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9e siècle

Naissance d’un monastère à Maxent

Salomon bâtit un monastère pour les moines de Redon

Face aux Vikings qui pillent et détruisent les monastères de la Bretagne et de la Francie occidentale, les moines cherchent des refuges pour protéger les reliques de leurs saints.
En 858, les moines de l’abbaye de Redon demandent au roi Salomon de Bretagne de leur procurer un refuge loin des menaces. Salomon les accueille sur le lieu de sa résidence en Plélan.

Vers 868, les moines du Poitou fuient leur monastère, emportant les reliques de saint Maixent pour rejoindre Plélan où sont déjà installés les moines de Redon.
En 869, le monastère de Plélan prend le nom de monasterium Sancti Maccentii.
En 824, les moines de Plélan restituent les reliques de saint Maixent au monastère du Poitou.
Au 11e siècle, ce lieu de l’ancien monastère de Maixent devient une paroisse qui prend le nom de Maxent.

9e siècle : la Bretagne des rois Erispoë et Salomon

En août 851, la bataille de Jengland-Beslé est remportée par Erispoë, fils de Nominoë 1, sur Charles le Chauve 2, alors roi de Francie occidentale 3. La même année, le traité d’Angers reconnait à la Bretagne le statut de regnum, royaume subordonné à la Francie occidentale.

Erispoë réside dans des domaines royaux qui relèvent du fisc comme Talensac près de Montfort 4. Il séjourne dans les deux grandes abbayes, Redon et Saint-Méen de Gaël. En 857, Erispoë meurt assassiné par son cousin Salomon qui lui succède.

Salomon est fils de Riwallon, comte de Poher et d’une sœur de Nominoë. Il est marié à Wembrit (nommée également Guenwret). Il a trois enfants : Riwallon, Wigon 5 et Prostlon 6.

En 867, de nouvelles victoires sur le roi carolingien Charles le Chauve contraignent ce dernier à négocier le traité de Compiègne avec Salomon qui obtient l’Avranchin 7, le Cotentin et une partie du Maine. Ce traité marque l’apogée du royaume breton. Salomon est officiellement exempt du versement du tribut. Il est reconnu comme un monarque pratiquement indépendant. Il règne pendant dix-sept ans.

Plélan-le-Grand, lieu de résidence de Salomon

Le Cartulaire de Redon (832-1124) atteste une résidence du roi Salomon de Bretagne dans un lieu nommé « plebe lan », dont les limites ne sont pas connues. Il s’agit d’un territoire dont font partie notamment les communes de Plélan-le-Grand, de Maxent et de Treffendel.

La motte féodale située au Gué de Plélan, dite « Motte Salomon » n’est pas sa résidence puisque les recherches actuelles ne montrent pas d’occupation du site au 9e siècle.

Les textes établissent que le souverain breton a un lieu de résidence dans l’actuel bourg de Maxent, situé à cinq kilomètres de Plélan-le-Grand.

La menace viking et la nouvelle abbaye de Redon

En juin 832, Conwoïon, fils d’un noble originaire de Comblessac, fonde avec un petit groupe de prêtres et de moines un monastère sur des terres qui leur sont données par le machtiern 8 Ratuili. Il est construit malgré plusieurs refus de l’empereur Louis le Pieux. Nominoë, le missus de l’empereur, intervient et obtient le soutien de plusieurs évêques bretons pour intercéder auprès de Louis le Pieux. En novembre 834, un diplôme (autorisation officielle) est accordé à l’abbaye par ce dernier. Les moines de Redon suivent la règle bénédictine et adoptent l’observance monastique alors imposée à toutes les abbayes de l’empire. Conwoïon devient son premier abbé.

[...] la réforme monastique que Louis le Pieux et ses conseillers avaient appliquée au début de son règne a été diffusée en Bretagne autour et à partir de Redon. CHÉDEVILLE, André et GUILLOTEL, Hubert, La Bretagne des saints et des rois Ve-Xe siècle, Rennes, Editions Ouest-France, 1984. [page 243]

Dès le début du 9e siècle, les Vikings sont une menace pour l’empire carolingien. La Bretagne n’échappe pas à ce danger. Nantes voit sa population massacrée en 843. Nominoë et Erispoë doivent faire face aux bandes scandinaves qui agissent de façon sporadique. Ils prennent à nouveau Nantes en 853 et s’y installent. Salomon parvient à maintenir une paix relative avec les Vikings qui remontent les estuaires et les fleuves menaçant de s’en prendre aux monastères où se trouvent les principales richesses. La nouvelle abbaye de Redon, située au confluent de l’Oust et de la Vilaine, en fait partie et les moines de Redon envisagent de chercher un lieu sûr où ils pourront mener leur vie monastique.

858 : Salomon crée un « refuge » pour les moines de Redon

Conwoïon supplie Salomon en 857 de lui procurer un établissement de repli. Le souverain breton lui offre un refuge monastique sur sa terre résidentielle.

