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1943

Le réseau Oscar Parson

Un réseau de résistance à Guer-Comblessac

Fondé en juin 1943, le réseau de résistance Oscar-Parson, implanté à Guer (Morbihan) et Comblessac (Ille-et-Vilaine), est composé d’une trentaine de membres. Il est démantelé par la Gestapo à partir du 30 octobre 1943. Trente six personnes sont arrêtées, dix-sept sont déportées, sept d’entre elles reviendront des camps de concentration.

Le réseau Oscar Parson

Le réseau de résistance breton Oscar Parson est actif de juillet à décembre 1943. Il est rattaché à un service secret britannique, le SOE 1 - Special Operations Executive (Direction des Opérations Spéciales) - dont la Section Française est dirigée par le colonel Buckmaster.

Le 17 juin 1943, Le SOE parachute l’un de ses agents, le capitaine François Vallée (1912-1944) alias « Oscar » ou « Parson » en Ille-et-Vilaine avec mission de constituer des groupes de sabotage et de les armer.

François Vallée s’installe à Rennes où il prend contact avec le commandant de la gendarmerie morbihannaise, Maurice Guillaudot. Son adjoint Henri Gaillot et son opérateur radio Georges Clément, dit « Bob » sont parachutés à leur tour en juillet 1943. Ils sont rejoints par d’autres membres du groupe, André Hue dit « Hunter » et René Bichelot. Le capitaine Vallée parvient à constituer quelques groupes, dont l’un est basé à Guer. —  LEROUX, Roger, Le Morbihan en guerre : 1939-1945, Mayenne, Joseph Floch, 1979, 671 p. [page 325] —

Le Groupe de Guer

La constitution du groupe

Le Groupe de Guer se constitue dès l’été 1943. Il s’appuie sur Charles Touzet, retraité des chemins de fer, connu pour ses sentiments anti-allemands, qui procure de fausses cartes d’identité à des réfractaires au STO. Charles Touzet recrute des membres parmi ses amis de Guer et Comblessac.

Le groupe est rejoint par le vicomte Alain du Bouexic, châtelain de Saint-Gurval, et ses employés.

M. du Bouëxic reçoit l’engagement de son fermier et de ses employés. Un jour, se souvient Madame Lerat, Jean m’a dit que M. du Bouëxic lui avait demandé de s’engager dans la Résistance. je lui ai dit : "Tu te rends compte que tu as des enfants. Qu’est-ce qu’on deviendra s’ils te prennent ?" Il m’a répondu : "Si tout le monde dit la même chose, il n’y aurait jamais rien de fait. "Alors je lui ai dit : "C’est vrai, tu as raison, vas-y."

MORISSOT, Paul, Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au pays de Guer Comblessac 1943-1945, 1999.
Guer - Les Vaux - Coulée de l’Aff
Carte postale ancienne
Collection Encyclopédie de Brocéliande

En octobre 1943, le Groupe de Guer est composé de 27 membres originaires de Guer et de Comblessac (Ille-et-Vilaine) 2.

  • Barre, Marguerite
  • Brien, Louise (Institutrice à Guer)
  • Brunel, Eugène
  • Daniel, Joseph (jeune réfractaire au STO originaire de Saint-Ganton -Ille-et-Vilaine- qui se cachait à la ferme des Vaux en Guer.)
  • Du Bouëxic, Alain
  • Dugué, Édouard
  • Durandière, Jean
  • Éon, Étienne (boucher à Guer)
  • Floch, Stanislas
  • Hervé, Raymond
  • Landais, Jules (Félix)
  • Lefranc, Jules
  • Lenoir, Yves
  • Lerat, Jean (fermier du château)
  • Lerat, Donatien (frère de Jean Lerat)
  • Leroy
  • Loeillet, Jean (commis boucher d’Étienne Eon)
  • Margat, Noël
  • Nogret, Anatole
  • Pastail, Henri
  • Primault, Prosper
  • Roze
  • Seroux, André
  • Touzet, Adrien (fils de Charles)
  • Touzet, Charles (ancien cheminot)
  • Touzet (père de Charles)

Des membres du réseau Oscar Parson viennent se joindre au Groupe de Guer à l’occasion.

  • Hue, André dit « Hunter »
  • Clément, Georges dit « Bob » (radio)
  • Bichelot, René (instructeur pour le démontage et remontage des armes)

Les actions du Groupe de Guer

Repérage

Le 10 juin 1943, l’aviation anglaise bombarde le pont de chemin de fer des Vaux, permettant l’accès ferroviaire au Camp de Coëtquidan. Ce bombardement n’a pas atteint son objectif. On ignore si le groupe de Guer a soutenu cette opération.

La journée du 10 juin a été reconstituée par Paul Morissot d’après des témoignages. —  MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne. [page 66] —

Un matin, les Allemands, postés dans le clocher, tirent sur un avion anglais en mission de repérage. Dès lors, le but des Anglais, en détruisant le pont, est d’empêcher le passage des trains qui ravitaillent l’armée allemande dont un important contingent est basé à Coëtquidan. Dans l’après-midi, nouvelle bagarre dans le ciel entre deux avions anglais et un allemand. Des bombes tombent sur le village du Coudray, près de la maison de Baptiste Huet. Dans le bois entre le château et la Grée de Craon, sur le terrain du Vauvert, près de l’écurie de Baptiste Huet. Des arbres qui ont volé en éclat sont retrouvés à 100 mètres de là. Une bombe tombe à proximité du pont qui, dissimulé par la végétation, ne sera pas touché.

