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Paysages et Géologie en Brocéliande - III

Une histoire géologique simplifiée de la région

Dans notre itinéraire de découverte du massif de Brocéliande, nous avons traversé, de Campénéac à Paimpont, une grande diversité de paysages.

Cet itinéraire traverse les trois grandes formations géologiques du massif. Grâce à des observations de terrain, il est possible d’effectuer une lecture géologique des paysages.

Le présent article se propose de replacer l’histoire géologique de Brocéliande dans l’ensemble des évènements qui se sont déroulés sur plusieurs centaines de millions d’année et ont façonné les reliefs de la Bretagne actuelle.

Un résumé en images de l’histoire géologique de la Bretagne

Frise des évènements géologiques entre le Protérozoïque et le Tertiaire
Frise des évènements géologiques entre le Protérozoïque et le Tertiaire
Les flèches indiquent les périodes qui concernent le massif de Brocéliande.
— D’après PLAINE, Jean, « Panneau : histoire géologique de la Bretagne à travers quelques sites patrimoniaux », GIP Bretagne environnement, sans date, Voir en ligne. —

Les principaux évènements qui concernent le massif de Brocéliande se déroulent pour l’essentiel entre le Protérozoïque 1 et le Carbonifère 2 (Paléozoïque), à travers deux mouvements et épisodes tectoniques majeurs : les orogenèses cadomienne et hercynienne. Quelques formations plus récentes concernent des matériaux remaniés au Cénozoïque 3 (Paléocène) 4 : -65 millions d’années (ou Ma. Le signe négatif est implicite, il ne figure pas nécessairement).

L’orogenèse cadomienne

(620 à 580 millions d’années)

Sur notre itinéraire, le socle le plus ancien représente les reliquats d’une chaîne de montagne datant du Protérozoïque, la cordillère 5 cadomienne 6.

Contexte tectonique de la cordillère cadomienne
Contexte tectonique de la cordillère cadomienne
Yves Quété

Cette chaîne de montagne s’est mise en place il y a 620 à 580 Ma en limite nord d’un continent primitif, le Gondwana 7 situé alors au pôle sud terrestre. Elle exprime un relief induit par la subduction 8 d’une plaque océanique (le Lapetus) qui a compressé plissé, puis cassé le Gondwana. Le plan de subduction était situé, au nord-ouest du Massif armoricain en limite actuelle de la Manche.

Le domaine cadomien montre des affleurements de cette ancienne cordillère, observables sur la côte et le domaine nord de la Bretagne et dans le Cotentin.

Etendue du domaine cadomien
Orogenèse cadomienne (détail)
Orogenèse cadomienne (détail)
Yves Quété (2017)

— D’après CHANTRAINE, Jean, CHAUVEL, Jean-Jacques, BALE, Pascal, [et al.], « Le Briovérien (Protérozoïque supérieur à terminal) et l’orogenèse cadomienne en Bretagne (France) », Bulletin de la Société Géologique de France, Vol. 5 / 5, 1988, p. 815-829, Voir en ligne. —

Démantèlement de la chaine cadomienne : le Briovérien supérieur

L’érosion de la montagne cadomienne est la source de sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux 9 (notations b2S et b3S sur la carte géologique) qui constituent les formations briovériennes.

Les mécanismes de mise en place évoqués concernent les domaines marins, sous différentes profondeurs. Suivant les auteurs et les secteurs étudiés, nous pouvons trouver des sédiments deltaïques soumis à des courants littoraux comme le Poudingue de Gourin, jusque dans les grands fonds (courants de turbidité 10) comme dans les Dalles de Néant [notation b1 sur la carte géologique].

Le Briovérien 11 issu du démantèlement de la chaine cadomienne correspond à des sédiments déposés jusqu’au début du Paléozoïque : à la base (en Baie de Saint-Brieuc) il contient des bancs de poudingue portant des galets de roche magmatique datée (640 Ma) et au sommet les sédiments remanient des zircons datés (540-520 Ma) du Cambrien inférieur. Le Briovérien correspond donc à une série sédimentaire déposée entre 630 et 520 Ma (voir phase d’érosion sur l’illustration « Orogenèse cadomienne »).