En février puis en avril 858 les onze douzièmes de la forêt de Brontro, un bien du fisc situé « in pago nuncupante trans silvam », sont donnés à des « moines solitaires qui servent dans le monastère proche », peut-être le noyau de la communauté dite le 17 juin 862 Sanctus Salvatoris in Ploelan, Plélan-le-Grand, c’est-à-dire la « paroisse du monastère » ; les religieux cherchant un lieu plus sûr que Redon, envahi par les Normands en 854, se réfugièrent à côté de l’aula de Salomon. GIOT, Pierre-Roland, GUIGON, Philippe et MERDRIGNAC, Bernard, Les premiers bretons d’Armorique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2003. [page 148]

Les moines de Redon donnent à leur nouveau refuge le nom de Sanctus Salvatoris in Ploelan (Saint Sauveur de Plélan) 9. Ce refuge monastique est bâti près de l’aula 10 de Salomon. Il s’agit d’une première construction pour les moines de Redon.

[...] nous sommes persuadés que le domaine de Plélan — l’actuel Plélan-le-Grand —, où Salomon fit construire pour les moines de Redon un établissement de refuge en cas de raid scandinave, était un bien du fisc ; n’était-il pas voisin du domaine de Bernéan dont disposait le comte Rorgon lorsqu’il était comte en Poutrocoet [Porhoët] et du massif boisé de Paimpont dont l’ensemble, terrain de chasse et étang, devait bénéficier d’un statut particulier du droit de la forêt que protégeait le ban royal ?Chédeville André ; Guillotel Hubert (1984). op. cit., p. 327

866 : mort de Wembrit, épouse de Salomon

Un acte du Cartulaire de Redon fait part de la mort en 866 de Wembrit, l’épouse de Salomon. Elle est enterrée dans le monastère de « Saint Sauveur de Plélan ». À cette occasion le souverain fait donation aux moines de Redon d’un ran 11 et de deux villæ.

Salomon avait donné à Saint-Sauveur, à l’abbé Conuuoion 12 et à ses moines, pour l’âme de sa femme Uuenbrit, pendant le temps qu’elle fut malade, une virgada qu’on appelle Raninslouuen, avec ceux qui y demeurent : Uuorhouuen, Riuueten, Alitoc, Maenuueten. Acte fait dans le lieu qu’on appelle Botcatuur (commune de Plélan-le-Grand [35]). Et après que Uuenbrit fut morte, Salomon est venu au monastère Saint-Sauveur à Plélan, et y a donné la villa qu’on appelle Cimbut, et Raniarnedam, avec ceux qui y demeurent, se nommant : Riuur, Roiantuuallon, Menuuallon, Detuuidhael, et la villa de Pirisac (commune de Plélan [35]) [sans doute le lieudit Périsac, commune de Maxent]. Acte fait dans le monastère de Redon, à Plélan (35) 13. SALOMON POUR REDON (ABBAYE SAINT-SAUVEUR), « Acte n° 214171 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.

Dans cet acte la construction est nommée monastère et non « refuge » tel que nous l’appelons vu qu’il s’agit là d’un premier bâti. Le mot prieuré semble plus adapté pour désigner le lieu où vit la communauté monastique de Redon, Sanctus Salvatoris in Ploelan « Saint-Sauveur de Plélan ».

Entre 866 et 868 : les reliques de saint Maixent au monastère Saint-Sauveur de Plélan

Au 9e siècle, l’ensemble de la Francie occidentale est sous la menace viking. Après leur pillage, les envahisseurs normands hivernent et rançonnent le roi, l’Église et la population. Face aux dangers, Charles le Chauve paie pour négocier la paix, au pire il en vient à payer des Vikings pour chasser d’autres Vikings. Les lieux sacrés où se trouvent les richesses sont les premiers visés. Il arrive que les moines n’aient pas à quitter leur monastère lorsqu’ils parviennent à monnayer leur sécurité avec les Vikings. C’est probablement pour éviter ce genre de situation que les moines du monastère de Saint-Maixent du Poitou trouvent refuge en Bretagne pour sauver les reliques de leurs saints.

Le Cartulaire de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, mentionne ces évènements, et précise la provenance des reliques 14 de saint Maixent 15 au monastère de Saint-Sauveur de Plélan où sont réfugiés les moines de Redon.

Concernant l’arrivée des reliques, Dom Plaine, bénédictin et historien breton, rapporte les propos de Salomon, cité dans le Cartulaire, affirmant que les reliques de saint Maixent sont arrivées à Saint-Sauveur de Plélan à deux périodes différentes.

