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1886

Adieu donc, ma chère Nanon

Une chanson collectée à Paimpont par Adolphe Orain

« Adieu donc, ma chère Nanon » est une chanson collectée par Adolphe Orain au village du Cannée en Paimpont.

Le collectage

« Adieu donc, ma chère Nanon » est une chanson publiée par Adolphe Orain en 1886. Intégrée au chapitre des chansons historiques, elle est sous-titrée Chanson du village du Canée, dans la forêt de Paimpont. On peut donc penser qu’ Adolphe Orain l’a collectée auprès de Marie Niobé, sa principale source en forêt de Paimpont, habitant à la Corne du Cerf au Cannée.—  ORAIN, Adolphe, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, The Internet Archive, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc éditeurs, 1886, Voir en ligne. Pages 163-164 —

En 1902 cette chanson fait l’objet d’une seconde et dernière publication par Adolphe Orain.—  ORAIN, Adolphe, Chansons de la Haute-Bretagne, Rennes, J. Maisonneuve, 1902, 423 p. —

La chanson

Adieu donc ma chère Nanon

J’ai fait une maîtresse,
Trois jours n’y a pas longtemps.
Je m’suis t’éloigné d’elle ;
Je n’la vois pas souvent.
J’irai la voir dimanche.
N’aura-t-ell’ pas changé de sentiment ?
Je n’en sais rien ;
Je m’suis t’engagé pour sept ans.
Adieu donc, ma chère Nanon.

— Je m’suis t’engagé, belle,
Aujourd’hui pour sept ans ;
Quand c’temps sera passé,
La bell’, j’t’épouserai.
— Sept ans, répond la belle,
Sept ans, c’est bien du temps.
A qui conter mes peines,
Mes sensibles tourments ?
— Je m’suis t’engagé pour sept ans.
Adieu donc, ma chère Nanon.

— Les garçons du village
Sont-y pas bons enfants ?
T’y causeront souvent,
Pendant sept ans d’absence.
Ils te diront cent fois :
« Belle, aim’ moi. Belle, aim’ moi. »
Pour t’y faire oublier
L’amour du temps passé.

— Les garçons du village
N’savent point fair’ l’amour ;
Ils ont le mêm’ langage,
Toujours les mêm’s discours.
C’est pas comm’ toi, fidèle amant,
Toujours aimant, toujours causant,
Toujours plaisant, toujours chantant,
Toujours changeant de sentiment.

Au bout de sept années,
Il s’en est revenu,
S’en va droit à la porte,
Trois petits coups frappa.
— Bell’ Nanon, dormez-vous ?
Sommeillez-vous, la belle ?
Si vous dormez, réveillez-vous,
C’est votre amant qui parle à vous.

ORAIN, Adolphe, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, The Internet Archive, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc éditeurs, 1886, Voir en ligne.

Bibliographie

ORAIN, Adolphe, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, The Internet Archive, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc éditeurs, 1886, Voir en ligne.

ORAIN, Adolphe, Chansons de la Haute-Bretagne, Rennes, J. Maisonneuve, 1902, 423 p.