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1857

La bête de la Lohière

Une légende de Loutehel

La bête de la Lohière est une légende de Loutehel publiée par Alfred Fouquet en 1857,par Adolphe Orain en 1888, puis François Cadic en 1919.

Une légende collectée par Alfred Fouquet

La bête de la Lohière est publiée pour la première fois en 1857 par le docteur Alfred Fouquet. Cette légende de Loutehel (Ille-et-Vilaine) est insérée dans un chapitre consacré aux légendes du Pays de Guer. —  FOUQUET, Alfred, Légendes, contes et chansons populaires du Morbihan, Vannes, Caudéran, 1857, Voir en ligne.Pages 88-90 —

Le récit de La bête de la Lohière par Alfred Fouquet

Autrefois, le château féodal de la Lohière (ou Loyère), à Loutehel, était un repaire de seigneurs huguenots qui enlevaient et faisaient disparaitre les filles de la région. Le dernier rejeton de cette terrible famille était une vieille marquise plus méchante que le diable.

Enfin, elle mourut, et le diable l’emporta ; mais il paraît [...] qu’il se lassa bientôt de cette méchante âme qui le faisait damner, et que, pour s’en débarrasser, il la rejeta sur la terre. C’est alors que parut dans le pays la bête de la Loyère ou Piphardière qui, réfugiée au château, le rendit bientôt inhabitable en molestant de mille manières tous ceux qui voulaient y résider.

Quand le château de la Lohière fut abandonné, la Piphardière commença à hanter la campagne et les chemins. Mais la bête était timide et quand les enfants lui tapaient sur le nez, lui criant hors d’ici la Piphardière, elle s’en allait. Après que le château fut rénové et de nouveau habité, elle devint sauvage et ne se montra plus que la nuit.

C’est aux carrefours des chemins creux qu’elle attend les troupeaux pour les égarer, les pâtres pour les tourmenter, les voyageurs pour les attaquer et les rouer de coups, s’ils ont l’imprudence de l’approcher de trop près. Souvent, sous la forme d’une belle cavale, elle se présente aux gens fatigués et semble les inviter à la monter ; mais malheur à ceux qui céderaient à la tentation, car la bête de la Loyère emporte ses cavaliers au diable !!!

Les versions d’Adolphe Orain

Adolphe Orain a publié à plusieurs reprises La bête de la Lohière dont il a lui-même collecté une version d’après les souvenirs de M. de la Vigne, alors maire de la commune de Loutehel 1. Cette version de la légende diffère notablement de celle publiée par Alfred Fouquet quelques années auparavant.

La version de 1888

Il publie dans l’édition de 1888 de la revue parisienne Mélusine - revue de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, un article sur les êtres maléfiques de l’imaginaire gallo qui comprend une version de La bête de la Lohière, collectée à Loutehel. —  ORAIN, Adolphe, « Le monde fantastique en Haute-Bretagne (suite) », Mélusine, Vol. 4, 1888, p. 42, 110-113, Voir en ligne. —

Les parutions de 1899 et 1901

La bête de la Lohière est à nouveau publiée en 1899 dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, —  ORAIN, Adolphe, « Le monde des ténèbres en Ille-et-Vilaine », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 21, 1899, p. 34-50, Voir en ligne. —

La légende est publiée une dernière fois du vivant d’Adolphe Orain dans son anthologie, Contes de l’Ille-et-Vilaine parue en 1901 2.—  ORAIN, Adolphe, Contes de l’Ille-et-Vilaine, Paris, J. Maisonneuve, 1901, Voir en ligne. —

Rééditions contemporaines

La version d’Adolphe Orain de « La Bête de la Lohière » a fait l’objet de plusieurs rééditions contemporaines parmi lesquelles

  • —  CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999. [pages 179-182] —
  • —  MATHIAS, Jean-Pierre, Contes et légendes d’Ille-et-Vilaine, Paris, De Borée, 2012, 484 p. [pages 144-145] —

Le récit de la bête de la Lohière par Adolphe Orain

La Lohière fut possédée par Mlle Jeannette de la Piphardière (ou Piffardière) [...] Jeannette s’en allait toujours escortée de deux chiens, grands comme des génisses, qu’elle excitait et lançait sur les personnes qui lui déplaisaient et qui ne tardaient pas à être dévorées par les molosses. Les étrangers ou les malheureux qui se permettaient d’entrer au château sans la permission de Mlle de la Piphardière ne reparaissaient plus dans le pays. Ils étaient ou mangés par les chiens ou jetés dans les étangs quand les animaux étaient repus. Cette femme était, en un mot, la terreur de la contrée.