ANONYME, « 71 ans après : commémoration au Pont des Vaux », Ouest-France, Guer, 2014, Voir en ligne.

Les armes

Des cours de démontage et de manipulation d’armes sont dirigés par René Bichelot. Les séances se déroulent dans l’appartement de l’institutrice Lucienne Brien (née Lucienne Gallais) par petites équipes de trois ou quatre.

Parachutage

Un terrain de parachutage est sélectionné au Bois Jan près de Guer, sur le territoire de la commune de Comblessac (Ille-et-Vilaine). Le terrain, propriété de M. De Lambert, fait partie de la ferme exploitée au Bois Jan par Étienne Éon. —  MORISSOT, Paul, Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au pays de Guer Comblessac 1943-1945, 1999. —

Dans la nuit du 20 au 21 octobre 1943, le groupe de Guer s’apprête à recevoir des armes. De nombreuses versions ont été publiées sur ce parachutage 3. Le travail réalisé par Paul Morissot en 1997 a permis d’établir une reconstitution exacte de son déroulé.

En fait, les renseignements reçus du Foreign Office, et les pièces du procès, que nous avons pu consulter grâce à une dérogation qui nous a été accordée par le Ministère des Affaires Culturelles, nous permettent d’affirmer que les choses se sont passées bien différemment.

CAILLARD, Jean-Charles et MORISSOT, Paul, « Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au Pays de Guer-Comblessac », 2000, Voir en ligne. Parachutage

Le 20 octobre au matin, M. du Bouëxic, s’absente pour toucher les fermages d’une propriété située dans la Manche et acheter un vélomoteur à Bazouge-du-Désert (Ille-et-Vilaine). De retour à Guer dans la soirée du 22, il apprend que le parachutage a eu lieu et que tout s’est à peu près bien passé.

Dans l’après-midi du 20 octobre, Mme du Bouëxic reçoit un coup de téléphone de Charles Touzet qui lui transmet un message, Les engrais arrivent dans la soirée 4.

Chargée de transmettre le message à Jean Lerat, elle n’est pas peu surprise d’entendre Guédia, un des employés du château, lui dire : Alors les engrais arrivent ce soir ? Vous parlez d’une heure pour livrer Elle se contente de sourire sans plus se soucier.

Selon M. Prosper Primault, certains résistants de la ville se sont réunis chez Hervé pour attendre l’heure, puis ils sont sortis par une porte de derrière et ont gagné le terrain par les sentiers qui descendent vers Payen. Ils étaient accompagnés d’un officier du nom de René Bichelot, qui avait mission d’effectuer les signaux de reconnaissance vers l’avion.

D’autres ont rejoint individuellement les points de rassemblement mais tous se sont mis à l’abri de la pluie sous le lavoir du Pont St Melaine, ou dans le moulin du Chatelier et attendent les premiers ronronnements pour baliser la "dropping zone". (zone de largage)

L’avion chargé de livrer les armes - un Halifax immatriculé JA-J73-S 5 - part à 23h 22 (heure anglaise) du terrain de Tempsford, près de Cambridge. Il arrive sur Comblessac à 1h 22. Après plusieurs passages à basse altitude pour repérer les signaux de reconnaissance et de balisage, il effectue ses parachutages jusqu’à 2h 25. Quatorze parachutes sont largués, un lest pour donner la direction et la force du vent, puis treize containers. L’appareil retouche le sol anglais à 5h 14.

L’équipe de ramassage des containers 6 s’active sur le terrain.

[...] un container s’est ouvert et a répandu son contenu sur le sol, un autre est tombé devant la porte de la ferme voisine d’Étienne Éon, causant une grande frayeur à la famille Flageul. Enfin un dernier s’est égaré et la nuit noire ne permet pas de le récupérer. Les 11 containers pleins et les armes du container ouvert sont enfouis dans la cache qui est refermée aussitôt et camouflée sous un tas de fumier.

Le groupe se disperse au lever du jour. En début d’après midi, Étienne Éon se rend chez Flageul, retrouve le container perdu dans le bois et l’enterre dans un terrier de renard. Gaston Lanoë, jeune boucher à l’époque, habitant le bourg de Comblessac, raconte.

Un soir du mois de juillet ou d’août 1944 [?], le père Louis Éon vint me demander : “Que fais-tu demain matin ? J’aurais besoin de toi au lever du jour. Tu couches là haut ? Je sifflerai doucement.” Le lendemain, très tôt, j’ai entendu siffler. Par la fenêtre, j’ai reconnu le père Louis qui avait un sac en jute roulé sous son bras. Je suis descendu et il m’a demandé de prendre un pic à tranche. Je lui ai demandé : " pour quoi faire ?" Il m’a répondu : " tu verras bien". J’ai donc pris l’outil et je l’ai suivi. On est allé directement à la traverse, dans le bois du Bois-Jan. J’ai creusé où il m’a dit, c’était un terrier de renard et j’ai retiré un cylindre métallique. On l’a ouvert, il y avait 3 mitraillettes et des paquets de cartouches enveloppées dans une sorte de plastique. On a tout mis dans le sac en jute et on est rentré. Je les ai données à Justeau du moulin de St-Séglin, quand j’étais cuistot des FFI à Maure. Il avait promis de me doter d’un revolver en échange, mais il a dû oublier. J’aurais peut-être aussi bien fait de les garder en souvenir."

