aller au contenu

12e-13e siècle

Les premiers seigneurs de Montauban

Généalogies par Augustin Du Paz et par Arthur de La Borderie

La ville de Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) est située à quinze kilomètres au sud-est de Gaël et à dix kilomètres au nord-ouest de Montfort-sur-Meu.

La seigneurie de Montauban, fondée au 12e siècle, est constituée d’une douzaine de paroisses. Elle est voisine de celle de Gaël-Montfort.

Deux thèses s’opposent concernant l’origine de la seigneurie de Montauban :

  • En 1619, Augustin Du Paz affirme que les Montauban sont juveigneurs des Rohan.
  • En 1895, Arthur de La Borderie rattache les Montauban aux Gaël-Montfort.

Les interrogations persistent encore de nos jours, entrainant de vives discussions parmi les historiens.

Notre démarche consiste à relever ce qui nous semble incohérent chez Du Paz et La Borderie. Nous nous en tenons aux preuves contenues dans les documents d’archives, sachant qu’elles restent insuffisantes pour produire une généalogie incontestable des premiers seigneurs de Montauban.

Les premiers seigneurs de Montauban selon Augustin Du Paz

L’origine des Montauban expliquée par les blasons des Rohan

En 1619, Augustin Du Paz 1 est le premier à écrire une généalogie des grandes familles de Bretagne. Pour expliquer la famille qui donne naissance à la seigneurie de Montauban (de Bretagne), il situe les premiers seigneurs de Montauban en s’appuyant sur leurs armoiries. Dès lors, il constate que celles-ci sont identiques à celles des vicomtes de Rohan.

Il y a de grande apparence que les seigneurs de Montauban, desquels nous allons décrire l’histoire généalogique, sont issus de la maison des seigneurs Vicomtes de Rohan, puis qu’ils en portent les armes, & pour brisure ou différence, un lambeau d’argent de quatre pièces pendant du chef [...] DU PAZ, Augustin, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris, Chez Nicolas Buon, 1619, Voir en ligne. Page 537

De gueules à neuf macles d'or au lambeau d'argent de quatre pieces. Armoiries à l'origine de Montauban selon Augustin Du Paz
De gueules à neuf macles d’or au lambeau d’argent de quatre pieces. Armoiries à l’origine de Montauban selon Augustin Du Paz

Du Paz explique que les armoiries des seigneurs de Montauban reprennent les macles des vicomtes de Rohan, lesquelles sont surmontées d’un lambel. En héraldique, le lambel apposé sur le blason d’une famille est un signe de juveigneurie, c’est donc le signe pour Du Paz que les Montauban sont une branche cadette des Rohan. Partant de ce constat, Du Paz prend le blason des Rohan pour établir l’origine familiale des Montauban. Toutefois, comme l’explique l’historien Potier de Courcy, l’histoire des armoiries des vicomtes de Rohan n’apparait pas aussi simple.

[que] la transmission héréditaire des mêmes armes n’était pas générale au XIIe siècle [...] les changements d’armoiries étaient encore fréquents aux XIIIe et XIVe siècles dans les mêmes familles, sans excepter les plus illustres [...] POTIER DE COURCY, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Vol. 3, Nantes, V. Forest et E. Grimaud (Nantes), 1862, Voir en ligne. p. 58

Potier de Courcy en apporte la preuve avec le blason de Rohan où les macles 2 sur lesquels reposent le lambel des Montauban n’apparaissent pas avant 1222.

Apparition des macles sur les armoiries de Rohan

[...] Alain (IV), vicomte de Rohan, dit le Jeune, confirme en 1194 la fondation de l’abbaye de Bon repos ; la charte de confirmation est scellée d’une bande. Le même Alain en 1204 du consentement de Josselin son frère, fait une nouvelle donation à Bonrepos. Cette fois le sceau d’Alain est un poisson et le contre-sceau un lion à la bordure nébulée, tandis que Josselin a pour sceau et pour contre-sceau un écu plein, au chef flanqué et chargé d’un autre écu, brisé d’un franc canton. Geoffroi (I), fils aîné d’Alain qui précède, sur une charte de 1216 toujours en faveur de Bonrepos, scelle et contre-scelle comme son père, d’un lion à la bordure nébulée ; et sur un autre acte de 1222, de sept macles. Alain (V), juveigneur de Rohan, brise les sept macles d’une bande sur un sceau de 1298 et les neuf macles de Rohan ne sont définitivement adoptées que postérieurement. POTIER DE COURCY, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Vol. 3, Nantes, V. Forest et E. Grimaud (Nantes), 1862, Voir en ligne. p. 58


Dans une étude plus récente, Martine Fabre indique que le premier écu à neuf macles des Rohan est attesté en 1444 et qu’il cohabitera avec l’écu à sept macles pendant plus d’un siècle. —  FABRE, Martine, Héraldique médiévale bretonne : images personnelles vers 1350-1500, armoriaux, sceaux, tombeaux : étude et corpus, Presses universitaires du Septentrion, 2003. 2 vol. —

Partage de la vicomté de Porhoët

Augustin Du Paz déduit de son étude héraldique que le territoire de la seigneurie de Montauban aurait appartenu à l’origine aux Rohan. Or, les Rohan sont juveigneurs des vicomtes de Porhoët.