[...] Une première fois, en effet, nous dit-il [Salomon], on nous rapporta du Poitou le riche évangéliaire et le sacramentaire de saint Maixent avec le texte de la vie du même Saint, écrite en prose et en vers, ainsi que le livre de la vie du martyr saint Léger... Mais plus tard ce fut bien autre chose, nous fûmes mis en possession du corps même de saint Maixent, et toute l’Aquitaine fut en deuil à l’occasion d’une pareille perte, la Bretagne en retour en tressaillit d’allégresse. PLAINE, Dom François, Saint Salomon, roi de Bretagne et martyr, 25 juin 874, Vannes, Lafolye (Vannes), 1895, Voir en ligne. p. 39-40

Origine du monastère et des reliques de saint Maixent du Poitou

On sait peu de choses sur saint Maixent hormis les légendaires miracles qui lui sont attribués en dehors de sa Vita primitive. Ce que l’on connait du personnage nous est rapporté par Grégoire de Tours (538-594) 16. L’historien Godefroid Kurth précise que le texte d’origine est perdu. De la biographie de saint Maixent il ne reste

[que] deux recensions plus modernes. La première se trouve dans Mabillon (Acta Sanctorum O. S. B., t. I), la seconde dans les Bollandistes (Acta Sanctorum, t. V de juin). Cette dernière contient des indices de postériorité qui ne permettent pas de la faire remonter au-delà du commencement du septième siècle. L’autre n’est guère plus ancienne, car elle a en commun avec la précédente l’amplification légendaire qui introduit Clovis lui-même dans l’épisode du soldat pillard, et le fait tomber aux genoux du saint. KURTH, Godefroid, « Les sources de l’histoire de Clovis », in Clovis, Appendices, Deuxième édition, revue, corrigée et augmentée, Paris, Victor Retaux, libraire-éditeur, 1901, Voir en ligne.

Grégoire de Tours est le seul biographe de Clovis. Il fait mention de Maixent lors d’un passage de son Histoire des Francs où Clovis (†511) bataille à Vouillé contre le roi wisigoth Alaric. Il écrit que Maixent sauve son monastère face aux soldats de Clovis grâce à un miracle. Grégoire de Tours dit reprendre ce qui est rapporté dans la Vita du saint. Son nom est repris dans la Vita de saint Léger, autre grand saint du 7e siècle qui a Maixent pour maitre.

L’abbaye de Saint-Maixent [...] était construite autour de la cellule de saint Maxence, un saint contemporain de Clovis. Grégoire de Tours raconte que les guerriers de Clovis, lorsqu’ils étaient allés combattre le roi wisigoth Alaric en 507, avaient, à la suite d’un miracle, épargné cette abbaye.RICHÉ Pierre, (1986). op. cit. p. 197

Les reliques de saint Maixent et de saint Léger au monastère de Saint-Maixent en Poitou

Lors de la bataille de Vouillé (près de Poitiers) en 507, saint Maixent accomplit un miracle, selon les dires de Grégoire de Tours 17. Vers 682, le monastère de Saint-Maixent reçoit les reliques d’un abbé successeur de Maixent, saint Léger, devenu évêque d’Autun (†678 ou 679). Le moine Ursin, deuxième biographe de saint Léger, raconte que les reliques de ce saint sont apportées d’Artois jusqu’en Aquitaine. Les moines de Saint-Maixent installent le corps dans un tombeau au centre du monastère. En 855-865, lors des attaques vikings ravageant le Poitou, l’abbaye de Saint-Maixent conservent les reliques de saint Maixent et de saint Léger.

Pérégrination des reliques de saint Maixent jusqu’en Bretagne

Les moines de Saint-Maixent quittent leur monastère, emportant avec eux les reliques des deux saints associées dans l’exode. Dans un premier temps, les moines se réfugient en Auvergne, à Ebreuil 18.

[...] Pendant deux siècles, les moines de Saint-Maixent furent les gardiens des reliques de saint Léger. Mais, au milieu du IXe siècle, les Normands ayant menacé l’abbaye, les moines emportèrent les reliques à Ebreuil, près de Grannat. Le péril passé, ils revinrent en Poitou mais repartirent bientôt pour la Bretagne, dans le palais du roi Salomon à Plélan-le-Grand en 869.
RICHÉ, Pierre, « Les Voies nouvelles de la Sainteté 605-814 », in Histoire des saints et de la sainteté chrétienne, Vol. 4, Paris, Hachette, 1986. [page 201]

Une partie des moines obtient du roi d’Aquitaine la fondation d’une abbaye placée sous le patronage de saint Léger et s’établit définitivement à Ebreuil. Vers 868, la situation s’étant améliorée, l’autre partie des moines retourne dans leur monastère en Poitou avec les reliques de saint Maixent.