Environnement de dépôts proposé pour le Briovérien
Environnement de dépôts proposé pour le Briovérien
Faciès « poudingue de Gourin » et grès autres que les « Dalles de Néant »
Système « turbiditique » prolongeant un delta, sur le plateau continental
—  THOMAS, Éric, OUTIN, Jean-Marie, RIVIÈRE, Jean-Marie, [et al.], « Notice explicative de la feuille 316 - Montfort-sur-Meu », Orléans, BRGM - Service géologique national, 1999, (« Carte géol. France (1/50 000) »). —

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Le Briovérien de Bretagne centrale

En fin de processus tectonique, la surface briovérienne émergée, arasée est une surface plane (avec de rares aspérités résiduelles) : « la pénéplaine briovérienne ». Soumise à un climat alternativement sec et humide elle donne naissance à des arènes teintées en rouge 13.

Extension du Briovérien en Bretagne centrale
Extension du Briovérien en Bretagne centrale
Ligne rouge : notre itinéraire
Extrait de la notice de la feuille géologique de Montfort-sur-Meu

Nous changeons d’ère géologique avec le Paléozoïque 14 ou ère primaire.

Le Cambrien (541 à 485,4 millions d’années) en tant que dépôt sédimentaire n’est pas représenté dans notre région au dessus du plan de discordance 15 briovérien (voir plus loin « La discordance des formations paléozoïques sédimentaires sur le Briovérien »).

Le Cambrien est présent en Normandie en discordance sur le Briovérien, ce qui permet de penser qu’ici les dépôts de base du Paléozoïque sont plus récents (arénigiens ? 16) qu’en Normandie, la transgression étant « diachrone » 17.

Sur notre itinéraire, la prospection des sédiments paléozoïques débute directement à l’Ordovicien 18.

Ordovicien inférieur (486 à 472 Ma)

Sur le massif de Brocéliande, la pénéplaine briovérienne est recouverte en discordance par les sédiments de base du Paléozoïque : les sédiments terrigènes 19 de l’Ordovicien inférieur.

Les deux premières séries sédimentaires qui se déposent à la base du Paléozoïque sont :

  1. Une première incursion, localisée (486 à 472 Ma) (Trémadocien 20 ou Arénig inférieur) : la Formation de Pont-Réan comprenant en particulier les dalles pourprées.
  2. Une transgression marine généralisée (479 à 472 Ma) à l’échelle du continent gondwandien 21 (Floien ou Arénig moyen) : le Grès armoricain.

Une première transgression marine

Une amorce de transgression marine se développe en particulier dans la Bretagne centrale en milieu terrestre, ouverte sur une mer peu profonde.

Les dépôts successifs (des plus grossiers aux plus fins) donnent naissance à des roches à couleur rouge dominante (« série rouge » ou « Formation de Pont-Réan »)

Les Dalles pourprées (carrière de Sainte-Apolline)
Les Dalles pourprées (carrière de Sainte-Apolline)

Seules ces dernières sont repérables sur notre itinéraire. Leur couleur « lie-de-vin » typique est liée à la présence d’un pigment d’hématite 23, issu des résidus de l’altération « latéritique » 24 de la surface de la discordance briovérienne soumise aux aléas climatiques.

Ces dépôts sont discontinus sur le terrain : ils se sont déposés à la faveur de fossés d’effondrement du socle briovérien, dont les falaises (failles limitant ces fossés) constituent la source locale de ces sédiments (débris grossiers au pied de la falaise – sédiments plus fins plus loin).

