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Le chêne Notre-Dame de Saint-Péran

Le chêne Notre-Dame de Saint Péran, aujourd’hui disparu, était un arbre guérisseur. Son culte attesté depuis 1522 a été déplacé dans l’église Saint-Pierre en 1661 en même temps que la statue. Un monument votif situé à la sortie du bourg marque l’emplacement du chêne.

La statue de Notre-Dame du Chêne

Notre-Dame du Chêne est une petite statue de bois datée de 1522 aujourd’hui dans l’église Saint-Pierre de Saint-Péran. Ce type de statue, assez rare au 16e siècle, était vénérée au 18e siècle sous le nom de la petite bonne vierge. Elle a pris le nom de Notre-Dame du Chêne au 20e siècle. Son histoire est résumée sur une inscription de l’église .

[cette] image de la vierge, trouvée par un soldat,
fut placée contre un tronc de chêne
l’an du salut 1522 - en plein air -
réputée pour [ses] miracles, sur ordre de l’évêque,
à l’appel du clergé, sous les acclamations de la foule
elle a été transportée ici pour être mieux
30 novembre 1661
traduction du latin par Roger Blot

en miracle féconde,
mère de dieu
consolez tous le monde
dans ce saint lieu
Cette partie est en français

Notre-Dame du Chêne de Saint-Péran
Notre-Dame du Chêne de Saint-Péran

Selon Roger Blot, l’expression a milite inventa peut signifier trouvée par un soldat ou plus techniquement, faite par un soldat sans modèle.

Roger Blot note que 1661, année durant laquelle la statue a été transportée du chêne à l’intérieur de l’église de Saint-Péran, est une année de famine.—  BLOT, Roger, « L’Eglise Saint-Pierre de Saint-Péran », Glanes en pays pourpré, Vol. 71-72, 2003, p. 38-43. —

Le monument de Notre-Dame du chêne

Le monument de Notre-Dame du chêne de Saint-Péran
Le monument de Notre-Dame du chêne de Saint-Péran
Photographie page 54 de Dévotion populaires et tombes guérisseuses en Bretagne.
Dominique Camus

La christianisation des arbres guérisseurs par leur rattachement au culte marial est chose courante et s’effectue bien souvent par l’apposition d’une statuette de la Vierge. Dans l’immense majorité des cas le culte et la statue qui l’accompagne disparaissent avec la mort de l’arbre. Ce n’est pas le cas à Saint-Péran puisque le culte et la statue existent toujours alors que l’arbre a disparu depuis des siècles.

En dessous de la niche grillagée qui protège l’effigie en bois, haute d’une vingtaine de centimètres, une inscription d’époque nous informe que cette statuette aurait été découverte par un soldat contre le tronc d’un chêne guérisseur en 1522, puis transportée dans l’église en 1661. Si l’arbre n’est plus, son souvenir demeure. Lui aussi a été particulièrement chanceux car un monument de pierre a été élevé à son emplacement. Il se situe à environ 400 mètres du bourg, en bordure de bois, sur la route qui conduit à Iffendic. De multiples ex-voto ornent l’édifice constamment fleuri. Et là encore, on découvre, parmi les fleurs et sous le couvert des arbres, les habituels dépôts d’objets faits par les visiteurs. Comme c’est souvent le cas lorsqu’un tel endroit est consacré par la Madone, les sollicitations ne sont pas seulement thérapeutiques. Sa bienveillance est requise pour résoudre des peines de coeur, pour que règne l’harmonie familiale, pour s’assurer du succès à un examen, trouver un emploi... Il faut croire que les gens des environs s’estiment satisfaits de cette présence puisque la dévotion parait active depuis plusieurs siècles.

CAMUS, Dominique, Dévotions populaires et tombes guérisseuses en Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2011, 127 p. [page 54]
Demandes d'interventions à "la dame de la forêt" à Notre-Dame du chêne de Saint-Péran
Demandes d’interventions à "la dame de la forêt" à Notre-Dame du chêne de Saint-Péran
Photographie page 54 de Dévotion populaires et tombes guérisseuses en Bretagne.
Dominique Camus

Bibliographie

BLOT, Roger, « L’Eglise Saint-Pierre de Saint-Péran », Glanes en pays pourpré, Vol. 71-72, 2003, p. 38-43.

CAMUS, Dominique, Dévotions populaires et tombes guérisseuses en Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2011, 127 p.