À l’ouest et au sud de Gaël, se constitua au XIe siècle l’immense vicomté de Porhoët. […] Elle formait ainsi la chatellenie bretonne la plus étendue avec plus de cent quarante paroisses couvrant plus de quatre mille kilomètres carrés. […] Vers 1120, Geoffroy, fils et successeur d’Eudes, donna à son frère Alain toute la partie du Porhoët située à l’ouest de l’Oust à l’exception d’une douzaine de paroisses au sud de Josselin. La seigneurie de Rohan était née. CHÉDEVILLE, André et TONNERRE, Noël-Yves, « XIe-XIIIe siècle », in La Bretagne féodale, Rééd. 2001, Rennes, Editions Ouest-France, 1987. [Pages 157-158]

Vers 1120, Geoffroy de Porhoët, fils de Eudes I, donne à son frère Alain la partie de la vicomté de Porhoët située à l’ouest de la rivière l’Oust. Ce dernier y construit un château sur une terre nommée Rohan dont il prend le nom, donnant ainsi naissance à la seigneurie de Rohan. Dès lors, la vicomté de Porhoët se trouve séparée en deux seigneuries. La partie orientale ainsi que la partie sud de Josselin reste propriété de Geoffroy de Porhoët.
Montauban, qui faisait déjà partie de l’immense vicomté de Porhoët avant de devenir une seigneurie, reste propriété des seigneurs de Porhoët suite au partage.

Les premiers seigneurs de Montauban dans la généalogie d’Augustin Du Paz

Selon Augustin Du Paz, les Montauban sont une branche cadette de Rohan. Il rapporte qu’il y a environ quatre cent cinquante ans, donc vers 1169, un Alain portant le nom de Montauban en serait le premier seigneur connu.

Alain de Montauban, Chevalier, est le premier seigneur que j’ai trouvé de cette maison, et vivait il y a environ quatre cents cinquante ans, les noms de ses prédécesseurs étant inconnus.

Généalogie des premiers seigneurs de Montauban selon Augustin Du Paz

Les premiers seigneurs de Montauban selon Du Paz

Augustin Du Paz n’apporte aucune preuve de l’existence d’un Alain Ier de Montauban. Il laisse néanmoins supposer que la seigneurie de Montauban existe antérieurement à cette date de 1169. Or nous avons vu que la seigneurie de Montauban est en réalité issue de la seigneurie de Porhoët. Si Alain Ier de Montauban a eu des parents, ils viendraient de cette famille de Porhoët. Or, le seul Alain connu devient seigneur de Rohan vers 1127. Il a deux fils dont Alain II, vicomte de Rohan, attesté en 1164, sur lequel on ne sait rien.

En 1169, elle est propriété de Eudes II, fils héritier de Geoffroy. Cet Alain Ier de Montauban ne peut à cette date en être le seigneur.

Augustin Du Paz présente sans aucune preuve Jean et Josselin de Montauban comme étant les fils d’Alain de Montauban. Néanmoins ces deux personnages existent bien. La présence de Jean de Montauban est attestée vers 1208-1210, lors d’une assemblée réunie à Vannes suite à l’assassinat du jeune duc de Bretagne Arthur Ier par son oncle, le roi d’Angleterre Jean sans-terre.

[…] Rollend Sire de Rieux, Geffroy Sire de Pouencé, Jean Sire de Montaulban, Allain Sire de la Roche […] LE BAUD, Pierre, Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, Paris, Chez Gervais Alliot, 1638, Voir en ligne. p. 210

Le nom de Jean de Montauban Johannes de Montauban apparait également en 1225 dans l’acte de fondation du château de Saint-Aubin du Cormier par le duc de Bretagne Pierre Mauclerc. —  MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne. col. 854 —

Augustin Du Paz fait de Jean un seigneur de Montauban, ce qui n’est pas prouvé. Il lui donne par ailleurs une épouse.

[...] une Dame nommée Gasceline de Montfort, laquelle estoit veuve l’an 1246 & auvoit un fils nommé Olivier de Montauban Du Paz, Augustin, (1895) op. cit., p. 538 (Voir en ligne)

L’acte de 1246 dont parle Du Paz est tiré du cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Gasceline n’y apparait pas en tant que femme de Jean et aucun autre document n’atteste leur union. Par ailleurs, elle est la mère d’Olivier I de Montauban issu de son mariage avec Philippe de Montauban 3. En outre, rien n’indique que Gasceline est apparentée à la famille de Montfort.

Dans cet acte, Olivier Ier de Montauban cite au passage le nom de son aïeul, Olivier de Montfort.

**ICI**

Augustin Du Paz attribue à Olivier Ier de Montauban et Gasceline un fils, Philippe (attesté en 1258). On ne sait presque rien de lui, seul son nom apparait dans des actes. Du Paz s’appuie sur deux textes de l’abbaye de Saint-Méen de Gaël, dans lesquels trois fils sont attribués à Philippe : Olivier II, Guillaume et Renaud.

