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1783-1850

Baron du Taya Aymé-Marie-Rodolphe

Acteur de la localisation de Brocéliande à Paimpont

Baron du Taya est l’auteur de Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes, paru en 1839, première somme entièrement consacrée à la localisation de Brocéliande en forêt de Paimpont.

Éléments biographiques

Né à Quintin en 1783, Aymé-Marie-Rodolphe Baron du Taya appartient à la branche costarmoricaine d’une famille originaire de Ploërmel, apparentée aux familles de L’Aage et Gouro, de Tréhorenteuc. Il hérite de biens en Néant-sur-Yvel, où il fait construire le manoir du Taya puis acquiert celui de Rue Neuve à Tréhorenteuc en 1825 et en demeure le propriétaire jusqu’en 1847. —  EALET, Jacky, Tréhorenteuc en Brocéliande, Les oiseaux de papier, 2008. [page 75] —

Il est reçu docteur en droit à Paris le 26 août 1809. Juge à Saint-Malo à partir de 1811, puis conseiller à la cour d’appel de Rennes de 1816 à 1830, il est aussi agronome et auteur d’un mémoire sur l’industrie linière.—  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Mémoire sur l’industrie linière, Saint-Brieuc, Imprimerie de prudhomme., 1841. —

Il se fait connaître en tant qu’antiquaire et historien pour ses opuscules Bretons, six essais historiques parus de 1836 à 1843—  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Monnaies celtiques armoricaines trouvées près d’Amanlis, en 1835. Cane de Montfort, Brocéliande, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1835, Voir en ligne. — est la première parution de l’auteur sur le thème de la forêt de Brocéliande. L’opuscule III, —  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1839, Voir en ligne. — publié en 1839, est une somme entièrement consacrée à sa localisation en forêt de Paimpont. Suivent deux ouvrages en 1841.—  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Le Roi Audren. Monseigneur Saint-Yves. Légendes, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1841, Voir en ligne. — 1—  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Le Thélin, recherches rétrospectives, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1841. — 2

Baron du Taya, auteur reconnu et estimé de ses pairs, est consulté en 1842 par les auteur de la 7e édition du dictionnaire d’Ogée. Ses remarques complémentaires sont publiées la même année. —  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Ogée. Dictionnaire de Bretagne. VIIe livraison. Lettre a M***, 1842, Voir en ligne.> — En 1846, il fait paraitre une édition commentée d’un cantique médiéval.—  BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Un Cantique. Salve Regina misericordiae (Avec notes par Aé. Baron du Taya.), Rennes, Imprimerie de J.-M. Vatar, 1846, Voir en ligne. —Il collabore enfin à l’écriture de la Biographie Bretonne avec de nombreux intellectuels bretons, dont François Habasque, et Miorcec de Kerdanet —  LEVOT, Prosper, Biographie Bretonne, Vol. 1, Vannes, Cauderan, 1852, Voir en ligne. —

Il décède le 8 mai 1850 à l’âge de soixante-six ans.

Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes

Fervent défenseur d’une localisation paimpontaise de la forêt légendaire, il écrit Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes entre 1834 et 1839, première « compilation » de 358 pages, sur ce thème.

Son œuvre s’inscrit dans la polémique intellectuelle de l’époque, opposant les forêts de Lorge et de Paimpont. Avec une volonté d’exhaustivité, l’auteur s’évertue à faire une synthèse compilant les références historiques, arthuriennes, et druidiques. Du Taya y fait référence aux réécritures arthuriennes du 18e siècle du marquis de Paulmy, mais aussi aux érudits bretons du début du 19e siécle, Miorcec de Kerdanet, La Villemarqué, Habasque, le chanoine Mahé, Paulain Paris ou encore l’abbé de la Rue.

Dans son avant-propos, Baron du Taya précise le but de son ouvrage :

Parler de Brocéliande, rappeler ses noms, chercher la situation de son chef-lieu, toucher quelques origines, et surtout les traditions de féeries, de chevalerie, d’enchantements répandues sous ses ombrages, errantes sur ses belles eaux, tel est mon but. Baron du Taya, Aymé-Marie-Rodolphe (1839). op. cit., p. III (Voir en ligne)

L’ouvrage se compose de trois parties. La première, intitulée Brocéliande de Paimpont, est un essai historique compilant des considérations étymologiques, des théories romantiques qui paraissent aujourd’hui bien désuètes, avec une véritable argumentation reprenant l’histoire de Brécilien/Brocéliande. Baron du Taya, dans la lignée de La Villemarqué, recense de façon systématique les mentions littéraires de Brocéliande du 12e au 19e siècle, Wace, Chrétien de Troyes, Brun de la montagne….