[...] L’amélioration qui se manifesta dans la situation à partir de 868 permit aux moines restants d’envisager leur retour en Poitou, avec le corps de saint Maixent, amputé de quelques parcelles au bénéfice de la nouvelle fondation, mais aussi avec une portion des reliques de saint Léger. Il n’est pas sûr qu’ils arrivèrent jamais à Saint-Maixent. C’est un fait que les reliques de Maixent se trouvent dès avant le 17 avril 869 en Bretagne, en possession du duc Salomon. DE POERCK, Guy, « Le ms. Clermont-Ferrand 240 (anc. 189), les scriptoria d’Auvergne et les origines spirituelles de la Vie française de saint Léger », Scriptorium, Vol. 18 / 1, 1964, p. 11-33, Voir en ligne. [page 20]

On ne sait pas pour quelle raison les reliques parties d’Ebreuil se sont retrouvées à Plélan. Seul le Cartulaire de Redon nous apprend que les moines de Saint-Maixent ont apporté le corps du saint auprès du souverain breton, qui plus est, avec l’accord des moines de Redon. Reste la Vita de Conwoïon, écrite tardivement au 12e siècle et inspirée des Gestes des saints de Redon de Ratuili 19, où l’on fait la part belle à la prise de possession des reliques de saint Maixent.

[...] Chassée par les raids scandinaves, une partie de la communauté des moines de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) fuit son abbaye entre juillet 866 et le début de l’année 868 pour se réfugier à Plélan-le-Grand (Ille-et-Vilaine), lieu de repli des Bénédictins de Saint-Sauveur de Redon 20. Les fugitifs sont accompagnés des reliques de Maixent et d’au moins une partie de leur bibliothèque. BOURGEOIS, Luc et BOYER, Jean-François, « Les palais carolingiens d’Aquitaine : genèse, implantation et destin », 2014, Voir en ligne. [p. 80]

868 : mort de Conwoïon et fondation d’un nouveau monastère

Conwoïon, fondateur de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon meurt le 5 janvier 868. Salomon crée un nouveau monastère auquel il veut donner son nom. Il confie à l’abbé Ritcand, successeur de Conwoïon, la construction d’un grand monastère, refuge pour les moines et les reliques.

[...] En raison des attaques normandes, Salomon, princeps de Bretagne, a conféré à l’abbé Ritcand et ses moines sa cour de Plélan-le-Grand et un autre lieu, et a ordonné d’y construire un grand monastère comme refuge pour ces moines. Ce monastère construit en l’honneur du saint Sauveur, où sont inhumés l’abbé Conuuoion et l’épouse de Salomon Guenuuret et où sera enterré le corps du princeps, portera le nom de monastère de Salomon [...] 21. SALOMON PRINCE DE BRETAGNE POUR REDON (ABBAYE SAINT-SAUVEUR), « Acte n° 214363 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.

Circonstances dans lesquelles les reliques de saint Maixent sont parvenues à Plélan

Les témoignages rapportés n’expliquent ni les circonstances ni l’intérêt qui ont amené les moines du Poitou à venir avec les reliques de leur saint à Plélan.

Philippe Guigon, auteur des fouilles archéologiques menées sur le site de l’église de Maxent en 1991-1992, ne croit pas à cette version. Il note que le plan du monastère d’époque carolingienne correspond à celui d’une église de pèlerinage. Il en déduit que la destination initiale de l’église était d’abriter les reliques de saint Maixent —  GUIGON, Philippe, « Maxent. Ancienne église paroissiale. Rapport de fouille programmée », Maxent, 1991-1992, Voir en ligne. —

Philippe Guigon ne cache pas que la relique fut l’objet d’un pieux larcin de la part des Bretons. — Giot, Pierre-Roland, Guigon, Philippe et Merdrignac, Bernard (2003). op. cit., p. 148 —

Le vol des reliques monastiques est une pratique courante entre le 9e et le 11e siècle. Pour une abbaye, la présence des reliques est apporte du prestige, elle est à l’origine de pèlerinages et devient une source d’enrichissement. Salomon a pu être tenté de posséder des reliques d’un saint prestigieux. S’il s’agit d’un vol commis par les Bretons, il est compréhensible qu’il n’en soit pas fait état dans le Cartulaire de l’abbaye de Redon mais il est surprenant que les documents poitevins n’en fassent pas mention.

Nous n’avons plus le procès-verbal de la translation de ce saint corps du Poitou en Bretagne : mais elle eut lieu sans nul doute sous le règne de Salomon et probablement avant le mois de juin 866. On croit qu’elle fut le prix et le fruit de deux expéditions successives qui conduisirent les Bretons en 858
et 861 jusques au cœur du Poitou et mirent entre leurs mains un butin considérable. [...]Plaine Dom François, (1867) op. cit., p. 39 (Voir en ligne)

Lors des différentes expéditions rapportées, notamment celle de l’année 862 contre le comte d’Anjou Robert le Fort, les Bretons auraient pu « détourner » les moines de Saint-Maixent, avec les reliques qu’ils transportaient, en direction de la Bretagne. Toutefois rien ne permet de l’affirmer.

