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Toponymie en Paimpont

Située dans une zone mixte où langue bretonne et langue romane ont cohabité pendant plusieurs siècles, la commune de Paimpont offre un spectre assez large d’évolution toponymique. Si le roman conserve une hégémonie sur le territoire, les substrats gaulois et breton, sans omettre l’apport germanique (franc, normand et saxon) demeurent bien représentés.

Repères historiques et linguistiques

Rappel historique

La conquête de la Gaule par César en -56 puis sa victoire sur les Vénètes en Armorique en -52 marquent le début d’une romanisation lente qui sera presque complète au 2e siècle. L’usage de la langue latine aurait gagné la partie est de la péninsule. Les régions du nord-ouest auraient, quant à elles, conservé le gaulois.

Les zones de résistance du gaulois étaient certainement éloignées des grandes villes et quelle région de Gaule était aussi dépourvue d’agglomérations importantes que la Bretagne armoricaine au Nord-Ouest d’une ligne Vannes-Corseul-Alet ? Toutes les conditions favorables à la survivance du gaulois étaient ici réunies à cause de la proximité de la Bretagne insulaire demeurée celtophone. Un argument souvent oublié en faveur de la survivance du gaulois dans le Nord-Ouest de l’Armorique est l’existence de liens intimes avec la côte en face où l’on parlait brittonique.

FLEURIOT, Léon, Les origines de la Bretagne, Paris, Payot, 1980. [pages 94-95]

Entre les 5e et 7e siècles, fuyant les Saxons, les Angles, les Frisons mais aussi les Pictes et les Irlandais, des migrants originaires de la Cornouailles et du Devon quittent la Bretagne insulaire et s’établissent principalement dans le nord-ouest de l’Armorique. La partie orientale de la péninsule demeure à l’écart de ces vagues migratoires et la population conserve un parler latin.

Dans la partie orientale de l’Armorique demeurée fondamentalement gallo-romaine, il s’était vraisemblablement établi peu de Bretons, dans l’ensemble, sauf peut-être ponctuellement ici ou là. On peut penser que, passées les périodes troublées du 3e siècle et des quelques épisodes ultérieurs, la population de souche gallo-romaine s’était reconstituée et était restée sensiblement stable. La langue parlée dans les campagnes est sans doute demeurée, à part quelques emprunts aux passants divers, un jargon bas-latin populaire, conservant au moins quelques souvenirs des dialectes gaulois, des gallicismes et tendant à évoluer lentement vers les parlers romans ultérieurs.

Dans l’antiquité, l’Armorique a une réalité géographique plus vaste que la Bretagne historique. Latinisée sous la forme « Aremoricae » dans La Guerre des Gaules de Jules César, l’Armorique désigne en celtique continental « le pays devant la mer ». À la fin du 3e siècle, les Romains réservent le terme à un grand commandement militaire côtier, le « Tractus Armoricanus », allant de l’estuaire de la Gironde à la baie de la Somme. Le nom « Armoricus » est repris dans un canon du concile de Tours de 467. Il est attribué un peu plus tard à la péninsule armoricaine. Après l’émigration brittonique, au 6e siècle, l’Armorique devient la Bretagne. Grégoire de Tours, dans son Historia Francorum (Livre II chapitre 18) emploie le mot « Britannia » pour désigner les Bretons continentaux.

Au 9e siècle, après la victoire de Nominoë à Ballon (Bains-sur-Oust) en 845, son fils Erispoë remporte en 851 une victoire déterminante à Jengland (Beslé), à l’est de Redon, sur les Francs de Charles le Chauve. Par le traité d’Angers, le roi franc lui reconnaît le titre de roi et lui cède les comtés de Rennes et de Nantes. Ce traité constitue l’acte de naissance de la Bretagne historique. Par la suite, les conquêtes territoriales de Salomon, vers le Maine et l’Avranchin, impliquent un déplacement vers l’est du centre d’équilibre du royaume. À son apogée, vers le 10e siècle, le breton est parlé jusqu’aux portes de Rennes et de Nantes.

Après les ravages des invasions vikings et la fuite des élites, la Bretagne est désorganisée et fragilisée face à l’empire carolingien. Le pouvoir qui se reconstitue au cours du 11e siècle, se fixe dans les comtés de Rennes et Nantes. Les puissances seigneuriales qui vont alors gouverner abandonnent l’usage du breton pour la langue romane parlée par l’aristocratie carolingienne.

La fuite des élites civiles et religieuses et les destructions matérielles qu’elle entraîna provoquèrent une rupture, aggravée, à l’époque féodale, par l’ouverture à l’est de la péninsule. L’utilisation des pouvoirs comtaux puis ducaux à Rennes et Nantes favorisa l’expansion du roman. C’est à lui, plutôt qu’au latin, qu’on fit appel, dès la fin du 13e siècle, dans la rédaction des actes diplomatiques.

TANGUY, Bernard, « D’où vient le Breton ? », in Parlons du Breton !, Ouest-France, 2001. [page 162]

Une frontière linguistique en Armorique

Léon Fleuriot observe qu’il est impossible de fixer une limite orientale atteinte par le breton. Il trouve judicieux de délimiter deux zones :

  • La première, où la plupart des toponymes paroissiaux (Les plou, lann, tre, contemporains de l’émigration bretonne) antérieurs au 11e siècle attestent une influence bretonne. À l’ouest de cette zone subsistent des vestiges bretons dans la toponymie. La ligne Loth reste la référence de la limite orientale de la zone bretonnante au 9e siècle.
  • La seconde, où les toponymes bretons sont quasi-absents dans l’évêché de Rennes. Ils sont plus significatifs dans l’évêché de Nantes jusqu’aux environs de Châteaubriant.
Évolution de la frontière linguistique
La frontière linguistique roman/breton a évolué au cours des siècles. Chercheurs et observateurs ont laissé leur nom aux limites successives. Des termes d’origine bretonne en usage en pays gallo témoignent de cette évolution. —  CANÉVET, Corentin, Parlons du breton !, Université de Rennes 2, Ouest-France, 2003.
[page 163] —

Le patrimoine linguistique de la Bretagne comprend donc deux zones.

  • l’une à l’ouest où la langue bretonne a été pratiquée à partir du 5e siècle. Le gaulois encore vivace dans cette zone a été absorbé par le breton,
  • l’autre à l’est a subi l’influence gauloise puis romane.

Entre les deux zones se trouve une zone mixte ou médiane dans laquelle le gallo, dialecte roman de Haute-Bretagne, et le breton ont coexisté. La commune de Paimpont et certaines communes alentour sont situées dans cette zone mixte.

Première carte de Bertrand d’Argentré (1588) indiquant la limite entre Haute et Basse Bretagne
Ligne rouge : limite entre Haute et Basse Bretagne
—  ARGENTRÉ, Bertrand d’, L’Histoire de Bretagne, des roys, ducs, comtes, et princes d’icelle, Rééd. 1668, Rennes, Jean Vatar et Julien Ferré, 1582, Voir en ligne. —
—  PINOT, Jean-Pierre, « Les origines de la carte incluse dans "l’histoire de Bretagne" de Bertrand d’Argentré. », Kreiz 1 Brest, ED. C.R.B.C., 1991, p. 195-227. —

Le bilinguisme en Bretagne orientale

Deux populations différentes, une de langue romane et l’autre de langue bretonne coexistaient donc au 9e siècle à l’est de la péninsule.

Pendant plusieurs siècles, entre la Rance et l’Oust, la situation linguistique devait rappeler celle de l’Angleterre du 11e au 15e siècle, durant la coexistence entre Saxons et Franco-Normands. Dans la zone précitée, les documents 1 montrent des surnoms bretons à côté de surnoms français : à Saint-Aubin en 1210, Johanna Brecel, à Plumaudan, Guehennoc Argant, Clémence Merien en 1215, portent des surnoms bretons. Nous avons relevé le surnom de Petrus dictus Davodec à Plumaugat en 1282. Il semble d’ailleurs que le breton disparut plus tôt, sur la côte nord que dans l’intérieur, du Méné à la forêt de Brécilien (Brocéliande).

FLEURIOT, Léon, Les origines de la Bretagne, Paris, Payot, 1980. [page 95]

Néanmoins Léon Fleuriot nuance son propos.

On a peine à croire que le breton était encore parlé si loin vers l’est, quand d’autres documents cités 2 montrent que Asserac en 1444, Elven en 1437, et Treguidel en 1436, étaient bilingues et situés sur la limite du breton. Voilà encore une question qui mériterait examen, car le "Guide des grands chemins de France" d’Estienne (1552) place Gaël et la région de Beignon en Basse-Bretagne et semble ainsi prouver une survie prolongée du breton dans cette région.

Fleuriot Léon (1980) op. cit. p. 96
Situation linguistique de la Haute Bretagne entre les 11e et 13e siècles
—  CANÉVET, Corentin, Parlons du breton !, Université de Rennes 2, Ouest-France, 2003.
[page 167] —

Entre les 11e et 13e siècles, sont apparus des toponymes bretons ou romans qui permettent de délimiter autant de zones témoins des avancées ou reculs du roman et du breton en Haute-Bretagne.

Note explicative de la carte ci-dessus :

Les dérivés formés avec le suffixe gaulois -(i)acos, à valeur qualitative et quantitative, se sont combinés en Gaule avec des noms de personnes gaulois, latins ou même germaniques. L’usage de ce suffixe se serait développé surtout à partir des 2e -3e siècles et prolongé jusqu’aux 5e-6e siècles.

Très nombreux à l’est, clairsemés à l’ouest du fait de l’apport brittonique, ces dérivés ont évolué en -é (Mellé, Nuillé) dans la zone de langue d’oïl, se conservant sous la forme -ac (Mellac, Neuillac) où évoluant parfois en -ec (Briec) dans la zone bretonne. Le maintien de la forme -ac a été imputé à la colonisation bretonne et a, de ce fait, servi de critère pour déterminer l’extension maximale de la langue bretonne au 9e siècle.

Dessinant un S très étiré de l’embouchure du Couesnon à celle de la Loire, en contournant Rennes à l’ouest, la limite séparative entre -é et -ac, outre qu’elle coïncide dans sa moitié nord avec la limite occidentale des Redones, établie aux 4e-5e siècles, s’écarte très largement, au sud, de la Vilaine, frontière, jusqu’au milieu du 9e siècle, entre Bretons et Francs. De ce fait, il n’est pas exclu que la conservation de la finale en -ac soit due à la survivance de parlers bas-gaulois, les formes en -oc, -euc, -ec, à l’ouest, dénonçant, quant à elles, une nette prédominance du brittonique.