Acte de 1230 où sont attestés les noms de Philippe et de ses trois fils.

Universis Ch. fidelibus praesentes lit. inspecturis vel audit. Philip. de Montealbano salutem in Domino. Noverint universi, quod ego cum confensu Oliverii & Reginaldi filiorum meorum dedi in excambium Abbati & Conventui S. Mevenni […] Actum anno 1230. Titre de S. Meen. Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 866 (Voir en ligne)

Selon Du Paz, Olivier II lui succède en tant que seigneur de Montauban en 1275. Il meurt en 1284 laissant un fils Alain et une fille Anne. Leurs noms figurent dans un acte de 1286 traitant d’un accord entre les seigneurs de Lohéac et de Montauban.

[…] Olivier a baillé & assigné à la dite Aliette sa seur es dites parties de Porhoet & de la Vicomté de Rohan cent livrées de rentes, c’est à saveir sexante & dez livres à present, & vingt livrées à la premiere eschaete de Dom Alain de Montauban Chevalier ou de Dame Anne de Montauban, & dix livrées à l’autre escheite après des dits Alen, ou de Dame Anne […]Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 1079-1080 (Voir en ligne)

À la mort de son père, Alain, second du nom, est qualifié seigneur de Montauban par Du Paz. Il est marié à Mahaud, dame héritière de Montfort. Augustin Du Paz mentionne l’accord, concernant l’héritage de la seigneurie de Montfort, passé entre Alain II et Raoul V, seigneur de Montfort en 1285. Deux enfants sont issus de ce mariage : Olivier II de Montauban et Alliette de Montauban.

Nous avons décrit les circonstances qui amènent Mahaud de Montfort à se marier trois fois. Elle devient dame héritière de la seigneurie de Montfort en tant que fille unique de Guillaume II, seigneur de Montfort et Nine de Rostrenen.

Le nom de Mahaud est attesté dès 1209.

Ego Willelmus Montfortis […] de assensu et voluntat Nina uxoris mei et Mahault filia mea […] Actum apud Montem fortem anno gratia 1209. ANONYME, Recueil d’extraits de divers chartriers de Bretagne., Rennes, Manuscrit Bibl. nat., fr. 22325, 1601-1700, Voir en ligne. p. 363

Mahaud de Montfort est donc âgée de plus de cinquante-cinq ans en 1264. Pourtant Augustin du Paz lui attribue des enfants nés de son troisième mariage...

Après Olivier II, la généalogie des Montauban n’est pas contestée.

Les premiers seigneurs de Montauban selon Arthur de La Borderie

Arthur de La Borderie remet en cause la généalogie avancée par Augustin du Paz en 1619, qui fait des Montauban les juveigneurs des Rohan. Il met en avant des actes qui montrent que la famille de Montauban prend naissance avec un puiné des Gaël-Montfort.

La Borderie considère que vers 1085 la seigneurie de Gaël-Montfort s’étend à l’est jusqu’à Hédé. Suite à la mort de Geoffroy Ier de Montfort († 1181), la seigneurie de Montfort est partagée en deux parties : Gaël et Montfort. À son tour, la seigneurie de Montfort est subdivisée avec comme conséquence la naissance d’une nouvelle seigneurie comportant plusieurs paroisses 4. Un château est construit sur la paroisse dédiée à Saint-Eloi (Santeleio, dont il est fait référence en 1192) 5. L’appellation de « Montauban » (aujourd’hui Montauban-de-Bretagne) est liée à cette construction sur Monte albano (colline blanche), devenue Montalban, puis Montauban. L’année précise de cette construction n’est pas connue.

Plan du château de Montauban à la fin du 19e siècle
Plan du château de Montauban à la fin du 19e siècle

En 1619, le père Augustin du Paz est le premier à écrire une généalogie sur le lignage de Montauban, généalogie longtemps reprise par les historiens. Pour du Paz, les Montauban sont ramage 6 de Rohan. Il faut attendre l’intervention d’Arthur de La Borderie à la fin du 19e siècle, pour qu’une analyse différente montre que Montauban faisait originairement partie de la baronnie de Montfort-Gaël et que c’est de celle-ci qu’est née la seigneurie.

Sa généalogie remet en cause celle d’Augustin Du Paz. Arthur de La Borderie rapporte que la seigneurie de Montauban est un démembrement de celle de Gaël-Montfort après 1152, date de la fondation de l’abbaye de Saint-Jacques de Montfort par Guillaume Ier de Gaël-Montfort. Il considère Olivier de Gaël-Montfort, un des fils de Raoul II de Gaël-Montfort, comme étant auteur de la branche de Montauban.

[...] c’est que la seigneurie de Montauban fut démembrée de Gaël-Montfort seulement après 1152, et constituée à cette époque en faveur de l’un des puinés de la maison de Montfort-Gaël : d’où la conclusion inévitable que les sires de Montauban tirent leur origine des Montfort-Gaël et non des Rohan comme on le dit d’habitude [...] SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE ET HISTORIQUE D’ILLE-ET-VILAINE, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, XXIV, Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Imp. Marie Simon, 1895, Voir en ligne. p. 282)

Qui est Olivier de Montfort ?