Les reliques de saint Maixent sont officiellement déposées au monastère de « Saint-Sauveur de Plélan » avant le 17 avril 869.
Suite au traité de Compiègne (867), le roi Charles le Chauve donne à Salomon le titre de roi. 22

Le 29 août 868, le nouveau roi souscrit un diplôme en faveur de l’abbaye de Redon avec son nouveau titre « Seing de Salomon roi de Bretagne ».

17 avril 869 : faste et grandeur de Salomon pour un grand monastère

Le corps de saint Maixent repose dans le monastère où sont inhumés Wembrit et l’abbé Conwoïon. Le 17 avril 869, Salomon de Bretagne fait une donation fastueuse constituée de nombreux et précieux objets d’art et de culte à l’abbé Ritcand, successeur de Conwoïon, et à ses moines.

[...] un calice d’or d’un travail superbe, décoré de trois cent treize gemmes et pesant un peu plus de dix livres ; une patène d’or ornée de cent quarante-cinq gemmes, d’un poids de sept livres et demie ; un manuscrit des Evangiles avec un étui fait merveilleusement avec de l’or pesant huit livres et paré de cent vingts gemmes ; une grande croix d’or d’une exécution remarquable de vingt-trois livres et décorée de trois cent soixante-dix gemmes ; un reliquaire d’ivoire superbement gravé et, ce qui est plus précieux que le reste, plein de reliques ; une précieuse chape parsemée d’or à l’extérieur, donnée à Salomon par le roi Charles le Chauve ; un voile d’une grandeur admirable pour recouvrir le corps de saint Maixent ; l’évangéliaire et le sacramentaire de ce même saint reliés d’ivoire le premier de Paros, le second des Indes ; un autel paré d’or et d’argent ; une croix d’un côté en argent et de l’autre ornée d’une représentation du Sauveur recouverte d’or et de gemmes, deux vêtements sacerdotaux, de la pourpre précieuse et trois cloches d’une grandeur remarquable 23.Chédeville André ; Guillotel Hubert (1984). op. cit., p. 340

Dès lors, aux actes mentionnant Sanctus Salvatoris vient s’ajouter le nouveau nom de monasterium Sancti Maccentii.

Cette donation somptueuse pose question aux historiens, d’autant plus que les fouilles archéologiques entreprises en 1991-1992 révèlent que l’église de Maxent semble avoir été de conception et de réalisation médiocres, en comparaison avec les autres édifices de cette période carolingienne 24.

Un autre fait témoigne de cette volonté du souverain breton de se hisser à la hauteur des grands rois. Dans une lettre écrite en 871 au pape Hadrien II, Salomon fait cadeau de sa statue d’or grandeur nature avec un mulet, une couronne d’or ornée de neuf pierres précieuses, etc.— Cartulaire de l’abbaye de Redon, Aurélien de COURSON (1812). op. cit., p. 67-68 (Voir en ligne) — La comparaison avec la célèbre représentation équestre de Charlemagne montre que le roi breton cherche à être l’égal du roi franc conformément à une tradition héritée de l’Empire romain. — Chédeville André ; Guillotel Hubert (1984). op. cit. p. 340-341 — Il n’est donc pas surprenant que Salomon ait l’ambition de donner son nom au nouveau monastère de Plélan.

[...] Ce monastère construit en l’honneur du saint Sauveur, où sont inhumés l’abbé Conuuoion et l’épouse de Salomon Guenuuret et où sera enterré le corps du princeps, portera le nom de monastère de Salomon 25.

Ce texte est une traduction de l’acte n° 241 du Cartulaire effectuée par l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes.

SALOMON PRINCE DE BRETAGNE POUR REDON (ABBAYE SAINT-SAUVEUR), « Acte n° 214363 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.

Le choix de Salomon pour saint Maixent

Ces témoignages montrent le goût affiché du souverain breton pour la magnificence. Dans ce cas, il est intéressant de se pencher sur son choix des reliques de Maixent. Salomon est dépeint par les historiens comme un prestigieux chef de guerre et un fin stratège dans les alliances. Les traités d’Entrammes 26 en 864 et de Compiègne en 867 témoignent que c’est lui qui mène le jeu face à Charles le Chauve. C’est un roi sûr de sa force, arrogant, un tantinet méprisant même pour un souverain qui n’ose pas l’affronter en face. —  CASSARD, Jean-Christophe, Les Bretons de Nominoë, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2002, (« Histoire »). [pages 78-81] — Tout indique que Salomon est suffisamment calculateur pour imposer le choix du saint qui va servir à sa grandeur et à celle de son monastère. Sous son règne, la Bretagne apparaît comme une terre d"asile, préservée des Vikings.

Salomon aurait fait le choix calculé d’obtenir les reliques de Maixent pour son monastère. En effet, Maixent est un saint ayant vécu au contact de Clovis, célébré par Grégoire de Tours dans son ouvrage L’Histoire des Francs. Grégoire valorise le miracle accompli par Maixent.