La seconde partie, un souvenir de Brocéliande à Quintin, est une fiction sous forme de dialogue entre le Comte de Lorge et le fils de son bibliothécaire au 18e siècle. Il s’agit d’une réponse à son beau frère François Habasque, l’un des principaux tenants de la localisation de la forêt légendaire en Forêt de Lorge : M. Habasque , dans son grand et important ouvrage, a créé une apparition de Merlin. C’est une fiction philosophique toute moderne et favorable au progrès. — Baron du Taya, Aymé-Marie-Rodolphe (1839). op. cit., p. 163 (Voir en ligne)  —

Ce dialogue est l’occasion de montrer toutes les preuves bibliographiques concernant Brocéliande à Paimpont :

Le vieux guerrier voulut parler de ses domaines et entendre quelques récits quintinais. Il appela donc le petit fils de son sénéchal. Le jeune adolescent était grand ami des livres. [...]
— Mais parle-moi de la forêt de Brocéliande. [...]
— C’est la première fois que j’entends ainsi appeler votre forêt de l’Hermitage.
— Mais qu’est-ce donc que Brocéliande ? dit le maréchal à voix haute.
— N’en déplaise à M le duc de Quintin, c’est Painpont, dit Emia.
— Et la preuve ?
— J’en ai plus d’une. [...]
— Et ces romans ne parlent pas de ma forêt de Quintin ?
— De votre forêt de Quintin ? Monseigneur… Point de nouvelles...

Baron du Taya, Aymé-Marie-Rodolphe (1839). op. cit., p. 103-110 (Voir en ligne)

Contrairement à son beau-frère, Baron du Taya développe de solides arguments : les principaux sont tirés de la venue de Wace en forêt de Bréchéliant et des Usements de la forêt de Brécilien.

La troisième partie, intitulée légendes, reprend dix légendes saintes n’ayant que peu de rapport avec Brocéliande.

La Brocéliande de Baron du Taya est avant tout liée à Merlin et à Barenton : A cent pas de la fontaine vous verrez le rocher où Merlin demeurait, mais vous y chercherez inutilement sa tombe. — Baron du Taya, Aymé-Marie-Rodolphe (1839). op. cit., p. 229 (Voir en ligne) —

Le Tombeau de Merlin, « découvert » par Poignand en 1820, est à peine mentionné. Baron du Taya estime que La tradition relative au tombeau de Merlin dont parle M. Poignand est vraisemblablement très récente. — Baron du Taya, Aymé-Marie-Rodolphe (1839). op. cit., p. 229 (Voir en ligne) —

Il n’évoque ni le « Val sans Retour » de Blanchard de la Musse à la Marette, ni celui de la « vallée de Rauco » près de Tréhorenteuc, bien que propriétaire d’une partie des landes de Gautro.


Bibliographie

BARON, Yann et GUIGON, Philippe, « Des hommes de loi antiquaires en Brocéliande durant le premier XIXe siècle, Poignand et Baron du Taya. », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 2016, p. 177-208.

EALET, Jacky, Tréhorenteuc en Brocéliande, Les oiseaux de papier, 2008.

LEVOT, Prosper, Biographie Bretonne, Vol. 1, Vannes, Cauderan, 1852, Voir en ligne.

Œuvres

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Monnaies celtiques armoricaines trouvées près d’Amanlis, en 1835. Cane de Montfort, Brocéliande, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1835, Voir en ligne.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1839, Voir en ligne.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Le Thélin, recherches rétrospectives, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1841.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Mémoire sur l’industrie linière, Saint-Brieuc, Imprimerie de prudhomme., 1841.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Le Roi Audren. Monseigneur Saint-Yves. Légendes, Rennes, Imprimerie de Vatar, 1841, Voir en ligne.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Ogée. Dictionnaire de Bretagne. VIIe livraison. Lettre a M***, 1842, Voir en ligne.

BARON DU TAYA, Aymé-Marie-Rodolphe, Un Cantique. Salve Regina misericordiae (Avec notes par Aé. Baron du Taya.), Rennes, Imprimerie de J.-M. Vatar, 1846, Voir en ligne.


↑ 1 • Tiré à petit nombre pour les amis de l’auteur

↑ 2 • Tiré à quelques exemplaires et non mis en vente.