Favorisés par l’accroissement démographique et le développement des grands défrichements, les noms composés en -ker vont, entre le 11e siècle et le 13e siècle, se multiplier en zone bretonnante, mais dans une mesure nettement moindre en pays gallo, dans la zone mixte, où ils seront relayés par leurs équivalents romans en ville-. Par leur densité, ceux-ci témoignent de l’état d’infériorité du breton dans cette zone. Dans le même temps, prolifèrent à l’est les dérivés formés avec les suffixes -ière ou -ierie puis -ais. —  TANGUY, Bernard, « D’où vient le Breton ? », in Parlons du Breton !, Ouest-France, 2001. [pages 164-166] —

Les travaux d’Erwan Vallérie, notamment au travers de l’étude du nom de lieu Pléchâtel, ont prouvé cette coexistence entre les deux langues.

Nous avons montré que PLECHÂTEL était le résultat de l’évolution purement romane du latin Plebe Castelli devenu en breton Ploicastel 1086. Deux formes dérivées d’un même étymon, l’une bretonne, l’autre romane, ont donc coexisté pendant cinq siècles au moins, témoignage irrécusable de la cohabitation sur un même territoire de deux communautés gardant chacune sa langue.
Bien qu’on ne puisse y mettre en lumière des indices aussi flagrants d’une évolution divergente à partir de la souche latine, la voyelle du préfixe laisse entendre qu’il en fut de même pour PLELAN-LE-GRAND (Pluilan 834) 3 situé à proximité de la limite extrême du domaine bretonnant.

VALLERIE, Erwan, Traité de toponymie historique de la Bretagne, An Here, 1995. [page 484]

Équilibre des langues en Bretagne au 10e siècle

Erwan Vallérie a aussi montré que l’Armorique, à l’est d’une ligne des cours d’eau Trieux-Laïta, était romanisée à l’arrivée des Brittons. Il devait rester néanmoins des îlots de population parlant gaulois. De même, la zone mixte apparaît à cette époque entièrement romanisée. Le linguiste a inventorié les toponymes de la zone mixte trahissant une survivance du roman et ces toponymes couvrent toute l’étendue de la zone.

Ils sont plus nombreux :

  • dans les villes antiques : Vannes et ses faubourgs, Corseul, les environs de Guérande,
  • le long de la ligne Loth : Pléchatel, Plessé, Plélan, Combourg, Dingé, Romillé, Besné, Beignon, Bréhal, Bréteil, Clayes, Evran, Sixt.

Il est probable aussi que l’on continuait à parler roman à Treffendel, Maxent, Questembert, Marzan, Sérent, Caden, qui durent rester bilingues pendant plusieurs siècles.

VALLERIE, Erwan, Traité de toponymie historique de la Bretagne, An Here, 1995. [page 530]

A l’ouest, par contre, les traces de populations de langue romane sont rares, exception faite de Morlaix et de ses environs.

Si les villes d’Armorique parlaient roman à l’arrivée des Bretons, certains lieux isolés en campagne semblent avoir résisté à la progression de la langue bretonne.
Il existait une nette opposition linguistique entre l’est et l’ouest pour ce qui est des campagnes : dans la mesure où l’on trouve à l’est des enclaves romanes dans des lieux retirés où le roman paraît avoir été protégé contre la progression bretonne par des forêts et des marais (le cas de la forêt de Paimpont est caractéristique).

VALLERIE, Erwan, Traité de toponymie historique de la Bretagne, An Here, 1995. [page 531]

Recul du breton à partir du 12e siècle

À partir du 12esiècle, la zone orientale cesse d’être bilingue. Dans les enclaves encore bretonnantes, on abandonne la langue. Les ducs qui se succèdent au pouvoir contribuent activement à franciser l’est de la Bretagne. Le breton se fixe sur une ligne allant de Plouha (Côtes-d’Armor) à Vannes (Morbihan). Cette ligne n’a guère évolué au fil des siècles.

Toponymie en Haute-Bretagne

La construction des toponymes

En Haute-Bretagne et particulièrement dans la zone médiane, les toponymes, au fil des époques, ont été construits à partir de plusieurs langues.

  • le gaulois d’abord présent plus fortement qu’en basse-Bretagne. Il a laissé beaucoup de traces et particulièrement les noms en « ac ».
  • le gallo-roman ensuite, issu du latin de la conquête romaine, proche à l’est des parlers du Maine.
  • le breton enfin, qui est arrivé aux portes de Rennes et de Nantes au 10e siècle.

Le cas le plus simple de formation de la toponymie est la succession du latin puis gallo-roman au gaulois sans intervention de la langue bretonne. Le cas le plus compliqué est composé d’un substrat gaulois, suivi d’une couche latine puis gallo-romane, suivie d’une couche bretonne, suivie à nouveau d’une couche gallo-romane.

LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 59]

Très souvent, les toponymes ont bénéficié de l’apport de plusieurs langues, le changement de la langue parlée n’a pas détruit le toponyme créé.

A la disparition du breton, une couche de toponymes gallo-romans a terminé la constitution du matériau toponymique.

LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 59]

Étude des toponymes de Paimpont

Cette étude se veut une approche générale des noms de lieux de Paimpont et n’est aucunement exhaustive. Elle propose une, voire plusieurs hypothèses d’interprétation, argumentées dans la mesure du possible, des toponymes les plus caractéristiques de la commune.

Toponymes de Paimpont
Alain Bellido (fond ArcMap)
Origines des toponymes de Paimpont
Alain Bellido (fond ArcMap)

Les toponymes d’origine gauloise

De nombreux noms de lieux de la commune de Paimpont ont une origine gauloise. Il n’y a rien d’étonnant à cela, l’empreinte de la civilisation gauloise est d’ailleurs restée présente dans l’ensemble des territoires de langues d’oil et d’oc.

L’Aff

L’hydronyme gaulois abona a le sens de rivière. Le gallois afon, le cornique avon et le breton aven sont issus de ce terme. Le vieil irlandais a le mot ab qui désigne aussi la rivière.—  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [pages 29 et 30] —

La graphie Aeff et les graphies latines Ava et Avus se trouvent dans le Cartulaire de Redon.

—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 73] —
—  PLONÉIS, Jean-Marie, Noms de lieux celtiques de Bretagne et d’ailleurs, L’Harmattan, 2013, 172 p. [page 8] —

L’Aff en novembre 2018
André Régnault

Le Moulin de Bave

Les ruines du moulin de Bave sont situées dans la vallée de l’Aff.

Bave provient du gaulois baua « boue ». Le mot se compare directement au gallois baw « boue, saleté, fange ».

Dans le Quercy, la bave est un ruisseau, un terrain marécageux. —  BALZAGUES, Gaston, À la découverte des… noms de lieux du Quercy et des communes du Lot, Associacion Aquí l’Òc, 2018, 108 p. —

—  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, 1934. [pages 212 et 1684] —

Bonamenay

Un Bonnameneuc est attesté en 1501 par l’abbé Bossard. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Le toponyme « Bonamenay » est attesté sur le Plan général de la forest de Bressilien de 1727. —  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Il est orthographié Bonnamenais à l’INSEE.

Bona a le sens de base, fondation, puis village. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 82] —

Menay est un nom de personne qualifiant souvent la propriété d’une parcelle. L’origine bretonne de ce patronyme, avec le sens de montagne (menez), n’est pas assurée dans l’évêché de Rennes. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 233 ; 330] —

La Fontaine de Barenton

Baranton ou Barenton est attesté en 1467 en forêt de Brécilien sous la forme Bellenton —  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. 386 —

Le mot est formé avec le gaulois barro signifiant « sommet, hauteur » et le breton andon avec le sens de « source ».

Le toponyme est aussi utilisé sous la forme Berenton.

La forme ber pourrait aussi être reliée à la racine indo-européenne bher(u) « coulée, source, fontaine », bir en vieil irlandais et beror en vieux breton. On retrouve cet étymon dans aber.—  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [pages 60 ; 95] —

Une commune de la Manche et une commune de l’Aisne portent le nom de Barenton.

Carrefour de Boucou

Provient de bocca attesté trois fois dans l’inscription sur plomb du Larzac 4. Le latin bucca, qui a donné le français « bouche » serait d’origine gauloise. —  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [page 236] —

On peut noter la présence de métallurgie du fer à l’époque gauloise. (Vivet 2007 2008).

Carrefour de Boucou
Carrefour entre Trédéal et Plélan-le-Grand, en forêt, près de l’étang des Glyorels
André Régnault

La Boulaie

Les formes le Bolay et le Bolloy sont attestées en 1299 à Gouray (22) par les Anciens Évêchés de Bretagne et l’Abbaye de Boquen. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 331] —

Le Bollet est attesté en 1845 dans Ogée .—  OGÉE, Jean-Baptiste, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la nation bretonne : A-L, Vol. 1, Réédition par A. Marteville et P. Varin, 1845, Rennes, Molliex, Libraire-éditeur, 1780, 534 p., Voir en ligne. —

Pline l’Ancien rapporte que le mot latin betulla (bouleau) est d’origine gauloise, ... betulla ; Gallica haec arbor... ; les Gaulois en tiraient du goudron, bitumen ex ea Galli excoquunt 5 ; betulla est une forme dérivée dont la base serait bettu-, betua ; la boulaie est un lieu planté de bouleaux. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 74] —

Le Breuil

La forme Breuil est attestée en 1080 par Roland. —  DAUZAT, Albert, DUBOIS, Jean et MITTERAND, Henri, Dictionnaire étymologique et historique du français, Librairie Larousse, 1989. [page 110] —

Elle est attestée en forêt de Brécilien dans les Usements de 1467.

Il y a également deux cents brieux de bois ayant chacun un nom différent et, à ce qu’on prétend, autant de fontaines ayant chacune son nom.

Parmi ces brieux de la forêt, il y a un breil nommé le breil au seigneur, dans lequel n’habite et ne peut habiter aucune bête venimeuse ou portant du venin, ni aucune mouche.

Texte original COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. CCCLXXXVI.

La forme provient de brogilo, petit bois clos d’un mur ou d’une haie où le gibier est parqué. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 91] —

On trouve d’autres variantes comme Les Brieux en Plélan-le-Grand et le Breil Houssoux en Treffendel.

Carrefour de Brianbec

Brianbec provient de briga (féminin) ou brigo (masculin) ; le parallèle est évident avec le vieux-breton bre et le vieil irlandais bri, avec le sens de « éminence ».

Brigo possède un autre sens plus abstrait, celui de « mérite, talent, virtuosité » qui aurait donné via l’italien et l’espagnol le mot « brio ». —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 88] —

Le dérivé brigantion (forme pluriel) a donné les toponymes Briançon ou Brégançon et le nom de famille le plus porté en Bretagne et surtout en Haute-Bretagne est Briand/Briant.—  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [pages 132 ; 133] —

Le suffixe -ec issu du vieux breton -oc pourrait évoquer une qualité ou un défaut.