Le démantèlement du réseau

L’opération semble s’être bien déroulée. Mais quelques jours plus tard, le 30 octobre, les Allemands procèdent à une première vague d’arrestations au château Saint-Gurval en Guer.

Le peu de discrétion qui entoure les préparatifs du parachutage a-t-il alerté les services de renseignements allemands ? M. Jean Nobilet (de Tinténiac) affirme avoir eu la preuve que les Allemands possédaient les codes et suivaient les préparatifs. Il est en tout cas certain que tous les groupes du réseau Oscar ont été décimés dans les mois qui ont suivi les parachutages, que ce soit à Guer-Comblessac, à Martigné-Ferchaud, à St Brieuc-des-Iffs ou à Tinténiac.

Ces arrestations s’échelonnent jusqu’au 24 janvier 1944. Trente cinq personnes sont incarcérées à la prison Jacques-Cartier de Rennes pour y être interrogées.

En tout, ce sont 35 personnes qui sont emprisonnées, certaines, pour des raisons tout à fait indépendantes du réseau. Internées à Rennes, elles vont subir à des degrés divers, les interrogatoires parfois serrés de la Gestapo.

Prison Jacques Cartier de Rennes

Traitrise et suspicion

Dans la confusion du démantèlement du réseau, Alain du Bouexic est suspecté d’avoir trahi la Résistance. À première vue, les faits ne plaident pas en sa faveur. Le châtelain de Saint-Gurval parle allemand et sert d’interprète à la kommandantur, il héberge un réfractaire qui semble bien curieux, et par dessus tout, est absent lors du parachutage et des premières arrestations.

Cette accusation de traîtrise sera toujours très forte dans l’esprit de ses camarades de réseau, au point qu’ils l’arrêteront après la Libération et qu’ils le livreront au procureur de Vannes pour être traîné devant les tribunaux. En ce mois de décembre 1998, bon nombre d’habitants du secteur de Guer-Comblessac sont encore persuadés que c’est Du Bouëxic qui a trahi.

La preuve a pourtant été apportée que le vicomte du Bouëxic est innocent des faits dont il a été accusé.

Le coupable a confirmé lui-même que sa mission était d’infiltrer le groupe du secteur de Guer-Comblessac. Ce coupable, c’est Georges Guédia, en réalité Georges Audigé, prétendu réfractaire au STO, qui se disait traqué, mais qui appartenait en réalité à une organisation franciste 7 au service des Allemands 8.

Qu’il ait été victime d’un chantage par la Gestapo ou qu’il ait agi par conviction comme il le dit, Guédia se voit confier la mission d’infiltrer la Résistance du côté de Guer-Comblessac. Son salaire est de 3.000 F seulement par mois, se plaint-il, plus le remboursement de ses frais de mission. Le billet retrouvé à Trégouidan à la mi-novembre par Louis Éon fils, transmis à la gendarmerie de Maure de Bretagne est explicite sur ce point. C’est une note de service rédigée entièrement en allemand qui autorise Guédia à puiser dans les Reichbank du Deutchland tous les fonds qui lui sont nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Naïvement introduit par André Morice, Georges Guédia est embauché comme jardinier par le vicomte du Bouëxic.

J’ai connu Guédia en septembre 1943 par l’intermédiaire de sa femme... Ma tante, Anne Marie Boivin, âgée de 55 ans, était à cette époque, cuisinière chez le comte Du Bouëxic qui cherchait un jardinier. Elle me mit au courant du fait. Je pensais à Guédia que j’ai accompagné jusqu’au château et que j’ai présenté au comte.

Georges Guédia parvient à avoir connaissance du parachutage du 20 octobre et de l’identité des principaux membres du groupe, renseignements qu’il transmet à la Gestapo 9.

Premières arrestations au manoir Saint-Gurval

Le 29 ou le 30 octobre 1943, la Gestapo de Rennes se présente au château Saint-Gurval et procède à l’arrestation de treize personnes, membres de la famille du châtelain et personnel du château.

  • Jean Lerat et sa femme Madeleine (fermier)
  • Madeleine Glo (leur nièce âgée de quinze ans)
  • Donatien Lerat (frère de Jean Lerat)
  • Joseph Daniel (réfractaire au STO caché aux Vaux)
  • Étienne Éon (fermier du Bois-Jan)
  • Émile de Lambert (au titre de maire de Comblessac et de propriétaire de la ferme du Bois-Jan)
  • Jean Loeuillet (commis de Étienne Éon)
  • Isabelle de Blignières (mère de Mme Du Bouëxic âgée de 72 ans)
  • Annick du Bouëxic
  • Bernadette du Bouëxic (leur fille aînée âgée de 20 ans)
  • Léonie Réminiac (femme de chambre)
  • Anne-Marie Boivin (cuisinière)

Les femmes sont embarquées vers Rennes, cinq d’entre elles, Madeleine Glo, Anne-Marie Boivin, Madeleine Lerat, Isabelle de Blignières et Annick du Bouëxic sont incarcérées à Jacques Cartier le samedi 30 octobre à 13h. Les deux autres, Léonie Réminiac et Bemadette du Bouëxic ne seront incarcérées que le 31 octobre à 1h 15, en même temps que M. de Lambert.

