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3300 à 2800 ans av. J.-C

L’Hotié de Viviane

Une sépulture du Néolithique final

L’Hotié de Viviane est une sépulture du Néolithique final située près du hameau de la « Touche Guérin » en Paimpont, à 500 mètres au sud-ouest du Val sans retour.

La première mention en 1820

La première mention d’un tombeau de Viviane en forêt de Paimpont est l’œuvre de Jean Côme Damien Poignand en 1820. L’antiquaire montfortais, en quête des Tombes de Merlin et de Viviane en forêt de Brécilien découvre deux allées couvertes qui conviendraient aux sépultures du druide et de son épouse :

[...] (les détails suivants sont extraits des notes de M. Poignant) : « A la distance d’une portée de fusil l’un de l’autre, se voient deux vieux tombeaux druidiques. Les pierres de ces deux tombeaux que j’ai encore vues debout, il y a moins de quarante ans, formaient des espèces de cellules en carré long, entourées de pierres colossales, plantées verticalement et recouvertes de pareilles pierres transversalement couchées sur le haut. Elles ont été renversées pendant la révolution, et cela, pour chercher dessous des trésors, d’après les explications que j’ai obtenues dans une nouvelle visite que j’ai faite, il y a quelques années. Toutefois, l’on n’a pas pu les enlever, à cause de leur énorme volume, et il est encore possible de les voir dans leur emplacement. » BELLAMY, Félix, « La fontaine de Barenton », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 23, 1868, p. 445-456, Voir en ligne. page 451

Félix Bellamy a vainement cherché le tombeau de Viviane situé à une portée de fusil de celui de Merlin. Dès 1868, il fait part de l’absence de site mégalithique à l’endroit indiqué par Poignand.

Aujourd’hui, le tombeau de Viviane est complètement détruit, et l’on n’en voit plus de débris, à moins qu’il ne faille prendre pour tels quelques blocs de pierre qui pourraient bien être le roc lui même, émergeant à la surface du sol.Bellamy, Félix (1868) op. cit., p. 452 (voir en ligne)

Une tombe de Viviane dans le Val sans Retour

La Tombe de Viviane était située à proximité du Tombeau de Merlin et de la première localisation du Val sans Retour dans la vallée de la Marette. En 1843, une seconde localisation du Val apparaît dans la vallée de Gurvant ou de Rauco, près de Tréhorenteuc. C’est en liaison avec ce « déplacement » qu’un site mégalithique proche de la vallée de Gurvant va prendre le nom d’« Hotié de Viviane ».

Carte du Val sans retour

Le Tombeau des Druides

La première mention de ce site est l’œuvre de Félix Bellamy en 1896. —  BELLAMY, Félix, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Berenton, quelques lieux d’alentour, les principaux personnages qui s’y rapportent, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896, Voir en ligne. page 196 — Il indique que le site mégalithique, qui possède plusieurs appellations, est connu sous le nom de Tombeau des Druides. La référence aux druides pour expliquer l’origine des mégalithes est encore courante à la fin du 19esiècle. Écoutons Félix Bellamy le décrire :

En rencontrant tout à coup à l’écart, au beau milieu du bois, ces grandes pierres debout et se faisant vis-à-vis, on s’arrête saisi d’étonnement et de respect. On croit avoir surpris une assemblée de vénérables druides enveloppés de leurs robes qui dissimulent leurs bras pendants et les autres parties du corps. Ravis en extase, ils n’appartiennent plus à la terre ; leur esprit est en communication avec l’âme de l’univers, ils l’adorent dans une religieuse contemplation, et dans le silence de la forêt ils scrutent les secrets de la nature. Profane qui vous êtes fourvoyé en ce sanctuaire, hâtez-vous de disparaitre, craignez de troubler les profondes méditations de ces graves philosophes, et laissez les s’amuser et s’abuser dans leurs ténébreuses élucubrations.Bellamy, Félix (1896) op. cit., p. 197 (Voir en ligne)

