhension :

[...] [Charles et Guillaume] baillent et assignent à la dite demoiselle [Anne de Laval] les choses qui s’ensuivent : c’est à savoir toutes et chacunes des terres que le dit chevalier qui lui appartienneGaël-Montfortnt et pussent lui appartenir en France et en Normandie, la baronnie de Gaël, sise en Bretagne, ainsi que ce qu’elle comporte, avec le château de Comper et les paroisses qui suivent, c’est à savoir les paroisses de Gaël, de Mauron, de Concoret, d’Illifaut, de Saint-Brieuc de Mauron, de Saint-Léry, de Plumaugat, de Saint-Jean de L’Isle, et généralement toutes et chacune des choses appartenant et appendant à la dite baronnie de Gaël en quelconques paroisses, sauf les forêts de Brecelien ; [Anne de Laval] à jouir des dites pièces, pour cause de douaire, tant tout et incontinent après la mort du dit écuyer, sire de Kergorlay[Le qualificatif d’écuyer donné ici à Raoul de Montfort, père du futur, est en contradiction avec celui de chevalier qui lui est attribué ci-dessus ainsi qu’au § XVIII. Il est à croire qu’ici il y a eu un lapsus du scribe, car le titre d’écuyer qu’on trouve ensuite fréquemment dans la pièce, se rapporte toujours à Jean de Montfort, le futur, fils ainé de Raoul] nonobstant que le dit sire de Montfort soit en vie ; et en outre lui baillant et assignant la terre de Lohéac, jusqu’à la somme de douze cent livres de terre, à en jouir après la mort du dit sire de Montfort, pour [qu’elle] en jouisse sa vie durant comme d’un douaire, nonobstant la coutume que l’on dit que femme qui est héritière principale ne doit avoir douaire ; à quoi les dits père et fils ainé et son dit frère Charles, avec l’autorité et assentiment de leur dit curateur, et le dit curateur, pour eux et au nom du dit Guillaume de Montfort, ont renoncé et renoncent, en suppliant au roi notre sire, au duc de Bretagne ou autres seigneurs qui puissent être touchés, qu’ils veuillent approuver et confirmer en tant que besoin en serait ; ou si elle [Anne] ne pouvait tenir le douaire, s’ils veulent qu’elle tienne par manière de don de noce, ou autrement par quelque manière qui pourrait mieux valoir. Et pour le dit douaire ou don de noces, les dits père et écuyers, dès maintenant pour lors, lui ont assigné et assignent les dits lieux, c’est à savoir les dites terres de France et de Normandie, la dite baronnie de Gaël et le dit château de Comper, les paroisses dessus nommées et la terre de Lohéac, jusqu’à douze cent livres de terre, outre les autres terres dessus dites. Et sont assenties le dit Charles, autorisé comme dessus et du consentement du dit père, et le dit curateur pour lui et au nom du dit Guillaume.Consentement donné par le duc au contrat de mariage entre Jean de Montfort et Anne de Laval in Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne Copie du temps sur papier (01) (Bibliothèque de Nantes, f. Bizeul ; anc. Arch. de Rohan, Contrats de mariage, no 28 (Voir en ligne)

↑ 9 • Nous reprenons ici le paragraphe XIII du contrat de mariage avec une orthographe modernisée pour une meilleure compréhension :

XIII. De même a juré, affirmé et promis le dit Charles, autorisé de son curateur et de l’assentiment de son père, et aussi le curateur au nom de Guillaume ; ont donné leur consentement pour que jamais les dits enfants puînés du dit père, frères et sœurs, déjà nés et à naitre ne puissent rien demander des biens des dits père et mère du dit écuyer [Jean de Montfort], pour motif de succession ou autres, excepté le droit de succession que la coutume du pays leur donne et le droit que leurs père et frère ainé leur ont baillé et baillent par les présentes, les terres et seigneuries qui suivent, à savoir : le château de Frinodour [Côtes d’Armor, aujourd’hui Frynaudour, sur la commune de Quemper Guézennec, du nom d’un ancien château au confluent du Leff et du Trieux], la châtellenie de Quenpergueheneuc [Côtes d’Armor, aujourd’hui commune de Quemper Guézennec], et Pontreu [Pontrieux, Côtes d’Armor], la châtellenie de Coardenay [Coat-an-Hay, Côtes d’Armor, nom donné aujourd’hui à une forêt située principalement sur les communes de Belle-Isle-en-Terre et Louargat] et de Saint Michiel [Saint-Michel-en-Grève], Karmorech [Kermoroc’h, Côtes d’Armor], la châtellenie du Veillmerch [Vieux-Marché,Côtes d’Armor], la châtellenie de Camors, Plouigner, Quiliviniac et Plehenet [Kervignac et Pléhérel], le château de Coaiquibihen [Coatquibihen, seigneurie qui s’étendait alors dans les paroisses de Questembert et de Sulniac] et la terre de Moreac, et ce qu’ils ont en la paroisse de Cené [Séné] et à Vannes,chacune avec leurs appartenances et dépendances, comme ces terres ont été accoutumées à être gouvernées ; à en jouir après le décès de leur père ; elles valent autant ou plus que la portion que leur peut compter les biens et héritages des parents selon la coutume du pays ; Charles de Montfort, autorisé de son dit curateur, et le dit curateur pour lui et au nom du dit Guillaume frère, reconnaissent, et donnent leur consentement sans jamais demander ni réclamer autre chose, ils renoncent par serment en quelque manière que ce soit, à tout recours.Consentement donné par le duc au contrat de mariage entre Jean de Montfort et Anne de Laval in Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne Copie du temps sur papier (01) (Bibliothèque de Nantes, f. Bizeul ; anc. Arch. de Rohan, Contrats de mariage, no 28 (Voir en ligne)