Saint Maixent et Clovis
Saint Maixent et Clovis

Les reliques de Maixent susciteront des pèlerinages et un prestige posthume pour Salomon lorsque son corps reposera auprès du saint homme dans le monastère qui porterait son nom.

Juin 874 : la fin tragique du roi Salomon

Salomon meurt assassiné en 874. Les Annales de Saint-Bertin racontent comment le souverain breton est livré à ses meurtriers francs par une conjuration regroupant des Bretons dont les principaux sont Pascweten son gendre et Gurvant. —  ANONYME, Annales de Saint-Bertin - Annales de Metz (869-893), Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer, Philippe Remacle et al., 1824 (Guizot), (« Mémoires relatifs à l’histoire de France (Guizot) »), Voir en ligne. [Année 874] —

Le souverain est inhumé dans son monastère où reposent Wembrit, Conwoïon et saint Maixent. Ce lieu saint devient un lieu de sépulture pour la haute aristocratie bretonne du 9e siècle. Le Cartulaire de Redon donne le nom d’un prince territorial, le machtiern Deurhoiarn qui est enseveli dans le vestibule de l’église en 876. Lui et son épouse Roiantken en avaient fait la demande à Liosic, abbé successeur de Ritcand 27. DEURHOIARN, ROIANTKEN SON ÉPOUSE POUR SAINT-MAIXENT (ABBAYE), « Acte n° 214358 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.

Un acte instrumenté à Maxent le 1er août 875 par les moines de Redon nous apprend que Gurvant vient pour prier au monastère de Saint-Sauveur situé en Plélan où git le corps de Salomon. Cet acte confirme que le roi breton est enterré près de Wembrit son épouse et que le monastère ne porte pas le nom de Salomon, comme l’aurait voulu le souverain.

Mais les actes postérieurs désignent toujours le monastère comme Saint-Sauveur ou Saint-Maixent, l’autel principal portant ce double vocable dès le 1er août 875, lorsqu’après l’assassinat de Salomon [...] le 28 juin 874, son corps fut ramené en ce lieu.Giot, Pierre-Roland, Guigon, Philippe et Merdrignac, Bernard (2003). op. cit., p. 148

Sous le règne de Salomon, Pascweten et Gurvant, puissants comtes vassaux, bénéficient des avantages royaux. Pascweten est comte dans le Vannetais et Gurvant est comte d’un territoire non déterminé dans le Rennais. À la mort de Salomon, Pascweten et Gurvant s’affrontent pour la succession.

[...] les Bretons se déchirent dans une guerre civile longue et confuse. Deux prétendants, deux partis s’affrontent et l’un d’eux commet l’irréparable : en cherchant à se renforcer à tout prix, il ouvre grande la porte au péril majeur : les vikings. CASSARD, Jean-Christophe, Les Bretons de Nominoë, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2002, (« Histoire »). [page 83]

Pérégrination du retour des reliques de saint Maixent

Juin 924 : les moines de Redon restituent le saint à son abbaye du Poitou

En 919, les Annales rédigées par le chanoine Flodoard 28 racontent que les Normands ravagent, écrasent et ruinent toute la Bretagne. À cette époque, les moines de Saint-Sauveur de Plélan sont toujours en possession du corps de saint Maixent. Ces menaces conduisent le vicomte Aimeric Ier de Thouars (†936) à réclamer les reliques de Maixent. Il désigne un prêtre nommé Tutgualus, pour se rendre en Bretagne auprès de Moroc, le doyen de la communauté des moines de Plélan. Tutgualus demande et obtient des moines le retour des reliques de Maixent dans le Poitou. Aimeric Ier promettant de nombreux bénéfices, les moines se mirent en chemin pour le Poitou.

[...] [Ils] transportèrent saint Maxent jusqu’à la Loire. Ensuite, alors qu’ils campaient, ils apprirent que les Normands dévastaient la région de Poitiers. Ils se rendirent alors à l’église de Candé (49), près de la rivière du Beuvron et l’achetèrent pour 60 sous. Les moines de Saint-Maxent restèrent là avec leurs reliques. Mais devant les attaques normandes, ils décidèrent de déplacer à nouveau le corps de cet homme dans le pagus d’Auxerre (89), avec l’aide du comte Richard [le Justicier] qui était alors vivant. Ce dernier, avec l’évêque et les hommes les plus nobles de la région, décida de donner au saint homme plusieurs bénéfices et biens du fisc. Les moines, craignant en acceptant ces donations de revenir sur leur engagement premier vis-à-vis de Tutgalus et d’Aimeric, envoyèrent alors à Poitiers les moines Mesetus (doyen) et Joseph (prêtre) auprès d’Aimeric. Ce dernier les écouta et promit de venir et il emmena avec lui à Poitiers son frère, leur abbé. Arrivèrent alors, devant le comte Ebles [Manzer], le vicomte, son frère, les moines, Richard (archidiacre de Saint-Pierre) et le doyen de Saint-Pierre, Mainard, et ils discutèrent du corps de saint Maxent. A la fin, les moines firent la promesse sous serment, avec leur avoué, de porter à Poitiers le corps du saint homme avec sa tête (mais sans ses mâchoires), ainsi que sa Vie et un missel. Aimeric et leur abbé promirent aux moines de leur donner cette année 100 muids de pain et de vin, un moulin et de diviser équitablement la terre culte et inculte. Les moines resteront les gardiens éternels du corps de Maxent, grâce aux garanties données par Ebles. Le comte les envoya à l’église de Sainte-Marie 29.