Ces structures effondrées, larges de quelques dizaines de km au maximum, sont du type « hémi-graben » 25 et se retrouvent en structures parallèles orientées est-ouest en Bretagne centrale. —  BRUN, Jean-Pierre, BALLARD, Jean-François et LE CORRE, Claude, « Identification of Ordovician block-tilting in the Hercynian fold-belt of Central Brittany (France) : field evidence and computer models », J. Struct. Geol., Vol. 13, 1991, p. 419–429. —

Une transgression marine généralisée : le Grès armoricain

Cette transgression (479 à 472 Ma) correspond aux dépôts du Grès armoricain. Largement réparti sur le Gondwana, il provient de l’érosion d’une zone lointaine située au sud du Sahara actuel.

Au cours de cette transgression, le Grès 26 armoricain [notation O2, sur la carte géologique] recouvre largement la région, soit le socle briovérien, soit les Dalles pourprées (la série rouge).

Il est constitué de faciès arénacés (sable), déposés dans un environnement marin peu profond, soumis à l’action des marées et des tempêtes.

Il contient localement de fines couches (épaisseur de quelques m) de minerai de fer. Ce minerai a fait dans le passé l’objet d’une exploitation en Basse Forêt de Paimpont. —  CHAUVEL, Jean-Jacques, « Contribution à l’étude des minerais de fer de I’Ordovicien inférieur de Bretagne », Mém. Soc. géol. minér. Bretagne, Vol. 16, 1971. —.

La carrière de Grès armoricain du Valet en Iffendic
La carrière de Grès armoricain du Valet en Iffendic

L’orogenèse hercynienne (420-360 Ma)

Une grande chaîne de montagne se forme depuis le Dévonien 27 jusqu’au Permien 28, lors de la collision des continents Gondwana et Laurussia (ou Laurentia-Baltica) pour former un super-continent : la Pangée 29. C’est l’orogenèse hercynienne 30 (appelée également varisque 31).

Evolution de la chaîne varisque sur la transverale Ardennes-Massif central
Evolution de la chaîne varisque sur la transverale Ardennes-Massif central
D’après Matte (1986)
Yves Quété (2017)
Chevauchements et décrochements ductiles au sein de l'arc ibéro-armoricain
Chevauchements et décrochements ductiles au sein de l’arc ibéro-armoricain
D’après Matte (1986)
Yves Quété (2017)

—  MATTE, Philippe, « Tectonics and plate tectonics model for the Variscan belt of Europe », Tectonophysics, Vol. 126, 1986, p. 329-374. —

La collision de l’Afrique (Gondwana) qui percute Laurentia et Baltica, au nord, se traduit à l’échelle ouest-européenne, par une virgation 32 dite « l’arc ibéro-armoricain » (voir Matte 1986), les chevauchements et décrochements ductiles (failles profondes initiées dans le manteau et accompagnées de la mise en place de massifs granitiques) qui marquent la limite de collision des plaques, correspondent dans le Massif armoricain aux grands cisaillements : sud-armoricain (CSA ) et nord-armoricain (CNA).

Les grands cisaillements
Les grands cisaillements
CSA : cisaillement sud-armoricain
CNA : cisaillement nord-armoricain
d'après Vidal, Muriel et al. (2011)

— Adapté d’après Matte, Philippe (1986) op. cit. —

Lors de la formation de la chaîne hercynienne, l’ensemble des couches (Briovérien et Paléozoïque) ont été comprimées puis cisaillées. Les sédiments les plus fins (siltites) ont localement acquis une schistosité, croissante en intensité du nord vers le sud à l’approche des grands cisaillements (zones broyées Nord et Sud armoricaines) et des intrusions granitiques 33 qui les accompagnent..

La discordance des formations paléozoïques sédimentaires sur le Briovérien

Ces formations (les séries rouges) ont enregistré l’orogenèse hercynienne : faible inclinaison des couches, suivant de grandes structures synclinales 34 parallèles orientées est-ouest (chaque « bande » représentant une largeur d’une dizaine de km).

