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1843

Le camp du Thélin

Un camp d’instruction de l’armée à Plélan

Durant l’été 1843, un camp militaire s’établit au Thélin en Plélan-le-Grand, sous les ordres du général de Rumigny. Ce camp d’instruction de l’armée française, basé dans la vallée de l’Aff, accueille plus de huit mille soldats. Il reçoit de nombreux visiteurs et notamment le duc de Nemours, alors hébergé au château de Saint-Malo-de-Beignon.

L’établissement du Camp au Thélin

Les camps d’instruction sous la Restauration

Des camps d’instruction de l’armée française sont formés presque annuellement depuis le début du règne de Louis-Philippe en 1830. Les armées se réunissent au mois d’août à Saint-Omer, Lunéville, Compiègne, Verdun ou Fontainebleau, sous les ordres soit du duc d’Orléans, soit du duc de Nemours. Ces camps servent plusieurs objectifs.

L’utilité des camps d’instruction pendant la paix ne saurait être révoquée en doute ; ce sont les meilleures écoles pour les soldats comme pour les généraux. Là, les uns se préparent à l’exécution simultanée de tout ce qui se pratique en campagne, par des évolutions semblables à celles que nécessite la guerre ; les autres apprennent à manier un grand nombre de troupes sur toutes sortes de terrains, et se familiarisent ainsi avec le jeu des divers corps ; tous contractent les habitudes de la vie militaire, et le concours des différentes armes, dans les opérations d’une guerre simulée, donne à chacune des idées justes sur la part qu’y prennent toutes les autres. ANONYME, « Camp d’instruction. Camp de Lyon - Camp de Bretagne », L’illustration, journal universel, Vol. 1 / 26, 1843, p. 407-410, Voir en ligne. pages 407-408

Le camp de 1842, initialement prévu sur la Marne, est annulé en raison de la mort subite du duc d’Orléans, au moment même de son départ pour les manœuvres. Les camps d’instruction de 1843 ont lieu à Lyon et à Plélan-le-Grand.

Le choix des landes du Thélin

Les raisons pour lesquelles les landes du Thélin en Plélan-le-Grand ont été choisies pour l’établissement du Camp de Bretagne durant l’été 1843 sont avant tout politiques. Selon la revue L’Auxiliaire Breton, un officier d’état-major, le chef-d’escadron Du Breton serait à l’origine de ce choix.

C’est pour nous ici l’occasion de rendre un nouvel hommage à M. le chef-d’escadron d’état-major Du Breton, qui a choisi cet emplacement. Fils d’un lieutenant-général qui a été dans les armées de l’Empire l’une des gloires de notre Bretagne, cet officier supérieur s’est acquis par lui-même un titre à la reconnaissance de son pays, en contribuant, par un excellent choix du terrain, à assurer pour de longues années peut-être l’existence, sur le même point, de ce grand établissement militaire. ANONYME, « Camp de Rennes », Journal de Toulouse, Vol. 195 / 07/08/1843, 1843, p. 3, Voir en ligne.

Les journaux de l’époque ainsi que les courriers officiels soulignent l’intérêt du camp en ces lieux devant produire un excellent effet sur l’esprit de la population.

La lande et les montagnes de Thélin appartiennent aux habitans de la commune de Plélan, sur laquelle sont les terrains. Ces habitans ne peuvent revenir de leur étonnement en voyant en ces lieux inaccessibles et incultes, cette lande abandonnée et déserte, sans espoir d’aucune production, transformée en cité populeuse et cultivée en parc anglais. Ils ne peuvent se faire à cette réalité tant est grande la merveille. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Il est vrai que son établissement au Thélin est symbolique puisqu’il s’agit du champ de bataille qui a vu la victoire des chouans de Puisaye sur l’armée Républicaine en 1794 et puisqu’une partie de la noblesse locale défend encore des opinions légitimistes, c’est-à-dire contraires à la famille royale d’Orléans.

On y voit le vieux chouan contemplant ces troupes marchant comme un seul homme à la voix du chef, ces faisceaux d’armes, symbole de l’ordre, redoutables, sans pitié pour les agitateurs et les insoumis. [...] Il faut voir de près ce mouvement pour y croire. Les plus incorrigibles chouans du pays en reviennent tout surpris. C’est ainsi qu’on a vu, ces jours derniers, plusieurs chefs de bandes de la duchesse de Berry, et surtout l’avocat Guibourg 1, trouvé avec la duchesse derrière la plaque de cheminée à Nantes. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Dispositions préparatoires

En ce printemps 1843, les échanges épistolaires se multiplient entre le Ministère de la Guerre à Paris, les préfectures d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, les communes concernées par l’établissement du camp et les différents services de l’armée.

Les services de la préfecture d’Ille-et-Vilaine s’activent. Le préfet délègue aux services de l’armée le géomètre en chef du cadastre et l’expert ordinaire de l’administration pour reconnaitre les terrains à occuper et régler les indemnités à payer aux propriétaires. Elle sert aussi de relais entre l’armée et la commune de Plélan, mettant à disposition des bureaux de l’administration militaire Un local vaste et commode placé au dessus de la halle neuve de Plélan. — Lettre du 22 mai 1843 à M le Président du Conseil, Ministre Secrétaire d’État de la Guerre - 2e Bureau - Camp de Thélin en Plélan - Direction du personnel -1ere Division - Opérations militaires —

La préfecture est aussi chargée d’aménager le chemin menant de Plélan au futur camp du Thélin. Dans le même temps est créée une route passant par la Vieille-Ville pour aller au camp. — Lettre du 14 juin 1843 à M. le préfet d’Ille-et-Vilaine à Rennes - M le Président du Conseil, Ministre Secrétaire d’État de la Guerre - 5e division - Matériel du Génie - Camp de Thélin - Règlement des indemnités à payer pour l’occupation des terrains du camp.  —

Bientôt, les premières difficultés apparaissent. Les services de l’armée qui souhaitent établir une ambulance dans le bourg de Plélan se heurtent au refus de la municipalité.