Olivier de Montfort reste un personnage mal connu. Son père, Raoul II de Gaël-Montfort s’est marié à deux reprises : avec Havoise, héritière de Hédé et avec Anne. Parmi les enfants de Raoul II, deux sont attestés en 1124 dans l’acte de fondation du prieuré Saint-Samson de Telhouët : celui nommé Raoul dont il ne sera plus fait mention par la suite et Guillaume, qui sera le fondateur de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort.

[...] je, Raoul de Montfort, ému, ai disposé, donné et ordonné au Rémunérateur de tous biens, par la main des pauvres, aucunes choses de ce que je possède temporellement, pour la rédemption de mon âme, ensemble des âmes de mes épouses Havoise et Anne, de mes père et mère et aussi de mes enfants [...] Et pour ce, de ma libérale volonté, et o le consentement de ma compagne épouse Anne, et de mes fils Raoul et Guillaume, ait donné aux sacrimoniales, id est aux religieuses et frères de Notre Dame de Nid-Merle, servants en l’église de Saint-Samson de Thelouet [...] ROPARTZ, Sigismond, « Thélouet », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 39, 1876, Voir en ligne. pages 174-175

L’acte de fondation du prieuré Saint-Samson de Telhouët montre qu’en 1124, la première épouse de Raoul II, Havoise, est déjà décédée. Elle est la mère de Raoul et Guillaume.

Trois autres enfants de Raoul II sont par ailleurs mentionnés sans que l’on sache l’ordre des naissances :

  • Amicie († 1168), mariée en 1120 à Robert de Beaumont, comte de Leicester,
  • Robert, seigneur de Hédé, marié à Anne de Fougères,
  • Olivier que certains historiens considèrent comme fondateur de la seigneurie de Montauban.

Nous pensons qu’Olivier de Montfort serait né après 1124 et qu’Anne, la seconde épouse de Raoul II est sa mère. Notons qu’Olivier est un nom qui apparait pour la première fois dans le lignage de Gaël-Montfort. Il est intéressant de noter ce disent les historiens concernant la transmission des noms dans les familles.

[...] le prénom était encore considéré comme faisant partie du patrimoine familial et était donné à l’enfant en vertu de règles établies de longue date. Les aînés recevaient un prénom emprunté au lignage paternel et les cadets à celui de leur mère 7. KEATS-ROHAN, Katharine, « Raoul Anglicus et Raoul de Gaël : un réexamen des données anglaises et bretonnes », in Montfort-sur-Meu et son pays. Histoire et patrimoine., Rennes, S.H.A.B Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 2016, p. 33-63. [page 36]

Les deux fils mentionnés dans l’acte de fondation du prieuré, Raoul et Guillaume, portent bien des noms issus des Gaël-Montfort. Ce n’est pas le cas d’Olivier qui pourrait porter un nom hérité du père d’Anne.

Olivier de Gaël-Montfort, premier seigneur de Montauban

Les actes concernant le statut d’Olivier de Gaël-Montfort sont peu nombreux. À notre connaissance, il en existe trois dont deux, datés de 1156-1160 et 1181, dans lesquels il porte le patronyme de Montfort sans titre seigneurial. Le troisième, dans lequel il est nommé Dominus Oliverius de Monte Albano, n’est pas daté mais correspond à une période allant de 1163 à 1180.

• En 1156-1160, lors d’une confirmation des dons à l’Abbaye de Bégard par le duc de Bretagne Conan IV où il apparait comme témoin 8.

• Le deuxième acte, inédit, dans lequel Olivier porte le nom de Montauban est rapporté par Arthur de La Borderie. L’historien le situe dans une période allant de 1163 à 1180 9.

• Le dernier acte connu date de 1181. Olivier est mentionné comme premier témoin laïque dans un accord entre les religieux de Saint-Jacques de Montfort et les religieuses de Saint-Samson de Telhouët au sujet du moulin du Pont-Johanno (Pont-dom-Jean en forêt de Brécilien ?). Dans cet acte qui vient après celui de 1163 à 1180, Olivier ne porte plus le nom de Montauban 10.

De ces trois documents connus, seul celui compris entre 1163 et 1180 présente Olivier comme seigneur de Montauban. Pourtant dans celui de 1181 il est de nouveau appelé Olivier « de Montfort » (parfois l’auteur du texte garde par négligence l’appellation d’origine).

Généalogie des premiers seigneurs de Montauban selon Arthur de La Borderie

Les premiers seigneurs de Montauban selon La Borderie

Il n’existe pas à notre connaissance d’acte permettant de certifier qu’Olivier de Montfort soit marié ou qu’il ait des enfants. Néanmoins, Arthur de La Borderie, en recoupant les liens de parenté, attribue des fils à Olivier Ier de Montauban (ou Olivier de Montfort) : Raoul, Amaury et Josselin dans cet ordre.