Structures synclinales des « séries rouges » de la région
Structures synclinales des « séries rouges » de la région
Ces grandes structures synclinales sont indiquées en pointillés sur la carte.
Chaque « bande » représente une largeur d’une dizaine de km.
Yves Quété

Elles reposent en discordance sur un socle ancien, le Briovérien supérieur (post orogenèse cadomienne) qui :

  • a été raboté (pénéplaine),
  • a subi l’orogenèse hercynienne.
Schéma de la carrière de la Marette
Schéma de la carrière de la Marette
Extrait de la notice de la feuille géologique de Montfort-sur-Meu

—  THOMAS, Éric, OUTIN, Jean-Marie, RIVIÈRE, Jean-Marie, [et al.], « Notice explicative de la feuille 316 - Montfort-sur-Meu », Orléans, BRGM - Service géologique national, 1999, (« Carte géol. France (1/50 000) »). —

Carrière de la Marette
Carrière de la Marette
Yves Quété

Le Massif armoricain depuis le Crétacé supérieur

À partir du Crétacé supérieur 35 (ère Mésozoïque), il y a 100 Ma, le Massif armoricain est considéré comme « globalement » émergé, les incursions marines ultérieures (en particulier les faluns 36 datés du Miocène 37 moyen, 16 à 12 Ma environ) sont localisées en limite Est de la Haute-Bretagne sur un axe nord-ouest / sud-est, marqué par une grande faille (Quessoy – Nort sur Erdre), jalonnée par des bassins d’effondrement (34 - 14 Ma) qui ont conservé ces sédiments cénozoïques en les protégeant de l’érosion.

Dans notre secteur, durant le Paléocène 38 et la base de l’Éocène 39 (il y a 65 à 50 Ma), les conditions morphologiques (surface totalement plane exondée à 300 m d’altitude) et climatiques (climat chaud et humide) ont engendré une altération profonde qui a formé des altérites 40 à dominante argileuse emballant des fragments gréseux (ici quelques dizaines de m, ailleurs jusqu’à 150 à 200 m d’épaisseur) [notation O2A sur la carte géologique].

Au Quaternaire (depuis 2 Ma)

Des alternances de périodes froides et humides (périglaciaire) et tempérées (interglaciaire court) vont induire des fluctuations importantes du niveau marin (-120 m à + 30 m par rapport à l’actuel) et provoquer le dépôt des limons d’origine éolienne (issus de la Manche exondée), ainsi que des coulées de solifluxion 41 : les altérites [notation AS sur la carte géologique] représentent le Grès armoricain altéré (O2A) remanié durant la dernière période glaciaire au quaternaire (le Weichelien soit il y a 20 000 ans).

Voir aussi : Observations géologiques sur l’itinéraire Campénéac - Paimpont


Bibliographie

BRUN, Jean-Pierre, BALLARD, Jean-François et LE CORRE, Claude, « Identification of Ordovician block-tilting in the Hercynian fold-belt of Central Brittany (France) : field evidence and computer models », J. Struct. Geol., Vol. 13, 1991, p. 419–429.

CHANTRAINE, Jean, CHAUVEL, Jean-Jacques, BALE, Pascal, [et al.], « Le Briovérien (Protérozoïque supérieur à terminal) et l’orogenèse cadomienne en Bretagne (France) », Bulletin de la Société Géologique de France, Vol. 5 / 5, 1988, p. 815-829, Voir en ligne.

CHAUVEL, Jean-Jacques, « Contribution à l’étude des minerais de fer de I’Ordovicien inférieur de Bretagne », Mém. Soc. géol. minér. Bretagne, Vol. 16, 1971.

MATTE, Philippe, « Tectonics and plate tectonics model for the Variscan belt of Europe », Tectonophysics, Vol. 126, 1986, p. 329-374.

PLAINE, Jean, « Panneau : histoire géologique de la Bretagne à travers quelques sites patrimoniaux », GIP Bretagne environnement, sans date, Voir en ligne.

THOMAS, Éric, OUTIN, Jean-Marie, RIVIÈRE, Jean-Marie, [et al.], « Notice explicative de la feuille 316 - Montfort-sur-Meu », Orléans, BRGM - Service géologique national, 1999, (« Carte géol. France (1/50 000) »).

