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18e-19e siècles

Les derniers loups de la forêt de Paimpont

De la chasse à l’éradication

La présence du loup en forêt de Paimpont au 19e siècle est attestée par de nombreux documents d’archives. La volonté institutionnelle de l’éradiquer, ainsi que la croissance démographique qui réduit son espace vital ne tardent pas à faire sentir leurs effets. Les loups encore nombreux vers 1800 ont disparu cent ans plus tard.

[La forêt de Paimpont] est productive ; les sangliers, les chevreuils, les renards sont nombreux ; il y a aussi du loup, mais moins que l’étendue de ces bois ne le ferait supposer

DU BOIS DE PACÉ, Brocéliande en deux journées, Guide du touriste à la forêt de Paimpont, Rennes, Typographie Alphonse Leroy fils, 1868.

Brebis, ânes, chevaux, chèvres et chiens

Les raisons pour lesquelles l’homme a éradiqué le loup au cours du 19e siècle sont nombreuses. L’homme reproche tout d’abord au loup de s’en prendre au gibier.

En extrapolant avec prudence quelques études faites en particulier au Canada on peut penser, compte tenu de la faune des landes et du bocage, que les micro-mammifères, les couvées au sol et l’ensemble des charognes constituaient l’alimentation normale du loup. Enfin, on notera qu’implicitement les récits soulignent que les loups présentent un danger pour le bétail en hiver, car ils ne peuvent alors disposer de proies en nombre suffisant dans leur milieu naturel.

BEAULIEU, François de, Le loup dans les traditions de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 1994. [pages 15-16]

Il lui reproche surtout de s’attaquer au animaux domestiques, principalement aux moutons, chèvres et brebis ainsi qu’au chevaux.

En ce qui concerne les préférences alimentaires du loup, les témoignages et les récits concordent. Tous relèvent son goût pour le cheval, le mouton, le cochon, la vache, la chèvre et le chien. [...] Les attaques sur le bétail étaient courantes et ont pu provoquer au XVIIIe siècle jusqu’à 10 % de pertes par an sur le cheptel ovin.

BEAULIEU, François de, Le loup dans les traditions de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 1994. [pages 14-15]

Selon de nombreux témoignages du 19e siècle, des loups étaient spécialisés dans la prédation de certaines catégories d’animaux domestiques. Paul Sébillot les dénomment loups berbioux ou loups chevalins. L’absence d’un grand corpus de témoignages sur le massif forestier de Paimpont ne permet pas de corroborer les écrits de Paul Sébillot. —  DURAND-VAUGARON, Louis, « Le loup en Bretagne pendant cent ans (1773-1872), d’après des documents inédits (suite et fin) », Annales de Bretagne, Vol. 71 / 2, 1964, p. 269-313, Voir en ligne. — Il permet cependant de confirmer que les loups s’attaquaient à de nombreux types d’animaux domestiques.

Des Brebis

J’ai entendu de mon grand-oncle que Mme Thébault, qui avait sa maison et sa bergerie à l’emplacement de l’actuel terrain de motocross de Paimpont au Vaubossard, aurait vu un loup vers 1870. La bergerie, située dans le val du Rostel était à flanc de vallée, si bien que son toit arrivait en haut de la prairie voisine. Le loup épiait les brebis, monté sur le toit. Lorsque Mme Thébault est rentrée dans sa bergerie, le loup est passé à travers le toit et lui est quasiment tombé dessus. Mme Thébault en fut fortement marquée. Témoignage de M. Guyon, cultivateur au Vaubossard en Concoret, 72 ans, recueilli par Laurent Goolaerts le 08/06/2007

À cette époque, les troupeaux de brebis n’existaient pas mais chaque ferme petite ou grande avait une brebis ou plusieurs. Si les brebis apeurées s’approchaient de la patourde 1, c’est qu’il y avait un loup dans les parages. Témoignage de Jean Aubert, cultivateur à la Haye en Concoret, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Les derniers loups de la forêt de Paimpont

Un âne

La famille Perrin avait confié la garde du pré de la fontaine Hamon aux Pinçais à Paimpont, à un âne. Mais s’il effrayait les chevreuils, sangliers ou autres animaux intéressés par le blé noir, il n’effraya pas tout le monde. Les propriétaires le retrouvèrent mort au matin, à demi-dévoré par un loup. Témoignage de Daniel Perrin, d’après Armand Perrin, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Vaches, chevaux et chiens

Les petits enfants de Jeanne-Marie Herviault de Beauvais à Paimpont se souviennent avoir entendu que les loups s’attroupaient pour attaquer les vaches, les chevaux et les chiens auxquels on mettait des colliers à pointes pour les protéger. Témoignage de Daniel Perrin, d’après Jeanne-Marie Herviault, née en 1867, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Un chien

M. [...] , fermier à la Cassière avait un chien couché au pailler (grosse meule de paille). Pendant la nuit, un loup est venu l’attaquer. Il l’a égorgé puis traîné sur une centaine de mètres jusqu’à la prairie qui borde la forêt. Le chien fut retrouvé au matin, dépouillé par le loup. Témoignage de Georges Launay, Telhouet, d’après M. Launay père né en 1878, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Une chèvre et un cheval

Le 7 décembre 1827, Joseph Bouvier, natif de Plélan-le-Grand, tisserand et laboureur au Bois David en Maxent, est accusé du vol d’une chèvre. Il est innocenté par les agissements d’un loup.