Il faut pour placer les malades une ou deux salles spacieuses qui puissent contenir de 20 à 25 lits, il faut un autre local pour établir une petite pharmacie, un autre pour y préparer les aliments et enfin un troisième pour y déposer les effets de rechange, linge vêtements, etc.. Une seule maison dans Plélan est convenable, c’est le bâtiment de l’école primaire [...] J’ai demandé à M. le maire de nous céder ce bâtiment, mais il ne parait pas disposé à nous faire cette concession. Lettre du 18 juin 1843 à M. le préfet d’Ille-et-Vilaine à Rennes - Le sous-intendant militaire - 13e division militaire - Intendance militaire - d’Ille-et-Vilaine - Bureau des hôpitaux - Service du camp de Bretagne.

Malgré la proposition faite de louer un bâtiment pour y établir l’école, la municipalité de Plélan ne cède pas, obligeant l’armée à établir son infirmerie sous tente, au camp du Thélin.

Enfin les premiers militaires arrivent à Plélan. Du 23 juin au 8 juillet, des officiers du corps royal d’état-major sont chargés d’établir le relevé des landes du Thélin. Ils précèdent de peu les premières troupes qui arrivent à la mi-juillet. — Lettre du 19 juin 1843 à M. le préfet du Morbihan - Ministère de la Guerre - Direction générale du Dépôt de la Guerre —

La composition du camp

Le camp du Thélin est constitué de trois brigades comprenant 8400 hommes et 1800 chevaux. Il est commandé par M. le lieutenant-général comte de Rumigny, secondé par son chef d’état-major, le lieutenant-colonel Teyssières. L’état-major du camp du Thélin est établi sur un escarpement rocheux qui domine la vallée de l’Aff.

L’infanterie

L’infanterie arrive au Thélin entre le 17 et le 22 juillet. Elle comprend deux des trois brigades du camp, constituées de trois régiments chacune. Ses campements sont installés dans la partie centrale du camp.

L’infanterie est installée en une seule ligne de quinze cents mètres de développement, dans une vallée traversée par la rivière d’Aff. Le sol, perméable à l’eau, est sec après le moindre coup de soleil. Chaque compagnie occupe une ligne de tentes perpendiculaires au front de bandière ; en arrière sont les tentes des officiers ; plus loin, contre les clôtures des terres cultivées, sont réunies les cantines ; les compagnies, les bataillons, les régiments, les brigades, sont séparés par des intervalles de plus en plus grands. Les cuisines, construites en briques et en gazon sur un modèle uniforme, mais dont la décoration varie pour chaque régiment, sont placées entre les tentes des soldats et celles des officiers. Le sol est creusé d’un mètre en avant des fourneaux, pour diminuer la hauteur qu’ils doivent avoir, et ces fourneaux sont abrités par de petits hangars en planches. Il y a une cuisine pour chaque compagnie, et une pour chaque escadron. Les guérites sont de simples abris en paille d’un mètre de diamètre, formées en clayonnage garni de paille, et recouvertes d’un toit en paille. L’illustration (1843). op. cit., p. 409 (Voir en ligne)

  • La 1ère brigade, commandée par M. le maréchal-de-camp Boullé est composée des 21e léger, 4e et 30e de ligne

La 1ère brigade a d’abord pratiqué des travaux d’asséchement. Les terrains qu’elle occupe ont été creusés de canaux qui conduisent l’eau dans un bassin servant à la boisson de la troupe et à laver les marmites. Le 4e de ligne a même été chercher des scories aux Forges de Paimpont pour niveler le terrain et le rendre praticable à la troupe.

Le 21eme léger a fait non seulement l’utile mais l’agréable. Il a été élevé deux pyramides, où sont des instructions : au roi ! au duc de Nemours ! et des rocs qu’on dirait taillés de la main de la nature. Ses bassins sont couverts de gondoles, de bricks et de jolis petits navires. Ce que nous avons surtout remarqué, c’est un rocher dressé pour recevoir le drapeau ; et sur l’une des pierres est gravée une inscription, composée par M. le lieutenant-colonel de la Girénerie. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

  • La 2e brigade, commandée par M. le maréchal-de-camp Neumayer comprend les 59e, 60e et 73e de ligne.

La 2e brigade a hérité de la partie la plus mauvaise de la lande consistant en une espèce d’étang formé par un ruisseau. L’étang à été comblé de gravats et transformé en lavoirs et fontaines qui alimentent tout le régiment. Une fois la salubrité du campement établie, la 2e brigade a pu se livrer à la décoration de son quartier.

Au centre de ce quartier [59e de ligne], on remarque une colonne entourée de gardes-fous qu’on dirait en bronze pur ; ce n’est que de la terre glaise travaillée et teinte avec tout l’art possible. Le 2e bataillon a élevé un mausolée funéraire au duc d’Orléans. Des jets d’eau, des bassins artistement faits, un fort baptisé fort le Clat, la statue de Cincinnatus, avec une colonne au duc d’Aumale, font l’admiration des amateurs. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Le 60e de ligne n’est pas en reste pour ce qui est de rivaliser avec les autres régiments.