Actes concernant Raoul, Amaury et Josselin 11

Amaury de Montfort, considéré comme un des fils d’Olivier de Montfort est marié à Hermine, ils ont quatre fils : Philippe, Guillaume, A (Alain ?), O (Olivier ?). Nous apprenons qu’à cette date de 1215, il a deux frères, Josselin et Raoul qui portent le patronyme « Monte Albano ».

• Actes concernant Philippe de Montauban, un des fils d’Amaury de Montfort. 12

Olivier II succède à Philippe de Montauban

Dans les actes précédents concernant Philippe de Montauban fils d’Amaury, les noms de ses deux fils Olivier (II) et Renaud sont attestés en 1230. Olivier II épouse Jeanne, la plus jeune des trois filles du vicomte Eudes III de Porhoët.

• Actes concernant Olivier II de Montauban, fils ainé de Philippe de Montauban. 13

Olivier II et Jeanne de Porhoët ont de nombreux enfants. L’ainé, Olivier III succède à Olivier II à la seigneurie de Montauban. Les premiers seigneurs de Montauban sont toujours matière à controverse. Ce n’est guère qu’à partir d’Olivier II de Montauban vers 1246 qu’il y a un consensus chez les historiens. Le lignage de cette famille prendra fin avec Marie de Montauban, dame héritière, qui porte l’héritage de Montauban et de Keranrais dans la maison de Rohan par son mariage en 1443 avec Louis Ier de Rohan, seigneur de Guéméné.

Le choix des documents retenus par Arthur de La Borderie privilégient l’origine de Montauban selon un lignage de Gaël-Montfort. En tenant compte des données fournies, l’énumération des premiers seigneurs de Montauban serait celle-ci :

  • Olivier I er, attesté dans un acte entre 1163 à 1180.
  • Raoul, fils d’Olivier I er (?) attesté dans un acte de 1215.
    Raoul n’a pas d’héritiers directs. C’est Philippe, le fils d’Amaury de Montfort qui devient seigneur de Montauban.
  • Philippe, fils d’Amaury de Montfort, attesté dans un acte de 1230.
  • Olivier II, fils de Philippe, attesté dans un acte de 1246.

Philippe et Jean de Montauban écartés par Arthur de La Borderie

C’est à partir d’Olivier de Montfort que La Borderie établit la généalogie des premiers seigneurs de Montauban. Or, c’est précisément la descendance directe d’Olivier qui pose problème. Rien ne prouve que Raoul, Amaury et Josselin soient ses fils.

Dans le même temps, des actes ou des chartes font apparaitre les noms de deux membres des Montauban, Philippe en 1200 et Jean en 1208-1210 que La Borderie cite mais sans les retenir, afin de justifier la généalogie qu’il propose.

Le nom de Philippe est attesté par un acte que Dom Morice situe en 1200.

[…] His testibus Domino Bonabe de Rogé […] Domino P. de Montauban & multis aliis. Titre de BleinDom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 783 (Voir en ligne)

Cet acte fait part d’un échange entre le vicomte Alain de Rohan et Roger de la Zouche 14 en Angleterre. Ces deux hommes ont un lien de parenté remontant à la famille des seigneurs de Porhoët. Philippe de Montauban est témoin en tant que seigneur de cet échange. Dom Morice place cet acte, non daté officiellement, en 1200. Arthur de La Borderie soutient que Dom Morice fait une erreur et date cet acte entre 1228 et 1232, ce qui lui permet d’écarter Philippe de sa généalogie des Montauban.

[…] Dom Morice constate lui-même, dans sa généalogie des La Zouche (branche des vicomtes de Porhoët), que ce Roger vivait vers 1229 (Morice, Hist. de Bret. I, p. XXI). et ne pouvait par conséquent être contemporain d’Alain IV de Rohan, mort en 1205, mais bien d’Alain V, qui fut vicomte de Rohan de 1223 à 1232 (Ibid. p. XXIII). D’ailleurs, l’allusion faite à l’alliance de l’Alain de Rohan mentionnée dans cette charte avec « Eudon fils du Comte », c’est-à-dire fils du célèbre Eudon II de Porhoët, comte ou duc de Bretagne, — cette allusion ne peut concerner Alain IV, mais désigne au contraire Alain V, qui avait épousé Aliénor, fille d’Eudon III de Porhoët […] La date 1228-1232, assignée par nous à cette mention de Philippe sire de Montauban, est donc incontestable.Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine (1895) op. cit., p. 286-287 (Voir en ligne)

Son argumentation n’est cependant pas convaincante. Nous ne voyons pas en quoi Roger de la Zouche ne serait pas témoin d’un acte en 1200, alors qu’il est cité dans un acte Anglais de 1199. "Rog. La Zuche" made a fine for "terra que fuit Wille fratris sui" in Devonshire, dated 1199. voir en ligne. Nous nous en tenons donc au placement de l’acte en 1200 comme le préconise Dom Morice, ce qui fait de ce Philippe un possible fils d’Olivier de Montfort.

Le second personnage est Jean (Jehan) de Montauban. Sa présence est attestée vers 1208-1210 lors d’une assemblée réunie à Vannes suite à l’assassinat d’Arthur Ier, duc de Bretagne par le roi d’Angleterre Jean sans-terre.