Il est encore innocent du vol de la chèvre qui aura été probablement mangée par le loup comme vient d’être mangée sa jument à lui-même dans le courant de la semaine dernière. Interrogatoire Bouvier. 1828

TIGIER, Hervé, Mauvais coups et Coups du sort de Paimpont et du canton de Plélan au Tribunal de Montfort, Paimpont, 2012, Voir en ligne. p. 429

Des chevaux

24 frimaire an IX - 341 Paimpont, Trudo. Hervé Dupré et Anne Peignard, veuve de Jean Trebert, contre Mathurin Marchand (le defendeur) ayant perdu deux chevaux que le lou lui avait abbatu dans la forêt ... une partie de forêt qui n’avait pas encore six ans et qui est par cette raison deffensable, il n’a mis en usage que les moyens à prendre les loups qui font des ravages journellement ... que d’ailleurs le but du demandeur (concluent les juges) était louable en ce qu’il tendait à rendre service à son pays en le délivrant d’un animal qui en est le fléau ..

L 4514 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

Le loup et l’homme

Le loup se méfie de l’homme et en dehors de circonstances particulières n’effraie que les animaux domestiques. Un peu de bruit suffit à l’apeurer et à lui faire prendre la fuite ainsi qu’en témoigne Félix Bellamy.

Le jour où il me fut donné d’apercevoir un loup galopant en liberté par la lande, au loin, j’étais seul ; je l’appelai, il me regarda ; je pus néanmoins crier et le héler de toute la force de mes poumons. [...] Ce fut bien folie à moi de tant appeler compère le loup. S’il était accouru ! [...] Heureusement pour moi, mon bon loup, comme le chien de Jean de Nivelle, continua sa course à belles jambes, pour prendre ailleurs une pitance moins confraternelle. Mais en vérité, de rien je m’épouvantais : qui donc a jamais ouï mention qu’à moins de curée de réjouissance, de besoin urgent, de détresse excessive, cas bien pardonnables, un loup se soit repu de chair chrétienne ?

BELLAMY, Félix, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Berenton, quelques lieux d’alentour, les principaux personnages qui s’y rapportent, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896, Voir en ligne.p. 244

Selon des témoignages qu’il recueille, le loup se limite à l’attaque d’animaux domestiques et évite soigneusement de s’en prendre aux patous qui les gardent.

Je sais pertinemment pour l’avoir entendu de véridiques personnes, que les petites filles de douze à quinze ans qui, il y a une quarantaine d’années, au temps des loups, gardaient les moutons sur les landes de Trécesson, Campénéac, Augan, Beignon, etc., n’étaient point effrayées du loup le sachant bonne bête. Quand elles en apercevaient un rôdant autour du troupeau, elles prenaient leur gaules, et en frappaient la terre à tour de bras en signe de menace, et elles criaient bien fort : au loup ! au loup ! quand elles n’avaient point la voix arrêtée. Le loup, sans interrompre sa maraude, n’était pas sans leur jeter un mauvais œil ; à quoi bon tout ce vacarme semblait-il dire, puis son choix fait et son diner conquis, il s’enfuyait emportant la brebis, sans oublier de faire une révérence à la bergère.

BELLAMY, Félix, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Berenton, quelques lieux d’alentour, les principaux personnages qui s’y rapportent, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896, Voir en ligne.p. 244

Ce témoignage est conforté par celui recueilli en 2001 à Concoret.

Certains enfants des villages allaient à l’école à Paimpont vers les années 1870. Le soir parfois, à l’hiver ils voyaient des yeux briller au loin, les enfants se groupaient apeurés et prenaient leur sabots dans les mains et les frappaient pour éloigner le loup. Témoignage de Jean Aubert, d’après Louis Guyomard, né en 1862, décédé en 1952 à la Cohue en Télhouet, pochonnier, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Loups enragés

Les seules attaques sur l’homme recensées sur le massif forestier de Paimpont mentionnent des loups enragés.

Si les loups ne sont pas les seuls animaux à transmettre la rage, leur capacité à inoculer le virus par morsures en font les principaux vecteurs de la maladie. En France au début du 19e siècle, chaque année sur dix personnes qui meurent en moyenne à cause du loup, la moitié succombe à la rage. —  BEAULIEU, François de, Quand on parle du loup en Bretagne, Le Télégramme, 2004. [page 33] —

Une enquête menée dans les registres de sépultures des paroisses forestières d’Ille-et-Vilaine - notamment Paimpont - dans l’intention d’y trouver des femmes ou des enfants morts par la dent du loup n’a donné aucun résultat.—  CHAUVIN, Monique, LAGADEC, Yann et RANNOU, Yves, « Etranglée par une beste féroce : le loup et l’homme dans le cadre de l’actuel (XVIe-XIXe siècles) », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, Vol. 114, 2009, p. 239-266, Voir en ligne. —

Quatre mentions de décès causés par des loups enragés ont pourtant été recensées dans les paroisses morbihannaises du massif forestier de Paimpont.—  CEGENCEB, « Au loup ! Ar Bleiz ! », Souche, Vol. 13, 2006, (« 1er trimestre »), p. 24-26. —

  • À Campénéac en 1633.