Les hommes, regroupés dans la salle du château sont interrogés. Ils devront aller découvrir les armes avant de rejoindre Rennes et être incarcérés à Jacques Cartier ce 31 octobre à 13h 15.

Les arrestations se poursuivent

Le 2 novembre

Le 2 novembre, les Allemands arrêtent André Seroux, et cinq autres personnes qui ne font pas partie du groupe.

  • André Séroux (ouvrier plombier)
  • Louis Flageul (voisin d’Étienne Éon)
  • André Chotard
  • Émile Lassais
  • Maurice Le Fouillé (qui fournissait des fausses cartes d’identité)
  • Henri Nogret (garde-voie) pris à la place de son frère Anatole

Arrêté à la place de son frère, ce dernier est amené au camion où les suspects sont regroupés et soumis à la garde de deux Allemands. Profitant d’un moment de distraction de ses gardiens, il s’échappe. Les Allemands tirent sur lui, le ratent, mais un soldat se trouve sur son passage, qui lui assène un coup de crosse de fusil sur la tête et l’arrête. Son attitude l’a rendu plus que suspect ; il est emmené rejoindre les prisonniers au château des Vaux.

Ces six nouveaux prévenus sont incarcérés à la prison Jacques Cartier entre 15h 30 et 21h 45.

Le 6 novembre

De retour à Guer le 6 novembre, la Gestapo procède à l’arrestation de quatre femmes.

  • Marguerite Barre
  • Joséphine Flageul
  • Jeanne Nogret
  • Marie-Madeleine Lefranc (mère de Jules Lefranc qui fait partie du groupe, mais a réussi à s’esquiver, âgée de 71 ans)

Le 12 novembre

Le 12 novembre, c’est au tour de Raymond Hervé d’être arrêté.

Le 28 novembre

Le 28 novembre 1943, le radio Georges Clément dit « Bob » est surpris par les Allemands en pleine émission dans une ferme de Hédé (Ille-et-Vilaine).

Le 12 décembre

Le 12 décembre huit nouvelles arrestations ont lieu.

  • Angèle Nogret
  • Jeanne Bignon
  • Madeleine Bossard
  • Louis Durandière (facteur enregistreur à la gare de Guer)
  • Jules Bossard
  • Édouard Dugué
  • Félix Landais
  • Henri Paistel

Le 24 janvier

Trois dernières arrestations par la Gestapo ont lieu le 24 janvier.

  • Noël Margat
  • Roger Chotard
  • Yves Bossard

La Bezen Perrot à Guer

À partir du 20 décembre 1943, des hommes de la Bezen Perrot succèdent au SD 10 et à des éléments du PPF 11 au manoir Saint-Gurval.—  HAMON, Kristian, Le Bezen Perrot - 1944 : Des nationalistes Bretons sous l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2004, 160 p. [pages 102-103] —

Château de Saint Gurval en Guer
Carte postale Gaby

La chasse aux membres du réseau s’organise et le château, qui sera totalement pillé est occupé par le jeune agent du SD [Guédia] et quelques éléments du PPF. A partir du 20 décembre 1943, les gours 12 prennent la relève et organisent un roulement.

HAMON, Kristian, Le Bezen Perrot - 1944 : Des nationalistes Bretons sous l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2004, 160 p.

Des membres de la Bezen Perrot se succèdent alors au manoir Saint-Gurval.

"Bleiz" 13 qui est de garde jusqu’au 30 décembre, est relayé par “Ferrand” 14 et “Glaz” 15. Trouvant le temps long, les deux hommes en profitent pour vider ce qui reste de la cave. Ils seront remplacés par “Skao” 16 et “Rouzic” 17, puis par “Jégou” 18 et “X”. Ces deux derniers "reçoivent chacun un pistolet Mauser 9 mm, une bicyclette, des vivres pour cinq jours" 19. En janvier 1944, la relève est assurée par “Poher” 20 et “Martin” 21. Le 24 janvier Krüger, un officier du SD de Rennes, se rend à Guer avec “Bleiz” et “Héric” 22 pour arrêter trois jeunes gens qui étaient en relation avec le vicomte du Bouëxic.

Hamon, Kristian (2004) op. cit. p. 103

Les trois hommes procèdent à l’arrestation d’Eugène Brunel.

Ils descendent dans un café et demandent à voir le commis propriétaire. Celui-ci absent, l’un des hommes en civil braque alors un pistolet et déclare : “Police Allemande !” puis oblige le débitant à les accompagner jusqu’au lieu où se trouve son employé. Arrêté, Eugène Brunel sera déporté en Allemagne d’où il ne reviendra pas. Une femme de Guer assiste elle aussi à une arrestation “opérée par deux français en civil accompagnés d’un officier allemand”. Elle se souvient que “l’un des français était maigre et de grande taille” 23.

Hamon, Kristian (2004) op. cit. p. 103

Un témoignage d’un jeune milicien de la Bezen Perrot donne des précisions sur la présence à Guer de Jacques Malrieux alias “Héric”.

