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1896

L’enfant mort-né de Saint Gonlay

Une confusion macabre

Quand le cadavre d’un enfant mort-né de Saint Gonlay est pris pour ce qu’il n’est pas.

Une histoire rapportée par Adolphe Orain

Cette histoire macabre se serait passée en 1896 à Saint-Gonlay (Ille-et-Vilaine). Elle nous est parvenue grâce au collectage réalisé par Adolphe Orain qui l’a publiée en 1898 dans un recueil de traditions populaires du pays gallo.—  ORAIN, Adolphe, De la vie à la mort : folklore de l’Ille-et-Vilaine, Vol. 2, Paris, J. Maisonneuve, 1897-1898, Voir en ligne. p.300 —

L’enfant mort-né de Saint-Gonlay

En 1896, une femme de la commune de Saint-Gonlay, dans l’arrondissement de Montfort, mit au monde un enfant mort qui fut enveloppé dans un torchon, et déposé sur l’unique table de la maison, en attendant qu’une boîte de bois blanc fût confectionnée pour recevoir le cadavre.

Un voisin qui avait été prié de faire cet humble cercueil, l’apporta dans la maison de l’accouchée et là, crut prendre le corps de l’enfant sur la table, et s’empara de la touaille contenant une douzaine de saucisses. On appelle touaille, une sorte de nappe en grosse toile, qui met à l’abri des mouches, le pain et la viande froide qui sont toujours à la disposition des ouvriers des champs, qui n’ont pas d’heures fixes pour les repas.

On porta donc le cercueil au cimetière et l’on revint ensuite se mettre à table comme c’est l’usage dans le pays.

Qu’on juge de la surprise des bonnes gens qui, en déroulant le torchon, trouvèrent le cadavre de l’enfant au lieu des saucisses qu’ils comptaient manger.

Ils retournèrent immédiatement au cimetière, déterrèrent le cercueil, mirent l’enfant à la place des saucisses qu’ils rapportèrent à la maison, et qui servirent au repas des invités.


Bibliographie

ORAIN, Adolphe, De la vie à la mort : folklore de l’Ille-et-Vilaine, Vol. 2, Paris, J. Maisonneuve, 1897-1898, Voir en ligne.