Ce camp est le mieux divisé. On y traverse les rues du duc d’Orléans, du comte de Paris, du duc de Nemours, de la Reine, du comte d’Eu, de la duchesse de Nemours, de la princesse Clémentine, de Mme Adélaïde, etc. Une église de village, entourée d’un bouquet d’arbres touffus, le fort de Thélin, imaginé par un sous-officier, et un blokhaus, espèce de fort à l’instar de celui qui servit de refuge à nos braves soldats à Mazagran 2, sont des œuvres de patience dignes d’un grand intérêt. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Quant au dernier régiment le 73e de ligne, récemment constitué il a voulu montrer qu’il ne cédait en rien à ses devanciers. Des jardins garnis de fleurs entourent les tentes, des grottes, des jets-d’eau bordent les avenues qui mènent à la colonne élevée au roi. L’obélisque érigé par le 1er bataillon est gravé d’inscriptions à la mémoire des campagnes d’Algérie et des dix jours de 1832 : A la mémoire du prince royal ! 1840 col de Téniah - 1840 col de Mouzaiä ; 1839, Portes-de-Fer ; 1835, Mascara ; 1832, Anvers

L’artillerie

L’artillerie est arrivée le 26 juillet. Elle est campée dans la vallée, à gauche de l’infanterie et n’a pu embellir son campement en raison de son arrivée tardive au Thélin. Elle comprend deux batteries montées du 13e régiment.

Train des équipages

Un détachement du 4e escadron du train des équipages militaires est placé à côté de l’artillerie. Les chevaux sont abrités dans six baraques. Les voitures sont des modèles nouveaux testés pour l’occasion.

Trois voitures de transport et une forge, qui n’emploie qu’un seul modèle d‘essieu et deux modèles de roues, remplacent en effet aujourd’hui le matériel auparavant si nombreux des équipages militaires. La première de ces voitures, le caisson à roues égales, a été déjà, au camp de Compiègne, en 1841, soumise a des essais qui ont complètement réussi. La seconde est un chariot destiné à tenir lieu à la fois de l’ancienne prolonge et de l’ancienne fourragère, au moyen d’une transformation facile qui permet de la faire servir indistinctement au transport du gros matériel, des barriques, etc., et à celui des fourrages. La troisième voiture, ou caisson léger, servant aussi au même usage, est cependant plus spécialement affectée au transport des blessés et au service des ambulances. Pour ce dernier emploi, suspendue sur ressorts et composée de deux caisses tout à fait séparées, elle peut contenir dans la caisse principale dix blessés parfaitement assis et à couvert, plus trois autres ou trois infirmiers sur une banquette qui domine la caisse de devant ; celle-ci, de la contenance de 200 rations de pain (la grande en contient 800), reste alors disponible pour le placement de médicaments ou de tous autres objets. Comme caisson d’ambulance, cette voiture contient plus d’appareils que trois caissons de l’ancien système. Comparaison faite des objets de cette espèce, il a été constaté qu’elle renferme 1,890 pansements au lieu de 1,400. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

Le Génie

Les sapeurs du génie occupent le centre du camp, dans la vallée, entre les brigades des généraux Boullé et Neumayer. Ils sont constitués d’une compagnie de sapeurs du 1er régiment.

La Cavalerie

La cavalerie est arrivée les 24 et 25 juillet. Elle est commandée par M. le maréchal-de-camp Brémont d’Ars. Elle forme la 3e brigade qui comprend deux régiments composés de 4 escadrons chacun.

  • Le 5e de hussards sous le commandement du colonel Clère
  • Le 8e de chasseurs sous les ordres du colonel Hupais de Salienne

Les tentes et les baraques de la cavalerie sont établies sur le sommet des collines, en arrière du camp d’artillerie, à vingt minutes à pied des camps d’infanterie.

La cavalerie occupait les hauteurs de la lande de Thélin, à gauche de Loutehel ; elles auraient mieux convenu à l’infanterie ; mais le terrain au-dessous était si argileux et si gras que les pieds des chevaux l’auraient eu promptement défoncé. Les chevaux étaient sous des baraques en planches, et les hommes sous des tentes de forme conique dont on faisait le premier essai. Chaque tente logeait 25 chasseurs ; elles étaient commodes, spacieuses, faciles à aérer et à faire sécher. GAY DE VERNON, Jules, « Notice historique sur le 8e régiment de chasseurs à cheval », Le Spectateur militaire : Recueil de science, d’art et d’histoire militaires, 1853, p. 51-67, Voir en ligne. pages 63-64

Le camp du Thélin (1843)

Ce quartier comprend son propre restaurant pour les officiers ainsi que des cantines pour les sous-officiers et soldats. On y a aussi construit tout le nécessaire pour abriter les chevaux.

Les chevaux sont sous des hangars couverts en planches et fermés à leurs pignons seulement. Ces écuries ont sept mètres de largeur. Les chevaux, espacés à un mètre, y sont lacés sur deux rangs, tête à tête, et séparés par une cloison longitudinale de deux mètres cinquante centimètres environ de hauteur, le long de laquelle règne un double râtelier. Les fourrages occupent trois magasins, un pour chaque régiment [...]. Un hangar est disposé pour le bottelage des foins, une baraque pour le dépôt des avoines, une pour le magasin des effets de campement, et quatre autres pour le service des vivres et la boulangerie. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

La gendarmerie

Les effectifs de la gendarmerie comprennent un détachement de gendarmes à cheval.