THOMAS, Éric, BRAULT, Nicolas, CARN, Anne, [et al.], « Feuille 351 - Ploërmel », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2004, (« Carte géologique de la France à 1/50000 »).

VIDAL, Muriel, DABARD, Marie Pierre, GOURVENNEC, Rémy, [et al.], « Le Paléozoïque de la presqu’île de Crozon, Massif armoricain (France) », Geologie de la France, 2011, p. 3-45, Voir en ligne.


↑ 1 • Sur l’échelle des temps géologiques, le Protérozoïque (du grec protéro-, « de devant, d’avant » et zôon, « animal ») est la dernière période (de - 2,5 à - 0,541 milliards d’années) du Précambrien.

↑ 2 • Le Carbonifère est un système géologique du Paléozoïque. Cette période géologique s’étend de -358,9 ± 0,4 à -298,9 ± 0,2 millions d’années (Ma).

↑ 3 • Le Cénozoïque regroupe les anciennes ères Tertiaire et Quaternaire. Débutant il y a 65 millions d’années, après l’extinction du Crétacé, il est précédé par le Mésozoïque (anciennement ère secondaire) et se poursuit de nos jours. Son nom signifie « nouvelle vie » et provient du grec kainos, nouveau, et zoe, vie.

↑ 4 • Le Paléocène est la première époque de l’ère Cénozoïque. Elle s’étend de 66 à 56 millions d’années.

↑ 5 • Une cordillère (parfois cordillière) est une chaîne de montagnes allongée et étroite résultant généralement de la subduction d’une plaque océanique sous une plaque continentale (ex. : la cordillère des Andes)

↑ 6 • La « cordillère cadomienne » tire son nom de Caen (Cadomum en Latin), car c’est dans cette région située en limite de la Bretagne et de la Normandie, qu’affleurent les formations géologiques qui permettent de reconnaitre les traces d’une subduction plaques océanique/continentale.

↑ 7 • Le Gondwana est un supercontinent formé à la fin du Néoprotérozoïque (600 Ma) et qui a commencé à se fracturer au Jurassique (160 Ma). On distingue le Gondwana du Paléozoïque (appelé aussi Protogondwana) et celui du Mésozoïque. Entre les deux, le Gondwana a fait partie du supercontinent Pangée.

↑ 8 • La subduction est le processus par lequel une plaque tectonique océanique s’incurve et plonge sous une autre plaque avant de s’enfoncer dans le manteau.

↑ 9 • La taille des grains de ces sédiments est comprise entre 0,02 mm et 2 mm. On y trouve aussi des sédiments plus grossiers, conglomératiques (éléments de taille > à 2 mm : exemple le Poudingue de Gourin).

↑ 10 • Les courants de turbidité sous-aquatiques se développent en fonction de la pente sous l’action de la densité effective. Ils proviennent soit de la décharge d’une masse sédimentaire importante par les fleuves, soit de glissements et d’écroulements sous-aquatiques se produisant à la suite d’une rupture d’équilibre ou lors de certains séismes.

↑ 11 • Le Briovérien a été défini à Saint-Lô dans la Manche (Briovera en latin).

↑ 12 • Les dépôts de turbidité ou turbidites résultent de courants de turbidité sous-aquatiques, qui se développent en fonction de la pente sous l’action de la densité effective, proviennent soit de la décharge d’une masse sédimentaire importante par les fleuves, soit de glissements et d’écroulements sous-aquatiques se produisant à la suite d’une rupture d’équilibre ou lors de certains séismes.

↑ 13 • Les processus physiques de destruction y sont rapidement remplacés par les processus chimiques où les solutions produites permettent aux composés les moins stables (le fer) de précipiter.

↑ 14 • Le Paléozoïque, du grec ancien palaiós (« ancien ») et zôế (« vie »), est une ère géologique qui s’étend de 541 à 252,2 Ma.