[…] Rollend Sire de Rieux, Geffroy Sire de Pouencé, Jean Sire de Montaulban, Allain Sire de la Roche […] LE BAUD, Pierre, Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, Paris, Chez Gervais Alliot, 1638, Voir en ligne. p. 210

Son nom parait également en 1225 lors de la fondation de la ville de Saint-Aubin-du-Cormier par le duc de Bretagne Pierre Mauclerc 15.

Jean de Montauban est cité comme contemporain de Raoul, fils présumé d’Olivier I er. Il peut être aussi le frère de Raoul attesté dans un acte de 1215. Arthur de la Borderie ne prend pas en compte ce Jean de Montauban. Il tergiverse sur le nom qu’il juge non justifié — Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine (1895) op. cit., p. 290 (Voir en ligne) —

Nous reprenons la liste des premiers seigneurs de Montauban avec l’ensemble des personnages dont les noms et la parenté sont attestés.

  • Olivier I er, attesté dans un acte entre 1163 à 1180.
  • Philippe, attesté dans un acte de 1200.
  • Jean, dont la présence est attestée en 1208-1210 et 1225.
  • Raoul, attesté dans un acte de 1215.
  • Philippe, fils d’Amaury de Montfort, attesté dans un acte de 1230.
  • Olivier II, fils de Philippe, attesté dans un acte de 1246.

Nous arrêtons à Olivier II la généalogie des premiers seigneurs des Montauban. Nous avons retenu Du Paz, le premier historien à avoir produit une généalogie des Montauban et celle de Arthur de la Borderie qui la remet en cause deux siècles plus tard. D’autres auteurs se sont positionnés par rapport à l’un ou l’autre de ces historiens : Anselme de Sainte-Marie (1726), Xavier de Bellevüe (1898), Michel de Mauny (1969), Georges Martin (2008), etc. Pour expliquer l’origine des Montauban, les derniers historiens tentent d’approfondir les liens entre les familles Rohan et Montfort.


Bibliographie

ANONYME, Recueil d’extraits de divers chartriers de Bretagne., Rennes, Manuscrit Bibl. nat., fr. 22325, 1601-1700, Voir en ligne.

CHÉDEVILLE, André et TONNERRE, Noël-Yves, La Bretagne féodale, XIe-XIIIe siècle, Rennes, Editions Ouest-France, 1987.

DU PAZ, Augustin, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris, Chez Nicolas Buon, 1619, Voir en ligne.

FABRE, Martine, Héraldique médiévale bretonne : images personnelles vers 1350-1500, armoriaux, sceaux, tombeaux : étude et corpus, Presses universitaires du Septentrion, 2003. 2 vol.

GUILLOTEL, Hubert, « De la vicomté de Rennes à la vicomté de Porhoët (fin du Xe-milieu du XIIe siècle) », in Actes du congrès de Josselin, T. LXXIII, Rennes, S.H.A.B Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 1995, p. 5-23.

KEATS-ROHAN, Katharine, « Raoul Anglicus et Raoul de Gaël : un réexamen des données anglaises et bretonnes », in Montfort-sur-Meu et son pays. Histoire et patrimoine., Rennes, S.H.A.B Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 2016, p. 33-63.

LE BAUD, Pierre, Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, Paris, Chez Gervais Alliot, 1638, Voir en ligne.

MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne.

POTIER DE COURCY, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Vol. 3, Nantes, V. Forest et E. Grimaud (Nantes), 1862, Voir en ligne.

ROPARTZ, Sigismond, « Thélouet », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 39, 1876, Voir en ligne.

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE ET HISTORIQUE D’ILLE-ET-VILAINE, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, XXIV, Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Imp. Marie Simon, 1895, Voir en ligne.

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU DÉPARTEMENT D’ILLE-ET-VILAINE, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, XXXIX, Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine (Rennes), 1909, Voir en ligne.

TAILLANDIER, Dom Charles, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 2, Paris, Imprimerie Delaguette, 1756, Voir en ligne.


↑ 1 • Augustin du Paz, docteur en Théologie. Religieux dominicain rennais (†1631), auteur d’une Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne (1619)

↑ 2 • L’origine des macles des Rohan s’inscrit dans la tradition du mythe généalogique où s’interpénètrent la légende et l’histoire. En 1479, le vicomte Jean II de Rohan rédige un Mémoire du Vicomte de Rohan contre le Comte de Laval pour la préséance aux Etats.

[...] la petite Armoricque, eut trois filz, defquelz l’aisné eut nom Meriadec, & délaissa la Principauté à son filz puisné, du nom duquel n’est membré & retint à soy la Viconté de Rohan en Jouvegneurie & appanage, & demeura au manoir de Penret en la Viconté de Rohan, auquel lieu il vesquit longuement en vie solitaire & contemplative, & fut Evesque de Vennes, & icelle Viconté délaissa à son autre filz, duquel sont issuz & extraictz les Vicontes de Rohan successivement qui depuis ont esté Sires de ladite Viconté dont est extraist ledit Viconte de présent par droite ligne masculine [...] TAILLANDIER, Dom Charles, « Suppléments aux preuves de l’histoire de Bretagne : mémoire du vicomte de Rohan contre le comte de Laval pour la présséance aux Etats », in Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 2, Paris, Delaguette, 1756, Voir en ligne. p. clxxxvij

Jean II de Rohan met en relation son ascendance « divine » remontant à Saint Mériadec, avec l’apparition de macles au manoir de Perret (22), en forêt de Quénécan.

