Amas de pierres anthropiques en forêt de Paimpont
Plusieurs centaines d’amas de pierres anthropiques ont été découverts depuis 1995 en Haute et Basse Forêt de Paimpont.
2004-2009 — Prospection archéologique et amas de pierres
1995 — Premières prospections
A partir du milieu des années 1990, deux prospecteurs, Jean Boucard et Maurice Houeix, découvrent et géolocalisent environ 400 amas de pierres sur des secteurs de la Haute-Forêt de Paimpont.
2004 — Premières mentions
Les premières mentions d’amas de pierres anthropiques en forêt de Paimpont datent de 2004. Elles figurent dans un document destiné à sensibiliser les propriétaires de la forêt.
[...] deux exemples parmi des dizaines d’amas de pierres dont certains peuvent être de simples pierriers mais dont certains ressemblent fortement à des tombelles... qui sont parfois regroupés en « nécropoles » (voir zones approximatives de fortes concentrations de ces amas, sur la carte générale).
Les zones d’amas recensées en 2004 - au nombre de cinq - sont concentrées dans trois secteurs de la Haute-Forêt.
- Une autour du hêtre de Ponthus
- Trois sur les versants des ruisseaux des Noës et des Noës Blanches
- Une sur les versants du ruisseau de la Croix Hamon
2008-2009 — Campagnes de prospections
En 2008 et 2009, des campagnes de prospections archéologiques confirment la présence d’amas de pierres à caractère anthropique dans le secteur de la Croix Hamon en Haute-Forêt ainsi que dans un nouveau secteur, Trécélien en Basse-Forêt.
Au cours de cette année [2009], nous avons découvert ces structures en deux secteurs de la forêt : la côte de Beauvais et Trécélien. Celles de la côte de Beauvais se situent dans les parcelles jouxtant celles où des structures similaires ont été enregistrées en 2008.
Hypothèses sur les amas de pierres de la forêt de Paimpont
Des centaines d’amas de pierres, pour leur grande majorité situés en Haute-Forêt, ont été recensés entre 1995 et 2009 en forêt de Paimpont. Les prospecteurs qui les ont découverts les mentionnent en tant que possibles sépultures. Les archéologues, plus prudents, ne rejettent pas cette hypothèse mais en proposent d’autres à caractère agricole ou économique.
Bien que ces structures soient communément qualifiées de « Tombelles » par les prospecteurs locaux, leur véritable fonction reste très difficile à définir compte tenu de l’absence de découverte de matériel lors de leur enregistrement. En effet, ces amas de grès peuvent tout autant correspondre à des structures funéraires, qu’à de l’épierrement ou bien encore à stocker des matériaux en vue de l’aménagement de chemins.
En l’absence de fouilles archéologiques, les trois hypothèses concernant les raisons de leur édification restent en suspens.
- Sépultures
- Pierriers à caractère agricole
- Stocks en vue de la constitution de chemins ou de constructions
Excepté l’amas anthropique de Ponthus - probablement les vestiges d’une construction - tous les amas de la forêt de Paimpont sont localisés sur les versants de ruisseaux secondaires de la Haute et de la Basse Forêt de Paimpont.
Ils sont par ailleurs tous constitués de blocs de grès armoricain (blanc ou rose) contrairement aux structures funéraires mégalithiques en schiste pourpre datant du Néolithique et de l’Âge du Bronze.
Essai d’inventaire des amas anthropiques de la forêt de Paimpont
Les amas anthropiques de la Croix Hamon
Deux cent six amas de pierres ont été recensés aux « Prés Martin » au cours des prospections archéologiques de 2008 et 2009. Ils sont situés de part et d’autre des sources du ruisseau de la Croix Hamon en Beauvais.
Ce site correspond à un ensemble d’amas de pierres qui s’étendent sur une surface d’environ 20 hectares. Ces amas sont constitués de blocs de grès de dimension pluridécimétrique. Ils présentent des formes variables, les plus petits sont approximativement circulaires et d’un diamètre d’environ 2m50 (fig. 25) ; les plus grands présentent un aspect quadrangulaire avec quelques mètres de long. En fonction de leur emprise au sol, ces structures peuvent présenter une hauteur d’élévation variable allant de quelques décimètres à plus d’un mètre.
Les amas anthropiques du ruisseau des Noës Blanches
Le secteur du ruisseau des Noës blanches, très riche en amas de pierres a été prospecté de façon systématique. Il est mentionné sur un document daté de 2004, bien qu’aucun relevé n’ait été publié à cette occasion.
