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1732- ?

Béchennec Narcisse-René de

Un notable de Brignac actif dans la chouannerie

Narcisse-René de Béchennec est un notable de Brignac (Morbihan). Beau-frère de la compagne du chef chouan Joseph de Boulainvilliers, il participe à la chouannerie jusqu’à son arrestation en 1795. Il est condamné pour activité contre-révolutionnaire en mars 1796.

Éléments biographiques

Narcisse-René de Béchennec de la Salle de Brignac, nait le 4 octobre 1732. Il est le fils de Louis-Marie de Béchennec des Fougerais et de Boeuves, conseiller au Présidial de Rennes et d’Henriette de Bonnefons. Novice chez les Jésuites en 1751 —  KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. BEC-BER, Vol. 2, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1888, Voir en ligne.Page 334 —, il entame une carrière ecclésiastique en tant que clerc tonsuré à Brignac. Il figure sur le registre de paroisse de 1783, tenu par le recteur Charles-François Deloynes. Narcisse-René de Béchennec loge alors au presbytère ou à proximité. Il est pourvu d’une gouvernante, d’un valet et d’une servante, mère d’un enfant de plus de sept ans.—  HERPE, Paul, Un recteur de Brocéliande au temps de la Pompadour, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, 1973. [Page 140] — Il renonce à sa carrière ecclésiastique et devient lieutenant au présidial de Rennes.

Les Béchennec et Joseph de Boulainvilliers

Le 15 février 1789, à Brignac, Charles-François Deloynes marie Narcisse-René de Béchennec et Louise-Angélique de Troussier (1760) originaire de Guilliers (Morbihan). Parmi les invités, on trouve Joseph de Boulainvilliers, cousin de la famille de Grenédan qui possède le château de Grenédan sur la paroisse voisine d’Illifaut.

Le premier enfant de ce mariage nait à Brignac le 22 juillet 1790. Elle a pour parrain François Fortuné du Plessis de Grenédan, cousin germain de Boulainvilliers et pour marraine Marie Louise Anne Troussier, dame de Forsanz.—  HERPE, Paul, Un recteur de Brocéliande au temps de la Pompadour, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, 1973. [ Page 152-153] —

Devenu un familier des Béchennec, Joseph de Boulainvilliers rencontre la sœur de Louise Angélique, Marie Louise Anne de Troussier (1758) en 1790, au château de La Riaye en Ménéac. Veuve de Jacques Jean de Forsanz elle devient la compagne de Boulainvilliers à la mort de son mari.—  MONTGOBERT, Gilles, Eclats en Brocéliande : le Pays de Mauron 1789-1800, les mutations du monde rural, Saint-Léry (56), Office Culturel du District de Mauron, 1993. [Page 366] —

Le couple Béchennec s’est fâché avec Boulainvilliers, en raison notamment de l’attitude patriotique de ce dernier. Le 11 septembre 1794, alors que Boulainvilliers est devenu un chef chouan, il leur écrit : en bon politique, il est prudent de ne pas manifester tout ce qu’on pense. Dans un document du 18 septembre 1794, René-Narcisse de Béchennec reproche à Boulainvilliers son attitude vis-à-vis de ses nièces. Il déclare qu’à leur dernière rencontre :

[...] ce fut à Josselin il y a plus de deux ans, où il eut des altercations avec lui au sujet des affaires concernant la tutelle des mineurs Forzanz dont ledit déclarant est procurateur, parce que Boulainvilliers voulait lui faire adjuger à la veuve pour son douaire et autres objets plus qu’il ne lui était dû.

AD22, 1 L 490

Madame Béchennec déclara quant à elle le 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794) avoir vu Boulainvilliers à Josselin, plaider à un tribunal de famille qui se tint chez le citoyen Bonnefoi, contre les mineurs Forzanz dont son mari est lecteur. Selon Trameleuc, domestique de Béchennec, son maître avait même eu un procès avec Boulainvilliers. —  GELIS, Matthieu de, Boulainvilliers ; figure singulière de la première chouannerie morbihannaise, Editions des Six Coupeaux, 2012. [ Page 43] —

La chouannerie

Narcisse-René de Béchennec a joué un rôle dans la chouannerie locale. Il occupe une place dans les réseaux de communications. Sa maison de Brignac sert de boite aux lettres pour les chouans de Boulainvilliers puis ceux de Saint-Régent.

Il participe au combat de Coëtlogon après le débarquement de Quiberon en Juillet 1795. Il s’enfuit du château à l’arrivée des troupes républicaines et emmène avec lui un chouan blessé qu’il cache chez son voisin Joseph Tempier, de Brignac.

Lorsque Joseph Tempier est arrêté le 20 thermidor an III (6 août 1795), il dénonce Béchennec, ce qui entraine le démantèlement du réseau de Brignac. L’enquête révèle les complicités, les pressions exercées sur les acquéreurs de biens nationaux, le harcèlement contre le recteur de Brignac, Charles François Deloynes, le recrutement de chouans et les relais de correspondance royale du château de la Ville Davy en Mauron.—  MONTGOBERT, Gilles, Eclats en Brocéliande : le Pays de Mauron 1789-1800, les mutations du monde rural, Saint-Léry (56), Office Culturel du District de Mauron, 1993. [Pages 391-392] — Béchennec et sa femme sont arrêtés avec les autres membres du réseau. Le 8 août 1795, il quitte Mauron avec d’autres prisonniers pour être incarcéré. Il est condamné le 13 ventôse an IV (3 mars 1796) à quatre mois de détention et à une amende égale à la moitié de ses revenus.— A.D.M. Lz 455 —


Bibliographie

GELIS, Matthieu de, Boulainvilliers ; figure singulière de la première chouannerie morbihannaise, Editions des Six Coupeaux, 2012.

HERPE, Paul, Un recteur de Brocéliande au temps de la Pompadour, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, 1973.

KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. BEC-BER, Vol. 2, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1888, Voir en ligne.

MONTGOBERT, Gilles, Eclats en Brocéliande : le Pays de Mauron 1789-1800, les mutations du monde rural, Saint-Léry (56), Office Culturel du District de Mauron, 1993.