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1898

L’avènement de Rose Chouan

Une apparition funèbre

Quand une morte prévient une de ses proches de ce qui vient de lui arriver.

Une histoire rapportée par Adolphe Orain

Adolphe Orain rencontre Marie Niobé (1804-1881) en 1867 au Cannée en Paimpont. Il collecte auprès d’elle plusieurs contes et chansons ainsi que des traditions populaires de la forêt de Paimpont. À l’occasion d’une de ces rencontres, Marie Niobé lui conte un épisode surnaturel qui lui est arrivé, connu dans le pays gallo sous le nom d’« avènement » 1.—  ORAIN, Adolphe, De la vie à la mort : folklore de l’Ille-et-Vilaine, Vol. 2, Paris, J. Maisonneuve, 1897, Voir en ligne. p. 270-271 —

L’avènement de Rose Chouan

Un jour que Marie Niobé, du village du Canée en Paimpont, était allée scier du grain 2 après avoir laissé mourante, à l’agonie, une de ses amies, — la petite Rose Chouan, — alors qu’elle désespérait de la revoir vivante, elle l’aperçut assise sur une pierre au coin du champ où elle était à travailler.

Marie s’écria aussitôt : « Comment ! Rose, toi si malade, tu es venue jusqu’ici, est-ce raisonnable ? Veux-tu bien t’en aller !

Au même instant, sa faucille vint à lui échapper des mains. Elle se baissa pour la prendre et lorsqu’elle se releva, il n’y avait plus rien, la vision avait disparu. Un pressentiment la saisit, elle eut peur et retourna en toute hâte au village où elle apprit que son amie était morte, au moment même où elle l’avait aperçue sur la pierre.

(Conté par Marie Niobé elle-même.)


Bibliographie

ORAIN, Adolphe, De la vie à la mort : folklore de l’Ille-et-Vilaine, Vol. 2, Paris, J. Maisonneuve, 1897, Voir en ligne.


↑ 1 • On appelle avènements les pronostics (étymologiquement connaitre avant d’en faire le constat objectif) de la mort

↑ 2 • Scier du grain signifie couper des tiges de grain à la faucille.