Les Brières

Les Brières proviennent du gaulois uroica signifiant « bruyère ». Le mot est passé à la forme bruca en gaulois tardif d’époque gallo-romaine. Les mots bruca et brucaria sont passés dans la toponymie française : Bruz (Ille-et-Vilaine), Bruges (Gironde) et les innombrables Bruyères, Bruguières, Brières. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 329] —

Étang de Comper

Comper provient de comberos, qui a donné le latin médiéval combrus puis l’ancien français combre avec une divergence de sens barrage de rivière, abbatis d’arbres d’où proviennent « décombres et encombrer ».

Le gaulois comberos est construit comme les mots du celtique insulaire, le vieil irlandais commar, le gallois cymer, et le mot breton kemper attesté anciennement et signifiant « barrage, confluent ». Com, préfixe indo-européen et ber racine celtique, signifient coulant, coulée, couler etc... ; Quimper, à la confluence de l’Odet et du Steir a la même origine. —  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [pages 106 ; 107] —

La Grée Gernigon

La Grée provient de graua « gravier ». Les traces sont nombreuses dans les langues romanes : grève, gravas, gravelle, Groix, Lagrée, Desgrées.

La grée, associé à un nom propre ou à un autre nom de lieu, est présent dans le parcellaire communal : la Grée de Rauco, la Grée du Mêlé, la Grée de la petite nouette, la Grée Gortais... —  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [page 112] —

Canton de la Lande

Lande vient du gaulois landa au sens de terrain découvert ; à rapprocher du mot germanique land « pays ». Les germains auraient, en empruntant le mot aux Celtes, désigné non pas le terrain disponible pour la culture, mais ce qui restait à prendre dans ce but. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 196] —

Le breton lann désigne une lande, terre couverte d’ajoncs mais également un lieu consacré et par extension un monastère. Le passage sémantique de terre ouverte à lieu consacré, donc clos, est difficile à prouver. —  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [page 24] —

L’historien Hubert Guillotel considère que lann désigne un domaine et est l’équivalent du latin villa dans l’onomastique bretonne.

Quant au substantif Lann nous considérons, après d’autres, qu’il veut dire sol, terre, domaine et qu’il est l’équivalent du latin “villa” dans l’onomastique bretonne.

CHÉDEVILLE, André et GUILLOTEL, Hubert, La Bretagne des saints et des rois Ve-Xe siècle, Rennes, Editions Ouest-France, 1984. [page 219]

Bois de Melâtre

Melâtre vient du gaulois melissos dérivé en -to- du vieux nom indo-européen du miel melit-to- > melitso- = meliddo- > melisso- ; on trouve mel (miel) et melen (jaune) en breton.
Le suffixe -âtre est une désinence affaiblissante ou péjorative.
—  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 224] —

Carrefour des Noës

Noës provient de nauda, prairie grasse et marécageuse, terrain encaissé parcouru par un ruisseau. On retrouve cette forme dans le nom de la commune de Lanouée en Morbihan.

Le mot nauson « navire » dans sa forme latinisée nausum est cité par Ausone, un poète bordelais du 4e siècle. Le gaulois a dû posséder un mot nãuã qu’on retrouve dans la toponymie et en celtique insulaire avec le sens de navire rudimentaire fait d’un simple tronc évidé en forme de creux ou auge. Cette forme expliquerait les innombrables noues, noés et les noms de famille Delanoé, Delannoy, Lanoé que l’on trouve en Haute-Bretagne.

—  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [page 117] —
—  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 232] —
On peut citer le Carrefour des Noës, le Carrefour des Noës blanches, la Noë Lévêque, la Noë Perray. en Paimpont.

Rauco

Rucco - élément des noms propres gaulois Seno-ruccus, Ad-ruci, At-ruciani, Ci-ruca, Ruca, Rocco, Rucius, Rocius, dérivé de l’adjectif rudh-/roudh - « rouge » que l’on rapproche du vieil irlandais ruccae « rougeur, honte, pudeur ». —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 263] —

Xavier Delamarre cite des noms de personnes dérivés de Rauc- : Rauconius (-ia), Raucula, Raucus. —  DELAMARRE, Xavier, Noms de personnes celtiques dans l’épigraphe classique, Paris, Errance, 2007, 237 p. [page 230] —

Trédéal

Trédéal est attesté en 1419 en forêt de Brécilien sous la forme Tredeal. —  L’ESTOURBEILLON, marquis Régis de, « Les revenus de la forêt de Brocéliande aux XVe et XVIe siècles », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1893, p. 121-133, Voir en ligne.p. 124 —

Le toponyme est écrit sous la forme « Trédial » sur le Plan général de la forest de Bressilien de 1727.

Trudo, le Héry et Trédial sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

À rapprocher peut-être de Tréal en Morbihan, la forme ancienne Tutuual composée des termes gaulois teuta, touta « tribu, peuple » (tud en breton) et ualos « souverain, prince ». —  FAVEREAU, Francis, Les gaulois et nous, Skol Vreizh, Morlaix, 2017, 384 p. [page 286] —

On trouve la forme Trebetuual dans le cartulaire de Redon, correspondant à un nom de lieu, et par ailleurs Tuduual, Tutgual correspondant à un nom de personne. —  GUILLOTEL, Hubert, CHÉDEVILLE, André et TANGUY, Bernard, Cartulaire de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, Rennes, Association des amis des archives historiques du diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, Vol. 2, Association des amis des archives historiques du diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, 1998. 2 vol. —

  • Un nom de lieu TREBETUUAL (folio 88v, en 829), alias villa ETUUAL (Tréal, Morbihan)
  • Un nom de personne. TUTUUAL, TUTUAL, TUDUUAL ( folio 84v en 860 et folio 86v, en 867), TUTGUAL, TUAL

Tudwal, saint fondateur de l’évêché de Tréguier a donné les noms Tudal et Tual. On trouve Saint-Tual en Plélan-Le-Petit. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 52] —

Tréal et Trédéal n’ont pas de forme ancienne en Treb, ils s’apparenteraient plutôt à des patronymes. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 196] —

Clairière de Trédéal
La clairière de Trédéal à l’est du bourg de Paimpont
André Régnault

Les toponymes d’origine latine et romane

Les chartes des Anciens Evêchés de Bretagne montrent que le gallo-roman est bien installé en Haute-Bretagne au 12esiècle. Il s’est répandu à partir des villes de Rennes et Nantes, importants foyers de latinisation et les toponymes latins et romans sont les plus nombreux aujourd’hui sur la commune de Paimpont.

Beauvais

Beauvais provient des mots latins bellus et visus « belle vue ».
Le panorama visible des hauteurs du hameau de Beauvais et le micro-toponyme Beauregard tout proche (Carte de l’état-major), accrédite l’étymologie latine. —  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, 1934. [pages 212 et 1685] —

Le nom de famille Beauvais provenant des mots latins bellus et visio « belle vue » apparaît au 11e siècle. Le latin bellum videre a aussi donné « belvédère ».

Le panorama visible des hauteurs du hameau de Beauvais et le micro-toponyme Beauregard tout proche (Carte de l’état-major), accréditent l’étymologie latine.

Biais

La forme est attestée au 13e siècle. Biais signifie qui n’est pas coupé dans le droit fil . Provient de l’ancien provençal biais, peut-être du latin biaxius « qui a deux axes ». —  ACADÉMIE FRANÇAISE, « Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (actuelle) », 2024, Voir en ligne. —

Bouroux

Nom de famille provenant probablement du latin burra, « bourre, étoffe de laine grossière ». —  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, 1934. [page 232] —

La Brousse de Coganne

Du latin populaire bruscia « broussaille » ; l’ancien français brosse, broce ou brousse au sens de broussailles, lieu rempli de ronces et de bruyères ; hallier, petit bouquet d’arbres, la forme est attestée au 12e siècle. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 736 —

On trouve également en lisière de la forêt la Brousse du Gué et les Brousses Noires.

La Cassière

Partie basse et humide d’un champ, le casse que l’on peut rapprocher du mot étudié, indique en gallo-roman une dépression du sol, un contrebas (le moulin du Casse en Iffendic).

—  BÉCHARD, Guillaume, Les noms de lieux en pays gallo, Saint-Brieuc, Mouez ar Vro, 1968. [page 19] —
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 428] —

Carrefour de Chabunet

À rapprocher peut-être de l’occitan chabanet, diminutif de chabane « cabane ». —  PÉGORIER, André, Les noms de lieux en France : glossaire de termes dialectaux, Institut géographique national, 2006, 519 p., Voir en ligne. [page 117] —

Le Châtenay

Le toponyme « Castenois » est attesté à Paimpont en 1207. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Issu du latin castanetum « chataigneraie », la forme chastenet désigne la « chataigneraie ». —  GODEFROY, Frédéric, Lexique de l’ancien français, H. Welter éditeur, 1901, 544 p., Voir en ligne. p. 80 —

Le suffixe « oet » dérive d’une finale en « etum », empruntée par le breton au latin. Jean-Yves Le Moing n’exclut pas une origine bretonne.

Castenoet ou Gastenoué (châtaigneraie) ; c’est un emprunt au latin Castenetum. Une hésitation entre breton et gallo-roman se remarque à Paimpont où l’on a le Châtenay noté “Castenois” en 1207. Remarquons que le "t" final a déjà disparu en 1207. Puis la forme gallo-romane prend la place qu’elle garde jusqu’à l’époque moderne (mais il peut y avoir confusion pour la forme ancienne avec le Catenet à Plélan 7.

LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 224]

La forme ancienne citée par Le Moing est orthographiée aujourd’hui Catonet.

La Coudre

Du latin corylus et du bas-latin colrina « coudrier » (noisetier) ; le gallo et le patois normand ont conservé à ce mot le genre féminin adopté dans l’ancien dialecte. —  MOISY, Henri, Dictionnaire de patois normand, H. Delesques, 1887, 722 p., Voir en ligne. page 160 —

La Denaiserie

Le patronyme Denais surtout porté en Ille-et-Vilaine semble être une transcription de Denez, équivalent breton de Denis. Le suffixe -erie apparaît entre le 12e et le 14e siècle. Il est surtout utilisé pour l’appellation de demeures isolées. L’exploitant a donné son nom au domaine qu’il exploitait avec sa famille.—  BAUDOT, Marcel, « Les noms de personne en fonction toponymique », Actes des colloques de la Société française d’onomastique, 1985, p. 11-19, Voir en ligne. [page 15] —

D’autres lieudits isolés en Paimpont comme la Godetterie ou la Boussetterie sont formés avec le suffixe -erie.