"A la mi juin [...] J’ai entendu Malrieux parler de l’expédition de Guer à laquelle il était. Il ne m’a pas dit qu’il avait procédé à l’arrestation de trois français mais qu’il avait contribué à la garde d’un château appartenant à du Bouëxic. Le 30 juillet [1944], Malrieux a été contraint par Péresse de partir en mission à Uzel, Pontivy, Carhaix."

MORVAN, Françoise, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2013. [page 125]

L’unité de la Bezen Perrot 24 présente à Guer est sous la direction de Michel Chevillotte alias “Bleiz”.

Cantonné au château du Bouëxic en Guer, le milicien Chevillotte devient rapidement chef de groupe et homme de confiance de Péres [Péresse], chef de la milice Perrot. [...] À Guer, il a participé à l’arrestation de trois patriotes. L’un d’eux devait décéder en Allemagne, les autres ne sont pas rentrés.

MORVAN, Françoise, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2013. [page 226]

L’arrestation du capitaine François Vallée

Sur le point d’être pris à son domicile, le capitaine François Vallée parvient, grâce à sa logeuse, à s’échapper par les toits et à gagner Paris où il reste en liaison avec les rescapés du réseau. —  MUSÉE DE L’ORDRE DE LA LIBÉRATION, « François Vallée », 2026, Voir en ligne. —

Traqué à nouveau, il se cache avec son frère Robert, devenu son secrétaire, et cherche à regagner Londres au plus vite. Mais, dénoncé aux Allemands, alors qu’il doit prendre un train à la gare de Lyon, il est arrêté par la Gestapo début février 1944, avec Henri Gaillot et Robert.—  PENNETIER, Annie et STRAUSS, Françoise, « VALLÉE François, alias Jacques André De Lormes, Franck, François, Oscar, Parson », Le Maitron, 2026, Voir en ligne. —

Le capitaine François Vallée
—  MUSÉE DE L’ORDRE DE LA LIBÉRATION, « François Vallée », 2026, Voir en ligne. —

Morts en déportation

Dix-sept membres du réseau Oscar Parson de Guer sont déportés. Seulement cinq d’entre eux reviendront des camps.

François Vallée

François Vallée est interné à la prison de Fresnes, puis transféré en juin 1944 en Basse-Silésie, dans la prison de Rawicz, avec un groupe de dix-sept officiers alliés de la section F (France) du SOE et Henri Gaillot.

Sur ordre d’Himmler, les officiers sont condamnés à mort et transportés en camion au camp de concentration de Gross Rosen où ils sont fusillés à une date inconnue, vraisemblablement en août-septembre 1944. François Vallée est fait Compagnon de la Libération par décret du 4 mai 1944. —  MUSÉE DE L’ORDRE DE LA LIBÉRATION, « François Vallée », 2026, Voir en ligne. —

Le convoi de Compiègne

Le 27 janvier 1944, le huitième des grands transports partis de Compiègne emporte 1583 hommes vers l’Allemagne.

Arrêtés pour la plupart fin 1943, ils sont déportés en tant que membres de réseaux ou de mouvements de Résistance, ou pris lors d’attaques de maquis, notamment en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor. Parmi ces déportés se trouvent 168 étrangers, républicains espagnols, italiens, néerlandais et belges.

Au moins 566 de ces déportés vont mourir ou disparaître dans les camps nazis. La moitié des détenus est transférée à Dora pour construire le camp lui-même. La mortalité reste importante d’autant qu’à partir de mars 1944, de nombreux déportés sont transférés dans les kommandos extérieurs d’Ellrich et de Harzungen pour travailler dans des chantiers souterrains. —  LE PORT, Katherine et KERNANET, Julien, « Buchenwald », 2022, Voir en ligne. —

Dix membres du groupe de Guer appartenant au réseau « Oscar-Parson » sont dans ce convoi 25.

Morts en déportation

Douze membres du Groupe de Guer sont morts en déportation.

  • Anne Marie Boivin, née le 15 août 1887 à Comblessac (Ille-et-Vilaine). Déportée à Ravensbrück le 13 mai 1944. Matricule 38785. Elle décède dans ce camp le 10 février 1945.
  • Eugène Brunel : né le 24 août 1920 à Augan (Morbihan). Déporté à Mauthausen le 6 avril 1944. Matricule 62048. Transféré à Melk, il décède à une date et dans un lieu non déterminés.
  • Roger Chotard : né le 22 mars 1923 à Guer. Déporté à Mauthausen le 6 avril 1944. Matricule 62152. Il décède dans ce camp le 16 juillet 1944.
  • Georges Clément : né le 20 novembre 1917 à Petrograd, est déporté à Mauthausen où il aurait été exécuté début septembre 1944.
  • Edouard Dugué : né le 3 décembre 1918 à Evran (Côtes-d’Armor). Déporté à Buchenwald. Matricule 43901. Transféré à Dora puis à Bergen-Belsen, il décède dans un lieu non déterminé.
  • Étienne Eon, né le 25 août 1894 à Carentoir (Morbihan). Déporté à Neuengamme le 28 juillet 1944. Matricule 40 ???. Il décède le 28 février 1945.
  • Félix Landais : né le 2 décembre 1897 à Fromentières (Mayenne). Déporté à Buchenwald. Matricule 43872. Transféré à Dora, il décède le 26 mars 1944.
  • Maurice Lefouillé : né le 25 juin 1913 à Loutehel (Ille-et-Vilaine). Déporté à Buchenwald. Matricule 43875. Transféré à Dora puis à Ellrich, il décède dans un lieu non déterminé, le 1er avril 1945.
  • Donatien Lerat : né le 29 avril 1923 à Augan (Morbihan). Déporté à Buchenwald. Matricule 43876. Transféré à Dora puis à Bergen-Belsen, il décède dans un lieu non déterminé, le 20 mai 1944.
  • Noël Margat : né le 16 décembre 1923 à Maxent (Ille-et-Vilaine). Déporté à Mauthausen le 6 avril 1944. Matricule 62758. Il décède dans ce camp le 22 avril 1945.
  • Henri Nogret : né le 16 avril 1905 à Plerguer (Ille-et-Vilaine). Matricule 39915, décède à Sandbostel le 4 mai 1945.
  • Henri Paistel : né le 2 juin 1899 à Lizio (Morbihan). Déporté à Buchenwald. Matricule 43870. Transféré à Dora, il est brûlé vif dans la grange de Gardelegen le 13 avril 1945, lors de l’évacuation du camp.

