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L’allée couverte de la Villemarqué

Un mégalithe sur le camp de Coëtquidan

L’allée couverte de la Villemarqué en Augan (Morbihan) était situé sur l’actuel Camp militaire de Coëtquidan. Mentionné pour la première fois en 1826, il a vraisemblablement été détruit au cours du 20e siècle.

Première mention par M. Le Douarain en 1826

Dans une lettre du 16 mars 1826, adressé au chanoine Mahé, M. Le Douarain, maire d’Augan et propriétaire du château du Lémo donne une description d’un site mégalithique qui est certainement l’allée couverte de la Villemarqué :

J’ai parcouru sans succès la commune pour retrouver les monuments N°1 et N°2. Dans mes recherches, j’ai trouvé sur la lande de Coquidan les ruines de deux kist-vean 1 de 30 pieds de longueur chacun, bout à bout, séparés par deux pierres adossées l’une à l’autre. La petite chambre était aux extrémités opposées. GUYOT-JOMARD, Alexandre, « L’abbé Mahé », Bulletin mensuel de la société polymathique du Morbihan, Vol. 34, 1891, p. 54-73, Voir en ligne. page 68

Les notes de l’abbé Marot en 1835

L’allée couverte de la Villemarqué est mentionnée dans des notes manuscrites de l’abbé Marot datée de 1835 :

La grotte aux fée du Bois-du-Loup n’est pas la seule qu’Augan ait possédée : on voit les restes de plusieurs autres. [...] À la Villemarquer (on l’a détruite pour construire un moulin). MAROT, abbé Pierre et HÉLIGON, abbé Joseph Judicaël, « Notes de l’abbé Marot », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1907, p. 275-302, Voir en ligne. page 298

Trois inventaires archéologiques du 19e siècle

François-Marie Cayot-Delandre en 1847

François-Marie Cayot-Delandre emprunte à l’abbé Marot sa description des sites archéologiques d’Augan :

A quelques pas de là [Vallon Saint-Couturier] on voit les débris d’une roche aux fées qui parait avoir eu 15 mètres de longueur. Dans le bois de Lémo, ainsi qu’auprès des villages de la Ville-Marquer et de Brambelec, il existe de semblables restes. ANONYME, « Le château de Trécesson », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 5-9, Voir en ligne. page 305

Alfred Fouquet en 1853

Alfred Fouquet (1810-1875) mentionne quatre dolmens ruinés situés sur la commune d’Augan, dont celui de la Ville-Marquer. Dans son inventaire des antiquités celtiques du Morbihan paru en 1853, il classe ces mégalithes dans la catégorie de la peuplade des forêts .—  FOUQUET, Alfred, Des monuments celtiques et des ruines romaines dans le Morbihan, Vannes, A. Caudéran, libraire éditeur, 1853, Voir en ligne. page 110 —

Louis Rosenzweig en 1863

Louis Rosenzweig dresse un inventaire des sites archéologiques du Morbihan, classant les monuments mégalithiques dans l’époque celtique. Il mentionne deux sites mégalithiques en limite du massif forestier de Paimpont : les débris d’une roche aux fées à proximité du « vallon de Saint-Couturier » en Augan et près du village de Brambelec en Campénéac.

AUGAN. Ép. celtique. Près de la grotte de Saint-Couturier, débris d’une roche-aux-féés.(C. I).).— Autres semblables dans le bois de Lémo et auprès du village de la Ville-Marquer (ibid.). ROSENZWEIG, Louis Théophile, Répertoire archéologique du département du Morbihan, Paris, Imprimerie royale, 1863, Voir en ligne. page 151

Le marquis de Bellevüe en 1913

Le marquis de Bellevüe qui se livre en 1913 à un inventaire des mégalithes du Camp de Coëtquidan, mentionne le dolmen de la Villemarqué à proximité de l’allée couverte de Roherman :

Le dolmen de la Villemarqué est situé à 800 mètres au Nord-Ouest du précédent à l’extrémité Ouest des landes de Coëtquidan, à 300 mètres au Nord-Est du moulin de ce nom, à l’Est du manoir de Trieux, près de la cote 145 de la carte de l’État-Major. Il est assez bien conservé, mais quelques une des pierres qui le composent se sont affaissées. Il a environ 30 mètres de long sur 4 de large, et est divisé en deux chambres par une énorme pierre transversale. Il est orienté de l’Est à l’Ouest et ouvert à l’Est. Je ne crois pas qu’il ait été fouillé. BELLEVÜE, Xavier de, Le camp de Coëtquidan, Rééd. 1994, Rennes, La Découvrance, 1913. [pages 279-280]

Xavier de Bellevüe indique la présence de traces d’activité humaine à proximité du dolmen :

A environ 50 mètres au Sud, on remarque, creusé de mains d’homme, dans un bloc de rocher, un réservoir circulaire de 0m70 de diamètre et de profondeur.
Près de là on voit aussi deux pierres debout, menhirs ou peulvans, s’élevant à environ 500 mètres l’un de l’autre.Bellevüe, Xavier Marquis de (1913), op.cit. p.281


Bibliographie

BELLEVÜE, Xavier de, Le camp de Coëtquidan, Rééd. 1994, Rennes, La Découvrance, 1913.

ANONYME, « Le château de Trécesson », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 5-9, Voir en ligne.

FOUQUET, Alfred, Des monuments celtiques et des ruines romaines dans le Morbihan, Vannes, A. Caudéran, libraire éditeur, 1853, Voir en ligne.

GUYOT-JOMARD, Alexandre, « L’abbé Mahé », Bulletin mensuel de la société polymathique du Morbihan, Vol. 34, 1891, p. 54-73, Voir en ligne.

MAROT, abbé Pierre et HÉLIGON, abbé Joseph Judicaël, « Notes de l’abbé Marot », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1907, p. 275-302, Voir en ligne.

ROSENZWEIG, Louis Théophile, Répertoire archéologique du département du Morbihan, Paris, Imprimerie royale, 1863, Voir en ligne.


↑ 1 • Kist- ou cist-vean est le terme sous lequel le chanoine Mahé désigne un coffre mégalithique.