Les ouvriers d’administration

Une compagnie d’ouvriers de l’administration est installée en contrebas de l’état major.

Carte du camp du Thélin (1843)

Les installations du camp

L’infirmerie

L’installation de l’’infirmerie au bourg de Plélan s’étant heurtée au refus de la municipalité, les services hospitaliers du camps sont au Thélin.

Le service hospitalier est organisé au camp de Plélan comme à celui de Lyon, de manière à suffire aux besoins les plus urgents. L’ambulance se compose d’un aide-major, de trois sous-aides, d’un pharmacien, et de deux officiers d’administration. Les malades seront évacués, s’il y a lieu, sur Lyon et sur Rennes. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

L’état sanitaire du camp est jugé satisfaisant. On ne compte qu’une centaine de malades sur les 8 400 que compte la troupe.

Le nombre des malades, y compris les malades invétérés, est de 140 : 43 dans la 1er brigade, 86 dans la 2e et 11 dans la 3e. ; il n’y en a jamais eu davantage. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

La boulangerie et les restaurants

La manutention des vivres, qui comprend la boulangerie, la boucherie et les restaurants est établie en contrebas du rocher de Rumigny, sur le bord du ruisseau des « Raferies » 3.

L’éloignement de la manutention de Rennes s’opposant à ce que le pain soit envoyé au camp tout fabriqué, il a été expédié de Paris des fours de campagne en tôle déjà éprouvés et garantissant la bonne exécution du service. Ces fours portatifs, dont le prix est d’environ 1,500 fr., se montent en quarante-cinq minutes et cuisent 5,000 rations en vingt-quatre heures ; leurs produits sont de la meilleure qualité. Comme d’ailleurs les localités n’offrent pas assez de ressources pour permettre aux troupes de se procurer par elles-mêmes le pain de soupe et la viande qui leur sont nécessaires, il a été passé des marchés par adjudication au moyen desquels ces approvisionnements sont assurés à un prix raisonnable. La viande, fournie par un parc établi près de l‘Aff, est excellente. Dix puits alimentent d’eau tout le camp. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

Des établissements civils se sont installés en sus de ceux de l’armée pour permettre aux curieux et aux visiteurs de se restaurer ainsi qu’aux officiers et soldats d’égayer leurs repas.

Un grand nombre d’établissements civils sont venus pourvoir aux besoins du camp de Plélan ou en égayer les loisirs. Un restaurateur y a fait établir, dans une position heureusement choisie, une baraque de 50 mètres de longueur, en arrière de laquelle de vastes cuisines fournissent chaque jour à la table de plus de 400 officiers et à de nombreux étrangers. Des boutiques de toute espèce approvisionnent les marchés du camp. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

Les manœuvres

Le lieutenant général de Rumigny, présentant que le terrain choisi pour établir le camp pourrait occasionner des maladies, s’est arrêté à un système efficace : il a exigé dès le principe un travail d’au moins douze heures par jour. Les soldats trouvèrent d’abord la tâche un peu rude. Ils s’y sont faits insensiblement. Aujourd’hui ils sont les premiers à faire des plaisanteries sur leurs fatigues. On n’entend que rires et chanter dans le champ ; tous les visages sont radieux, et le nombre des malades est si minime que tous applaudissent à la persévérance de leur chef. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Les manœuvres du camp, tous corps réunis, commencent le 9 août. Elles se déroulent à 2500 mètres à l’ouest des campements, dans les « landes de Coëtquidan ». Chaque jour, elles ponctuent la journée du soldat.

Le matin à l’aube, un coup de canon annonce le réveil. Aussitôt on voit les soldats par centaines sortir devant leurs tentes et se mettre à nettoyer ou à divers travaux. L’heure de la manœuvre arrivée, les musiques des régiments s’assemblent en cercles devant chaque front de bandière, et l’on voit en un clin d’œil des milliers de baïonnettes qui se groupant par compagnies puis par bataillons et par régiments, se rangent en bataille et se mettent à gravir le coteau. Du haut du rocher du Thélin l’on distingue les exercices. Rentrés au camp vers quatre heures, les soldats reçoivent la soupe et le boeuf, oublient leurs travaux et leurs peines en chantant. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

La salle de spectacle

Une salle de spectacle permet aux soldats et aux officiers de pouvoir se divertir tous les jours. Elle a été établie en bordure du camp, sur les escarpements rocheux faisant face à l’état-major, situés de l’autre côté du ruisseau des « Raferies ».

A côté des cafés et des restaurants, des spectacles forains offrent de nombreuses distractions. Une troupe de saltimbanques, moyennant une très modique rétribution, procure aux amateurs les amusements les plus variés. Les comédiens de Vannes, jouant le vaudeville, sont venus élever, sur l’une des collines les mieux situées, une salle où, grâce au prix modeste des dernières places, les soldats eux-mêmes peuvent aller rire aux lazzi des émules d’Odry, d’Arnal et de Vernet. L’illustration (1843). op. cit., p. 410 (Voir en ligne)

La salle de spectacle construite pour l’occasion n’a rien à envier aux salles ordinaires de théâtre.