Plusieurs découvertes mégalithiques - Une allée couverte du néolithique et deux coffres ruinés estimés de l’Âge du Bronze - ont été réalisées dans cette zone à la fin des années 2000. Les deux coffres de l’Âge du Bronze sont constitués de dalles de schiste entourées de blocs de grès armoricain.
Les amas situés sur le versant Est du ruisseau des Noës Blanches sont implantés en grande majorité dans une zone comprise entre deux talus de pierres partant du ruisseau. Ces talus longs de plusieurs centaines de mètres convergent vers le plateau et aboutissent à un enclos à angle droit constitué de blocs de grès armoricain massifs.
Les amas anthropiques du ruisseau des Noës
Une dizaine d’amas de pierres constitués de blocs de grès rose sont visibles sur la pente Est du ruisseau des Noës, à proximité du carrefour éponyme. Ces amas sont eux aussi mentionnés sur le document de 2004.
Les amas sont situés à une centaine de mètres du site mégalithique de Haute Forêt 3, un des coffres de l’Âge du Bronze découverts en 2009 dans ce secteur de la forêt.
L’amas anthropique de la Guette
Un amas constitué de blocs de grès armoricain est situé à une centaine de mètres du coffre de la Guette en Beauvais.
Les amas anthropiques du ruisseau de Trécélien
La présence d’amas de pierres à Trécélien, en Basse Forêt de Paimpont, a été signalée en 2009 par Jean-Charles Oillic. L’archéologue n’en a cependant précisé ni le nombre ni la localisation.— OILLIC, Jean-Charles, « Prospection diachronique sur le massif de Paimpont : Rapport 2009 », Rennes, Université de Rennes 1, 2009, p. 39, Voir en ligne. —
Une dizaine d’amas anthropiques de grès armoricain sont localisés sur le versant ouest du ruisseau de Trécélien, à une centaine de mètres au nord du site métallurgique médiéval fouillé en 2003 par Jean-Bernard Vivet. — VIVET, Jean-Bernard, « Paimpont (Ille-et-Vilaine). Ferrier de Trécélien », Varia, Vol. 34, 2004, Voir en ligne. —
L’amas anthropique de Trécélien
Un amas de pierres a été signalé lors des fouilles du site métallurgique médiéval de Trécélien en 2003.
L’amas A11 se situe au centre de la clairière au nord du site. Un amas de blocs de grès recouvre toute la pente sud de l’amas et semble présenter une superposition de couches de pierres. Aucune structuration particulière n’est notable. Le poids total envisagé de ce pierrier est de 4 à 5 tonnes. A la limite sud de l’amas, on trouve une forte concentration de sédiment rouge bordé d’une auréole charbonneuse (document 27.). Cette zone est recouverte par l’éboulement de l’amas et le pierrier. L’organisation de ces sédiments ressemble à une zone de grillage de minerai.
Les amas anthropiques du ruisseau des Laitiers
Une quinzaine d’amas en grès armoricain sont localisés sur le versant Est du ruisseau des Laitiers en Basse Forêt de Paimpont. Ces amas n’ont jamais été mentionnés dans les rapports de prospection archéologique.
Les amas au nord du carrefour de Brianbec sont en grès armoricain blanc, ceux au sud du carrefour de la Brousse au Renard sont en grès rose.
Les amas anthropiques du Perray
Trois amas de blocs de grès armoricain sont localisés à proximité du ruisseau du Perray. L’un d’entre eux est constitué de blocs de grès plus massifs.
Un quatrième amas, isolé, est situé à 500 mètres du ruisseau du Perray, sur le plateau surmontant l’étang des Forges. Il est bordé d’un talus qui court sur une centaine de mètres en remontant la colline.
Les amas du hêtre de Ponthus
Selon une tradition locale, les pierres dispersées au pied du hêtre de Ponthus seraient les vestiges du château de Ponthus. La première mention de ce château hypothétique n’apparait qu’au 17e siècle. Des recherches réalisées par l’abbé Le Claire en 1927 laissent penser que ces amas ont pour origine une construction d’époque gallo-romaine. — LE CLAIRE, abbé Jacques-Marie, « Étude sur les "camps retranchés" gallo-romains dans la région de Mauron », Bulletin Archéologique de l’Association Bretonne, Vol. 42, 1931, p. 77-101. —








