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1870-1893

Un recteur prêt à tout pour son église

L’abbé Levrel du Thélin

L’abbé Levrel a fait tout ce qui était humainement possible pour que puisse être édifiée une nouvelle église au Thélin. Il serait même allé jusqu’à avaler une mouche, comme le montre cette histoire publiée par Adolphe Orain en 1900.

L’abbé Joseph Levrel, recteur du Thélin

L’abbé Joseph Levrel est nommé en 1870 recteur du Thélin. Très vite, il entreprend de faire édifier une nouvelle église en lieu et place de la précédente qui menace ruine. L’abbé se démène afin de trouver les fonds nécessaires à son projet mais malgré tous ses efforts, ne dispose que de moyens financiers modestes. Il meurt en 1893 alors que l’église pour laquelle il a tant œuvré n’est que partiellement achevée.

Le dévouement de l’abbé Levrel pour l’édification de l’église du Thélin a inspiré à ses paroissiens une histoire collectée par Adolphe Orain en 1900.—  ORAIN, Adolphe, « Petites légendes de l’Ille-et-Vilaine (suite) », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 24, 1900, p. 221-227, Voir en ligne. pages 225 —

L’histoire publiée par Adolphe Orain

On se souvient encore à Thélin, du vieux curé de cette paroisse qui, pour la construction de son église, ne recula devant rien. Il écrivit à presque tous les souverains d’Europe pour leur demander des secours, et beaucoup d’entre eux accueillirent favorablement sa requête.

Un jour qu’il était à diner dans un château, un jeune homme voyant une mouche en train de se noyer dans le verre du curé, dit à celui-ci :

Quarante sous pour votre église si vous avalez le contenu de votre verre avec la mouche qui s’y trouve.

À peine ces paroles étaient-elles prononcées que le prêtre vida son verre. Le farceur, voulant prendre sa revanche reprit :

Consentiriez vous pour un louis, M. le recteur, à manger chaque jour pendant les quarante heures que vous devez prêcher dans notre paroisse, des confitures prises dans un pot où se trouverait enfermée une araignée ?

Trop heureux de le faire, mon petit ami, pour ma pauvre église.

Et en effet, on s’étonna beaucoup, au presbytère de la commune où il était à prêcher les quarante heures, d’entendre, chaque jour, au repas du soir, M. le recteur, si sobre d’habitude, réclamer le pot de confiture envoyé d’un château voisin, et d’en manger sans en offrir à personne. Ce ne fut que plus tard, à la suite d’une indiscrétion du parieur, que la chose fut expliquée. On sut aussi qu’aucune araignée n’avait été enfermée dans le pot de confitures. —  ORAIN, Adolphe, « Petites légendes de l’Ille-et-Vilaine (suite) », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 24, 1900, p. 221-227, Voir en ligne. pages 225 —


Bibliographie

ORAIN, Adolphe, « Petites légendes de l’Ille-et-Vilaine (suite) », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 24, 1900, p. 221-227, Voir en ligne.