    Le corps de Janne CHEFDOR a été inhumé en l’Eglise de Campénéac, en la droite du pilier de [..] sainte Marguerite le 21 septembre 1633, confessé par Dom Jan [...] le jour précédant, elle aurait été dévorée par un loup enragé.

Le 14 May 1680 a été inhumé au bas de l’église Mathurine MORICE, servante chez Dom Guillaume COUPLE du Boschat mourut de la rage par avoir été mordue d’un loup enragé le dimanche des Rameaux, le quatorzième jour du mois d’avril de la même année, elle se confessa (?) saine de jugement à Monsieur le Recteur et reçut l’Extrême Onction.

Le lundy quinzième de novembre 1681 a été inhumé par moy soussigné, Jan CHASLIN, fils de Nicolas et de Raoulette Le VEIL (?) métayer de la terre de Kermagaro, âgé de quinze ans, après avoir reçu les sacrements de pénitence et d’Eucharistie et d’Extrême Onction, mort d’une maladie provenant d’une morsure de loup enragé faite à la tête du dit enfant, le dimanche de Pâques fleuries de l’an 1681 et enterré au bas de la chapelle du dict Rosaire.

  • À Concoret en 1715.

    En 1715 un loup enragé fit de grands ravages aux environs de Concoret. 25 personnes en furent mordues et plusieurs en moururent. Il parut d’abord à Vignouse. Marie Rosselin de la Haye, âgée de 16 ans, fille de Jacques, mordue à la fontaine de la Ville-de-bas, en mourut ainsi que Guillaume Lefeuvre, fils de François, mordu dans les champs du Rox, âgé de 16 ans. Perrine Patier de Haligan, sœur de Richard, Marie Godivet et Perrine Jallu, femme de François Lefeuvre mordues au ruisseau du Rostel n’en moururent pas. Ce loup fut tué à coup de fusil par Paitremon de la Rue Eon. Madame de Montigny faisait traiter les personnes mordues.

    GUILLOTIN, abbé Pierre-Paul, « Registre de l’abbé Guillotin », Concoret, 1791-1800.

Les cas de loups enragés dédaignant les hommes sont aussi attestés.

Pendant les mois d’avril et de mai [1795], un ou plusieurs loups enragés ont mordu dans la forêt de Paimpont, un grand nombre de vaches qui ont enragé et sont crevées. Ces loups ne faisaient aucun mal aux personnes qu’ils rencontraient.

GUILLOTIN, abbé Pierre-Paul et ROPARTZ, Sigismond, Le registre de Concoret. Mémoires d’un prêtre réfractaire pendant la Terreur, Publié pour la première fois sur le manuscrit de l’abbé Guillotin, Saint-Brieuc, L. Prud’homme, éditeur, 1853, Voir en ligne. P. 26

Au 19e siècle, aucune mort suite à la morsure d’un loup enragé n’a été constatée sur le massif forestier de Paimpont. Les rares mentions d’attaques de loups enragés au cours du siècle sont la plupart du temps déformées par des auteurs ou par la presse. Ainsi, Théodore Botrel décrit-il la poursuite d’une vieille femme accompagnée de son petit-fils, par un loup, heureusement éclopé, vers 1872 dans les bois qui avoisinent la ville de Saint-Méen-le-Grand.—  BOTREL, Théodore, Souvenirs d’un barde errant, Bloud et Gay, 1926, 256 p. [page 49-58] —

Les battues ou hues au loup

Hues seigneuriales

La hue au loup, variante dialectale de la huée, est une poursuite collective et bruyante du loup. Durant l’ancien régime, elle est un droit des seigneurs attesté en forêt de Brécilien. La plus ancienne mention provient de la charte des Usements de 1467. Les communiers du fief (fieu) de Telent, ceux du fief de Castonnet, et ceux de la Rivière, en Plélan sont tenus d’assister leur seigneur lors des hues dans le quartier de Lohéac.

Il est à noter que les susdits communiers doivent, pour leur usage, assister à la battue (hue) au loup 2 chaque fois qu’on chasse dans la forêt de Lohéac et qu’ils y sont appelés (ajournés) ou qu’on le leur fait savoir. 3.

Texte traduit de l’original : PUTON, Alfred, « Usages, anciennes coutumes et administrations de la forêt de Brécilien. De ceux qui ont droit d’usage et droit de prendre du bois dans cette forêt pour leurs besoins nécessaires. », in Coutume de Brécilien. Titres, jugements et arrêts concernant les usages de Paimpont et Saint-Péran, Nancy, Imprimerie E. Réau, 1879, p. 1-30, Voir en ligne. [page 9]

La pratique de la hue par les seigneurs de Gaël, attestée au 17e siècle pouvait réunir une centaine d’hommes.

Je sauray toujours bon gré à ces anciens Barons de Gaël en la Bretagne, qui pour le bien du pays obligèrent leurs sujets de la paroisse de Concoret, à fournir cent hommes armés d’espieux ou d’autres semblables bastons pour les servir à la chasse des loups aux fêtes de de la Pentecoste.