En descendant encore de quelques pas, on rencontre la salle de spectacle, occupée par une troupe dramatique qui donne chaque soir une représentation. La salle est comble chaque jour. Il y a deux loges avant-scène, surmontées de drapeaux tricolores, et destinées au lieutenant-général commandant le camp, et à son état-major. Les officiers occupent les premières, et les sous officiers et soldats ont le parterre. Un café est annexé à la salle, qui est ainsi disposée comme les salles ordinaires de théâtre. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Badauds et visiteurs célèbres

Le camp du Thélin attire de très nombreux visiteurs venus des environs proches ainsi que des principales villes bretonnes, Rennes en tête.

Ce phénomène occasionne un mouvement de curieux et de visiteurs indigènes et étrangers, qui entretiennent dans le pays une prospérité jusqu’à ce jour inconnue, les voitures et les chevaux ne suffisant pas à transporter de Rennes à Thélin. Les hôtels, les simples cabarets sont encombrés ; si vous n’avez pas arrêté un lit plusieurs jours à l’avance dans les cabarets de Thélin ou de Plélan, vous serez réduits, le soir, à coucher au foin, comme disent les Bretons. les plus humbles chambres sont payées à un prix exorbitant, et le moindre repas est fort cher. [...] à chaque pas, en avançant vers les camps, on rencontre des cabarets revêtus des enseignes les plus curieuses, des marchands en plein vent, et des promeneurs de tous rangs et de toutes conditions.[...] Les prêtres de tous les départements voisins sont aussi avides de ce spectacle. Ils viennent se pénétrer du caractère, des dispositions de la troupe, longtemps méconnus.[...] Enfin tous ceux qui ont voiture dans le département du Morbihan, du Finistère et autres, viennent voir le camp ; les modestes fortunes viennent en carriole et les ouvriers de la campagne à pied. Chaque jour Plélan et Thélin sont un petit Paris. L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

Le sous-préfet des Côtes du Nord rend compte de sa visite au camp du Thélin dans le livre de ses Souvenirs :

Étant allé avec ma femme visiter le camp, je n’ai point oublié la gracieuse réception que nous y reçûmes, ni la complaisance de M. le Général de Rumigny, pour nous bien placer à la revue générale et à la distribution des croix. L’accueil du bon curé de Paimpont, qui nous donna un asile, ne s’est point non plus effacé de mon souvenir. Ce vénérable pasteur est décédé, bien jeune encore : je l’ai sincèrement regretté. NÉEL DE LAVIGNE, Charles-Rolland, Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet.., Dinan, impr. de J.-B. Huart, 1850, Voir en ligne. page 244

La visite du duc de Nemours

Louis Charles Philippe Raphaël d’Orléans (1814-1896) est le fils puîné du roi des Français Louis-Philippe Ier. Il porte le titre de duc de Nemours et occupe la fonction de général de division de l’armée royale sous la Restauration ainsi que celle de membre de la Chambre des Pairs 4.

Le duc de Nemours se rend au camp de Bretagne établi au Thélin en août 1843. Il est accompagné pour cette tournée dans l’Ouest par une véritable cour comprenant la duchesse de Nemours, la comtesse d’Oraison, sa dame d’honneur, le baron Loyer, maréchal de camp, Boret de Brétizel son aide de camp et Reille, capitaine d’état-major, les chefs d’état-major et les officiers d’ordonnance, M. Larnac, secrétaire des commandements.

Parti fin juillet, il passe par Le Mans, Nantes, puis se rend au camp de Plélan. À cette occasion, il demeure avec sa femme et son état-major pendant quelques jours au château de Saint-Malo-de-Beignon, chez M. de Cheffontaine.

En quittant le Mans, les princes se dirigent vers la Bretagne, par La Flèche, Baugé, Saumur, Angers. Ils s’arrêtent quatre jours à Nantes, gagnent Vannes, Rennes, et s’installent au château de Saint-Malo-de-Beignon, qu’ils ont loué à M. de Cheffontaine. De là. ils seront à proximité du camp de Plélan, de Rennes et de Saint- Malo. Les troupes réunies au camp de Plélan se composaient d’une division d’infanterie, sous le commandement du général de Rumigny, aide de camp du roi, et d’une brigade de cavalerie commandée par le général de Brémond d’Ars. Le prince y vint à plusieurs reprises, et sa première inspection tout au moins fut singulièrement contrariée par le temps. Pendant deux jours et deux nuits, la pluie ne cessa de tomber. - Nous suivions le prince en pataugeant comme dans un marais, écrivait le général de Brémond d’Ars. Néanmoins, la foule des curieux était considérable et affluait de toutes part : on les comptait par milliers, à chacune des visites du prince. Les étrangers furent encore plus nombreux quand vint M la duchesse de Nemours, on vit arriver quantité d’équipages, beaucoup de dames en amazones, et aussi des ecclésiastiques et curés des environs, auxquels M. le duc de Nemours faisait le meilleur accueil. BAZIN, René, Le duc de Nemours, Tours, Maison Alfred Mame et Fils, 1907, Voir en ligne. pages 219-220

Durant ces quelques jours, il rend visite au Supérieur des Frères de Ploërmel, Jean-Marie de La Mennais. —  LAVEILLE, Auguste, Jean-Marie de La Mennais (1780-1860)., Vol. 2, Paris, C. Poussielgue, 1903, Voir en ligne. —