Ce texte est une traduction de l’acte n° 283 du Cartulaire effectuée par l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes.

L’ABBAYE SAINT-SAUVEUR DE REDON, « Acte n° 214405 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.

La notice du Cartulaire de Redon rapportant ce récit est datée de juin 924.

Le monastère devient prieuré

De la « Plebe lan » à la paroisse de Maxent

Dom Plaine se demande, faute de documents, ce qu’est devenu le monastère de saint Maixent après le départ des reliques pour le Poitou en 920. La vie monastique de Saint-Sauveur de Plélan s’en trouve réduite.

Les moines regagnèrent l’abbaye de Redon sans doute dans les années 940, et il ne subsista plus à Maxent qu’un prieuré, mais ce jusqu’à la Révolution.Guigon, Philippe (1991) op. cit. (Voir en ligne) [p. 7]

Les historiens apportent quelques précisions sur la naissance, autour du prieuré, de la paroisse de Maxent qui pourrait remonter au 11e siècle.

[...] Maxent qui s’émancipa de Plélan bien avant 1122 puisqu’à cette date Plélan était passé sous le contrôle des moines de saint Melaine de Rennes, alors que le desservant de Maxent restait à la nomination des moines de Redon [...] la constitution du réseau paroissial a donc été très progressive puisque Maxent, Mernel et Saint-Séglin ont pu être érigées dans le courant du XIe siècle, [...] CHÉDEVILLE, André et TONNERRE, Noël-Yves, « XIe-XIIIe siècle », in La Bretagne féodale, Rééd. 2001, Rennes, Editions Ouest-France, 1987. [Page 291]

Quant au nom de Maxent, il est lié à l’implantation du monastère de saint Maixent qui prend naissance à cet endroit. Pierre Porcher, recteur et prieur de l’église entre 1593 et 1631 certifie que le prieuré Sancti Maccentii aurait donné son nom à la paroisse sous la forme Macent en 1330.


Bibliographie

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PICHOT, Daniel, « Prieurés et société dans l’Ouest, XIe-XIIIe siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 2006, (« PUR »), p. 153-175, Voir en ligne.

PLAINE, Dom François, Saint Salomon, roi de Bretagne et martyr, 25 juin 874, Vannes, Lafolye (Vannes), 1895, Voir en ligne.

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SALOMON PRINCE DE BRETAGNE POUR REDON (ABBAYE SAINT-SAUVEUR), « Acte n° 214363 », in Chartae Galliae - Edition électronique : Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2013, Voir en ligne.


↑ 1 • aussi appelé Nomenoë

↑ 2 • Charles le Chauve (823-877), fils de Louis le Pieux et de Judith, sa seconde femme.

↑ 3 • La Francie occidentale qui comprend la Bretagne, revient à Charles le Chauve à la mort de Louis le Pieux en 840.

↑ 4 • Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine).

↑ 5 • tué en 874.

↑ 6 • épouse de Pascweten.

↑ 7 • On appelle Avranchin le pays normand dont la ville principale est Avranches. Il est tourné vers la baie du mont Saint-Michel.

↑ 8 • mach correspond à une racine vieille celtique du nom de « gage » et tiern à tigernos, « chef ». Léon Fleuriot a restitué son véritable sens à machtiern qui donnerait quelque chose comme « chef garant » ou « chef servant de garant », expression qui de toute façon n’a pas d’équivalent direct dans le monde franc. —  CASSARD, Jean-Christophe, Les Bretons de Nominoë, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2002, (« Histoire »). [page 234] — Le machtiern est un prince territorial qui joue un rôle social et juridique important.