↑ 15 • Une discordance ou surface de discordance (du latin discordare, « être en désaccord ») est une ancienne surface d’érosion séparant un ensemble de strates plissées lors d’une phase tectonique, d’un autre ensemble de strates non plissées qui elles n’ont pas été affectées par l’évènement tectonique car déposées postérieurement. Sur les temps géologiques, plusieurs discordances peuvent se succéder, la discordance « inférieure » enregistrant les déformations (plis/failles) successives.

↑ 16 • (des monts Arenig, Pays de Galles) deuxième étage de l’Ordovicien inférieur (ère Paléozoïque) qui est daté d’environ 485 Ma à 470 Ma

↑ 17 • Diachrone : se dit d’un faciès sédimentaire constant (par exemple un poudingue) avec des âges différents selon les lieux.

↑ 18 • L’Ordovicien est le second des six systèmes géologiques constituant le Paléozoïque. Il s’étend de 485,4 ± 1,9 à 443,4 ± 1,5 Ma. Il est précédé par le Cambrien et suivi par le Silurien. Il est nommé en référence aux Ordovices, un peuple brittonique de l’actuel Pays de Galles.

↑ 19 • Les sédiments terrigènes sont issus de la fragmentation/érosion des terres émergées/continents et transportés à la mer (ou localement dans des plans d’eau) par les fleuves, le ruissellement, les vents.

↑ 20 • Le Trémadocien est le premier étage stratigraphique des séries de l’Ordovicien inférieur. Il s’étend entre 485,4 ± 1,9 et 477,7 ± 1,4 million d’années

↑ 21 • Le Gondwana, centré alors sur le pôle sud, correspondait à une vaste plateforme (continent puis mer peu profonde au nord) qui réunissait l’Amérique du sud, l’Afrique et l’Europe jusqu’à l’Irlande.

↑ 22 • La siltite (en anglais siltstone) est une roche sédimentaire dont la granulométrie, entre 1/256 et 1/16 mm, est intermédiaire entre celle du grès, la plus grossière, et celle des lutites (ou pélites). Voir tableau.

↑ 23 • L’hématite est une espèce minérale composée d’oxyde de fer(III)

↑ 24 • La latérite (du latin later, brique) est une roche rouge ou brune, qui se forme par altération des roches sous les climats tropicaux. Le sens large désigne l’ensemble des matériaux, meubles ou indurés, riches en hydroxyde de fer ou en hydroxyde d’aluminium constituant des sols.

Remarque : si l’émersion du substratum briovérien permet d’évoquer une « paléo altération » expliquant la teinte rouge des sédiments de la base du Paléozoïque (les dalles pourprées), l’évocation de processus « latéritiques » (tels qu’aujourd’hui en milieu forestier dense sous climat chaud et humide et relief aplani) pose une interrogation dans la mesure où au début du Paléozoïque, le Gondwana était positionné au pôle sud terrestre et que la végétation de grande taille n’est apparue qu’au Carbonifère (avant-dernière période du Paléozoïque : 362-290 Ma).

Cela étant, la paléoclimatologie, si elle évoque au Précambrien des glaciations néoprotérozoïques bien repérées (740-635-580 Ma), donne peu d’indices précis, pour situer précisément le contexte climatique du « Massif armoricain ». La nature des vecteurs terrestres de la sédimentation briovérienne (fleuves, deltas…) dément toutefois l’existence d’un continent totalement englacé.

↑ 25 • Les hémigrabens correspondent à une dépression tectonique délimitée d’un seul côté par une faille. L’autre côté correspond à la pente du sommet du bloc de socle effondré, basculé à l’occasion du jeu de la faille (ce basculement est le plus souvent dû à ce que la faille normale est « listrique », c’est-à-dire concave vers le haut).