VARENNES, Marc-Gilbert de, Le Roy d’armes, ou l’Art de bien former, charger, briser, timbrer et par conséquent blasonner toutes les sortes d’armoiries, Billaine, 1635, Voir en ligne.p. 156

L’aveu de Gaël de 1679 mentionne lui aussi le devoir de hue pour les sujets de la baronnie de Gaël, dont fait partie la forêt de Brécilien.

les hommes et les subjects de la baronnie de Gaël tenus d’aider à faire la hue tant aux loups qu’autres bestes quand ils en sont requis, à peine d’amende.

Aveu de Gaël de 1679 in SÉE, Henri, Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle à la révolution 1906, Paris, V. Giard & E. Brière éditeurs, 1906, Voir en ligne. p. 152-153

Hues pendant la Révolution

Durant la Révolution, des habitants du massif forestier de Paimpont se plaignent à la nouvelle administration des dégâts et dommages causés par les loups.

Registres de délibération de l’administration municipale du canton de Montfort - 1er messidor an 5 (19 juin 1797) Considérant que les loups font des ravages considérables, particulièrement depuis trois à quatre années dans les environs des forêts qui leur servent de retraite.

A.D.I.V. L498

Le 12 juillet 1798, le citoyen Allaire, de Plélan-le-Grand, se plaint à son tour des dégâts causés par les loups.

Lettre adressée par Jehanne, agent en chef du service des approvisionnements extraordinaires, aux citoyens administrateurs du département d’Ille-et-Vilaine - Rennes, le 24 messidor l’an 6 (juillet 1798). Le citoyen Alaire fils, marchand dans la commune de Plélan, ainsi que ses concitoyens sont obligés de coucher jour et nuit dans leurs champs pour conserver leurs récoltes ravagées tous les ans par les loups et les bêtes fauves de la forêt de Paimpont.

A.D.I.V. L498

Une demande de hue générale est faite par les habitants de Paimpont durant l’été 1797.

Paimpont 27 prairial de l’an 5 (15 juin 1797)Les habitants de Paimpont [...] ont formé le projet de faire les 6 et 7 messidor prochains une hüe générale dans la forêt [...] et pour cet effet ont mis leur pétition à la municipalité de Plélan, chef-lieu de leur canton. Beaucoup d’habitans des campagnes m’ont demandé que j’eus à faire faire des hus et des batus pour faire la chasse à ces animaux destructeurs.

A.D.I.V. L498

Un mois plus tard, la réponse des autorités départementales à la demande de battue est pleine de réserves.

Lettre des administrateurs du département d’I. et V. à l’administration municipale de Plélan, Rennes, 5 thermidor an 5, (23 juillet 1797) Vous ne pourriés d’ailleurs vous proposer de cerner entièrement cette forêt de Brécilien, elle est d’une étendue beaucoup trop vaste.

A.D.I.V. L498

La réponse négative de l’administration est justifiée par l’étendue beaucoup trop vaste de la forêt de Brécilien. La hue semble une chasse appropriée aux petites forêts comme le confirme l’organisation d’une battue ou hue au loup décrite par le maire de Dingé (Ille-et-Vilaine) en 1831.

Dingé, 28 avril 1831 Tous ces hommes réunis avec nous en nombre suffisant, pour former une ligne en toute la largeur de la forêt, assez serrée pour qu’il ne reste derrière aucuns loups, on plassera les tireurs en nombre suffisant à quelques cents pas de la forêt où se fera la battue, pour bien distinguer le gibier et pour ne pas être exposé à blesser les hommes ; il sera deffendu de ne tirez (sic) autre gibier que les loups [...] S’est la seulle manière de parvenir à détruire les loups dans ces petites forêts. Toutes les chasses faites precedament avec les chiens n’ont produit aucun effet [...]

A.D.I.V. 12 M c

La vénerie

Certains veneurs du 19e siècle ont fait du loup leur spécialité, Cependant, la vénerie n’a que partiellement contribué à son éradication. La chasse à courre au loup est avant tout un plaisir de veneur car elle est réputée exigeante.

La chasse au loup est celle qui offre le plus de difficultés, la plus ingrate, la plus pénible. Il faut pour s’y livrer, ne craindre ni la fatigue ni ses peines. Mais aussi, elle est la plus émotionnante et celle qui passionne le plus le véritable veneur.

BESGE, Emile de, Souvenirs d’Émile de la Besge, Editions Olivier Perrin, 1971.

La forêt de Paimpont ne possède aucun équipage attitré avant 1875 4. Ce sont donc des équipages extérieurs qui viennent chasser sur le massif forestier antérieurement à cette date.

Le comte de Foucher de Careil prend un grand nombre de loups vers 1862 dans les forêts de la Bourdonnaye, de Paimpont et de la Forêt Neuve.

