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1782 -1826

Marchangy Louis-Antoine-François de

Un acteur de la localisation de Brocéliande en Bretagne

Louis-Antoine-François de Marchangy, auteur du Tristan voyageur publié en 1825 est l’un des acteurs de la localisation de Brocéliande en Bretagne au 19e siècle.

Éléments biographiques

Louis-Antoine-François de Marchangy est né à Saint-Saulge dans la Nièvre en 1782. Connu principalement pour sa carrière juridique au service de la monarchie, il est considéré par un biographe comme l’un des plus brillants orateurs du barreau français moderne, successivement avocat-général à la Cour royale de Paris et à la Cour de cassation. —  QUÉRARD, Joseph-Marie, La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique, Vol. 5, Paris, Chez Firmin Didot frères libraires, 1833, Voir en ligne. pages 513-514 — Admirateur de Napoléon, il devient royaliste en 1814. Candidat ultra-royaliste à la députation de la Nièvre en 1822, il est élu successivement député du Nord et de la Nièvre en 1823 mais perd ses mandats par décision de justice. Il est réélu député du Nord en avril 1823 puis du Haut-Rhin en 1824 mais voit à nouveau son élection annulée.

Marchangy poursuit aussi une carrière littéraire qu’il entame par la parution d’un poème en quatre chants paru en 1804. —  MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Le bonheur : poëme en quatre chants, Paris, Ragonneau, Mongie et Obré, 1804, Voir en ligne. —Malgré un style qualifié par certains de ses contemporains 1 d’incorrect et d’une pompe romantique qui fatigue les plus intrépides lecteurs, Marchangy connait le succès et la reconnaissance avec une histoire de la poésie française en huit volumes, parue de 1813 à 1817. Ce livre singulier, formé d’une suite de récits, a pour but de fournir aux artistes et aux poètes des motifs de composition sur l’histoire nationale. Il sera édité six fois de 1813 à 1826. —  MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, La Gaule poétique, ou L’histoire de France considérée dans ses rapports avec la poésie, l’éloquence et les beaux-arts, Vol. 8 vol., Paris, Chaumerot jeune, 1813-1817, Voir en ligne. — Il publie enfin Tristan le voyageur à partir de 1825 mais décède à Paris le 2 février 1826, emporté par un refroidissement à 44 ans avant d’avoir pu faire paraitre les deux derniers volumes.—  MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle, Vol. 1, Paris, Chez Maurice libraire, 1825, Voir en ligne. — —  MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle, Vol. 2, Paris, Chez Maurice libraire, 1825, Voir en ligne. —

Tristan le voyageur

Tristan le voyageur, publié en 1825, est une œuvre littéraire en six volumes dont deux sont consacrés à la Bretagne. Il décrit un voyage en Armorique au 14e siècle au cours duquel Tristan se rend en forêt de Brocéliande. Marchangy peuple la forêt de sites fantaisistes : le Val périlleux, la Clairière des injures et des pardons, le Carrefour des douze croix sanglantes...

L’auteur ne craint pas les envolées lyriques :

Pour ma part, je n’ai trouvé dans le voisinage de la fontaine de Barenton, qu’un bracelet de saphir que je vis briller entre les fougères, et plus loin, un voile brodé d’or, que je vis arrêté à l’épine d’un mûrier sauvage. Ces objets que je laissai dévotement en place, me donnèrent de bonnes et mauvaises pensées […]

À Barenton, c’est carrément l’apocalypse ; versant de l’eau sur le perron de la fontaine il écrit :

[...] aussitôt la terre tremble et se fend. De ses crevasses sulfureuses il sort des spectres et des démons ; une fumée infecte couvre la face du jour, et cette nuit funèbre est sillonnée des feux empruntés à l’enfer. Marchangy, Louis-Antoine-François de (1825). op. cit., tome second, p. 191 (Voir en ligne)

Marchangy est considéré par certains auteurs comme l’un de ceux qui ont introduit le légendaire arthurien en forêt de Paimpont. —  RÉBILLÉ, Edmond, Brocéliande(s), sur les traces du roi Arthur et de ses chantres, Spézet, Coop Breizh, 1996. [pages 10 ; 43] —

Néanmoins, ses notes de bas de page montrent sa préférence quant à la localisation de Brocéliande :

Quelques-uns l’ont placée dans les environs de Montfort, et disent que c’est aujourd’hui la forêt de Paimpont. (M. Poignand [...]) Mais des hommes plus versés dans la topographie de l’Armorique, et notamment le savant abbé de La Rue, placent cette forêt près Quintin et Loudéac ; ce serait aujourd’hui la forêt de Lorges. (L’abbé de La Rue [...]) Marchangy, Louis-Antoine-François de (1825). op. cit., tome second, p. 421 (Voir en ligne)


Bibliographie

MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Le bonheur : poëme en quatre chants, Paris, Ragonneau, Mongie et Obré, 1804, Voir en ligne.

MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, La Gaule poétique, ou L’histoire de France considérée dans ses rapports avec la poésie, l’éloquence et les beaux-arts, Vol. 8 vol., Paris, Chaumerot jeune, 1813-1817, Voir en ligne.

MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle, Vol. 1, Paris, Chez Maurice libraire, 1825, Voir en ligne.

MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle, Vol. 2, Paris, Chez Maurice libraire, 1825, Voir en ligne.

QUÉRARD, Joseph-Marie, La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique, Vol. 5, Paris, Chez Firmin Didot frères libraires, 1833, Voir en ligne.

RÉBILLÉ, Edmond, Brocéliande(s), sur les traces du roi Arthur et de ses chantres, Spézet, Coop Breizh, 1996.


↑ 1 • Joseph Marie Quérard, auteur de dictionnaires biographiques— Quérard, Joseph-Marie (1833). op. cit., cinquième volume, p. 513-514 (Voir en ligne) —