Retours de déportation

Cinq des membres du groupe sont revenus de déportation.

  • Joseph Daniel : né le 26 avril 1922 à Lieuron (Ille-et-Vilaine). Matricule 43871. Transféré à Dora puis à Bergen-Belsen, il est libéré le 15 avril 1945.
  • Louis Durandière : né le 30 mars 1914 à Questembert (Morbihan). Matricule 43892. Transféré à Dora puis à Bergen-Belsen, il est libéré le 15 avril 1945.
  • Raymond Hervé : né le 10 juin 1916 à Guer (Morbihan). Matricule 43895. Transféré à Dora, il est libéré à une date et dans un lieu non déterminés.
  • Jean Lerat : né le 26 août 1913 à Ploërmel (Morbihan). Matricule 43873. Transféré à Dora, il se serait évadé lors de l’évacuation du camp et se serait caché jusqu’à l’arrivée des Alliés, dans une ferme où, prisonnier de guerre, travaillait Jean Amice né à Augan.
  • André Séroux : né le 12 août 1924 à Peillac (Morbihan). Matricule 43894. Transféré à Flossenburg, il est libéré à une date et dans un lieu non déterminés.

Récapitulatif établi par Katherine Le Port à partir des renseignements contenus dans les listes du Livre Mémorial des Déportés de France arrêtés par mesure de répression publié par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, et de l’ouvrage de Roger Le Roux Le “Morbihan en guerre”.

LE PORT, Katherine et KERNANET, Julien, « Buchenwald », 2022, Voir en ligne.

Les stèles de commémoration

Comblessac — Le bombardement du 10 juin 1943

La statue du Sacré-Cœur érigée en 1948 - les bras tendus vers le bourg de Comblessac, en signe de protection - est devenue le lieu de commémoration du bombardement anglais du pont de chemin de fer des Vaux du 10 juin 1943. —  ANONYME, « 71 ans après : commémoration au Pont des Vaux », Ouest-France, Guer, 2014, Voir en ligne. —

Statue du Sacré-coeur de Comblessac
Chaque année le bombardement du 10 juin 1943 est commémoré, le dernier vendredi de juin, autour de la statue du Sacré-Coeur. | —  ANONYME, « 71 ans après : commémoration au Pont des Vaux », Ouest-France, Guer, 2014, Voir en ligne. —

Comblessac — Le parachutage du 21 octobre 1943

Une stèle donnée par les Établissement Hingand de Maure-de-Bretagne a été implantée au Bois Jan sur les lieux du parachutage des treize containers anglais. —  MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne. [page 67-68] —

La stèle de commémoration du parachutage du Bois Jan en Comblessac
—  MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne.
[page 68] —

Comblessac — Le parachutage du 21 octobre et les victimes du démantèlement du réseau

Le 27 avril 1997, une stèle de commémoration a été érigée près de l’église de Comblessac à l’initiative de la section des Anciens Combattants de Comblessac.

Réalisée postérieurement au travail de recherche sur l’histoire du réseau mené par Paul Morissot, la stèle porte sur l’histoire du parachutage du Bois Jan et ses conséquences.

Finalement, début 1997, le puzzle est reconstitué et le 27 avril, à l’occasion de la journée du souvenir des déportés, la stèle est inaugurée en présence de rescapés des camps et des familles de ceux qui y sont restés. Depuis cette date, tous les deux ans en alternance avec Guer, la cérémonie du souvenir a lieu à Comblessac.

MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne. [page 67-68]
La stèle de commémoration du réseau Oscar Parson à Comblessac
—  MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne.
[page 68] —

Guer — Maurice Le Fouillé

Le stade de Guer a été nommé stade Maurice Le Fouillé, en commémoration de la mort en déportation de ce membre du réseau Oscar Parson. La stèle a été érigée à l’initiative de l’ANACR. —  LE GUÉNIC, René, Morbihan : mémorial de la Résistance, Bannalec, Impr. régionale, 1998, 381 p. [page 117] —

Stade Maurice Le Fouillé à Guer
—  LE GUÉNIC, René, Morbihan : mémorial de la Résistance, Bannalec, Impr. régionale, 1998, 381 p.
[page 117] —

Augan — Eugène Brunel et Donatien Lerat

Le Square des déportés à Augan (Morbihan), commémore la mort en déportation de deux Auganais du réseau Oscar Parson, Eugène Brunel et Donatien Lerat. —  LE GUÉNIC, René, Morbihan : mémorial de la Résistance, Bannalec, Impr. régionale, 1998, 381 p. [page 110] —

Square des déportés à Augan
—  LE GUÉNIC, René, Morbihan : mémorial de la Résistance, Bannalec, Impr. régionale, 1998, 381 p.
[page 110] —

Bibliographie

ANONYME, « 71 ans après : commémoration au Pont des Vaux », Ouest-France, Guer, 2014, Voir en ligne.