Les Levesque ne disposant pas de chiens avant 1877, les équipages de M. de Tinguy, de Langle, de Pioger, du Boberil et Vimont sont invités à chasser le chevreuil ou le sanglier, parfois le loup.—  LEVESQUE, Jérôme, Les Levesque de la fin du XVIIe siècle à nos jours, Les Forges de Lannouée, 2004. —

Parmi ces derniers équipages, deux sont spécialisés dans le loup. Le veneur vendéen Henri Louis Ernest de Tinguy de Nesmy (1814-1891) en tue près de 2000 entre Vendée et Morbihan. Ce personnage historique a inspiré à Georges Bordonove le héros du roman Chien de feu qui conte les aventures d’un chasseur de loup en forêt de Brocéliande 5.—  BORDONOVE, Georges, Chien de feu, Julliard, 1963. —

L’équipage Pioger-Trogoff, fondé en 1865, s’est lui aussi spécialisé dans le loup. Il chasse principalement autour de Redon mais se déplace aussi beaucoup en Loire-Atlantique, en Morbihan, et en Ille-et-Vilaine, notamment en forêt de Paimpont.—  DU TEILLEUL, Anne-Laurence, Des origines à nos jours, le Rallye Bretagne, Tranversales éditions, 2014, 277 p. [ pages 13-21] —

Plusieurs fois par an des chasses à courre au loup étaient organisées pour maintenir la pression. Les peaux étaient envoyées à Nantes, à la demande de Louis-Auguste Levesque qui voulait en décorer son bureau.

LEVESQUE, Jérôme, Les Levesque de la fin du XVIIe siècle à nos jours, Les Forges de Lannouée, 2004.

Rogatien Levesque offre une des dernières louves tuées dans la forêt de Paimpont au Muséum d’histoire naturelle de Nantes en janvier 1884.

Loup empaillé du Muséum de Nantes
Loup empaillé du Muséum de Nantes

Les propriétaires des forges de Paimpont

Les propriétaires des Forges de Paimpont ont activement participé à l’extermination du loup sur le massif forestier.

Un document daté de 1836 nous apprend qu’Il y a plus de vingt ans qu’on emploie à l’établissement des forges la noix vomique pour la destruction des loups de la forêt.

Les propriétaires donnent aussi une prime en cas de capture d’un loup. Le Compte des recettes et dépenses des Forges de Paimpont
— du 1er juin 1838 au 31er mai 1839 ; Frais extraordinaires : gratification ordinaire pour prise de 3 louves : 18.00 [francs]
— du 1er juin 1840 au 31er mai 1841 ; Frais extraordinaires : gratification ordinaire pour prise de 2 loups : 12.00 [francs]

Les gardes forestiers employés par les Forges travaillent activement à leur élimination comme en témoigne Hippolyte Violeau, de passage en forêt de Paimpont vers 1850.

Tandis que nous enfonçons, à chaque pas, jusqu’à la cheville, dans une boue molle, et que les branches d’arbres, secouées par le vent, ajoutent des petites averses plus pénétrantes à la pluie qui ne discontinue pas un instant, et jette comme un voile gris sur le ciel, nous causons avec le garde de la guerre qu’il fait aux loups, ses farouches voisins.

VIOLEAU, Hippolyte, Pèlerinages de Bretagne (Morbihan), Paris, Ambroise Bray, libraire-éditeur, 1855, 306 p., Voir en ligne.p.296

Un document daté de 1816, mentionne des gardes chassant le loup au fusil.

23 novembre 1816 Affaire Julien Forêt Il y a plus de quinze ans que je [Jean Baptiste Houssais] ne suis pas entré dans la forêt avec un fusil, si ce n’est qu’une fois des gardes vinrent me chercher et me conduisirent dans la forêt avec mon fusil pour leur aider à chasser un loup qui avait une cuisse cassée.

A.D.I.V. 2U 431 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

Un délit de chasse reconnu par le tribunal de Montfort en date du 22 octobre 1880 montre que le garde général, sur recommandation des propriétaires, chasse le loup en dehors du cadre légal.

Affaire n°56 cour de Rennes (chasse en temps prohibés) le 15 décembre 1880Chauveau reconnait le 23 août 1880 avoir chassé pendant plusieurs heures et avec sept chiens, quatre louveteaux qui venaient d’être aperçus près du village de Folle-Pensée, en avoir tué deux et blessé le troisième. [...] malgré cet arrêté les loups continuaient tellement leurs ravages, que, le 23 août, aucune battue n’ayant encore eu lieu, Chauveau, piqueur des sieurs Levesque, propriétaires de la forêt de Paimpont, averti par un de leurs gardes de la présence de trois louvards dans la foret, crut pouvoir, avec l’autorisation de ses maîtres, chasser ces animaux dangereux.

MEAUME, Edouard, Répertoire de législation et de jurisprudence forestière 1880-1881, Vol. 9, Paris, Au bureau de la revue des eaux et forêts, 1881, Voir en ligne. p. 289-290

La prime au loup

La chasse au loup est aussi l’affaire de particuliers, attirés par la prime attribuée à pour chaque animal tué, en fonction de sa taille, du sexe, de l’âge et de sa dangerosité. Le nombre de loups tués en forêt de Paimpont par ces particuliers reste important jusqu’au milieu du 19e siècle.

Durant la Révolution

Montfort, 20 prairial an 5, (8 juin 1797) [...] environ une demie heure après, il s’apparut un loup qu’il tira d’un arbre ou il avait monté, cet animal reçu le coup au défaut de l’épaule droite, il tomba raide mort.

A.D.I.V. L498

Montfort 23 prairial de l’an 5 (11 juin 1797) [...] et environ le milieu de la dite forêt, il reconnut la trace d’un loup.