L’Hotié de Viviane

Félix Bellamy nomme aussi ce site mégalithique « Hotié Viviane » ou « Maison de Viviane » :

On l’appelle aussi l’Hotié Viviane, c’est à dire l’Hôtel, la Maison de Viviane. On raconte que c’est là, sur la colline du Val sans Retour, au milieu des bois et des rochers, dans son château de pierre, que la fée Viviane retenait Merlin enchanté. De là le nom de Maison de Viviane et peut-être aussi celui de Tombeau des Druides, Merlin étant réputé le chef des Druides. Bellamy, Félix (1896) op. cit., p. 197 (Voir en ligne)

Il en donne une description détaillée, ainsi que le premier plan connu :

Il consiste en une fosse oblongue circonscrite par onze pierres plates de schiste rouge plantées debout côté à côté. La longueur de la fosse est de 3 mètres, elle va de l’est à l’ouest ; sa profondeur est de 40 à 50 centimètres. [...] Au fond de la fosse se voient quelques fragments de schiste. On croit que cette enceinte de pierres est une ruine de dolmen dont les pierres, que l’on peut supposer avoir primitivement formé l’entablement, auraient été enlevées, dispersées, émiettées, car on n’en voit pas de vestiges à l’entour.Bellamy, Félix (1896) op. cit., p. 196-177 (Voir en ligne)

Plan de l'Hotié de Viviane par Félix Bellamy
Plan de l’Hotié de Viviane par Félix Bellamy

Deux mentions dans les années 1920

Le site mégalithique est encore mentionné sous le nom d’Hôtié de Viviane en 1923 —  MILLON, abbé Auguste, « Les pierres qui parlent : les mégalithes et leurs légendes », Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, 1923, p. 33-92, Voir en ligne. page 58 —, ainsi qu’en 1929 :

Une simple fosse de 3 m de longueur sur 1,05 m de largeur et 0,40 m à 0,50 m de profondeur. BANÉAT, Paul, Le Département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Vol. 3, Rééd. 1973, Librairie Guénégaud, 1929. [page 39]

Les fouilles archéologiques de 1982-1983

L’Hotié de Viviane a fait l’objet de deux campagnes de fouilles, entreprises par Jacques Briard et son équipe, du 28 juin au 17 juillet 1982 et en juillet 1983.—  BRIARD, Jacques, Mégalithes de Haute-Bretagne. Les monuments de la forêt de Brocéliande et du Ploërmelais, structure, mobilier, environnement, Vol. 23, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1989. —

Le monument laisse apparaître une structure très originale que l’on peut dater entre 3300 à 2800 ans avant J.-C 1. C’est une sépulture qui a la forme d’un coffre ou d’une chambre fermée à parois de dalles de schiste. Il reposait sur un massif de pierres très bien appareillé, de forme elliptique de 12 m sur 10 mètres. Ce type de monument, inédit en Bretagne, peut cependant être rapproché du coffre de Lost-er-Lenn à Grandchamp (56) 2.

L'Hotié de Viviane en 1983
L’Hotié de Viviane en 1983

Le cairn

Le coffre était situé sur un petit cairn de 10 m de diamètre pour une hauteur maximale de 1 m. Les pierres qui composaient l’entourage ne devaient pas couvrir le monument mais s’arrêter à mi hauteur des dalles.

Les pierres sont soigneusement agencées à l’extérieur en paquets collés les uns contre les autres et inclinés à 45°. Il est possible que cette partie externe ait été construite en premier pour délimiter l’aire sacrée où devait se dérouler la cérémonie funéraire. [...] Le soin avec lequel cet entourage de pierres a été construit laisse à penser que le tumulus était destiné à être vu ainsi avec ses pierres bien posées.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.19

Le cairn comprenait deux parties distinctes séparées par une ligne de pierres intermédiaires médiane :

Il semble que l’on ait d’abord délimité la zone du cairn, puis on a sans doute bâti le coffre dans une fosse entamant légèrement le sous-sol. Cette fosse a été calée de pierres assez irrégulièrement disposées jusqu’à la moitié du cairn. A partir de cet endroit, matérialisé par une ligne intermédiaire, les pierres étaient placées de chant où obliques, formant une structure originale qui devait être spectaculaire lorsqu’elle était intacte. Briard, Jacques (1989) op. cit. p.19