Pâtis du Douet du bois

Le pâtis du Douet du bois est une parcelle communale (653) de la section de Beauvais du cadastre de 1825.

Orthographié doit, doet, douet... en ancien français le mot désigne un conduit, un canal, un courant d’eau. La douétée était un fossé destiné à l’écoulement des eaux. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. pages 736760 —

On retrouve le mot douet, écrit aussi le doué. Adolphe Orain cite les lavandières au bord du doué. —  ORAIN, Adolphe, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, The Internet Archive, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc éditeurs, 1886, Voir en ligne. page 31 —

Fourneau

Le latin furnus (four) donne en ancien français forn (11e siècle) et fornel (12e siècle), fourn (12e siècle) et fournel (12e siècle) qui aboutit à fourneau.

En 1175, Benoît de Sainte-Maure emploie le mot furnus dans sa Chronique des ducs de Normandie.

Carrefour de Dom Georges

Dom provient du latin dominus, « maître de maison ». À rapprocher peut-être de la présence de Bénédictines au prieuré de Telhouët situé à proximité.

L’empreinte monacale est peut-être également présente dans « Le chêne à Dom Guillaume » et « l’étang du Pont Dom Jean ».

La Fenderie

Attesté en 1604, provient du latin findere « fendre ». Terme métallurgique lié aux forges de Paimpont, c’est l’action de fendre le fer, de le séparer en verges après qu’il a été mis en barres ; c’est aussi l’atelier dans lequel cette activité était pratiquée. —  LITTRÉ, Emile, « Le Littré (XMLittré v2) - Dictionnaire de la langue française, par É. Littré », 2024, Voir en ligne. —

Le lieudit « la Fanderie » est situé à 800 mètres en amont des Forges. Il est mentionné pour la première fois en 1692. — A.M. Paimpont, P.V. du 16 juin 1692 —

Le Gaubu

Présent dans le parcellaire communal (Pâtis de Cobus, pâtis Gaubu, sur le rocher du Gaubu, les Gaubus d’embas...), il définit en moyen français une terre travaillée à la grande houe et destinée à être brûlée, l’écobuage. —  ATILF, « Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) », 2023, Voir en ligne. —

Étang des Glyorels

À rapprocher peut-être de l’ancien français guileor, guilleor, guillor, gylour... avec le sens de « trompeur, menteur, charlatan »

Le nom de famille Guilloux (Guillous en moyen breton) a la même origine. Les rues Guillouet (diminutif de Guilloux) sont toutes proches de l’étang. Les noms de famille Guillorel et Guilloré sont bien attestés en Iffendic. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 384 —

La Croix Jalu

Le nom ancien du coq était gal ou jal en ancien français, terme issu du latin gallus dont Jallu est un dérivé. —  GODEFROY, Frédéric, Lexique de l’ancien français, H. Welter éditeur, 1901, 544 p., Voir en ligne. page 292 —

Il existe également les Rues Jalu en Plélan. Le patronyme Jalu ou Jallu est répandu localement.

Maison du garde à la Croix Jalu
La maison du garde à la Croix Jalu, en forêt, au nord de Coganne
André Régnault

Les Janicans

Attesté en ancien français, Jan ou janc désigne l’ajonc ; ici jan est doublement diminué, par les suffixes [ic] et [an]. —  BÉCHARD, Guillaume, Les noms de lieux entre la Rance et le Gouet, Thèse de 3e cycle (Phonétique), Rennes 1, 1967, 160 p. —

Les « jans » ou « janics » étaient cultivés dans des champs qui n’étaient pas de la lande mais des « janiers » ou « janeraies » en gallo. La « janais » est une terre laissée en jachère dans laquelle on a semé du « jan ».

—  BÉCHARD, Guillaume, Les noms de lieux en pays gallo, Saint-Brieuc, Mouez ar Vro, 1968. [page 20] —
—  BEAULIEU, François de, Landes de Bretagne : un patrimoine vivant, Locus Solus, 2017, 159 p. [page 90] —

La Maison de Jobart

La maison de Jobart est située au Pas de la Chèvre, dans les Landes de Lambrun, en limite des communes de Paimpont et Concoret. Elle appartenait à Jean-Pierre Jobard qui fit le choix d’y vivre en solitaire les dix dernières années de sa vie (1885-1895).

Jobard ou Joubard, adjectif, est celui qui aime à plaisanter ou à s’amuser. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 644 —

Selon Adolphe Orain, un jobard est un imbécile.—  ORAIN, Adolphe, Glossaire patois du département d’Ille-et-Vilaine, suivi de chansons populaires avec musique, The Internet Archive, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc éditeurs, 1886, Voir en ligne. page 58 —

Les ruines du Pas de la Chèvre
André Régnault@2020

La Maise Mare

L’ancien français « maise » désigne la mauvaise action. L’adjectif mais (mais au masculin et maise au féminin) qualifie tout ce qui est mauvais :« fils de maise putain, comme avez maise goule, aucune maise souspeçon ». —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne.page 92 —

Le hameau est proche d’une pièce d’eau. La Maise Mare est une mare dont l’eau est de mauvaise qualité.

Le Mérel

Le nom commun mérel est attesté depuis le 11e siècle comme l’ancêtre du jeu de la marelle. Ce palet en bois peut se présenter sous la forme d’un jeton en métal servant à constater la présence des moines aux offices. Le mérel est aussi utilisé comme signe de laisser-passer, d’une somme d’argent à recevoir ou éventuellement d’un droit de passage d’une écluse. —  GODEFROY, Frédéric, Lexique de l’ancien français, H. Welter éditeur, 1901, 544 p., Voir en ligne. page 329 —

C’est aussi un patronyme local. On trouve les « Rues Mérel » en Plélan.

Le lieu dit est situé à proximité du ruisseau de Terrouet et de la rivière Aff.

Métairie Neuve

Du latin medietatem « milieu, moitié ». La forme meiteier est attestée dans Wace en 1155 avec le sens de partager, diviser par la moitié. Au 12e siècle le meiteier était le possesseur par moitié et la meiteierie était l’obligation de rendre la moitié des fruits d’une récolte. La métairie est aujourd’hui une propriété foncière exploitée selon un contrat. —  GREIMAS, Algirdas-Julien, Dictionnaire de l’ancien français, 1989, Librairie Larousse, 2011. [page 401] —

Le toponyme « Métairye neuve » est attesté en forêt de Brécilien en 1727.

Métairye neuve sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

En 1841, « Métairie Neuve » est une maison de garde du domaine de Paimpont.

Fontaine Moreau

Moreau est un patronyme issu du latin populaire maurellus « brun comme un Maure » et une variante francisée de Morel, surnom désignant quelqu’un à la peau foncée tel un maure.—  DAUZAT, Albert, DUBOIS, Jean et MITTERAND, Henri, Dictionnaire étymologique et historique du français, Librairie Larousse, 1989. [page 476] —

La Moutte

Les formes mote, molte, moulte, mouste, moite..., mouture proviennent du bas latin molta, de molere « moudre », droit que les vassaux payaient au seigneur pour faire moudre le grain au moulin banal (commun). GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. [page 378]
Moutte est aussi une variante de motte, nom topographique désignant une levée de terre.

Le bois de la Moutte est une ancienne propriété de la communauté monastique de l’abbaye de Paimpont (1634-1792). Il apparait au 17e siècle sous la forme « Bois de la Montre. » Montre est issu du latin monasterium « monastère » et a donné des dérivés dont le plus fréquent est moustoir (mouster en breton) ; un autre dérivé, monster, a donné Monterfil.

Le terme mostre ou monstre signifiait au 17e siècle en terme de forêt, la marque apparente des ventes ou coupes de bois antérieures à celles qu’on veut faire ou bien une portion de bois. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 392 —
Le bois de la Montre serait devenu le bois de la Moutte au début du 19e siècle.

Les mots Montre et Moutte sont bien de sens différents mais le dérivé de Montre, Moustier (église), est de forme voisine de Moutte ; il s’agit peut-être là d’une attraction paronymique.

On trouve « La Motte » en Campénéac ou « Les Mottes » en Plélan-le-Grand.

L’Orgeril

Aux 14e et 15e siècles, L’Orgeril désigne un champ d’orge. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. [page 633] —

Le toponyme « L’orgerie » est attesté sur le plan de Brécilien de 1727.

Hucheloup, les Hinogues, le Gué aux Moines et L’orgerie sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Le Pâtis aux Ronces

Du latin pastus « pâture, nourriture des animaux ». —  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, Le Livre de poche, 1991, 628 p., (« Le Livre de poche »). [page 407] —

Ce microtoponyme est très présent pour désigner les prairies autour de Paimpont et notamment celles du village de Beauvais : le Pâtis de Mouille Croute, le Pâtis de Cobus, le Pâtis de la Grande Tenue etc.

Péronnette

Le latin initial Petronem (cas régime petrus) « Pierre », a évolué en breton et a donné successivement les patronymes Pedron (1393), Pezron (1363) et Peron (1567).
—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 128] —

Le suffixe -ette exprime une intention affectueuse. Péronnette peut se traduire par Pierrette.

Carrefour du Perray

Du latin petra « roche » emprunté au grec petros ; on trouve perré « pierre » à la fin du 12e siècle. —  DAUZAT, Albert, DUBOIS, Jean et MITTERAND, Henri, Dictionnaire étymologique et historique du français, Librairie Larousse, 1989. [page 565] —

En gallo le Perray, le Perret ou la Pérouse sont des endroits pierreux. La perrière est une carrière de pierres ou un chemin empierré.

L’Étang du Perray est bordé au nord par une carrière.

On retrouve cet étymon dans le Gué Perou et la Noë Perray en Paimpont.

Le Pertuis Néanti

Le Pertuis Néanti est attesté en 1467 en forêt de Brécilien sous la forme pertus Neantis.—  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. 384 —

Le pertuis vient du latin classique pertundere « trouer, percer » par le biais du latin populaire pertusiare. Le pertuis désigne le trou, l’ouverture, le passage étroit.—  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, Le Livre de poche, 1991, 628 p., (« Le Livre de poche »). [page 423] —

On trouve le Pertuis du Faux (la Porte du hêtre) en Concoret.

Neanti proviendrait du latin populaire ne gentem composé de ne, particule négative et de gentis « gens ». La construction négative formée d’après « non gentis » est hypothétique. Le terme désigne un lieu inhabité.
—  GAFFIOT, Félix, Dictionnaire latin-français, 1934. [page 708] —

La Plesse

Plaisse, plesse provient de plessis, nom tiré du verbe plessier. Il a gardé le sens du verbe latin dont il provient, plectere « tresser, entrelacer ». Un plessis est une palissade, une clôture de haies en branchages entrelacés. C’est également une pièce de terre entourée d’une palissade ou d’une haie.

