aller au contenu

1863

Le pêcheur de Koncored ou l’étang de Komper

Un conte d’Ernest du Laurens de la Barre

Le pêcheur de Koncored où l’étang de Komper est un conte collecté par Ernest du Laurens de la Barre à Concoret. Il est publié en 1857 dans Les veillées de l’Armor.

Un conte d’Ernest du Laurens de la Barre

Le pêcheur de Koncored où l’étang de Komper a été pour la première fois publié dans le second recueil de contes d’Ernest du Laurens de la Barre en 1857.—  DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, Veillées de l’Armor, récits populaires de Bretons, Vannes, Caudéran, 1857. —

En préambule, du Laurens de la Barre s’explique sur les particularités des conteurs de la région de Mauron ainsi que sur la langue dans laquelle il l’a collecté :

Parmi les marvailhers du Morbihan, ceux du canton de Mauron, dans l’arrondissement de Ploermel, sont peut-être les plus originaux. On en jugera du reste par les traditions que nous avons recueillies dans ces parages, où les sorciers de Koncored et de Tréhoranteuk jouent souvent le premier rôle et remplissent le fond des récits. Dans cette partie du Morbihan, l’idiome breton fait place à un mauvais langage breton-gallo qui établit une nouvelle différence entre les récits de ces contrées et ceux des pays bretonnants. DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, Veillées de l’Armor, récits populaires de Bretons, Vannes, Caudéran, 1857.

Ce conte a été publié dans un recueil regroupant les contes populaires de la forêt de Brocéliande —  CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999. —.

Le récit du Pêcheur de Koncored

Ce conte fort court est l’histoire d’un pêcheur de Konkored (Concoret), bien attrapé de s’être cru plus malin que Vieux Guillaume, comme on appelait le Diable dans le pays.

Il y avait autrefois, au bourg de Konkored, un pêcheur nommé Gourven, bon vivant, et joyeux compère s’il en fut, mais d’une impiété capable de faire peur à un sorcier hérétique. Jamais il ne jetait ses filets ou ne tendait ses lignes sans pactiser avec le Vieux Guillaume, et l’on ajoute que pour quelques poissons, il lui vendait les âmes de ses meilleurs amis.

Un jour que le seigneur de Komper était parti à la guerre avec ses gardes et ses valets, Gourven fut tenté d’aller pêcher dans l’étang poissonneux qui bordait le vieux château. À la nuit tombée, alors qu’il longeait le bord de l’étang, Vieux Guillaume se montra à lui. Gourven lui proposa alors un pacte : offrir l’âme du curé de Koncored en échange d’une bonne pêche. Vieux Guillaume acquiesça et s’en alla en riant dans sa barbe. Gourven jeta ses filets et fut satisfait de constater que celui-ci semblait fort lourd et que le Diable avait bien rempli sa part de contrat. Il s’arque-bouta sur son filet et se mit à tirer dur.

Tout son corps était penché au dessus de l’eau, l’équilibre allait lui manquer. Il fit un effort inutile pour détacher de sa ceinture la corde roidie du filet ; puis entrainé par une force surnaturelle, Gourven tomba dans l’eau de l’étang, et disparut sous les eaux profondes... où le vieux Guillaume repêcha son âme...


Bibliographie

CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999.

DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, Veillées de l’Armor, récits populaires de Bretons, Vannes, Caudéran, 1857.