Vue aérienne de l'Hotié de Viviane (1983)
Vue aérienne de l’Hotié de Viviane (1983)
Photo prise à l’aide de ballons météo par le Groupe d’Études Préhistoriques vendéen
—  BRIARD, Jacques, « Fouilles archéologiques 1983 : L’Hôtié de Viviane à Paimpont, le Jardin des Moines à Néant-sur-Yvel », Le Châtenay - Journal de l’Association des Amis du Moulin du Châtenay, Mai 1984, p. 13-18. —

Le cairn a été laissé apparent après les fouilles puis refermé en 1984 en raison des dégradations causées par les visiteurs.

Le coffre central

Le coffre central, orienté est-ouest, mesure 2,90 m de long pour 1,10 à 1,60 m de large. Il est constitué de grande dalles de schiste rouge local dont quelques unes sont posées de biais à 45° de l’axe général. Toutes sont enfoncées dans le sous sol naturel de 0,50 m environ :

Elles avaient été bloquées par calage de pierres et un lit de terre recouvert d’un pavage de petites pierres plates. Les chercheurs de trésors avaient détruit ce dallage du centre de la tombe mais il subsistait quelques éléments dans les coins. Les dalles étaient légèrement penchées vers l’intérieur de la tombe et certaines avaient même basculé par suite des fouilles anciennes. Nous les avons redressées avec la même inclinaison que les éléments restés en place.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.21

L'Hotié de Viviane en 1983
L’Hotié de Viviane en 1983

La couverture du coffre devait comprendre quelques dalles dont il subsiste des morceaux du côté Est du cairn. La dalle centrale Est, plus basse que les autres a pu jouer le rôle de chatière, permettant la réouverture du monument à l’aide d’une porte amovible.

L'Hotié de Viviane

La dalle principale Ouest montrait quelques possibles cupules à l’extérieur de la tombe. Elles sont peu profondes et on ne peut être catégorique sur leur caractère qui pourrait être naturel par disparition de petits nodules. Mais naturelles ou pas, ces cupules sont nettes et ont peut-être été choisies volontairement. Briard, Jacques (1989) op. cit. p.21

Le mobilier

Malgré des fouilles clandestines vraisemblablement pratiquées au 19e siècle, le coffre a livré de nombreux objets. Un petit monticule situé contre la paroi nord du coffre, correspondant à la terre extraite du tombeau, comprenait quelques tessons de poteries assez grossières. Les angles du coffre, épargnés par les fouilles sauvages, abritaient eux aussi un peu de matériel. La plupart du mobilier découvert a cependant été retrouvé mélangé aux pierres du cairn. Le mobilier découvert comprend notamment des tessons de poteries, des haches polies de Plussulien et des pointes de flèches qui rapprochent l’Hotié de Viviane des autres mégalithes du Néolithique final armoricain.— Briard, Jacques (1989) op. cit. p.21-26 —

  • Des fragments de meules

Des fragments de meules en poudingue ont été trouvés en nombre. Des meules en grès et en granite ont aussi été découvertes, attestant des contacts avec des gisements éloignés d’une quarantaine de kilomètres au sud ouest de Paimpont. Ces meules servant à écraser le grain témoignent d’une population rurale vivant à proximité des lieux.

  • De nombreux éclats de silex

Ils proviennent du cairn et sont pour la plupart de mauvaise qualité et de petite taille :

A l’ouest du monument la roche affleure et le cairn est littéralement posé dessus. De petits éclats de silex, déchets de tailles souvent minimes, abondaient dans cette zone. Il peut s’agir d’un endroit où, avant l’érection du monument, l’on a taillé le silex, véritable petit atelier de taille. Les fragments recueillis sont trop informes pour déterminer quel type d’outils était fabriqué, mais là encore il s’agit d’un matériel de mauvaise qualité correspondant aux faibles ressources locales.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.25

  • Deux grattoirs en silex

Le cairn a aussi livré : un beau grattoir en silex noir assez épais, un petit grattoir onguliforme dit en bouton de culotte, ainsi que des éclats retouchés (Fig.12 n°6 à 8).