Les formes anciennes du type Plexiacum ou Plessiacum montrent son usage ancien, remontant à l’époque gallo-romaine.

Le Plessis, nom de lieu très présent en Haute-Bretagne, abritait à l’origine le logement d’un seigneur.

—  LE MOING, Jean-Yves, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1.500 noms expliqués, Editions Christine Bonneton, 2017, 191 p. [page 137] —
—  LEPELLEY, René, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Editions Christine Bonneton, 1999, 223 p. [page 140] —

Le Carrefour de Ponthus

Ponthus est un personnage littéraire de Ponthus et Sidoine, roman de littérature courtoise écrit entre 1390 et 1425.

Ponthus et Sidoine est l’adaptation d’un poème anglo-normand, le roman de Horn écrit vers la fin du 12e siècle par un certain Thomas. Ce curieux prénom de Ponthus a fait rattacher le roman à la famille de La Tour Landry et laisse supposer que l’auteur pourrait être Geoffroi de La Tour Landry qui avait écrit en 1371 le Livre du chevalier de la Tour Landry pour l’enseignement de ses filles. En effet, Geoffroi de la Tour eut, en 1390, un petit-fils appelé Ponthus, prénom inconnu jusqu’alors mais fréquemment porté aux 15e et 16e siècles. —  CRÉCY, Marie-Claude de, « Ponthus et Sydoine en Brocéliande », in Brocéliande ou le génie du lieu, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2002, p. 179-222. —

Ponthus est introduit en forêt de Brécilien en 1467 par Guy XIV de Laval. Il est mentionné dans le chapitre De la décoration de la dite forêt et des merveilles qui la composent des Usements de Brécilien.

Il y a également près de ce breil un autre breil nommé le breil de Bellenton et auprès de celui-ci une fontaine appelée fontaine de Bellenton, auprès de laquelle le bon chevalier Pontus fit ses armes, ainsi qu’on peut voir par le livre qui en fut composé.

PUTON, Alfred, « Usages, anciennes coutumes et administrations de la forêt de Brécilien. De ceux qui ont droit d’usage et droit de prendre du bois dans cette forêt pour leurs besoins nécessaires. », in Coutume de Brécilien. Titres, jugements et arrêts concernant les usages de Paimpont et Saint-Péran, Nancy, Imprimerie E. Réau, 1879, p. 1-30, Voir en ligne.
Le hêtre de Ponthus en 2013
Guy Larcher

La Prise du Cannée

Du latin pretium « valeur d’une chose, prix ». La prise est en ancien français une perception de l’impôt.—  GREIMAS, Algirdas-Julien, Dictionnaire de l’ancien français, 1989, Librairie Larousse, 2011. [page 512] —

En Vendée, ce sont des terres prises aux marais ou à la mer pour les cultiver. —  PÉGORIER, André, Les noms de lieux en France : glossaire de termes dialectaux, Institut géographique national, 2006, 519 p., Voir en ligne. [page 379] —

Le toponyme « La Prise » apparait entre le 11e et le 13e siècle.

En Paimpont, ce sont des terrains pris à la forêt, des terrains défrichés.

On peut citer la Prise Notin et la Prise de Comper.

Les Riès

Au 13e siècle, riez, ries désignait une terre en friche, un pâturage.
Le terme était encore usité au 19e siècle dans le dialecte picard et sa variante dialectale, le rouchi, pour nommer une terre en friche ou des mauvaises terres labourées qui servent de pâturage aux bestiaux.

Ries désigne aussi une botte ou un paquet Dou cent de ries de oingnons (XIVe siècle). —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 192 —

Les Rues

Du latin ruga (ride), d’où en latin populaire « chemin », puis « voie bordée de maisons ». —  DAUZAT, Albert, DUBOIS, Jean et MITTERAND, Henri, Dictionnaire étymologique et historique du français, Librairie Larousse, 1989. [page 659] —

C’est un microtoponyme très souvent utilisé dans le parcellaire et associé à un anthroponyme (nom de personne). Il désigne un alignement de maisons au bord d’une route et par extension un hameau.

[La forêt de Paimpont] est parsemée de nombreuses clairières qui, avec le pourtour immédiat, constituent des centres de peuplements importants, organisés en rangées appelées "rues", sur les lignes de sources.

DENIS, Michel, « Grandeur et décadence d’une forêt. Paimpont du XVIe au XIXe siècles », Annales de Bretagne, Vol. 64 / 3, 1957, p. 257-273, Voir en ligne. [page 257]

Citons en quelques uns situés sur la commune de Paimpont : les rues Danet, les rues Gaspais, les rues Neuves, les rues Launay, les rues Gortais...

La rue c’est aussi la cour de ferme en Ille-et-Vilaine et par extension l’aire à battre. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 435] —

La Sangle

Cengle, cingle, chingle... du latin cingulum, signifiant « ceinture », de cingere « ceindre ».

Le toponyme Sangle marquait autrefois une limite.

Dès l’origine, les bourgs ont dû former une masse territoriale compacte, délimitée de façon apparente par des croix, des bornes ou des sentiers, dénommés "mercs et devises" ou "sangles" (du latin cingulum). "Des chemins des sangles" existent encore, fractionnairement, autour de certaines bourgeoisies urbaines, comme celle de Bayeux, ou rurales, comme celle de la Carneille (Orne).

MUSSET, Lucien, « Peuplement en bourgage et bourgs ruraux en Normandie du Xème au XIIIème siècle », ahiers de civilisation médiévale Xème-XIIIème siècle, Vol. 9 / 34, 1966, p. 177-208, Voir en ligne.

Le village de « la Sangle » est attesté sur le plan de 1727.

Couabois et la Sangle sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Le lieudit se trouve à la limite entre la commune de Paimpont et celle de Saint-Malon-sur-Mel.

La Sangle dans le cadastre napoléonien

La Boutique du Sousingué

De l’ancien français sousain (suzain, susain), adjectif signifiant ce qui est supérieur, au-dessus, haut, élevé.

Le toponyme le plus proche en aval est le Gué aux Moines. La Boutique du Sousingué serait peut-être la boutique au-dessus du Gué. —  GODEFROY, Frédéric, Lexique de l’ancien français, H. Welter éditeur, 1901, 544 p., Voir en ligne. page 492 —

Les ateliers de cloutiers du massif forestier sont appelés boutiques. Une boutique de cloutiers tenue par François Chérel est attestée au Sousingué par le cadastre de 1823.

La lande de la Troche

Du latin populaire traduca, altération du latin classique tradux « sarment qu’on fait passer d’un arbre à l’autre ». Le nom a pris le sens de « assemblage, faisceau, bouquet » —  GREIMAS, Algirdas-Julien, Dictionnaire de l’ancien français, 1989, Librairie Larousse, 2011. [page» 645] — —  GODEFROY, Frédéric, Lexique de l’ancien français, H. Welter éditeur, 1901, 544 p., Voir en ligne. page 521 —

La lande de la Troche pourrait être un lieu où l’on rassemblait en faisceaux ou en bouquets des rameaux d’ajoncs.

Les toponymes d’origine bretonne

Dans son étude des noms de lieux de Haute-Bretagne, Jean-Yves Le Moing recense un taux légèrement inférieur à 20% de toponymes bretons au niveau de la commune de Paimpont, celle-ci étant proche de la zone médiane dans laquelle ont coexisté le breton et le roman. Si la forêt de Paimpont, rempart naturel, a probablement ralenti au 9esiècle la progression du breton vers l’est au profit du gallo-roman, l’empreinte bretonne demeure assez forte en Brocéliande.—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. —

Carte des pourcentages des toponymes bretons
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. —

Le ruisseau de Branhagot

La forme bran est une variante du vieux breton bren signifiant « hauteur, colline boisée ». Cette forme et la forme bren se retrouvent plutôt en Basse-Bretagne. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 128] —

La forme bran est en composition avec le patronyme Jago. Il est à rapprocher de Jagu ou Jegu, forme bretonne de Jacob qui a donné Saint-Jacut en Haute-Bretagne.

Ce patronyme est présent en Cornouailles comme élément des lieux dits « Treago » en Crantock et « Trago » en Saint Pinnock.—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 62] —

On trouve également le village du Bran en Gaël.

Le Bréhelo

La graphie Brehello est attestée en 1682 par l’abbé Bossard et par les Archives Départementales de Nantes. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Bre est issu du vieux breton bren signifiant « hauteur, colline boisée ».
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 129] —

La graphie Haelou est attestée vers 1084-1107. Helo correspond au vieux breton hael « noble, généreux ». Elle apparait en Finistère et en Morbihan en composition avec ker (Kerhelou, Kerhello). Elle est aussi associée à bod « demeure » dans le toponyme Botel en Néant-sur-Yvel. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [pages 343] —

—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire étymologique du breton, Chasse-Marée, 2003, 764 p. [page 319] —

Le Bréhélo sur le cadastre de 1823
3 P 5438 - Section L2 de Beauvais. Parcelles 6-273

Carrefour de Cadieu

Cadieu est une variante du breton Cadiou. Ce toponyme provient du vieux breton cat (breton moderne kad) et du gaulois catu signifiant « combat ». Il est composé d’un suffixe en -iou marquant le pluriel.

—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 98] —

—  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 111] —

Le Cannée

La forme Quenest est attestée en 1502 par l’abbé Bossard et en 1541 par les Archives de Nantes. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Les formes bretonnes kenec’h, krec’h, nec’h "hauteur" ont évolué en Canée, Canet, Canais... —  FALC’HUN, François, Les noms de lieux celtiques - troisième série : Nouvelles méthodes de recherche en toponymie celtique, Plabennec, Editions Armoricaines, 1979, 64 p. [pages 35-36] — —  PLONÉIS, Jean-Marie, La toponymie celtique : l’origine des noms de lieux en Bretagne, 1989, Paris, Éditions du Félin, 1994, 226 p. [page 89] —

Le Cannée étant situé sur une hauteur, on peut également le rapprocher du vieil irlandais cenn « tête, hauteur ».—  FALC’HUN, François, Les noms de lieux celtiques - deuxième série : Problèmes de doctrine et de méthode - Noms des hauteurs, Vol. 1, Rennes, Editions Armoricaines, 1970, 265 p., (« Publications rdu Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques de la Faculté de Sciences Humaines de Brest »). [pages 127 ; 132 ; 179 ; 183] —

Le toponyme « Cané » est attesté en forêt de Brécilien en 1727.

Village de Cané sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

On trouve en Plélan la variante Le Neac’h sous la graphie francisée « Le Néard ».

Coibois

La forme Coesboy est attestée en 1501 par l’abbé Bossard et les Archives Départementales de Nantes, Coisbo et Couaesbon en 1560 et Quoybo en 1682 par l’abbé Bossard. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Le toponyme « Couabois » est attesté sur le plan de 1727.