[...] selon les livres anciens anciennemant les Sires Vicontes de Rohan portoient insignes & armes de Bretagne à différance de Lambaux, & mesmes a ouy dire que sur le fierte dudit S. Mériadec par divin miracle les armes de Bretagne qui avoient esté aposées sur sondit fierte furent muées esdites armes, de guelles & macles d’or à cause de quoy lesdictz Sire Vicontes depuis & jusques à présent ont tenu ainsy que tient ledit Viconte de présent & porté les dites armes de guelles & macles d’or ainsy qu’est contenu esdictes articles, & mefme dit avoir ouy dire par plusieurs fois à plusieurs personnes du nombre des noms & surnoms desquelz il n’est membre qu’on a trouvé en plusieurs arbres & pierres estant en la forrest-de Quenegan, mesmes au pourpris du manoir de Penret apartenant audit Viconte les macles figurées en figure d’escussons sauf qu’ilz estoient de la coulleur du bois & pierres où ilz estoient portraitz.Dom Charles Taillandier (1756) op. cit., p. clxxxvij, col. a. (Voir en ligne)

↑ 3 • Cet acte de 1246 fait part d’une donation de six quartiers de froment renouvelée par Olivier I de Montauban à l’abbaye Saint-Melaine de Rennes.

Oliverius Dominus de Monte-albano salutem in Domino. Noverit universitas vestra, quod cum contentio verteretur inter Religiosos viros Abbatem & Conventum Sancti Melanii Redonensis ex una parte, & me Oliverium de Monte-albano ex altera, super sex quarteriis frumenti, quae debebant percipere annuatim in Nativitate Domini in horreo meo & successorum meorum de Monte-albano ex collatione Domini Oliverii de Monteforti avi mei, tandem amicabilis compositio inter nos unanimiter intervenit, quod ego Oliverius & successores mei tenemur […] libertate & immunitate sacta de communi consensu dictorum Religiosorum & mei & Dominae Gasselinae Matris mea plenius continetur. In cujus rei testimonium & munimen ego Oliverius Dominus de Monte-albano praesentes litteras sigilli mei munimine praedictis Abbati & Conventui dedi & concessi roboratas. (Acte de S. Melaine).Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 929-930 (Voir en ligne)

↑ 4 • Quédillac, Landujan, Irodouer, Saint-Mervon, La Chapelle du Lou, Le Lou, Montauban, Saint-Uniac, Saint-Eloi et Boisgervilly.

↑ 5 • Une bulle de Célestin III donnée la seconde année de son pontificat (1192)

[…] confirme à l’Abbaye de S. Meen les privilèges & biens qui lui ont été donnés par la charité des fidèles, savoir l’Eglise de Gadel, l’Eglise de Tremorel, l’Eglise de S. Jean, […] l’Eglise de Santeleio, l’Eglise de Penpont etc. […] MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne. col. 723

↑ 6 • Un ramage est une branche cadette d’une famille.

↑ 7 • Cette précision importante trouve son complément chez Hubert Guillotel.

La dénomination des aînés est ordinairement reprise du stock anthropononymique de la lignée paternelle, celle des puînés de celui des ascendants maternels. Mais il y a naturellement des exceptions ; un mariage avec l’héritière d’un lignage plus puissant que celui du mari vaudra souvent à l’aîné de recevoir un nom venu du côté maternel. GUILLOTEL, Hubert, « De la vicomté de Rennes à la vicomté de Porhoët (fin du Xe-milieu du XIIe siècle) », in Actes du congrès de Josselin, T. LXXIII, Rennes, S.H.A.B Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 1995, p. 5-23. Page 10

↑ 8 • 

[...] Testibus [...] Esgaredo de Rugeio, Olliverio de Montfort, Alano Constabulario, [...] Titre de Begar
Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, 1742, Dom Hyacinthe Morice, t.1, col. 634

↑ 9 • 

[…] [l’acte] désigne ce même Olivier comme bienfaiteur de l’abbaye de Saint-Jacques et lui donne formellement le titre de sire de Montauban : Dominus Oliverius de Monte Albano. Arthur de La Borderie note que cet acte inédit émane de la Bibliothèque Nationale mss. Blancs-Manteaux, vol XLI, p. 420.Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine (1895) op. cit., p. 284 (Voir en ligne)

↑ 10 • 

[…] cujus compositionis testes fuerunt : Holiverio de Monteforti, W. de sancto Egidio, Willelgiloe (?), praeposito S Alani (?), Galt. Rabaste, Guarinus de Bresel, W. de S. Magan, Gaufridus de Romillé, Herveus de Gaël, Radul… Conani, […] Actum est anno ab Incarnatione 1181.
SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU DÉPARTEMENT D’ILLE-ET-VILAINE, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, XXXIX, Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine (Rennes), 1909, Voir en ligne. p. 37

↑ 11 • — Acte de 1204, il donne le nom de son frère, Raoul.