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Mobilier de l’Hotié de Viviane
  • Deux pointes de flèches

Trouvées parmi les pierres du cairn : une pointe de flèche à tranchant transversal et une autre, assez fruste, du type à aileron et pédoncule central. Quelques éclats de flèche sont en grès tertiaire ou en quartzite (Fig. 12 n°4-5).

  • Trois éléments de parures

Trois pierres travaillées dans des galets de ruisseaux des environs constituaient des éléments de colliers ou de bracelets :

Les éléments de parure sont rares mais curieux. On a le plus souvent utilisé des galets polis provenant des ruisseaux du voisinage. Une pendeloque est constituée d’un petit galet allongé avec un rétrécissement médian permettant la fixation. C’est un grès curieusement bigarré avec de petites veines noires dessinant des triangles sur fond blanc (gris). Un autre élément est un fragment de perle discoïde en grès dur bleuté. Un troisième est une perle globuleuse jaune veinée, qui a été perforée deux fois avant d’éclater. Tout ceci implique un matériel d’origine locale assez limité (Fig.12 n°1 à 3).Briard, Jacques (1989) op. cit. p.25

  • Trois haches en dolérite

Trois haches en dolérite (Fig. 11) on été découvertes lors des fouilles. La première est un talon de hache polie provenant de l’angle nord-ouest du coffre. C’est un exemplaire assez fin présentant des côtés pannelés (Fig. 11 n°2). Les deux autres haches en dolérite ont été recueillies l’une dans le cairn l’autre en bordure de celui-ci ;

L’une en dolérite du gisement de Plussulien, dans les côtes d’Armor ressemble à une ébauche inachevée et partiellement polie (Fig. 11 n°1). Pour C.-T. Leroux qui l’a examinée, il pourrait s’agir d’une grande hache qui, brisée, aurait été réaffutée. Ceci témoigne de la rareté des roches locales aptes au polissage. La seconde a été trouvée en bordure du cairn, au sud du monument, piquée verticalement dans le sol (Fig. 11 n°3). Il s’agit probablement d’une offrande rituelle, à l’extérieur du monument. C’est une petite hache en dolérite altérée, peu affutée, de forme trapézoïdale. Suivant R. Joussaume de telles offrandes ont été retrouvées dans des dolmens vendéens.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.24-25

Ces haches, faciles à tailler et résistantes aux chocs, servent uniquement à un usage agricole ou forestier.

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Haches de l’Hotié de Viviane
  • Des tessons de poteries

Hormis quelques tessons de poteries assez grossières découverts dans le petit monticule formé par la terre extraite du tombeau, plusieurs centaines de tessons de poteries ont été découverts sous le cairn au niveau du vieux sol, attestant peut-être un habitat néolithique antérieur au monument :

Ils sont de médiocre qualité à gros dégraissant. Une dizaine de rebords montrent un léger bourrelet extérieur (Fig.13 n°1 à 7). Les fonds sont plats (Fig.13 n°1 0-11). Un fragment dessine un épaulement avec paroi amincie au sommet (Fig.13 n°8). En dehors d’un fragment intrusif, poterie à cannelure du second âge du Fer (Fig. 13 n°12), c’est une céramique proche des variantes armoricaines rattachées à la SOM. Toutefois, on peut penser que cette céramique correspondait à une poterie à usage domestique, abandonnée sur le site avant la construction du monument. L’endroit a pu servir d’habitat provisoire ou même permanent, et constituer un excellent poste d’observation, peut-être pour la chasse. Ceci pourrait correspondre au petit atelier de taille de silex dont les vestiges ont été retrouvés à l’est du cairn.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.26

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Mobilier de l’Hotié de Viviane

