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L’enclos mégalithique de Tréhorenteuc

Un vestige de structure agraire protohistorique

Les vestiges d’un enclos, constitués de blocs de poudingue, ont été mis au jour, au lieu-dit « Le Landier », aux limites des communes de Tréhorenteuc et de Néant-sur-Yvel. Ils sont interprétés par l’archéologue Jacques Briard comme les éléments d’une structure agraire protohistorique.

Habitats néolithiques en forêt de Paimpont

Le massif forestier de Paimpont abrite une importante concentration de sites mégalithiques datés du Néolithique. Pourtant, jusqu’à présent, aucun site d’habitat n’y a été découvert :

L’abondance de monuments funéraires en forêt de Brocéliande n’est pas équilibrée par une série correspondante d’enclos, d’habitats ou de structures agraires. Les prospections ont livré ça et là quelques vestiges lithiques témoignant d’une fréquentation des sites à l’époque préhistorique. Nous avons vu aussi que la grande abondance de meules, lissoirs, poteries et silex à l’Hotié de Viviane pouvait correspondre à l’existence d’un petit habitat de hauteur préexistant au monument. Mais il est certain que la prospection n’est pas toujours facile dans les secteurs en lande touffue de certaines zones de la forêt. Autour de la forêt de nombreux gisements gallo-romains ont été reconnus à Tréhorenteuc ou Néant-sur-Yvel. Ils ne semblent pas succéder à des habitats plus anciens. BRIARD, Jacques, Mégalithes de Haute-Bretagne. Les monuments de la forêt de Brocéliande et du Ploërmelais, structure, mobilier, environnement, Vol. 23, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1989. [page 73]

L’enclos de Tréhorenteuc

L’enclos mégalithique de Tréhorenteuc étudié pour la première fois par l’archéologue Jacques Briard en 1985 pourrait être le vestige d’une présence protohistorique :

C’est sur la commune de Tréhorenteuc que nous avons reconnu les vestiges d’un enclos protohistorique. Il se situe au bord du chemin départemental n°54 allant de Tréhorenteuc à Néant-sur-Yvel à 1 km à l’ouest du bourg. C’est un élément d’enclos circulaire, bien conservé dans les parcelles 627, 628 et 629, en lande, et qui a été détruit par les cultures dans les parcelles suivantes. Il reste environ 300 m d’un élément pouvant avoir eu un diamètre de l’ordre de 200 à 300 m. A cet endroit, le schiste affleure, ne laissant qu’une maigre couche végétale où poussent ajoncs et genêts. Il est donc illusoire d’y retrouver une couche archéologique en place. Le talus est composé de petits blocs de schiste rouge et de poudingue blanc d’une hauteur dépassant rarement 0,80 m (fig 58). Les dalles sont reliées par un talus de terre avec petites pierres, de l’ordre de 0,50 m de hauteur. Malheureusement, cette structure est détruite épisodiquement par des vandales qui viennent enlever les blocs de quartz ou poudingue blanc pour en agrémenter leurs jardins.Briard, Jacques (1989) op. cit. p. 73-74

L'enclos mégalithique de Tréhorenteuc
L’enclos mégalithique de Tréhorenteuc

Un tronçon de talus similaire existe de l’autre côté de la route de Tréhorenteuc à Néant, à environ 200 m de l’enclos précédent, en limite nord des parcelles 1495 et 1487. Les répliques des grottes de Lourdes de Néant-sur-Yvel et de l’école Saint-Pierre de Mauron ont été réalisées dans les années 1950 à partir de blocs provenant de cette zone. À cette époque, les tronçons de talus étaient beaucoup plus importants, entrecoupés d’espaces occupés par des gros blocs et laissant deviner une courbe régulière (Joseph Boulé, com. pers.).

Jacques Briard compare ce talus protohistorique à certaines structures de l’Âge du Bronze étudiées en Grande Bretagne dans la région de Dartmoor ou dans les Cheviots. Ces structures sont apparentés à des enclos à bétail avec vestiges de cabanes circulaires.

A Tréhorenteuc, seul subsiste cet élément d’enclos circulaire. Toutefois, les prospections menées dans la même région ont permis de reconnaitre de nombreux talus où des éléments archaïques à petites dalles étaient inclus dans les structures modernes. On peut donc supposer qu’il y avait dans cette vallée tout un système de structures agraires en place, en contrebas de la crête schisteuse où se situent les monuments funéraires de la Butte aux tombes ou du Jardin aux Moines. Il était naturel que les habitats s’établissent au niveau des zones basses au sol plus riche et présentant des points d’eau.Briard, Jacques (1989) op. cit. p. 73-74


Bibliographie

BRIARD, Jacques, Mégalithes de Haute-Bretagne. Les monuments de la forêt de Brocéliande et du Ploërmelais, structure, mobilier, environnement, Vol. 23, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 1989.