CAILLARD, Jean-Charles et MORISSOT, Paul, « Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au Pays de Guer-Comblessac », 2000, Voir en ligne.

HAMON, Kristian, Le Bezen Perrot - 1944 : Des nationalistes Bretons sous l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2004, 160 p.

LE GUÉNIC, René, Morbihan : mémorial de la Résistance, Bannalec, Impr. régionale, 1998, 381 p.

LE PORT, Katherine et KERNANET, Julien, « Buchenwald », 2022, Voir en ligne.

LEROUX, Roger, Le Morbihan en guerre : 1939-1945, Mayenne, Joseph Floch, 1979, 671 p.

MORISSOT, Paul, Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au pays de Guer Comblessac 1943-1945, 1999.

MORISSOT, Paul, Comblessac, des origines à l’an 2000, 2000, Voir en ligne.

MORVAN, Françoise, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2013.

MUSÉE DE L’ORDRE DE LA LIBÉRATION, « François Vallée », 2026, Voir en ligne.


↑ 1 • Le Special Operations Executive (SOE) - SOE, « Direction des opérations spéciales » - est un service secret britannique qui opère pendant la Seconde Guerre mondiale. Le SOE est créé le 19-22 juillet 1940 par Winston Churchill et dissous le 30 juin 1946. Il a pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance des pays d’Europe occupés par l’Allemagne et l’Italie et, progressivement, de tous les pays en guerre, y compris en Extrême-Orient (« Force 136 »).

↑ 2 • Une liste a été établie par Charles Touzet pour servir au procès de Guédia en 1945, à laquelle il faut ajouter Alain du Bouëxic qu’il accuse de trahison et Prosper Primault qu’il a occulté pour on ne sait quelle raison.

↑ 3 • Voir notamment la version de Leroux. —  LEROUX, Roger, Le Morbihan en guerre : 1939-1945, Mayenne, Joseph Floch, 1979, 671 p. [pages 325-326] —

↑ 4 • Il existe un petit contentieux sur la teneur du message. En effet, Charles Touzet fils affirme que le message reçu de Londres était : "La vengeance approche, le châtiment suit le crime." répété 3 fois dans la journée. —  CAILLARD, Jean-Charles et MORISSOT, Paul, « Le cruel destin des membres du réseau de résistance "Oscar-Parson" au Pays de Guer-Comblessac », 2000, Voir en ligne. Parachutage —

↑ 5 • L’équipage est composé de :

  • Captain : S/Ldr Laurie Pitt
  • Copilote : F/Lt Brians Mill
  • Navigateur : Sgt Staward et F/0 Wickson
  • Opérateur radio : W/0 Sauvageau
  • Mitrailleur de queue : Sgt Jackson
  • Largueur : Sgt Hill
  • Mitrailleur avant : Sgt Silverwood
  • mécanicien

— Parachutage —

↑ 6 • L’équipe de ramassage des containers est composée de Touzet père et fils, Hervé, Seroux, Dugué, Paistel, Landais, Durandière, Lerat Jean et Lerat Donatien, Daniel, Loeillet, Éon, Primault et Bichelot.

↑ 7 • Le Francisme, ou Parti franciste ou Mouvement franciste (1933-1944), est un parti politique fasciste dirigé par Marcel Bucard. Sous l’occupation nazie, le Francisme est l’un des principaux partis collaborationnistes, avec le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat et le Mouvement social révolutionnaire (MSR) d’Eugène Deloncle.

↑ 8 • Georges Audigé a été cité comme membre du Bezen Perrot par Yannick Botrel. —  BOTREL, Yannick, Le Bezen Perrot – Supplétifs des nazis en Bretagne, Skol Vreizh, 2024, 239 p. —

↑ 9 • Georges Guédia est jugé à Rennes à la Libération. Ses deux condamnations à la peine capitale sont commuées en une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Il est libéré en janvier 1960.

↑ 10 • Le Sicherheitsdienst, sous sa forme longue « der Sicherheitsdienst des Reichsführers SS » (en français : « le service de la sécurité du Reichsführer-SS »), régulièrement abrégé en SD, était en Allemagne à partir de 1931 le service de renseignement et de maintien de l’ordre de la SS.

↑ 11 • Le Parti populaire français (PPF ; 1936-1945), fondé et dirigé par Jacques Doriot, était le principal parti politique français d’inspiration fasciste en 1936-1939 et l’un des deux principaux partis collaborationnistes en 1940-1944 avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat.

↑ 12 • Les gours = “hommes virils” en breton, dénomination des soldats de base de la Bezen Perrot.