La soeur de Jeannette, qui habitait le château voisin de Querbiquet (aujourd’hui Kerbiguet), était une véritable sainte. Elle invita un jour à une fête Jeannette. Celle-ci s’y rendit avec une brillante et nombreuse société. Mais lorsqu’elle vit que les pauvres du pays étaient également conviés, elle entra dans une colère noire et partit précipitamment.

À quelque temps de là, la méchante fille mourut à la grande satisfaction de tous ; mais comme sa vie avait été trop courte pour faire le mal qu’elle avait projeté, elle continua longtemps, après sa mort, à faire de la misère au pauvre monde. Elle est revenue pendant des siècles sous toutes les formes d’animaux.

Transformée en cheval, elle précipita un charretier dans l’étang du Loup-Borgnard dans lequel il se noya. On dit cet étang sans fond et un pauvre paysan qui y avait été jeté par la bête y resta plongé trois jours au cours desquels il vit des monstres affreux qui le poursuivirent jusque dans le bourg de Loutehel. Si un pâtre avait le malheur de fouetter un des animaux dont il avait la garde, la bête de la Lohière, cachée sous sa peau, le rouait de coups et le laissait pour mort.

Un soir, Moinard, le sacristain de Loutehel, trouva dans le bourg, près du cimetière entourant l’église, un mouton qui lui barra le passage. Las de pousser inutilement devant lui cet animal qui s’obstinait à rester en place, le sacristain lui asséna un coup de bâton sur le dos. Mal lui en prit : le mouton, qui semblait tout petit, s’allongea soudain, grossit à vue d’œil, s’élança sur l’homme, lui posa les pieds de devant sur les épaules en cherchant à l’écraser de son poids qui devenait de plus en plus lourd.

Seul l’abri sacré du cimetière permit à Moinard d’échapper à la bête. Jeannette hantait aussi le château de la Lohière où elle empêchait chacun de dormir. Mais elle était sensible aux louanges, et si on l’amadouait, alors elle s’en allait tranquillement, ou même s’employait à votre service si vous en aviez besoin.

Sa rage est aujourd’hui assouvie. On n’entend plus parler d’elle, il n’y a guère que les ivrognes, revenant des foires et des marchés, qui affirment l’avoir rencontrée. Mais les habitants de Loutehel, et même de tout le canton de Maure, vous déclareront, quand vous voudrez, que leurs pères ou grands-pères ont été maltraités par la bête de la Lohière, il n’y a pas plus de cinquante ans.

Château de la Lohière

La version de François Cadic

François Cadic, curé de la paroisse bretonne de Paris, a lui aussi publié une version de la bête de la Lohière dans la revue de cette paroisse. Il l’insère dans son second recueil de contes bretons paru en 1919. —  CADIC, François, Contes et légendes de Bretagne, Paris, Maison du Peuple Breton, 1919. [pages 179-187] —

François Cadic ne révèle pas le nom de la personne auprès de laquelle il a collecté le conte. Il cite néanmoins Lecomte de Guer dans la préface comme étant l’un de ses actifs collaborateurs.

Cette version, très différente des deux précédentes, a fait l’objet d’une réédition contemporaine.—  CADIC, François, Contes et légendes de Bretagne : Les récits légendaires, Vol. 2, Terre de Brume Editions, 2001, 419 p. —

Le récit de la bête de la Lohière par François Cadic

Elle se nommait la Biffardière, et lorsqu’on voulait la flatter on l’appelait la belle Jeannette. Elle était belle en effet, mais de la beauté du diable, et elle avait l’âme aussi noire qu’une taupe. Jamais elle n’avait un mot aimable pour le malheureux, et si d’aventure un chercheur de pain s’avisait de solliciter son aumône, elle lançait contre lui ses chiens.

Elle séjournait en son château de la Lohière à Loutehel et possédait tout le canton de Guer, la merveilleuse vallée de Vaux, la butte isolée du Dran et l’Aff paresseux. Ses vassaux, misérables, se comptaient par centaines. Pourtant, un bout de terre lui échappait, la prairie du pont de Peillac, qui appartenait aux moines du prieuré des Moustiers en Guer. Lorsqu’elle voulut s’accaparer cette terre, les moines firent appel au sénéchal qui s’opposa à la Biffardière.