Couabois et la Sangle sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Provient de coët écrit aussi coit. Ces deux formes accolées, la bretonne (coi) et la française (bois), montrent une coexistence linguistique propre à la zone mixte.

On trouve également le château de Coëtbo en Guer.

Coganne

Le toponyme Coganne est attesté en 1419 en forêt de Brécilien sous la forme Cogane. —  L’ESTOURBEILLON, marquis Régis de, « Les revenus de la forêt de Brocéliande aux XVe et XVIe siècles », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1893, p. 121-133, Voir en ligne.p. 124 —

Le village de Cogane sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Pourrait provenir du vieux breton Cogan, diminutif en -an de coc « parent » ; on trouve la Lande-Cogan en Yffiniac (Côtes-d’Armor). —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [pages 270-271] —

La chapelle Saint-Jacques de Coganne
André Régnault

Carrefour de Corcohan

Le mot est composé du vieux breton corr « nain » (cor en gallois) que l’on retrouve dans korrigan avec un double diminutif -ig-an, et de cohan que l’on peut rapprocher du gaulois cauannos « chouette », kaouenn en breton. —  DELAMARRE, Xavier, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Errance, 2003. [page 126] —

À noter également le gaulois coro- ou corro- avec le double sens de « nain » et de « fermé, enclos ». —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 261] —

Il existe un Kercohan en Berric (Morbihan).

Carrefour de Crébutte

Le mot est composé de deux formes, l’une bretonne cré, et l’autre romane butte. Cette composition, comme celle du toponyme Coibois, témoigne de la cohabitation sur un même territoire de deux communautés linguistiques.
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 154] —

Le vieux breton 8-* cnoc a évolué en knec’h puis en krec’h au cours de la période du moyen breton.
—  FALC’HUN, François, Les noms de lieux celtiques - deuxième série : Problèmes de doctrine et de méthode - Noms des hauteurs, Vol. 1, Rennes, Editions Armoricaines, 1970, 265 p., (« Publications rdu Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques de la Faculté de Sciences Humaines de Brest »). [pages 127-128] —

La forme butte confirme le sens de la forme cré. Le lieu dit est situé en Haute-forêt à 239 mètres d’altitude. Néanmoins, Il aurait pu y avoir un risque de confusion avec la forme gallèse de croix crè.

La Ville Danet

Issu du vieux breton tanet « ardent ». Le toponyme Kerdanet est présent de nombreuses fois en Finistère, sa forme est lénifiée 9 en danet car elle est précédée de ker (mot féminin). Dès le 10e siècle, les noms en ker se trouvent en concurrence avec les noms en ville qui traduisent le latin villa. Pour La Ville Danet, on peut envisager une traduction de ker et un maintien de la lénition. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 277] —

Une confusion est possible avec la racine tann et le suffixe -et issu du latin etum, la Ville Danet désignerait le village de la chênaie.

Les noms de personnes sont souvent employés après Ville, ils donnent un aperçu des noms bretons en vogue en Haute-Bretagne aux 12e et 13e siècles. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 367] —

Les noms de famille Danet et Danot sont présents sur la commune de Paimpont.

Ergand

À rapprocher peut-être du vieux breton argant « argent », (arc’hant en breton moderne. Ce nom a plutôt l’acception de « brillant » (comme de l’argent) ; argentum en latin. Cette forme s’est maintenue en dialecte vannetais et dans le pays bigouden. Ergand est aussi un patronyme assez répandu en Loire-Atlantique. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 231] —

Les Guénébis

Guene pourrait correspondre au vieux breton ceneu « jeune guerrier ». On trouve Le Treguenet en Saint-Thurial (35), Treguene au 13e siècle. Le toponyme se rapproche de Quéneubé dans Languéneubé en Carantec (29). —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 406] —

On trouve également Guène avec le sens de boue, terrain marécageux dans le parler de Dol, ce mot serait dérivé du breton geun signifiant « marécage ». —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 431] —

Le chêne des Hindrés

Préfixe le plus souvent, Tré se trouve ici utilisé en déterminant. Ce toponyme semble très ancien et pourrait remonter à l’installation des Bretons en Armorique. Il proviendrait du vieux breton hen « vieux, ancien » devenu hin par francisation et du vieux breton Treb « exploitation agricole, lieu habité et cultivé ». —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 190 ; 196-197] —

Il est présent sur la côte nord et à l’intérieur des terres dans l’évêché de Saint-Malo sous les formes Hindré (Bréal-sous-Montfort), Hendré, Hedré, Hindreuf.

Les quelques noms en Hendré ont paru être parmi les plus anciens, avec un aspect pacifique indéniable ; ils sont malheureusement très peu nombreux. Ils semblent démontrer une installation précoce de Bretons à la fois sur la côte nord et près de la côte sud : les Bretons auraient alors occupé des propriétés abandonnées par leurs précédents occupants, et donc souvent anonymes.

LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 287]

Les Hinogues

Le nom vieux breton Hinoc est attesté en 863. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 207] —

Il est formé sur le radical hin, de hen « vieux, ancien ». Le suffixe oc (écrit ogues) est l’évolution de l’ancien suffixe celtique acon qui, en Basse-Bretagne a ensuite évolué en euc et ec. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 351] —

Le suffixe -oc qui aurait subi une évolution en -euc puis -ec si le breton n’avait pas disparu, forme des adjectifs qualificatifs évoquant une qualité ou un défaut. Il a une valeur qualitative et peut aussi avoir une valeur quantitative. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire étymologique du breton, Chasse-Marée, 2003, 764 p. [page 40] —

Le toponyme « Hinogues » est attesté sur le plan de 1727.

Hucheloup, les Hinogues, le Gué aux Moines et L’orgerie sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Isaugouët

Dissaugouet est mentionné en 1468 par l’abbé Bossard qui donne également la forme l’Isle au Gouet mentionnée dans La revue de Bretagne en 1907. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Ysangonet en Concoret est mentionné dans les Usements de Brécilien de 1467. —  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. 378  —

La forme Lisogouet est attestée sur le plan de 1727.

Étang de l’Isogouet sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Pour Jean-Yves Le Moing, l’Isle au Gouet est peut-être une francisation abusive.

Dans Isangouet et Isaugouet il y a alternance de [n] et de [u], il peut y avoir parfois vocalisation du [n] devant consomne après la lettre [a].—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 76-77 ; 359] —

La forme Isan est peut-être à rapprocher d’Eozen, nom de famille qui a donné naissance à de nombreuses variantes d’un ancien Eudon attesté en 868 et formé avec don « don naturel, talent ». Le nom Eozen a évolué vers Youenn (suite notamment à la chute du -z- intervocalique).—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 89] —

On trouve Izan dans Fontaine-Izan en Plestan (22), cinq Kerizan dans le Morbihan et Kerisan en Ploëmel (56).—  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 293] —

Un village en Monterfil est nommé Isaugouët, attesté par l’INSEE sous la forme Isangouet.—  INSEE, « Nomenclatures des hameaux, écarts et lieux-dits : Ille-et-Vilaine, Côtes d’Armor, Morbihan, Loire-Atlantique », révision informatique AAIEC, 1989. —

Carrefour de Fontaine Leron

Ce toponyme pourrait provenir de la forme glaëron évolué par métathèse du vieux breton gratlon composé de grat « grâce » et de lon, leun « plein » ; le mot, lénifié à l’initiale laëron puis francisé leron. Gralon est attesté comme nom de baptême depuis le 10e siècle.

On pourrait également rapprocher ce toponyme du breton laeron, le pluriel de laer « voleur » ; on trouve Kerléron en Hennebont (56). —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 307] —

Le qualificatif hetr « hardi » en vieux breton a donné herr en breton moderne expliquant le nom Le Herr. On trouve en Finistère les variantes Herrou, Herron, L’Herron (ce nom a été rapproché du breton heroun, héron pourpré). —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 48] —

Le mot se rapproche aussi de l’ancien français larron, lairron provenant du latin latro « voleur ».

Paimpont

Voir l’article de Penpont à Paimpont.

La vallée de Porgoret

Le premier élément por provient du vieux breton porh « port, cour, porte » et correspond au cornique et au gallois porth « porte, portail, entrée, port ». Tous ces termes sont issus des mots latins porta « ouverture, cour devant la demeure » et portus « port » ; les noms en port sont présents dans toute la Haute-Bretagne. Porcaro, par exemple, dériverait d’une forme bretonne de type vannetais porh, suivie du nom de personne Caro.

Le second élément -goret provient du vieux breton coret barrage de rivière construit en fichant des pieux dans le lit du cours d’eau pour retenir les poissons.
Ce mot est sans doute apparenté à Gort, Goret que l’on trouve dans les parlers du Maine.

—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 148] —
—  LE MOING, Jean-Yves, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1.500 noms expliqués, Editions Christine Bonneton, 2017, 191 p. [page 156] —

Bois de Ranlou

Le « Bois de Ranlou » est situé sur la commune de Paimpont, alors que le lieudit « Ranlou » se trouve sur la commune de Saint-Malon.

Le seigneur de Raulo est mentionné dans les Usements de Brécilien de 1467. —  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. 377  —

Le toponyme est écrit « Ranloup » sur le plan de 1727.

Château de Ranloup sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

La forme « Ranlou » est attestée par le cadastre de Saint-Malon de 1836.

Ranlou sur le cadastre de Saint-Malon de 1836
3 P 5515 - Tableau d’assemblage

Rann procède du vieux breton « part, portion » et a toujours le même sens en breton moderne. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 182 ; 388] —

Dans le Cartulaire de Redon, le mot ran désigne l’ensemble des terres nécessaires à une cellule familiale, l’unité d’exploitation agricole de base. La traduction habituelle du mot est pars terrae « lot de terre ».

Dans ce recueil d’actes on trouve cent vingt noms composés formés avec le mot ran dont un ranloudinoc alias villa Loutinoc (Lodineu en Ruffiac, Morbihan). Dans la plupart des cas, les ran sont identifiés par un nom de personne et plus rarement par celui de leur occupant.—  CHÉDEVILLE, André, GUILLOTEL, Hubert et TANGUY, Bernard, Cartulaire de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, Rennes, Association des Amis des Archives Historiques du diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, 1998, 472 p. [pages 60 ; 67 ; 68 ; 69] —

En vieux breton, la forme lou/leu signifie « lumière, brillance » et par extension clairière. La forme loch designe un « Étang ou marais ». —  FLEURIOT, Léon, Dictionnaire des Gloses en Vieux Breton de Léon, 1964, Toronto, Procorp Limited, 1985, (« Dictionnaire du Vieux Breton »), Voir en ligne. —

Carrefour du Rox

Le Carrefour du Rox est situé à proximité du point culminant de Haute-Forêt.