Huit échantillons de poteries ont été sélectionnés et analysés par Dominique Marguerie. Leur étude a permis de les répartir dans trois groupes. Le premier est formé de céramiques fabriquées à partir d’argiles plus ou moins évoluées, issues de l’altération du socle granitique. Le second groupe est constitué d’argile formée à partir de la transformation de roches métamorphiques (migmatite et micaschiste). Le dernier groupe est représenté par un unique tesson constitué de minéraux ajoutés à une argile de formation briovérienne.— Briard, Jacques (1989) op. cit. p.95-101 —

L’environnement néolithique de l’Hotié

Les nombreux tessons de poteries découverts sous le cairn, ainsi que les éclats de silex trouvés sur sa bordure permettent d’envisager qu’un habitat néolithique antérieur au monument (avant 3000 av. J.-C.) ait pu exister sur le site. Un autre monument mégalithique, qui n’a été l’objet d’aucune étude archéologique, est situé à environ 200 m à l’ouest de l’Hotié (photo ci-dessous).

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Monument mégalithique près de l’Hotié de Viviane

Un peu de matériel lithique à aussi été découvert dans les environs proches.

En contrebas, dans un champ cultivé situé environ à 500 m à l’ouest, J.P. Pincement a récolté une petite série lithique comprenant une lamelle en quartzite grise retouchée et des éclats de silex, l’un blanc et cuit par le feu, l’autre jaune (parcelle 114, section Rauco de Paimpont). L’existence de petits campements provisoires est possible autour de la crête schisteuse mais, nous le verrons avec les analyses palynologiques de D. Marguerie, aucune présence d’agriculture n’a été décelée dans ce secteur, bien que l’action anthropique s’y manifestât déjà sous la forme des premiers défrichements.Briard, Jacques (1989) op. cit. p.25-26

L’analyse des pollens découverts dans le coffre par Dominique Marguerie montre un défrichement de la forêt, formée de 48% d’arbres (frênes, aulnes, noisetiers, quelques pins et chênes). Pas de cultures, mais des clairières sans doute employées à l’élevage. L’orge et le blé nécessaires pour se nourrir étaient sans doute échangés avec d’autres groupes en dehors de la forêt.—  BRIARD, Jacques, MARGUERIE, Dominique, GEBHARDT, Anne, [et al.], « Archéologie et environnement en forêt de Brocéliande, un exemple d’études pluridisciplinaires », Bulletin de la Société préhistorique française, Vol. 86, n°10, 1989, p. 397-403, Voir en ligne. pages 397-403 —

Dernière mention du mégalithe

Jacques Briard a donné une dernière description de l’Hotié de Viviane en 2004 :

[...] Il s’agit d’un coffre funéraire comprenant 11 dalles apparente de chant, en schiste, et long de 3 m et large de 1,10 m (fig. 68). Il a fait l’objet d’une fouille en 1982-1983 (Bourhis et al.). Le tumulus qui le recouvrait était composé de petites dalles de schiste pour l’essentiel, avec en bordure, de grosses pierres de 1.60 à 0.80 m de longueur ; elles avaient la particularité d’être inclinées à 45°. Sur le plan, on distingue un parement intérieur du cairn, correspondant à une première phase de construction. Une douzième dalle, de chant, du coffre fut retrouvée durant la fouille. Le coffre devait être recouvert d’autres dalles, disparues aujourd’hui. Ce monument d’un type rare en Bretagne, datait de la fin du Néolithique (entre 3000 et 2500 av. J.-C.) d’après le mobilier récupéré et une datation radiocarbone. BRIARD, Jacques, LANGOUËT, Loïc et ONNÉE, Yvan, Les mégalithes du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Institut Culturel de Bretagne - Skol-uhel ar vro - Laboratoire d’anthropologie - Préhistoire (U.P.R. 403 C.N.R.S.) Université de Rennes I, 2004. [page 72]


Bibliographie

BANÉAT, Paul, Le Département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Vol. 3, Rééd. 1973, Librairie Guénégaud, 1929.