Du 16 au 18 août il quitte le camp du Thélin pour une visite dans la département du Morbihan. Le Préfet du Morbihan demande des troupes et la musique du 30e de ligne au camp du Thélin pour pouvoir dignement accueillir le duc de Nemours dans son département. Le cortège princier visite Vannes ainsi que les sites archéologiques de Carnac et Locqmariaquer. Le 18 au soir le duc de Nemours et sa femme quittent Auray pour rejoindre le camp de Plélan.—  LECORNEC, Annick, « Une visite princière à Vannes en 1843 », Bulletin et mémoires de la Société polymathique du Morbihan, 1992, p. 2, Voir en ligne. —

LL. AA. RR. sont parties de là pour se rendre directement à Saint-Malo-de-Beignon chez M. le comte de Cheffontaine, ancien officier supérieur à la retraite. Elles n’y sont arrivées que vers trois heures du matin. Cette marche un peu forcée avait pour motif le désir de consacrer quelques moments au camp de Plélan entre les deux séjours de Vannes et de Rennes. En effet, ce matin vers onze heures, LL. AA. RR. ont paru au camp qui a été ravi de leur présence. Les différents corps se sont réunis sans arme sur le front de bandière où M le duc de Nemours a passé à cheval et Mme la duchesse de Nemours en voiture. De là on s’est rendu dans la tente du général commandant le camp. Le prince a reçu aussitôt MM. les officiers, s’est informé d’eux de l’état sanitaire du camp, du bien être des soldats et de leurs chefs, et de leurs divers intérêts. Il leur a dit adieu dans l’espoir d’un prompt retour. Enfin, après un coup d’oeil rapide donné à l’aspect militaire et pittoresque du camp, LL. AA. RR. ont quitté le département du Morbihan pour y revenir lundi prochain. ANONYME, « Sans titre », Journal des débats politiques et littéraires, 23/08, 1843, p. 2, Voir en ligne.

Le duc de Nemours est à Rennes le 20 août, pour inaugurer un nouveau pont baptisé à son nom, le « pont de Nemours ». Le 26 août, il se rend à Dinan où il est accueilli par le sous-préfet qui aura l’honneur de se rendre au camp du Thélin quelques jours plus tard. —  NÉEL DE LAVIGNE, Charles-Rolland, Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet.., Dinan, impr. de J.-B. Huart, 1850, Voir en ligne. page 244 —

Il se rend ensuite à Saint-Malo, visite de même Lamballe, Saint-Brieuc, Guingamp, Morlaix, Brest, Quimper et Lorient du 3 au 5 septembre.

Ce matin, le prince et la princesse sont partis pour le camp de Plélan. C’est ainsi que LL. AA. RR. seront revenues après environ quinze jours de voyage, à leur point de départ. Elles auront parcouru circulairement cette route longue et accidentée qui festonne en quelque sorte toutes les côtes de la Bretagne ; elles auront accompli un pieux pèlerinage, recueillant les vœux des populations, s’initiant à leurs besoins, à leurs désirs, à leurs espérances, et préparant un avenir meilleur dont le présent s’empare chaque jour [...] ANONYME, « Sans titre », Journal des débats politiques et littéraires, 1843, p. 2, Voir en ligne.

Le duc de Nemours est chargé de remettre les vingt-six nominations dans l’ordre royal de la légion d’honneur, établies par ordonnance du deux septembre 1843. Il les donne au nom du roi Louis-Philippe le samedi neuf septembre au cours de la revue d’honneur du camp de Plélan. —  ANONYME, « On lit dans le Progrès de Rennes : », Journal des débats politiques et littéraires, 14/09, 1843, p. 1, Voir en ligne. — Durant cette cérémonie, il décore le colonel du 21e léger, M. Phelippeaux, qui s’était illustré par une chute de cheval au cours de laquelle il s’était cassé un bras.

Le couple princier quitte ensuite la Bretagne en passant par Laval, Mamers et Dreux, et arrive aux Tuileries le 11 septembre au soir.

Dessins et gravures

Le camp du Thélin a été l’objet de plusieurs dessins réalisés par des officiers du camp ou des peintres employés par le ministère de la guerre.

Le plan du camp

Camp de Thélin dans la commune de Plélan en 1843 / par F. Anouilh, lieut[enan]t au 30e de ligne ; Lith. de Landais & Oberthur - (Voir en ligne)

Les dessins de M. Jung

Une vue du camp de Plélan a été réalisée par M. Soitoux, capitaine au corps royal d’état-major, l’un des officiers chargés de lever le plan du camp. M. Jung, dessinateur au dépôt général de la guerre en a tiré une vue intitulée Vue du camp de Plélan, près Rennes qui a été publiée dans L’Illustration en 1843.— 
ANONYME, « Camp d’instruction. Camp de Lyon - Camp de Bretagne », L’illustration, journal universel, Vol. 1 / 26, 1843, p. 407-410, Voir en ligne. page 407 —

Le camp du Thélin (1843)

Une autre vue intitulée Camp de Plélan, en Bretagne - Grandes manœuvres a été publiée dans le même numéro de L’Illustration.

Le camp du Thélin (1843)

Notre gravure (page 409) représente une attaque d’artillerie au centre ; d’un côté une charge de cavalerie par escadrons ; entre l’artillerie et la cavalerie, l’infanterie en bataille, ayant devant elle des tirailleurs ; et, derrière l‘infanterie, des bataillons serrés par divisions.