Issu du vieux breton ros « tertre, colline », ce toponyme correspond à l’irlandais ross « pente boisée », au gallois rhos « lande » et au cornique ros « lande » ; le sens primitif pourrait se rapporter à un terrain assez plat sur un promontoire recouvert de bruyère. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 186] —

Citons le château du Rox sur la commune de Concoret.

La Secouette

Beaucoup de noms issus du breton koad écrit coët « bois » ont été francisés. —  PERICHON, Samuel, « Les noms de lieux signalant des bois, des landes, des haies et des essences bocagères en Ille-et-Vilaine », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, Vol. 113 / 1, 2006, p. 7-23, Voir en ligne. [page 11] —

Localement on trouve Lescouet en Monterfil et Liscouet en Plélan, devenus « Les Couettes ».

On peut également envisager une francisation pour le lieu-dit « La Secouette » se trouvant en lisière de forêt.

Telhouët

Les plus anciennes mentions d’un toponyme Telhouët en forêt de Paimpont sont liées à l’abbaye Saint-Samson de Telhouët fondée en 1124.

  • En 1127 sous la forme sanctu Sanson de Teleio. —  LAUNAY, Vincent, « Les dépendances de l’abbaye Saint-Sulpice aux XIIe et XIIIe siècles », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, Vol. 121 / 1, 2014, p. 27-50. [page 29] —
  • En 1181, sous la forme Sanctimoniales Sancti Samsonis de Teloit. —  ANGER, abbé Joseph, « Cartulaire de l’Abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt », Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Vol. 39 / 1, 1909, p. 1-207, Voir en ligne. p. 37 —
  • En 1419 dans les comptes des réceptes de la Forêt de Brecilien sous la forme Theloët. —  L’ESTOURBEILLON, marquis Régis de, « Les revenus de la forêt de Brocéliande aux XVe et XVIe siècles », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1893, p. 121-133, Voir en ligne. —
Clairière de Telhouët
La clairière de Telhouët au nord du bourg de Paimpont
André Régnault

Variante contractée de Tal-ar-c’hoad « près du bois, à côté du bois, à l’orée du bois ». La forme Talhouet est très présente dans le Morbihan.

On trouve aussi un bois de Talhouet au sud du village de la Corbinais en Laillé (Ille-et-Vilaine). —  SOUILLET, Guy, Pays et paysans de la Haute-Bretagne, Imprimerie Simon, 1946, 80 p. [page 50] —

Le mot tel a aussi le sens disparu de hauteur. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 196] —

Le ruisseau de Terrouet

Tre est devenu Ter par métathèse.
Tre est souvent associé au mot coët « bois ».

À noter que le mot Tre a le sens de la préposition « derrière » en gallo-roman. —  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [pages 191 ; 198] —

Le toponyme « Terrouet » est attesté sous la forme « Tregouët » sur le plan de 1727.

Bois et lande de Trégouët sur le Plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

On peut alors le rapprocher de Trécoët en Muel, Trécouët en Plélan et Saint-Péran.

Trécélien

Tresillian et Tresulyan sont attestés en Cornouailles (Cornwall).
Le toponyme est composé du vieux breton treb qui désignait un lieu habité et cultivé. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de lieux bretons, 1999, Chasse-Marée, 2003, 600 p. [page 426] —

Il entre en composition avec l’anthroponyme ancien Sulgen ou Selgen composé de sul « soleil » et de gen « naissance ». Le nom palatisé en -ian a évolué en Sulian ou Sulien. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des prénoms celtiques, Chasse-Marée, 2000, 207 p. [page 102] —

Selon le linguiste Alan-Joseph Raude, la racine silien correspond au gallois siglen « marécage ». Le singulatif Silienn est peut-être à rapprocher de la racine verbale sil « couler », provenant du vieil irlandais.—  RAUDE, Alan Joseph, « Bretagne des Livres », Revue de l’Institut Culturel de Bretagne, Vol. 36, 1997. —

Selon Jean-Charles Oillic, le site de Trécilien montre des traces d’occupation humaine au Haut Moyen Âge.

Sur le site de Trécélien, on assiste durant le Haut Moyen-Âge aux premiers reculs locaux de la chênaie suite à l’installation d’une population probablement bretonne. L’abandon de ce site qui semble se produire aux alentours du Xe siècle n’a pas permis à la forêt de se redévelopper, tout juste assiste-t-on à son maintien. Puis, quelque deux siècles plus tard, l’atelier métallurgique de Trécélien voit le jour.

OILLIC, Jean-Charles, Végétation, peuplement, métallurgie en Brocéliande : étude interdisciplinaire de la forêt de Paimpont (Bretagne, France) depuis la fin du Tardiglaciaire, Thèse de doctorat en Sciences de la Matière, Rennes 1, 2011, Voir en ligne. [page 57]

La première mention du breil de Trecelien figure dans les Usements de Brécilien de 1467. —  COURSON, Aurélien de, « En suivent les usemens et coustumes de la forest de Brécelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée », in Cartulaire de l’Abbaye de Redon en Bretagne [832-1124], Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. CCCLXXII à CCCXCI, Voir en ligne. p. 377  —

La présence d’une pratique pastorale sur ce site au 14e siècle est confirmée par l’analyse pollinique.

Au cours de l’analyse pollinique, il a pu être mis en évidence la présence d’une éventuelle pratique pastorale à proximité du site de Trécélien grâce à la diversité du cortège des rudérales. Cette activité semble se confirmer à la lecture des usements et des comptes de la forêt de Brécilien. Le premier de ces deux textes nous indique que plusieurs usagers pouvaient mettre leurs bêtes en pâturage, panage et paisson en forêt sans rien payer. Le bétail dont il est fait mention est très varié puisqu’il regroupe les ovins, les caprins mais également les porcs, les bovins et même les chevaux en ce qui concerne l’abbé de Paimpont.

OILLIC, Jean-Charles, Végétation, peuplement, métallurgie en Brocéliande : étude interdisciplinaire de la forêt de Paimpont (Bretagne, France) depuis la fin du Tardiglaciaire, Thèse de doctorat en Sciences de la Matière, Rennes 1, 2011, Voir en ligne. [page 57]

De Brécilien à Brocéliande

Le toponyme Brécilien 10 apparaît dans de nombreux textes du Moyen-Âge.

On trouve de nombreuses variantes de ce toponyme dans le Morbihan : Brécihan, Brécéhan, Bercéhan...

En Ille-et-Vilaine, on trouve Le Bressillant à Gaël et Psihan à Maxent. De nombreuses formes anciennes Brésihan sont devenues Psihan suite à une métathèse Bré vers Ber et à une chute du [r].

Les deux formes Bren et Bré provenant du gaulois briga et de l’indo-européen bhergh « haut » substantivé au sens de « hauteur, mont, colline » sont attestées en Bretagne.

  • Selon le linguiste Alan-Joseph Raude, Brécilien signifierait « la colline du marécage », la racine silien correspondant au gallois siglen « marécage ». Le singulatif Silienn est peut-être à rapprocher de la racine verbale sil « couler », provenant du vieil irlandais.—  RAUDE, Alan Joseph, « Bretagne des Livres », Revue de l’Institut Culturel de Bretagne, Vol. 36, 1997. —
  • Jean-Yves Le Moing rapproche le toponyme d’un Bercelien en Plouër-sur-Rance et au préfixe Bré associe un nom d’homme, Silien ou plutôt Sulien.
    Sulian est un saint qui serait originaire d’Armorique, il est fêté au Pays de Galles et en Cornouailles (Cornwall).
  • Sulian est issu de l’anthroponyme ancien Sulgen, composé de sul « soleil » et de gen « naissance ». Il est notamment l’éponyme de Plussulien (22), de Saint-Sulien en Noyal-Pontivy (56), de Lanjulien en La Forêt-Fouesnant (29). —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des prénoms celtiques, Chasse-Marée, 2000, 207 p. [page 102] —
  • Gwenc’hlan Le Scouëzec - s’appuyant sur le dictionnaire françois celtique de Grégoire de Rostrenen publié en 1732 - propose d’y voir la « Butte à l’anguille ». En effet, en breton, le collectif sili désigne « les anguilles », silienn étant le singulatif.
Page 37 du dictionnaire françois-celtique de grégoire de Rostrenen publié en 1732
—  LE SCOUËZEC, Gwenc’hlan et MASSON, Jean Robert, Brocéliande, Beltan, 2002, 255 p.
[page 11] —

Le toponyme « Brécilien » est la forme historiquement attestée de Brocéliande. Il apparait sous la forme « Bréchéliant » dans le Roman de Rou écrit en 1160 par le poète anglo-normand Wace.

E cil de verz Brecheliant /et ceux de la région de Brocéliande 11,
Dunc Bretunz vont sovent fablant / dont les Bretons racontent souvent des histoires,
Une forest mult lunge et lee / c’est une forêt grande et large,
Ki en Bretaigne est mult loee. / qui est très connue en Bretagne 12.

WACE, Le Roman de Rou et des ducs de Normandie, Vol. 2, Rééd. 1827, Éd. Fréderic Pluquet, Rouen, Edouard frères éditeurs, 1160, Voir en ligne.p. 143

Charles Foulon rapproche Brecheliant de Brécélian.

Il est extrêmement remarquable que cette forme soit écrite en normand : le mot Brecheliant semble bien être la transformation du nom breton Brec’helien. Les français font correspondre à une chuintante normande une sifflante : au Bréchéliant de Wace correspond normalement un Bréciliant ou Brécélian.

FOULON, Charles, « Le nom de Brocéliande », in Mélanges de langue et de littérature médiévales offerts à Pierre Le Gentil par ses collègues, ses élèves et ses amis, Institut de français, Université de Haute-Bretagne, Paris, SEDES, 1973, p. 257-263, Voir en ligne. [page 260]

La forme « Brecelian » est attestée dans un texte de 1419 intitulé Comptes et receptes de la forest de Brecelian et de la châstellenie de Plelan pendant l’année 1419, rendu à Vitré, le 12 juin 1420. —  L’ESTOURBEILLON, marquis Régis de, « Les revenus de la forêt de Brocéliande aux XVe et XVIe siècles », Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1893, p. 121-133, Voir en ligne. pages 122-123 —

Entre 1177 et 1181, Chrétien de Troyes, dans son roman Yvain ou le chevalier au Lion, s’inspire du Bréchéliant de Wace pour créer « Brocéliande ».

(184) A bien pres tot le jor antier / Pendant presque toute la journée
M’en alai chevalchant issi / m’en allai chevauchant ainsi
Tant que de la forest issi, / si bien que (je fus) sorti de la forêt,
Et ce fu en Broceliande. / et ce fut en Brocéliande.