Elle en prit un tel accès qu’elle en trépassa, au milieu d’une tempête de blasphèmes. Comme de juste, son âme descendit de go en enfer.[...] Le diable ne put contenir sa joie en présence du riche cadeau qui lui tombait de la terre. [...] Il s’en éprit follement au point d’oublier pour elle les soucis de sa charge. Elle eut le premier rang à sa cour, parmi les créatures perverses qui s’y pressent.

Cette passion pour la Biffardière attisait la jalousie des âmes damnées. La femme du diable trouva cependant le moyen de se défaire de cette nouvelle rivale. Elle réunit le conseil des démons et les remonta si bien contre la Biffardière que le diable, pourtant en tournée sur la terre, entendit distinctement les protestations.

Que signifient ces cris de colère ? demanda-t-il de son ton de commandement. Il y a, lui fut-il répondu, que nous en avons assez ici de cette maudite Biffardière. Elle est capable de nous attirer tout ce qu’il y a de bretons en Bretagne, et nous ne tenons nullement à avoir cette espèce de gens parmi nous.

Le diable, enchanté de faire le mal, s’en débarrassa dans l’instant. Elle tomba tête la première sur une énorme pierre de la coulée Vauniel. Depuis, c’est une pierre tremblante que les filles de Guer viennent « balancer » pour savoir si elles se marieront dans l’année.

Pierre tremblante de Guer
Pierre tremblante de Guer

Fort aise d’être revenue sur ses terres, elle entreprit d’utiliser les artifices qu’elle avait appris aux enfers pour nuire aux gens de Guer. Dès lors, déguisée en bête, elle prit le nom de Bête de la Lohière. Le seigneur de la Touche-Boulard qui l’avait dénoncée auprès du sénéchal fut sa première victime. Transformée en corbeau, elle l’empêcha chaque jour de faire sa sieste à l’ombre d’un grand chêne.

Quand avait eu lieu la foire de Guer, on voyait entrer dans les auberges un grand chien noir qui avait l’air d’écouter les buveurs avec beaucoup d’attention. Si l’on prononçait le nom de la Biffardière, il dressait l’oreille. Si quelqu’un en parlait mal, il avait un grondement sourd. Malheur ensuite à celui-là lorsqu’il rentrait chez lui le soir. Le chien était dans ses jambes, lui aboyant aux chausses, le bousculant, le mordant jusqu’au sang.

Transformée en cheval, en chèvre, en mouton, en poisson, elle jouait des tours pendables aux habitants de Guer. Elle ne supportait plus le froid depuis son séjour en enfer et un soir qu’elle s’était abritée dans la maison de Claire-Fontaine pour se réchauffer auprès de l’âtre, un homme la reconnut et lui lança une plaisanterie qui la fit entrer dans une colère folle. Elle souffla sur le foyer avec une telle violence que la maison s’embrasa et brûla toute la nuit. À dater de ce jour, on n’entendit plus jamais parler d’elle dans le pays.

Bonne gens, quand vous passerez à Guer, vous entendrez peut-être encore raconter les méchants tours de la Biffardière, mais ne tremblez pas ; vous ne la rencontrerez sûrement plus en chemin. La bête de la Lohière n’est plus qu’un souvenir des vieux.

Les commentaires de François Cadic

François Cadic conclut chacun des contes de son recueil par un commentaire explicatif qui donne la morale de l’histoire et établit une comparaison avec d’autres contes bretons. Il constate qu’à l’instar des autres revenants, la Biffardière continue après sa mort - avec plus d’intensité encore - à faire ce qu’elle faisait de son vivant.

La Biffardière, dans ses diverses incarnations, ne songe qu’à une chose, comment s’y prendre pour causer davantage de mal aux gens. Son incurable méchanceté n’a fait que s’exaspérer en enfer, et il lui a suffi d’être demeurée un mois seulement pour être au courant de tous les artifices dont le diable se sert pour son œuvre de perdition. Avec quelle joie elle en essaie l’efficacité sur les personnes contre lesquelles elle a de la rancune à assouvir. [...] La Biffardière se retrouve à Guer avec infiniment de satisfaction, non point par ce qu’elle a gardé à son pays un certain attachement, mais parce que sa perversité éprouve plaisir et orgueil à la fois à revoir les endroits où elle a commis le mal et parce qu’elle voudrait, au moyen de ses procédés diaboliques, entrainer à sa suite dans la voie de la perdition les gens qu’elle a connus.

Cadic, François (1919) op. cit., p. 185

Il remarque aussi que la Biffardière est un des rares personnages des contes bretons à appartenir à la noblesse.