↑ 13 • “Bleiz”est le pseudonyme de Michel Chevillotte (1921- ?), membre de la Bezen Perrot à partir de décembre 1943 en tant qu’instructeur au service spécial de Célestin Lainé. Au moment de la débâcle allemande, en juillet 1944, en route vers l’Allemagne, il participe à l’exécution de 49 résistants à Creney-près-Troyes (Aube) et s’engage dans les Waffen SS. Le 28 février 1945, il est condamné à mort par contumace par la Cour de justice de Rennes. Il n’a jamais été retrouvé.

↑ 14 • “Ferrand” est le pseudonyme d’André Geffroy (1921-1946). Suivant la Bezen Perrot dans son repli, il n’obtient aucun grade à Tübingen et reste SS mann. Il regagne la France en se faisant passer pour un STO et se fait arrêter à Tréguier. Il est fusillé à la Libération le 17 juillet 1946.

↑ 15 • “Glaz” est le pseudonyme de Ernest Kerviel (1921-2014). Membre de la Bezen Perrot à partir de décembre 1943, il sert l’unité en tant qu’aide cuisinier. Fin juillet 1944, il suit la Bezen Perrot dans son repli sur l’Allemagne à Tübingen. Début Janvier 1945, sur ordre de Célestin Lainé, et afin de suivre une formation spéciale, il quitte Tübingen pour Hertmannsweller puis Fürstenfeldbruck.​​ Cantonné à un rôle secondaire au sein de l’unité Perrot, il est condamné à la confiscation de ses biens.

↑ 16 • “Skao” est le pseudonyme de Joseph Christian Hirgair (1923-1957) dit Job. Membre de la Bezen Perrot à partir de 1944, il appartient au Service Spécial de Célestin Lainé. Réfugié en Irlande en 1945, il est acquitté par le tribunal militaire de Paris et meurt accidentellement en Bretagne en 1957.

↑ 17 • "Rouzic" est le pseudonyme de Jean le Noac’h (1922-1948). Engagé dans la Bezen Perrot le 15 décembre 1943 avec le grade de SS Unterschäführer, il se replie début août 1944 vers l’Allemagne avec des camarades de la Bezen Perrot. Son nom figure dans la liste des hommes volontaires pour s’engager dans la Waffen SS le 06 mars 1945. Jean le Noac’h rejoint l’Irlande en 1948.

↑ 18 • “Jégou” est le pseudonyme de Armel Guillo (1926- ?), membre de la Bezen Perrot à partir du 18 décembre 1943. Fin avril 1944, il se tire volontairement une balle dans la jambe dans le but de quitter l’unité Perrot. Hospitalisé durant deux mois à l’hôpital allemand d’Auray, il est arrêté le 22 août 1944 chez ses parents. Il est condamné en février 1945 à quatre ans de prison.

↑ 19 • ADIV 213 W 26 PV du 8 octobre 1944 in Hamon, Kristian (2004) op. cit. p. 103

↑ 20 • “Poher” est le pseudonyme de Julien le Boëdec (1919- ?), engagé dans la Bezen Perrot en 1943. Membre du Service Spécial de Célestin Lainé, il serait mort en Argentine.

↑ 21 • “Martin” est le pseudonyme de Louis le Guillou (1923-2004), engagé dans la Bezen Perrot en 1943. Membre du Service Spécial de Célestin Lainé, il est arrêté en décembre 1945 à Forbach. Le 16 mars 1948, il est condamné par le tribunal militaire permanent de Paris (section de Rennes) à quinze ans de travaux forcés.

↑ 22 • “Héric” est le pseudonyme de Jacques Melrieux (1919-2005), membre de la Bezen Perrot à partir de 1943 avec le grade de SS Rottenführer. Instructeur au service spécial de Célestin Lainé puis Chef de groupe Bezen Perrot, il déserte à Châlons (Marne) et parvient à s’engager dans la division Leclerc. Arrêté le 4 septembre 1944, il est jugé en 1945 et condamné à 10 ans de travaux forcés. Il est libéré au début des années 50.

↑ 23 • Ce signalement correspond tout à fait à celui de “Bleiz”. “Eskob” racontera par ailleurs qu’il était toujours flanqué du grand escogriffe de “Bleiz”. — ADIV 215 W 174 in Hamon, Kristian (2004) op. cit. p. 103 —

↑ 24 • Deux miliciens de la Bezen Perrot non présents à Guer sont condamnés à mort et exécutés à Coëtquidan en avril 1945.

Rémy Maurice d’Aigre dit « Coco bel œil » est condamné à mort pour crime d’intelligence avec l’ennemi et port d’armes contre la France, il est exécuté, son pourvoi ayant été rejeté, le 24 avril 1945 à 7 heures 17 au fort de Coëtquidan.

MORVAN, Françoise, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2013. [page 220]

Bernard Marie d’Ambert de Sérillac est condamné à mort pour crime d’intelligence avec l’ennemi et port d’armes contre la France, il est exécuté, en même temps que Daigre, le 24 avril 1945 à 7 heures 17 au fort de Coëtquidan.

MORVAN, Françoise, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 2013. [page 222]

↑ 25 • Il s’agit de Édouard Dugué, Félix Landais, Maurice Le Fouillé, Donatien Lerat, Henri Paistel, Joseph Daniel, Louis Durandière, Raymond Hervé, Jean Lerat et André Seroux.