↑ 9 • Notons la combinaison de Plou- et -lan dans Ploe/lan, l’ancien nom de Poul/lan, et Guic/lan (29), que nous traduirions par « la paroisse de la terre consacrée du monastère ». Mais il est d’autres cas où lan(n), désigne en microtoponymie, une lande. Exemple : Lan-meur peut se traduire par « la grande église », alors que le nom de hameau Lan-meur, désigne « la grande lande ».—  PLONÉIS, Jean-Marie, La toponymie celtique : l’origine des noms de lieux en Bretagne, Paris, Éditions du Félin, 1989. [pages 18-56.] — Les historiens Chédeville et Guillotel voient dans Plélan la signification « Paroisse du domaine ».— Chédeville André ; Guillotel Hubert (1984). op. cit. p. 219. —

↑ 10 • Aula est un terme employé à treize reprises par le Cartulaire de Redon pour désigner une résidence aristocratique

↑ 11 • Le ran est un territoire défini par un nombre de muids (Le muid, du latin modius, « la mesure », est une ancienne mesure de capacité pour les grains et autres matières sèches et également pour les liquides.). Le cartulaire de Redon en recense plus d’une centaine.

↑ 12 • « uu » lire w : Conwoion.

↑ 13 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 39

↑ 14 • La relique est un fragment du corps d’un saint ou d’un objet lui ayant appartenu ou ayant servi à son martyre.

↑ 15 • Maixent (†515), bâtisseur et abbé d’un monastère dans le Poitou (aujourd’hui Saint-Maixent l’École).

↑ 16 • Le célèbre évêque de Tours est l’auteur d’une Histoire des Francs en dix volumes, ainsi que des ouvrages sur la vie et la spiritualité de l’Église des Gaules. Il est également hagiographe.

↑ 17 • Voici l’extrait traduit de l’Histoire des Francs.

[Clovis avait] pris le territoire de Tours et de Poitiers [...] Mais, dans l’ivresse de la victoire, ses ordres ne furent pas toujours respectés, et les bandes de soldats isolés qui se répandirent dans les environs, pendant les premiers jours qui suivirent, purent se croire tout permis. Quelques-uns d’entre eux arrivèrent, au cours de leurs pillages, jusqu’au monastère qu’un saint religieux de la Gaule méridionale, nommé Maixent, avait fondé sur les bords de la Sèvre Niortaise. Il y vivait en reclus, dirigeant, du fond de sa cellule, les moines que le prestige de sa sainteté, avait groupés sous sa houlette. Effrayés de l’arrivée des pillards ; ils coururent supplier le saint homme de sortir pour leur enjoindre de se retirer, et, comme il hésitait à rompre sa sévère clôture, ils brisèrent la porte de sa cellule et l’en tirèrent de force. Alors l’intrépide vieillard alla tranquillement au-devant de ces barbares, et leur demanda de respecter le lieu saint. L’un d’eux, dit l’hagiographe, tira son glaive et voulut l’en frapper ; mais le bras qu’il avait levé resta immobile, et l’arme tomba à terre. Ses compagnons, effrayés, se sauvèrent aussitôt, regagnant l’armée pour ne pas éprouver le même sort. Le saint eut pitié de leur camarade ; il lui frotta le bras d’huile bénite, fit sur lui le signe de la croix, et le renvoya guéri. Voilà comment le monastère de Saint-Maixent échappa au pillage. KURTH, Godefroid, Clovis, Vol. 2, Paris, Victor Retaux, libraire-éditeur, 1901, Voir en ligne. [pages 79-80]

↑ 18 • Ébreuil est une commune située dans le département de l’Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes. La ville est réputée pour son abbatiale carolingienne et romane classée monument historique.

↑ 19 • Ratuili est un machtiern, auteur présumé, selon les historiens, des Gestes des saints de Redon. En 866, il est nommé évêque d’Alet et préside en 868 aux obsèques de l’abbé Conwoïon à Plélan.

↑ 20 • En note dans le texte - L’arrivée des Poitevins semble alors récente : lorsque Salomon fait enterrer son épouse à Plélan le 13 juillet 866, il n’est pas fait mention des reliques de Maixent (Redon, n° 49) ; en revanche, le fondateur de l’abbaye, Conwoion, est enterré sur les lieux en janvier 868 “à côté de l’abbé Maixent, venant de la terre du Poitou” (Vita sancti Conwoionis , c. 12, p. 244-245).

↑ 21 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 189.

↑ 22 • Les Annales de Saint-Bertin sont des chroniques anonymes allant de l’an 741 à l’an 836. Elles sont ainsi nommées car elles ont été retrouvées au monastère de Saint-Bertin (Pas-de-Calais). Elles rapportent que Salomon obtient la concession du titre royal.

↑ 23 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 190

↑ 24 • À l’exemple de celle de Saint-Philbert-de-Grand-lieu (Loire-Atlantique) qui lui est proche.

↑ 25 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon. —  COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 189. —

↑ 26 • Entrammes est une commune située dans le département de la Mayenne.

↑ 27 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 184-185.

↑ 28 • Annales de Flodoard (919-966).

↑ 29 • Voir le texte original du Cartulaire de Redon COURSON, Aurélien de, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, Voir en ligne. p. 228-230

Voir MORICE, Dom Pierre-Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Vol. 1, Paris, Charles Osmont, 1742, Voir en ligne. col. 341-342