A.D.I.V. L498

Le système de primes pour l’abattage des loups mis en place à partir du Directoire (1795-1799) amplifie leur extermination. Un certain Ferron de Paimpont est plusieurs fois mentionné durant cette période comme tueur de loups à Paimpont.—  CHAUVIN, Monique, LAGADEC, Yann et RANNOU, Yves, « Etranglée par une beste féroce : le loup et l’homme dans le cadre de l’actuel (XVIe-XIXe siècles) », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, Vol. 114, 2009, p. 239-266, Voir en ligne. —

Des sabotiers et des charbonniers

Des sabotiers sont plusieurs fois cités dans les archives.

Mairie de Montfort, 23 prairial an 5, (11 juin 1797) Pour justifier cette destruction [...] il s’est déterminé à amener le loup dans une brouette de charbonnier.

A.D.I.V. L498

Deux noms de charbonniers des environs de Montfort sont cités comme ayant touché la prime.

  • Louis Jugedé, sabotier Montfort 4 prairial de l’an 5, (23 mai 1797). — A.D.I.V. L498 —
  • Joseph Marie, sabotier Montfort 23 prairial de l’an 5, (11 juin 1797). — A.D.I.V. L498 —

Des rouliers et des voituriers

L’attrait du cheval pour le loup est proverbial. Certains loups, appelés loups chevalins sont même spécialisés dans les attaques de chevaux.

Le témoignage des documents d’archives venant au soutien des ouvrages écrits sur le sujet montre dans le cheval l’animal domestique probablement le plus souvent convoité, guetté, égorgé par le loup.

DURAND-VAUGARON, Louis, « Le loup en Bretagne pendant cent ans (1773-1872), d’après des documents inédits (suite et fin) », Annales de Bretagne, Vol. 71 / 2, 1964, p. 269-313, Voir en ligne.

Rouliers et voituriers de la forêt de Paimpont considèrent donc le loup comme une entrave à leurs intérêts personnels. Mathurin Marchand, voiturier à Paimpont en 1800, prend plusieurs loups dans ses pièges. Il est accusé d’avoir tué deux cochons, victimes « collatérales ».

24 frimaire de l’an IX (15 décembre 1800) [le défendeur] ayant perdu deux chevaux que le lou lui avait abattu dans la forêt [...] une partie de forêt qui n’avait pas encore six ans et qui est par cette raison deffensable, il n’a mis en usage que les moyens à prendre à prendre les loups qui font des ravages journellement ... que d’ailleurs le but du demandeur (concluent les juges) était louable en ce qu’il tendait à rendre service à son pays en le délivrant d’un animal qui en est le fléau [...] en dernier ressort ordonne à Mathurin Marchand d’être à l’avenir plus soigneux des pièges qu’il tend aux loups, le condamne de payer à Hervé Dupré une somme de trente francs à laquelle il a fixé la valeur de son cochon et à Anne Peignard celle de dix francs à laquelle il a fixé aussi la valeur de son cochon [...].

Liasse L 4514 (A.D.I.V.), pièce n° 341 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

Un autre voiturier, Jean Leroux, demeurant au village de Beauvais, est cité trois fois dans les archives pour avoir tué un loup.

  • le 12 nivôse de l’an 8 (2 janvier 1800),
  • le 29 pluviôse de l’an 8 (18 février 1800) aux Forges de Paimpont,
  • le 3 frimaire de l’an 9, (24 novembre 1800).

Paimpont, le 3 frimaire an 9, (24 novembre 1800)Le maire de la commune de Paimpont [...] instruit qu’il avoit été pris un loup dans le lieu de la Charrière au loup [...] y a effectivement trouvé une louve âgée de sept ans, prise par la jambe gauche de devant et par la droite de derrière dans deux pièges tendus par Jean Leroux.

A.D.I.V. 12 M d 1

Le citoyen Oresve d’Iffendic est cité deux fois.

Iffendic, 13 prairial de l’an 8 (2 juin 1800) Le citoyen François Oresve domicilié dans cette commune a pris au piège au bois du Buisson l’onze du courant une louve pleine de trois petits qu’elle étoit prête à mettre bas.

A.D.I.V. 12 M d 1

Iffendic 11 ventôse an 8, (2 mars 1800) Le citoyen Oresve [...] nous a représenté la teste et les quatre pattes d’une louve.

A.D.I.V. 12 M d 1
Le loup piégé

La quête au loup

D’après le père de M. Georges Launay, ancien habitant de Telhouet, celui qui prenait un loup encore vivant le muselait et le promenait dans les rues de Paimpont en faisant la quête. Cette pratique attestée dans de nombreux endroits assurait au chasseur un supplément financier à la prime au loup.— Témoignage de Georges Launay, Telhouet, d’après M. Launay père né en 1878, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001 —

Pièges et fosses

Le piège est un moyen fort usité par les chasseurs de loups.

frimaire de l’an 6, 22 novembre 1797 - Il auroit amené sur un cheval une louve qu’il a prise à un piège dans la forêt de Paimpont.