Les dessins de Charles Tournemine

Charles Tournemine (1812-1872) est un peintre orientaliste qui a fait une partie de sa carrière comme dessinateur au Ministère de la Guerre. Il se rend au camp du Thélin en 1843 et y peint plusieurs tableaux :

  • Pont de Secret, 7 août 1843, camp de Plélan.
  • Curé de campagne, camp de Plélan, août 1843.

L’exposition de 1937

Le 11 mars 1937, M. Banéat organise une exposition pour ses collègues de l’Association Archéologique d’Ille-et-Vilaine. On y voit une série de dessins du camp de Plélan commandés par le Duc de Nemours en 1843.

Beaucoup de caricatures au crayon faites, les uns des autres, par de jeunes officiers silhouettent, encore, à nos yeux, le type de l’armée qui conquit l’Algérie à la France. LE BERRE, Léon, « A la Société d’Archéologie d’Ille-et-Vilaine », L’Ouest-Éclair, 11 mars, 1837, Voir en ligne. page 5

La fin du camp

Le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, très satisfait du Camp de Plélan et de la venue du duc et de la duchesse de Nemours, a exprimé le désir que son établissement soit maintenu chaque année dans la lande du Thélin.—  CONSEIL GÉNÉRAL D’ILLE-ET-VILAINE., « Troisième partie », Rapports et délibérations - Ille-et-Vilaine, Conseil général, 1843, Voir en ligne. page 64 —

Le gouvernement de Louis-Philippe est également satisfait de l’établissement du Camp au Thélin. Dans une lettre à la princesse de Liéven datée du 1er septembre 1843, François Guizot (1787-1874), alors ministre des affaires étrangères, se félicite du résultat politique du camp.

Le camp de Plélan va très bien. Parmi les légitimistes bretons 5 l’ébranlement est général, et la masse de la population accourt au camp avec avidité. Les curés, très puissants, là se rallient tous. Le duc leur convient. Et les soldats aussi plaisent au peuple. La Bretagne n’avait rien vu de pareil depuis on ne sait combien d’années. Les comédiens de Vannes sont venus s’établir au camp. On s’amuse utilement. BULOZ, François, « La reine Victoria en France », Revue des deux mondes, 1843, p. 357-388, Voir en ligne. page 372

Pourtant, le camp d’instruction ne sera jamais reconduit à Plélan. L’établissement du camp au Thélin n’a pas fait que des heureux. Une lettre du sous-préfet de Montfort au maire de Plélan en date du 9 janvier 1844 indique que les constructions du camp ont été détruites par des vandales.

L’on m’apprend que des malveillants détruisent successivement tous les monuments dont le génie et le goût laborieux de nos soldats ont embelli les camps du Thélin. Le vandalisme me surprend et je m’étonne que les gardiens du camp et les gardes champêtres ne vous en aient pas donné avis afin que par un arrêté vous puissiez mettre un terme à une destruction blessante pour l’armée & pour les intérêts de votre ville. Je pense que de concert avec le commandant de la brigade de gendarmerie, vous allez rechercher les auteurs des méfaits que je vous signale ci-dessus & les causes qui les font agir. Une légère rétribution donnée aux gardiens des baraques du camp les porterait à étendre leur surveillance sur toutes les parties de cet établissement.A.-M. Plélan-le-Grand 2H1

Un document d’archive daté d’avril 1844 montre par ailleurs que les propriétaires des terres louées pour le camp sont insatisfaits des indemnités qu’ils ont reçues. Une indemnité avait été payée par le Ministère de la guerre à la « Société des Thélandais » le 20 juin 1843 pour la location des terres occupées par le camp et les détériorations qu’elles ont pu subir. Mais la « Société des Thélandais », représentée par M. Cotto, demande dès la fin du camp des indemnités supplémentaires.

Ces évaluations, bien que largement établies, sont fort loin de celles des experts, mais vous remarquerez monsieur le Préfet ce que ces dernières ont d’exorbitantes. [...] Les indemnités qu’il a fallu payer pour des dégâts exagérés s’élèvent à près de quatre mille francs, au double du prix principal, faudra-t-il encore accorder aux Thélandais pour la dite société de ses droits à une autre indemnité qui pourrait lui être due plus tard pour dépréciation apportée au sol par les mouvements de terre exécutés dans le camp.[...] Des exigences aussi exagérées que celles dont il s’agit pourraient éloigner toute idée d’une nouvelle réunion de troupes sur ce point. Lettre du 23 avril 1844 à M le Préfet d’Ille-et-Vilaine - Ministère de la Guerre - Service du Génie - Matériel - Camp de Plélan.

Ce coup supplémentaire dû aux plaintes des Thélandais a donc mis fin au camp du Thélin.

En 1843, Plélan fut le quartier-général du camp de Thélin. Ce camp, qui avait jeté quelque aisance dans le pays, et qui surtout lui avait fourni beaucoup d’engrais, était peut-être, une mesure plutôt politique en elle-même que philanthropique ; pour notre part nous regrettons, sous ce dernier rapport, qu’on y ait si tôt renoncé. OGÉE, Jean-Baptiste, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la nation bretonne : M-Z, Vol. 2, Réédition par A. Marteville et P. Varin, 1853, Rennes, Deniel, succ. Molliex Libraire-Editeur, 1780, Voir en ligne. [284]


Bibliographie

Ouvrages

ANONYME, Notice sur S. A. R. le duc de Nemours, Nantes, Impr. de C. Mellinet, 1843, Voir en ligne.