(695) Il vialt estre jusqu’a tierz jor / Il (se) voulait être en trois jours tout au plus
An Broceliande, et querra, / En Broceliande, et cherchera,
S’il puet, tant que il troverra / S’il peut, si bien qu’il trouvera
L’estroit santier tot boissoneus / L’étroit sentier tout buissonneux

Traduction de l’Encyclopédie de Brocéliande à partir de CHRÉTIEN DE TROYES, Le Chevalier au Lion, 1176, Éd. Pierre Kunstmann, Laboratoire de français ancien, 2009, 141 p., Voir en ligne.

Brocéliande, nom poétique créé par Chrétien de Troyes, conserve cependant sa forme d’origine dans plusieurs manuscrits de la fin du 12e siècle.

Ce mot est particulièrement harmonieux, grâce à ses cinq syllabes, son hiatus intérieur, sa pénultième syllabe suivie d’un e sourd. Il est du point de vue lexicologique, bien choisi : car Bro est un mot breton qui désigne le pays, le territoire, la patrie. Ainsi le toponyme apparaît fixé avec une première syllabe différente, chez Chrétien de Troyes ; cependant, même pour les deux vers examinés, l’édition de Foerster signale, dans quatre manuscrits au moins, des variantes intéressantes : Bréchéliande, Brécéliande, Brescéliande.
Ainsi, même chez les divers scribes qui ont diffusé l’oeuvre de Chrétien de Troyes, l’orthographe traditionnelle (mot commençant par Bré) était suffisamment répandue pour supplanter, au moins partiellement, l’orthographe poétique de Chrétien.

FOULON, Charles, « Le nom de Brocéliande », in Mélanges de langue et de littérature médiévales offerts à Pierre Le Gentil par ses collègues, ses élèves et ses amis, Institut de français, Université de Haute-Bretagne, Paris, SEDES, 1973, p. 257-263, Voir en ligne. [page 261]

Porté au début du 19e siècle par le courant romantique, le nom de Brocéliande réapparaît en 1818 sous la plume de Miorcec de Kerdanet en désignant pour la première fois la forêt de Paimpont (voir article forêt de Brécilien).

Comme l’a montré Charles Foulon, le nom de Brocéliande a fait l’objet de nombreuses recherches toponymiques aboutissant à des transcriptions le plus souvent hypothétiques.—  FOULON, Charles, « Le nom de Brocéliande », in Mélanges de langue et de littérature médiévales offerts à Pierre Le Gentil par ses collègues, ses élèves et ses amis, Institut de français, Université de Haute-Bretagne, Paris, SEDES, 1973, p. 257-263, Voir en ligne. —

Quelques toponymes d’origine germanique

L’influence des peuples germains, notamment celle des Francs, a été constante pendant plusieurs siècles - 6e au 9e siècle - en Gaule et à l’est de la péninsule armoricaine. Ce sont surtout les anthroponymes qui ont laissé le plus de traces en Haute-Bretagne et dans la région de Paimpont.

La Dube

Dube est un emprunt d’origine germanique (anglo-saxon düfe et anglais dove) désignant la colombe. En breton, Dube désigne le pigeon domestique. —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire étymologique du breton, Chasse-Marée, 2003, 764 p. [page 208] —

Les Galiments

Galimand est sans doute un nom de personne d’origine germanique. Relativement rare, il est formé sur les racines gal (galan) « chanter » et man « homme ». —  TOSTI, Jean, « Dictionnaire des noms de famille de France et d’ailleurs », 2024, Voir en ligne. —

La Godetterie

Godet est le diminutif du nom de personne d’origine germanique God, Gode, Godde (Dieu). C’est probablement ici le lieu d’habitation des Godets. Le nom est porté dans les Côtes-d’Armor.—  TOSTI, Jean, « Dictionnaire des noms de famille de France et d’ailleurs », 2024, Voir en ligne. —

La Guette

En ancien-français gate, guatte, guette, etc. signifie « sentinelle, guetteur ». Le mot provient du francique wahton, en allemand wachen endroit d’où l’on peut surveiller. —  GODEFROY, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Dix tomes, Paris, F. Vieweg, puis Emile Bouillon, 1881, Voir en ligne. page 205 —

Guilguerois

Guillegroys est attesté en 1501 et la Guilgraye en 1682 par l’abbé Bossard et les Archives départementales de Nantes.
—  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 355] —

Provient du francique wigila « astuce ». Le mot est proche de guillerois. —  GREIMAS, Algirdas-Julien, Dictionnaire de l’ancien français, 1989, Librairie Larousse, 2011. [page 325] —

Le Hiry

La forme Hery est attestée en 1682 par l’abbé Bossard et par les archives de Nantes. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

A rapprocher peut-être de Herry qui est la forme bretonne du nom germanique Haimric, composé de haim « toit, maison » et ric « puissant ». —  DESHAYES, Albert, Dictionnaire des noms de famille bretons, Chasse-Marée, 2005, 542 p. [page 95] —

Le toponyme est attesté sous la forme « Héry » sur le plan de 1727.

Trudo, le Héry et Trédial sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

Les Mafrais

La forme Le Maffay est attestée au cadastre et Maffoy attesté en 1427 par l’abbé Bossard et par les Archives de Nantes. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —
—  LE MOING, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne, Spezet, Coop Breizh, 1990, 480 p. [page 371] —

À rapprocher de Maffre (Matfrid), nom de personne d’origine germanique composé de Math « force, pouvoir » et de frid « paix ».
—  TOSTI, Jean, « Dictionnaire des noms de famille de France et d’ailleurs », 2024, Voir en ligne. —

Trudeau

La forme Trudor est attestée en 1501 et 1560 par l’abbé Bossard. —  BOSSARD, Abbé Pierre, « Dictionnaire topographique du département d’Ille-et. Vilaine », 1930. —

Le toponyme Trudo figure sur le plan de la forêt de Brécilien de 1727.

Trudo, le Héry et Trédial sur le plan de 1727
—  ANONYME, « Plan général de la forest de Bressilien », Paimpont, 1727, Voir en ligne. —

L’anthroponyme provient de Troude, forme contractée de Thouroude, Theroulde, Turold, nom anglo-normand d’origine germanique. Il est composé de Tur, (géant) et de wald (pouvoir). En usage en tant que prénom jusqu’au 12e siècle, il est ensuite devenu patronyme.—  TOSTI, Jean, « Dictionnaire des noms de famille de France et d’ailleurs », 2024, Voir en ligne. —

La Chanson de Roland a été écrite par un Turold qui se nomme au dernier vers : Ci falt la geste que Turoldus declinet (Ici s’arrête la geste, car Turoldus est fatigué/se fait vieux, ). —  BOÜARD, Michel de, « La Chanson de Roland et la Normandie », Annales de Normandie, Vol. 2 / 1, 1952, p. 34-38, Voir en ligne. —

Un autre Turold est présent dans La Tapisserie de Bayeux (scène 10).

Turold dans la tapisserie de Bayeux

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↑ 1 • Les documents sont les suivants :

  • —  GESLIN DE BOURGOGNE, J., Diocèse de St.-Brieuc, III, Dumoulin, 1864, (« Les anciens évêchés de Bretagne »), Voir en ligne. [pages 48] —
  • —  FLEURIOT, Léon, Dictionnaire des Gloses en Vieux Breton de Léon, 1964, Toronto, Procorp Limited, 1985, (« Dictionnaire du Vieux Breton »), Voir en ligne. [page 60] —

↑ 2 • Le document cité est —  POCQUET DU HAUT JUSSÉ, Barthélémy, « La règle d’idiome en Bretagne au XVe siècle », in Mélanges bretons et celtiques offerts à Joseph Loth, Rennes, Plihon & Hommay, 1927, p. 236, Voir en ligne. [page 242] —

Note : Peut-être Estienne utilise-t-il des documents plus anciens du 14e ou du 15e siècle, époque où la persistance du breton du Méné à Paimpont est plus vraisemblable.

↑ 3 • La charte originale de la donation d’Anouuareth date de 841, mais n’est connue que par une documentation falsifiée écrite à la fin du 12e siècle. La graphie latine de la paroisse de Plélan (Pluilan vicaria) date de 1096. —  LUNVEN, Anne, « La donation d’Anouuareth à l’abbaye Saint-Maur de Glanfeuil : retour sur un corpus d’actes (trop) célèbre », Bibliothèque de l’école des chartes, 2012, p. 343-375, Voir en ligne. —

↑ 4 • Cette inscription sur plomb est le plus long document en langue gauloise connu à ce jour. Trouvé en 1983 sur la commune de l’Hospitalet-du-Larzac, il s’agit d’un plomb dit "magique", qui entre dans la famille des defixiones, tablettes d’exécration fréquemment utilisées dans la tradition magique gauloise.

Le document est composé de 2 plaquettes reposant l’une sur l’autre sur l’orifice d’une urne funéraire. Il compte environ 60 lignes et 170 mots (ou fragments de mots).
Il a été écrit par deux mains différentes. Le premier texte semble mettre en scène une bataille de sorcières. Le second emploi de la plaque semble avoir voulu tirer parti de la force magique du précédent mais la seconde main aurait été moins latinisée que la première.

Plomb du Larzac

↑ 5 • Traduction du texte de Pline l’Ancien : en Gaule, on réduit par la cuisson le bitume de bouleau.

↑ 6 • Texte traduit dans le langage actuel par PUTON, Alfred, « Usages, anciennes coutumes et administrations de la forêt de Brécilien. De ceux qui ont droit d’usage et droit de prendre du bois dans cette forêt pour leurs besoins nécessaires. », in Coutume de Brécilien. Titres, jugements et arrêts concernant les usages de Paimpont et Saint-Péran, Nancy, Imprimerie E. Réau, 1879, p. 1-30, Voir en ligne.

↑ 8 • Les différentes périodes d’évolution du breton :

  • Le vieux breton, du 5e au 11e siècle ;
  • Le moyen breton, du 12e siècle au 16e siècle ;
  • Le breton moderne, du 17e siècle à nos jours.

↑ 9 • Lénifier : adoucir, apaiser

↑ 10 • voir article "La forêt de Brécilien" et notamment dans les Ordonnances manuscrites du Comte de Laval connues sous le titre "Usemens et coustumes de la forest de Brécelien, document rédigé en 1467 par Guy XIV de Laval.

↑ 11 • Nous préférons la forme Brecheliant, car Brocéliande a été utilisée 10 ans plus tard par Chrétien de Troyes.

↑ 12 • Traduction : Hüe, Denis, L’imaginaire arthurien, la fontaine de barenton et la forêt de Brocéliande, Bretagne, Rennes, 2016. p. 217