A.D.I.V. L498

Parmi les pièges, l’usage de la fosse est attesté en forêt de Paimpont. Le lieu-dit « la fosse aux loups » est mentionné en Plélan en 1847. On sait par ailleurs que des fosses ont été construites en forêt de Paimpont. Aimé Bigarré, maire de la commune de 1878 à 1884, en creusait puis les recouvrait de branchages. Le loup attiré par une volaille placée au fond, y chutait grâce à un système de bascule. Selon la mémoire familiale, il aurait tué les derniers loups dans ses fosses. — Témoignage de Mme Annette Macé, Paimpont, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001 —

Le sonnou qui de la nuit ne choma… , conte écrit par Henri Thébault en 1960, raconte les déboires de Pierre Hautpas, violoniste de Folle Pensée qui de retour d’une filerie dut passer une nuit dans une fosse à loup.—  THÉBAULT, Henri, Contes Folkloriques de France - Bretagne, Vol. 1, Angoulême, Rachelier, 1960. —

Le poison

Le poison devient progressivement le moyen le plus utilisé pour tuer les loups. Ce système est préconisé dans un Mémoire sur l’utilité et la manière de détruire les loups, traité officiel, distribué dès la fin du 18e siècle à tous les niveaux de l’échelle administrative. Mais c’est véritablement l’usage d’un nouveau poison, la strychnine qui va permettre d’éradiquer le loup.

Dès connaissance d’une présence du loup ou de jeune louvart, une carcasse de vache empoisonnée à la strychnine est déposée à proximité, et une veille est assurée par le garde de triage. Celui-ci en cas de réussite touche une prime gouvernementale de 50 F.

LEVESQUE, Jérôme, Les Levesque de la fin du XVIIe siècle à nos jours, Les Forges de Lannouée, 2004.

L’utilisation de la strychnine n’est pas sans causer des conflits avec les riverains de la forêt comme l’atteste le procès contre Mathurin Marchand, roulier à Paimpont 6 en 1800. Un procès de 1836 a aussi pour origine les dégâts collatéraux causés par la strychnine.

Procès entre le Sr Lebret et les propriétaires de la forêt en raison de dégâts causés par des sangliers venant de la forêt - 31 octobre 1836 Il y a plus de vingt ans qu’on emploie à l’établissement des forges la noix vomique 7 pour la destruction des loups de la forêt. C’est d’après une instruction transmise à l’établissement par M. le préfet d’Ille-et-Vilaine, qu’on a commencé à prendre ce moyen qui a ma connaissance a détruit un nombre prodigieux de ces animaux et a été en cela d’un très grand avantage pour le pays.

A.D.I.V. 4U 27 36 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

Procès entre le Sr Lebret et les propriétaires de la forêt en raison de dégâts causés par des sangliers venant de la forêt - 31 octobre 1836J’ai connaissance que c’est dans le but d’empoisonner les loups que les propriétaires des forges ont fait mettre de la noix vomique dans des appats placés dans leur forêt et que cela a produit d’heureux effets en detruisant beaucoup de ces animaux. Je sais aussi que beaucoup de chiens en ont été victimes.

A.D.I.V. 4U 27 36 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

Les primes

Dans les état[s] des primes […] pour la destruction des loups dressés dans l’arrondissement de Montfort, les communes de Plélan et Saint-Péran sont souvent citées, mais c’est celle de Paimpont qui revient le plus fréquemment. — A.D.I.V. L498 in Durand-Vaugaron, L. (1964) op. cit. p. —

  • En 1843, un loup, deux louves et un louveteau : commune de Paimpont et Gaël
  • En 1844 trois loups et trois louves : commune de Paimpont, Saint Péran, Gaël.
  • En 1845, quatre loups et deux louves : Saint Péran, Paimpont
  • En 1846, quatre loups, six louves, six louveteaux : communes non précisés
  • En 1849, une louve seulement : commune de Paimpont

Cette prime d’État est multipliée par cinq par la loi du 3 août 1883.

Le dernier loup

Le dernier loup du massif forestier de Paimpont « existe en plusieurs exemplaires ». Pour certains, il aurait été tué là où se trouve aujourd’hui le « hêtre de Villeneuve » en Plélan.

Le dernier loup de la région aurait été tué à l’emplacement du hêtre de Villeneuve, au bord de la route de Villeneuve.

EALET, Jacky, « Arbres remarquables de Brocéliande », Les infos du Pays de Ploërmel, N°1000 du 29/03/1995 au 04/04/1995, Ploërmel, 1995.

Pour d’autres, il aurait été vu en 1888 près de la chapelle Saint-Jean en Campénéac. — Témoignage de M. Henry Nicolas, Beauvais, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001 —.

Le dernier loup du canton de Mauron aurait été tué à Brignac.

Dans cette rue, côté poteaux électriques fut exposé en 1882, une pomme de pin dans la gueule, le dernier loup abattu dans le canton de Mauron, par un dénommé Gastard.

DESSUS, Jean et FICHET, Jean-Claude, Mauron et ses six communes. Regard sur son passé., Saint-Suliac, Yellow Concept, 2013.

Après la Première Guerre mondiale

Plusieurs loups auraient été signalés sur le massif forestier de Paimpont dans la première moitié du 20e siècle.

À la fin de la guerre 14-18, trois loups étaient signalés en forêt de Paimpont, deux mâles et une femelle, mais en 1919, il n’en était plus question.
Témoignage Jean Aubert, cultivateur à la Haye en Concoret, recueilli par Laurent Goolaerts en 2001

Une dernière mention d’un loup aperçu à Paimpont est publiée en 1947.

[...] on vient de signaler un passage de loup à Paimpont, mais il est possible que tous les méfaits dont on a parlé ne soient pas le fait de loups, mais de chiens errants.