[...] Hujus rei testes sunt qui praesentes assuerunt Almaricus de Monteforti, & Radulfus frater ejus […] Actum an. gr. M.CC.IV.
Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 800 (Voir en ligne)

— Acte de 1210, il cite son fils, Philippe

Omnibus praesentes litteras inspecturis Amauricus de Monteforti salutem […] Hanc etiam donationem concesserunt uxor nostra & Philippus filius noster. Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 819 (Voir en ligne)

— acte de 1215, Amaury donne le nom de son épouse et de ses fils. Il donne aussi celui de ses frères : Josselin et R. de Monte Albano.

[…] Amauricius de Monteforti salutem. Notum sit universitati vestrae, quod ego A. de Monteforti, concedente Hermina uxore mea & filiis meis Philippo, Vuil. A. O. dedi abbatiae Bona requie (Bon Repos) […] testibus his : Josselino & R. de Monte albano, fratribus meis […] Domini MCCXV. Acte de Bon-repos. Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 829-830 (Voir en ligne)

↑ 12 • — Acte de 1210, Philippe est auprès d’Amaury, son père (filius noster). A cette date, Philippe n’est pas indiqué comme seigneur et son patronyme n’apparait pas.

Omnibus praesentes litteras inspecturis Amauricus de Monteforti salutem […] Hanc etiam donationem concesserunt uxor nostra & Philippus filius noster. Actum est hoc anno gratiae millesimo du centisemo decimo. Titre de Saint Meen. Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 819 (Voir en ligne)

— Acte de 1215, là aussi, Philippe apparait comme étant de Montfort

[…] Notum fit universitati vestrae, quod ego A. de Monteforti, concedente Hermina uxore mea & filiis meis Philippo, Vuil. A. O. dedi abbatiae Bona requie (Bon Repos) […] Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 829-830 (Voir en ligne)

— Acte de 1230. Il faut attendre cette date pour voir Philippe apparaitre comme seigneur de Montauban Philip. de Montealbano domino. On apprend aussi le nom de ses fils : Olivier et Renaud Olivierii et Reginaldi.

Universis Ch. fidelibus praesentes lit. inspecturis vel audit. Philip. de Montealbano salutem in Domino. Noverint universi, quod ego cum confensu Oliverii & Reginaldi filiorum meorum dedi in excambium Abbati & Conventui S. Mevenni […] Actum anno 1230. Titre de S. Meen. Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 866 (Voir en ligne)

— Acte de 1258 au sujet d’une donation faite par Amaury de Montfort au prieuré de Montreuil en 1210 que confirme Philippe de Montauban.

Confirmation faite par Philippe de Montauban de la donation faite par Amaury de Montfort son père au prieur de Montreuil […] 1258.
Extraits de divers textes manuscrits compilés concernant Paimpont, Montfort etc. Sans titre.

↑ 13 • — Acte de 1246 concernant un accord le 9 juin 1246, entre l’abbé de Saint-Melaine de Rennes et Olivier II de Montauban. Dans cet acte, Olivier II parle d’une rente de six quartiers de froment à prendre dans son grenier seigneurial de Montauban par suite de la donation qui en avait été faite à l’abbaye de Saint-Melaine par son aïeul, Olivier de Montfort. Ceci constitue une preuve qu’il descend d’Olivier I erde Montfort. Olivier II cite également le nom de Gasceline sa mère.

Oliverius Dominus de Monte-albano salutem in Domino. Noverit universitas vestra, quod cum contentio verteretur inter Religiosos viros Abbatem & Conventum Sancti Melanii Redonensis ex una parte, & me Oliverium de Monte-albano ex altera, super sex quarteriis frumenti, quae debebant percipere annuatim in Nativitate Domini in horreo meo & successorum meorum de Monte-albano ex collatione Domini Oliverii de Monteforti avi mei, tandem amicabilis compositio inter nos unanimiter intervenit, quod ego Oliverius & successores mei tenemur […] libertate & immunitate sacta de communi consensu dictorum Religiosorum & mei & Dominae Gasselinae Matris mea plenius continetur. In cujus rei testimonium & munimen ego Oliverius Dominus de Monte-albano praesentes litteras sigilli mei munimine praedictis Abbati & Conventui dedi & concessi roboratas. (Acte de S. Melaine).Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 929-930 (Voir en ligne)

— Acte de 1248, Olivier II de Montauban donne le nom de son épouse, Jeanne.

[…] & Ollivier de Montauban & Joanne sa fame de l’autre part sus le fie de Porrohoit […] Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 940-941 (Voir en ligne)

↑ 14 • Roger I de la Zouche, mort vers 1238, est le fils d’Alain de La Zouche. La famille de La Zouche est une branche des Porhoët établie en Angleterre.

↑ 15 • 

[...] Johannes de Montauban [...]Dom Hyacinthe Morice (1742) op. cit., col. 854