Il est à remarquer que cette femme par sa condition s’élève au-dessus du commun. Elle est femme de caste et le fait mérite d’être signalé. D’ordinaire, les conteurs ne réservent pas le beau rôle aux riches et aux puissants. [...] Leur fortune est marquée des signes de l’iniquité et d’en avoir joué est une raison pour être écarté de l’entrée du ciel. En enfer, ils sont multitudes alors que les paysans au contraire y sont très peu nombreux, la vie de misère qui est leur partage sur la terre les dispensant d’être malheureux dans l’autre monde.

Cadic, François (1919) op.cit. p. 185

Il constate enfin que contrairement à la grande majorité des revenants des contes bretons, la Bête de la Lohière s’en est allée d’elle même, sans même avoir été mise en déroute par le pouvoir divin.

Il n’est guère facile de se débarrasser des mauvais revenants : on dirait qu’ils se cramponnent aux lieux qu’ils fréquentent. La bête de la Biffardière partit, parce que son temps était venu : mais d’ordinaire il faut l’intervention d’un pouvoir supérieur pour les chasser.[...] Il manqua à la Biffardière un Tadic-Coz 3 sur sa route, mais il y a un temps pour tout, même pour le mal et le dernier méfait qu’elle commit et qui fut d’incendier une maison acheva sans doute d’exciter la colère de Dieu, car depuis lors, Guer ne la revit plus.

Cadic, François (1919) op. cit., p. 185-186

Controverse sur l’identité de la Piffardière

Guillotin de Corson évoque lui aussi la légende de La bête de la Lohière dans un article sur la seigneurie de Lohière paru en 1902. Il y signale que d’étranges traditions populaires circulent à la fin du 19e siècle au sujet de certaine dame de la Lohière appelée par les paysans la Piffardière. 4 —  GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, « Petites seigneuries du comté de Rennes », Bulletin et mémoires de la Société Archéologique du Département d’Ille et Vilaine, Vol. 31, 1902, p. 87-97, Voir en ligne. —

Guillotin de Corson remet notamment en cause l’hypothèse avancée par René Kerviler, selon laquelle la légende serait inspirée par Françoise de L’Estourbeillon.

Françoise de l’Estourbeillon épousa en 1623 Guillaume de Marnières et a donné naissance à la légende de la dame de la Piffardiére, répandue dans le pays de Maure

KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. ENA-EVE, Vol. 12-13, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1901, Voir en ligne. Page 271

Guillotin de Corson avance quant à lui que Françoise de l’Estourbeillon n’a jamais possédé la Lohière et que seule Marie Maingard, épouse de Julien de Marnières a été en possession de la Piffardière et de la Lohière.

M. Kerviler a dû prendre ce renseignement à la page 231 de la Généalogie de la maison de l’Estourbeillon. Nous devons à ce sujet faire remarquer que Françoise de l’Estourbeillon, femme de Guillaume de Marnières, seigneur de la Hattaye, n’était point dame de la Biffardière (ou Piffardière, comme on dit aujourd’hui) et ne posséda jamais la Lohière ; Marie Maingard, au contraire, mariée à Julien de Marnières, seigneur de la Biffardière, fils de Jean de Marnières, et d’Hélène du Val, seigneur et dame de la Biffardière, porta durant tout son veuvage le titre de douairière de la Biffardière et acheta en son propre nom la terre de la Lohière ; or le peuple appelle indifféremment l’apparition légendaire soit la Piffardière, soit la Bête de la Lohière, dénominations qui ne peuvent convenir à Françoise de l’Estourbeillon, dame de la Hattaye.

Collectes contemporaines

Deux collecteurs contemporains ont relevé des mentions de la bête de la Lohière. Albert Poulain a pour sa part recueilli six mentions de « la bête Jeannette de la Lohière ». —  POULAIN, Albert, Sorcellerie, revenants et croyances en Haute-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 1997, 132 p. [ page 162] —

Depuis 1994, Vincent Morel a effectué dans le canton de Maure-de-Bretagne et les communes environnantes, des collectages sur les traditions orales dans lesquels sont mentionnés trois êtres fantastiques : La Serpinette, La bête Jeannette et La Peillette. Il recense dix mentions de la bête Jeannette.—  MOREL, Vincent, « La Serpinette, la bête Jeannette et la Peillette (Ille-et-Vilaine), identité et territoire de l’être fantastique », Êtres fantastiques des régions de France, Gaillac, L’Harmattan, 2001, p. 145-164. —

Vincent Morel relève les nombreuses caractéristiques communes à ces trois êtres fantastiques.