OBERTHUR, Joseph, Animaux de vénerie et chasse aux chiens courants, Paris, Durel, 1947.

Un article des Infos du Pays de Ploërmel annonçait la réintroduction de loups à Beauvais sur la commune de Paimpont, au lieudit Hucheloup. Les réactions des habitants furent si vives qu’ils ne virent pas la date de parution de l’article, le 1er avril 1990.—  EALET, Jacky, « Réintroduction du loup dans la région », Les infos du Pays de Ploërmel, Ploërmel, 1990, p. 8. —

Réintroduction du loup dans la région

a

Bibliographie

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CHAUVIN, Monique, LAGADEC, Yann et RANNOU, Yves, « Etranglée par une beste féroce : le loup et l’homme dans le cadre de l’actuel (XVIe-XIXe siècles) », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, Vol. 114, 2009, p. 239-266, Voir en ligne.

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DURAND-VAUGARON, Louis, « Le loup en Bretagne pendant cent ans (1773-1872), d’après des documents inédits (suite et fin) », Annales de Bretagne, Vol. 71 / 2, 1964, p. 269-313, Voir en ligne.

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GUILLOTIN, abbé Pierre-Paul, « Registre de l’abbé Guillotin », Concoret, 1791-1800.

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PUTON, Alfred, « Usages, anciennes coutumes et administrations de la forêt de Brécilien. De ceux qui ont droit d’usage et droit de prendre du bois dans cette forêt pour leurs besoins nécessaires. », in Coutume de Brécilien. Titres, jugements et arrêts concernant les usages de Paimpont et Saint-Péran, Nancy, Imprimerie E. Réau, 1879, p. 1-30, Voir en ligne.

SÉE, Henri, Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle à la révolution 1906, Paris, V. Giard & E. Brière éditeurs, 1906, Voir en ligne.

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VIOLEAU, Hippolyte, Pèlerinages de Bretagne (Morbihan), Paris, Ambroise Bray, libraire-éditeur, 1855, 306 p., Voir en ligne.


↑ 1 • La patourde est synonyme de bergère.

↑ 2 • Dans les Usements de Brécilien transcrits par Aurélien de Courson, les [communiers] doivent estre à la hue es foiz et quant on chace en ladicte forest de Loheac. Puton traduit ce passage par : Les susdits communiers doivent assister à la battue (hue) au loup chaque fois qu’on chasse dans la forêt de Lohéac. Puton ajoute la mention du loup qui ne figure pas dans les usements.

↑ 3 • Aurélien de Courson (1863). op. cit., p. CCCLXXVII

↑ 4 • La famille Levesque, propriétaire de la forêt de Paimpont, crée son propre équipage en 1875. Le premier sanglier chassé à courre est pris le 7 octobre 1877. À partir de 1877, Rogatien Levesque acquiert des chiens pour le chevreuil qui devient l’animal de chasse préféré de l’équipage nouvellement constitué. M. Chauveau en est le premier piqueur.

↑ 5 • Le roman Chien de feu a été réédité sous un autre titre BORDONOVE, Georges, Le vieil homme et le loup, 1963, Pygmalion, 1985.

↑ 6 • Plusieurs documents concernant ce procès font référence aux loups.

24 frimaire an IX (15 décembre 1800) - 341 Paimpont, Trudo. Hervé Dupré et Anne Peignard, veuve de Jean Trebert, contre Mathurin MarchandLe dix-sept de ce mois, leurs cochons se prirent aux pièges que le défendeur avait tendu dans la forêt à peu de distance de leur maison ; que trois jours après le cochon d’Anne Peignard creva et celui d’Hervé Dupré creva également six jours après ; qu’il est contre les règles d’une bonne police de laisser en plein jour des pièges tendus et non couverts [...] [le défendeur] ayant perdu deux chevaux que le lou lui avait abattu dans la forêt [...] une partie de forêt qui n’avait pas encore six ans et qui est par cette raison deffensable, il n’a mis en usage que les moyens à prendre à prendre les loups qui font des ravages journellement ... que d’ailleurs le but du demandeur (concluent les juges) était louable en ce qu’il tendait à rendre service à son pays en le délivrant d’un animal qui en est le fléau [...] en dernier ressort ordonne à Mathurin Marchand d’être à l’avenir plus soigneux des pièges qu’il tend aux loups, le condamne de payer à Hervé Dupré une somme de trente francs à laquelle il a fixé la valeur de son cochon et à Anne Peignard celle de dix francs à laquelle il a fixé aussi la valeur de son cochon [...]. Les demandeurs ne connaissent ni loix ni usages qui interdissent le passage aux abords d’une forêt non close ni hayée parce que le bois n’a pas six ans et surtout pour les porcs qui ne peuvent commettre aucun dommage et qui y étaient peut-être attiré par la mauvaise odeur d’un cheval non encavé du défendeur

Liasse L 4514 (A.D.I.V.), pièce n° 341 in TIGIER, Hervé, Terroir de Paimpont, Lulu.com, 2016.

↑ 7 • Le vomiquier (Strychnos nux-vomica) est un arbre à feuillage persistant originaire de l’Asie du Sud-Est, un membre de la famille des Loganiacées. De son fruit est extraite la strychnine.