↑ 26 • Le grès est une roche sédimentaire détritique, issue de l’agrégation et la cimentation (ou diagenèse) de grains de sable. Il peut s’agir d’une roche cohérente et dure. Ces grains de sable sont souvent composés de silice (le plus souvent du quartz, mais parfois de grains de feldspath et de micas noirs), mais ils peuvent avoir d’autres compositions. Un quartzite est un grès très siliceux à ciment siliceux, provenant de la diagenèse ou du métamorphisme de sable quartzeux.

↑ 27 • Le Dévonien est un système géologique s’étendant de 419,2 ± 3,2 à 358,9 ± 0,4. Il est suivi par le Carbonifère et précédé par le Silurien.

↑ 28 • Le Permien est un système géologique qui s’étend de 298,9 ± 0,2 à 252,2 ± 0,5 millions d’années. Il s’agit de la dernière période du Paléozoïque.

↑ 29 • La phase orogénique bretonne se produit au Carbonifère inférieur, il y a environ 360 Ma.

↑ 30 • Le géologue français Marcel Bertrand emploie en 1892 le terme « hercynien » (du latin Hercynia silva, forêt hercynienne, qui s’étendait sur l’Allemagne centrale).

↑ 31 • Le terme « varisque » est introduit par le géologue Eduard Suess en 1888 pour décrire les chaînes de montagnes qu’il étudiait au sud de l’Allemagne. Ce vocable est emprunté aux Varasques, habitants de l’actuel Vogtland, dont la ville principale Hof s’appelait en latin Curia Variscorum.

↑ 32 • En géologie, la virgation (du latin virga, « faisceau », terme forgé par Eduard Suess en 1892) désigne des déformations (plis, chevauchements, décrochements) d’une structure géologique affectant des ensembles de grande taille (plusieurs dizaines ou centaines de km) et qui vues en plan prennent la forme d’une virgule, d’un arc.

↑ 33 • Le terme intrusion désigne originellement la mise en place d’un ensemble de roches dans une formation géologique préexistante (l’encaissant). Il peut s’agir de roches magmatiques comme le granite, mises en place à l’état fluide sous la croûte terrestre (magma).

↑ 34 • Un synclinal est un pli dont la concavité est tournée vers le haut, l’anticlinal ayant lui la concavité vers le bas.

↑ 35 • Le Crétacé est une période géologique qui s’étend de ≃ 145 à 66 Ma. Elle se termine avec la disparition des dinosaures non aviens, des ammonites et de nombreuses autres formes de vie.

↑ 36 • Le falun est un dépôt sédimentaire marin du Cénozoïque, souvent disséminé sur de vastes étendues. Formé de débris de coquilles, parfois entières ou partiellement brisées, ce calcaire d’accumulation biodétritique, peut former une roche compacte après une cimentation argilo-siliceuse fine et dense, mais reste généralement une roche meuble et friable car il est mélangé communément à du sable et de l’argile. Cette roche très poreuse constitue un aquifère systématiquement utilisé comme captage d’eau potabilisable en Côtes d’Armor et en Ille-et-Vilaine.

↑ 37 • Le Miocène est la première époque du Néogène et la quatrième de l’ère Cénozoïque. Elle s’étend de 23 à 5 Ma environ.

↑ 38 • Le Paléocène est la première époque de l’ère Cénozoïque. Elle s’étend de 66 à 56 Ma.

↑ 39 • L’Éocène est la deuxième époque de l’ère Cénozoïque. Il suit le Paléocène et précède l’Oligocène. Il s’étend de 56,0 à 33,9 millions d’années.

↑ 40 • Une altérite est une formation géologique (généralement meuble) superficielle, formée in situ, résultant de l’altération physico-chimique de roches antérieures sans transformations pédologiques notables. Une isaltérite est une altérite ayant conservé la structure apparente de la roche. On parle d’allotérite dans le cas contraire.

↑ 41 • La solifluxion est la descente, sur un versant, de matériaux boueux ramollis par l’augmentation de leur teneur en eau liquide, en période de dégel. Les dépôts en bas des pentes qui résultent de la solifluxion sont appelés colluvions.