BAZIN, René, Le duc de Nemours, Tours, Maison Alfred Mame et Fils, 1907, Voir en ligne.

CONSEIL GÉNÉRAL D’ILLE-ET-VILAINE., « Troisième partie », Rapports et délibérations - Ille-et-Vilaine, Conseil général, 1843, Voir en ligne.

LAVEILLE, Auguste, Jean-Marie de La Mennais (1780-1860)., Vol. 2, Paris, C. Poussielgue, 1903, Voir en ligne.

GAY DE VERNON, Jules, « Notice historique sur le 8e régiment de chasseurs à cheval », Le Spectateur militaire : Recueil de science, d’art et d’histoire militaires, 1853, p. 51-67, Voir en ligne.

LECORNEC, Annick, « Une visite princière à Vannes en 1843 », Bulletin et mémoires de la Société polymathique du Morbihan, 1992, p. 2, Voir en ligne.

NÉEL DE LAVIGNE, Charles-Rolland, Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet.., Dinan, impr. de J.-B. Huart, 1850, Voir en ligne.

OGÉE, Jean-Baptiste, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la nation bretonne : M-Z, Vol. 2, Réédition par A. Marteville et P. Varin, 1853, Rennes, Deniel, succ. Molliex Libraire-Editeur, 1780, Voir en ligne.

Journaux

L*****, « Le camp du Thélin », Feuilleton du Globe, 1843.

ANONYME, « Camp de Rennes », Journal de Toulouse, Vol. 195 / 07/08/1843, 1843, p. 3, Voir en ligne.

ANONYME, « Sans titre », Journal des débats politiques et littéraires, 23/08, 1843, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « Sans titre », Journal des débats politiques et littéraires, 1843, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « On lit dans le Progrès de Rennes : », Journal des débats politiques et littéraires, 14/09, 1843, p. 1, Voir en ligne.

ANONYME, « Camp d’instruction. Camp de Lyon - Camp de Bretagne », L’illustration, journal universel, Vol. 1 / 26, 1843, p. 407-410, Voir en ligne.

LE BERRE, Léon, « A la Société d’Archéologie d’Ille-et-Vilaine », L’Ouest-Éclair, 11 mars, 1837, Voir en ligne.

BULOZ, François, « La reine Victoria en France », Revue des deux mondes, 1843, p. 357-388, Voir en ligne.

Documents d’archives

  • Lettre du 22 mai 1843 à M le Président du Conseil, Ministre Secrétaire d’État de la Guerre - 2e Bureau - Camp de Thélin en Plélan - Direction du personnel -1er Division - Opérations militaires
  • Lettre du 14 juin 1843 à M. le préfet d’Ille-et-Vilaine à Rennes - M le Président du Conseil, Ministre Secrétaire d’État de la Guerre - 5e division - Matériel du Génie - Camp de Thélin - Règlement des indemnités à payer pour l’occupation des terrains du camp.
  • Lettre du 18 juin 1843 à M. le préfet d’Ille-et-Vilaine à Rennes - Le sous-intendant militaire - 13e division militaire - Intendance militaire - d’Ille-et-Vilaine - Bureau des hôpitaux - Service du camp de Bretagne.
  • Lettre du 19 juin 1843 à M. le préfet du Morbihan - Ministère de la Guerre - Direction générale du Dépôt de la Guerre
  • Lettre du 9 janvier 1844, M. le sous préfet de Montfort à M. le maire de Plélan-le-Grand - Sous préfecture de Montfort - A.-M. Plélan-le-Grand 2H1
  • Lettre du 23 avril 1844 à M le Préfet d’Ille-et-Vilaine - Ministère de la Guerre - Service du Génie - Matériel - Camp de Plélan.

↑ 1 • Achille Guibourg est né en 1789 à Chateaubriant. Après ses études à la faculté de droit de Rennes, il entre dans la magistrature. En 1830, il démissionne, ne voulant pas servir Louis-Philippe (« l’usurpateur ») et part à Nantes. Parallèlement, en 1832, les provinces de l’Ouest se soulèvent sous l’impulsion de la duchesse de Berry qui veut redonner à son fils le duc de Bordeaux, l’héritier de la branche des Bourbons, le trône que Louis-Philippe a usurpé. Achille Guibourg adhère à la cause et devient Président du Comité Royaliste de L’Ouest. Cette rencontre avec la Duchesse de Berry sera pour Guibourg la grande rencontre de sa vie. Mais après l’échec de la prise de pouvoir, puis l’arrestation rocambolesque de la Duchesse à Nantes, Achille Guibourg prend ses distances et vient s’installer à Saint-Malo.

↑ 2 • La bataille de Mazagran a lieu en février 1840 à Mazagran, ville de la région d’Oran, au cours de la conquête de l’Algérie par la France.

↑ 3 • Le nom de ce ruisseau, absent des cartes, nous a été indiqué par une habitante de la Buslais du Thélin

↑ 4 • La Chambre des pairs est la Chambre haute du Parlement pendant les deux Restaurations, les Cent-jours et la monarchie de Juillet. Créée ex nihilo en 1814, elle est supprimée en 1848 lors de la mise en place de l’Assemblée nationale constituante de la Seconde République.

↑ 5 • Les légitimistes, fort implantés dans la région, soutiennent la branche des Bourbons, représentée par le fils de la duchesse de Berry, contre les Orléans, dont Louis-Philippe, qu’ils considèrent comme un usurpateur, est le représentant.