Nous avons donc affaire à trois bêtes blanches protéiformes qui apparaissent la nuit, sous des formes animales domestiques, dans des lieux de passage ou près de l’eau pour jouer des tours aux hommes, les maltraiter, ou les jeter à l’eau, et qui toutes les trois possèdent malgré la diversité des formes, une identité et un nom propre.

Morel, Vincent (2001) op.cit. p. 149

Il note aussi qu’elles possèdent une nature différente et que leur nom propre les associe à un territoire précis. « La bête jeannette » n’est ainsi appelée « Piffardière de la Lohière » qu’à Loutehel. Dans les communes environnantes, on parle de « Jeannette de la Lohière ». Lorsqu’on s’éloigne, elle perd sa localisation à la Lohière et devient « Bête Jeannette ».— Morel, Vincent (2001) op.cit. p. 151 —


Bibliographie

CADIC, François, Contes et légendes de Bretagne : Les récits légendaires, Vol. 2, Terre de Brume Editions, 2001, 419 p.

CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999.

FOUQUET, Alfred, Légendes, contes et chansons populaires du Morbihan, Vannes, Caudéran, 1857, Voir en ligne.

GUILLOTIN DE CORSON, abbé Amédée, « Petites seigneuries du comté de Rennes », Bulletin et mémoires de la Société Archéologique du Département d’Ille et Vilaine, Vol. 31, 1902, p. 87-97, Voir en ligne.

KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. ENA-EVE, Vol. 12-13, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1901, Voir en ligne.

MATHIAS, Jean-Pierre, Contes et légendes d’Ille-et-Vilaine, Paris, De Borée, 2012, 484 p.

MOREL, Vincent, « La Serpinette, la bête Jeannette et la Peillette (Ille-et-Vilaine), identité et territoire de l’être fantastique », Êtres fantastiques des régions de France, Gaillac, L’Harmattan, 2001, p. 145-164.

POULAIN, Albert, Sorcellerie, revenants et croyances en Haute-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 1997, 132 p.

ORAIN, Adolphe, « Le monde fantastique en Haute-Bretagne (suite) », Mélusine, Vol. 4, 1888, p. 42, 110-113, Voir en ligne.

ORAIN, Adolphe, « Le monde des ténèbres en Ille-et-Vilaine », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 21, 1899, p. 34-50, Voir en ligne.

ORAIN, Adolphe, Contes de l’Ille-et-Vilaine, Paris, J. Maisonneuve, 1901, Voir en ligne.

SÉBILLOT, Paul, Légendes locales de la Haute-Bretagne. L’histoire et la légende, Vol. 2, Nantes, Société des bibliophiles bretons, 1900. 2 vol., Voir en ligne.


↑ 1 • Localement on utilise la forme verbale « du Loutel ».

↑ 2 • Paul Sébillot a publié intégralement la version collectée par Adolphe Orain. Il l’a comparée à celle d’Alfred Fouquet, qu’il résume en quelques lignes.—  SÉBILLOT, Paul, Légendes locales de la Haute-Bretagne. L’histoire et la légende, Vol. 2, Nantes, Société des bibliophiles bretons, 1900. 2 vol., Voir en ligne.Pages 93-95 —

↑ 3 • Tadic-Coz est le nom d’un recteur de Bégard (Côtes d’Armor), mentionné par Anatole le Braz comme étant un grand ennemi des revenants maléfiques.

↑ 4 • Guillotin de Corson évoque la légende de « La bête de la Lohière » en ajoutant des détails absents des versions d’Alfred Fouquet et d’Adolphe Orain.

Depuis la mort de cette mégère, son âme continue de désoler le pays, y revenant sans cesse sous toutes les formes d’animaux. Les gens du peuple l’appellent la Bête de la Lohière ou simplement la Piffardière. L’un vous dira qu’il l’a vue en cheval, un autre en ours, un troisième en chien ou en chat, un dernier enfin en mouton ou en chèvre ; et tous vous affirmeront gravement et sérieusement que la Piffardière, dont ils ont fait rencontre à un carrefour de sentiers ou de chemins, les a suivis, tantôt grande et longue, tantôt petite et courte, les a poussés dans les mares, leur a passé entre les jambes pour les culbuter, et que par ses maléfices ils ont fait plus de route à quatre pattes que debout. Souvent aussi, sous la forme d’une belle cavale la Piffardière se présente aux gens fatigués et semble les inviter à la monter ; mais malheur à ceux qui céderaient à la tentation, car la Bête de la Lohière emporte ses cavaliers au diable.Guillotin de Corson (1902) op. cit. page 96