BELLAMY, Félix, « La fontaine de Barenton », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 23, 1868, p. 445-456, Voir en ligne.

BELLAMY, Félix, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Berenton, quelques lieux d’alentour, les principaux personnages qui s’y rapportent, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896, Voir en ligne.

BLANCHARD DE LA MUSSE, François-Gabriel-Ursin, « Sur Montfort », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1826, p. 344-349, Voir en ligne.

BRIARD, Jacques, « Mégalithes en Brocéliande », in Journées préhistoriques de Bretagne, 1983, p. 16-19.

BRIARD, Jacques, « Fouilles archéologiques 1982 : l’Hotié de Viviane ou Tombeau des druides à Paimpont », Le Châtenay - Journal de l’Association des Amis du Moulin du Châtenay, Avril 1983, p. 15-19.

BRIARD, Jacques, « Fouilles archéologiques 1983 : L’Hôtié de Viviane à Paimpont, le Jardin des Moines à Néant-sur-Yvel », Le Châtenay - Journal de l’Association des Amis du Moulin du Châtenay, Mai 1984, p. 13-18.

BRIARD, Jacques et LARCHER, Guy, « Mégalithes en Forêt de Brocéliande », Archéologia, Vol. 199, 1985, p. 30-39.

BRIARD, Jacques, MARGUERIE, Dominique, GEBHARDT, Anne, [et al.], « Archéologie et environnement en forêt de Brocéliande, un exemple d’études pluridisciplinaires », Bulletin de la Société préhistorique française, Vol. 86, n°10, 1989, p. 397-403, Voir en ligne.

BRIARD, Jacques, Mégalithes de Haute-Bretagne. Les monuments de la forêt de Brocéliande et du Ploërmelais, structure, mobilier, environnement, Vol. 23, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1989.

BRIARD, Jacques, Préhistoire en forêt de Brocéliande, Châteaulin, Jos, 1991.

BRIARD, Jacques et LARCHER, Guy, La préhistoire en Brocéliande, Éditions Gisserot, 2004.

BRIARD, Jacques, LANGOUËT, Loïc et ONNÉE, Yvan, Les mégalithes du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Institut Culturel de Bretagne - Skol-uhel ar vro - Laboratoire d’anthropologie - Préhistoire (U.P.R. 403 C.N.R.S.) Université de Rennes I, 2004.

LECORNEC, Joël, « La sépulture mégalithique de Lost-er-Lenn, Grandchamp (Morbihan) », Annales de Bretagne, Vol. 79 / 1, 1972, p. 21-33, Voir en ligne.

MILLON, abbé Auguste, « Les pierres qui parlent : les mégalithes et leurs légendes », Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, 1923, p. 33-92, Voir en ligne.

POIGNAND, Jean Côme Damien, Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul par Dinan et au retour par Jugon, Rennes, Duchesne, 1820, Voir en ligne.


↑ 1 • La datation au carbone 14 a été réalisée à partir d’un échantillon de charbon de bois trouvé à 60 cm de profondeur sous le cairn. L’analyse réalisée par Georgette Delibrias donne une fourchette de datation entre 3355 et 2890 av. J.-C. Il s’agit d’une date possible pour la préparation du sol avant la construction de l’Hotié. Le coffre a pu être utilisé à partir de 3000 av. J.-C., mais pas au-delà de 2500, aucun tesson campaniforme n’ayant été trouvé sur ce site.— Briard, Jacques (1989) op. cit. p.128 —

↑ 2 • Le coffre de Lost-er-Lenn à Grandchamp (56) a été fouillé par Joël Lecornec en 1970. Il s’agit d’un coffre bâti avec des dalles de chant, placé au milieu d’un cairn de 8 à 9 m de diamètre qui possédait une paroi occidentale surbaissée comme à Paimpont.—  LECORNEC, Joël, « La sépulture mégalithique de Lost-er-Lenn, Grandchamp (Morbihan) », Annales de Bretagne, Vol. 79 / 1, 1972, p. 21-33, Voir en ligne. pages 21-33 —