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1859-1861

Blin Francis et Guérard Amédée

Deux peintres à Monterfil

Entre 1859 et 1861, deux élèves de François-Édouard Picot à l’École des beaux-arts de Paris, Francis Blin (1827-1866) et Amédée Guérard (1824-1898), se retrouvent à Monterfil pour y peindre des paysages et des scènes de vie.

Francis Blin (1827-1866)

Éléments biographiques

Francis Blin est un peintre paysagiste né à Rennes le 10 septembre 1827. Son père François-Adrien Blin, né à Bazouges-du-Désert (Ille-et-Vilaine), est d’abord relieur puis libraire à Rennes, de 1832 à 1845. Sa mère Félicité Manpon est la sœur d’un avocat Rennais. —  KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. Bli-Bou, Vol. 4, Rennes, Plihon & Hervé, 1886, Voir en ligne. p. 7 —

Après des études au collège à Rennes, il se consacre au dessin et à la peinture. À vingt ans, il part avec ses parents pour Orléans et parcourt la Sologne à la recherche d’inspiration dans la nature.—  KERJEAN, Louis de, « Chronique », Revue de Bretagne et de Vendée, XX, 1866, p. 162-168, Voir en ligne. —

Le ruisseau
Le ruisseau

Francis Blin reçoit une formation de peintre auprès de François-Édouard Picot (1786-1868) à l’École des beaux-arts de Paris. Il rencontre notamment dans ce cours les peintres Amédée Guérard et Henri Saintin. Il se crée ensuite un atelier à Paris dans lequel il travaille l’hiver, arpentant les côtes et campagnes bretonnes le reste de l’année.

Son œuvre, remarquée par la critique, rencontre un certain succès aux Salons 1. Il meurt à Rennes, à trente-huit ans, le 26 juillet 1866, quelques mois après avoir obtenu la médaille d’or au Salon de 1866. Sa veuve, Jeanne-Marie-Auguste Fauquembergue, épouse le peintre Amédée Guérard.—  DECOMBE, Lucien, Notice biographique sur Francis Blin, paysagiste, Rennes, Alphonse Leroy, 1878, 28 p., Voir en ligne. —

1852-1866 — Les œuvres de Francis Blin au Salon

Les œuvres de Francis Blin sont exposées au Salon à partir de 1852, année où il présente Les Bohémiens et Vue des côtes de Bretagne. En 1857, il expose Vue prise en Sologne.

En 1859, deux de ses huiles sur toile, Après l’orage et Le matin dans la lande, souvenir de Monterfil sont l’objet des éloges de la critique.

Après l'orage
Après l’orage

[...] à cette exposition, il arrive avec deux tableaux très recommandables, et qui sont un important progrès. « Après l’orage (Bretagne) », est un très hardi paysage et une fort habile peinture. Les dernières nuées de la tempête, ramassées à l’horizon en immenses volutes et éclairées par un reflet de soleil, roulent dans le ciel au-dessus d’une lande coupée par une route grise ou la boue délayée s’étend comme un long tapis gris et humide ; de chaque côté, des tertres verts effondrés d’ornières l’accompagnent, et, au fond, on aperçoit un bouquet d’arbres qui s’égoutte ; nul homme ne passe, nul cheval ne fait jaillir la fange sous ses sabots, nul troupeau ne revient des champs. C’est la solitude, la profondeur et la lumière prises sur le fait ; ce tableau-là est fort bon et annonce l’avenir d’un maître.

Françis Blin expose deux œuvres au Salon de 1861, La solitude et Le ruisseau. Il présente trois œuvres au Salon de 1863, Paysage, Une plage en Bretagne et Souvenir de la Creuse. Son Paysage, refusé par le jury du Salon est exposé au Salon des refusés où, réhabilité, il obtient un grand succès critique.

M. Blin, que nous n’avons pas l’honneur de connaitre, que nous n’avons jamais vu, s’est fait un nom parmi les artistes militants ; mis au bas d’une œuvre de cette valeur, ce nom devrait lui ouvrir toute grandes les portes du Salon. Et ce jugement qui infirme et casse celui du jury, n’a pas été prononcé par nous seul ; non certes ! Car nous avons eu la bonne fortune d’assister à une petite émeute de gens de goût arrêtés devant le tableau de M. Blin et indignés d’une injustice aussi flagrante. On éprouvait le besoin de protester contre l’ostracisme qui a frappé un homme de talent...

LEROY, Louis, « Le salon de 1863 - IX - Les refusés », Le charivari, Vol. 20 mai, 1863, p. 2, Voir en ligne.

Théophile Gautier remarque quant à lui la hardiesse et l’originalité d’une de ses œuvres exposée au Salon.

« Une plage en Bretagne » de M. Blin, est une toile d’une hardiesse rare en dehors de toutes les habitudes de composition. L’artiste a représenté une plage nue et plate, bossuée de quelques roches basses, tachée ça et là de fucus et de varech laissés par la marée. Au-delà, dans la solitude et l’immensité, s’étend la mer tumultueuse sous un ciel grisâtre traversé de grands bancs de nuages que le vent bouleverse et fait écrouler. Sur la plage, pas une figure humaine, sur la mer, pas une voile. Rien que la nature, le silence et l’espace. La planète devait être ainsi avant l’apparition d’Adam. On rêve en face de cette toile déserte, d’où le peintre lui-même s’est retiré.

GAUTIER, Théophile, « Le Salon de 1863 », Le Moniteur universel, Vol. 22 aout, 1863, p. 2, Voir en ligne.

Il expose deux tableaux au Salon de 1865, La châtaigneraie et Souvenir du Cap Fréhel pour lequel il obtient une médaille. Il connait la consécration au Salon de 1866 en obtenant la médaille d’honneur pour la toile intitulée L’Arguenon à marée basse 2.

Ruines du château de Guildo, à marée basse
Ruines du château de Guildo, à marée basse
Il s’agit du château du Guildo à Créhen (Côtes-d’Armor).
Collections du Palais des Beaux-Arts de Lille

La mort prématurée de Francis Blin l’empêchera d’atteindre la consécration définitive qui lui semblait promise pour le Salon de 1867. Un critique attentif aux peintres de l’Ouest écrit : « Il se place immédiatement à la suite de Corot et de Rousseau... Il y avait là entre ces deux maitres une place originale à prendre, c’est monsieur Blin qui l’a prise ».

COURTADE, Sylvie et CHAPUIS, Elisabeth, La Bretagne vue par les peintres, Edita Lausanne, 1987, 151 p. [page 36]

1859 — Francis Blin à Monterfil

Francis Blin doit son attachement à Monterfil à la propriété familiale où il a passé une partie de son enfance.

Sa famille possédait, à six lieux de Rennes, au milieu des landes et des bois de Monterfil, une propriété où sa mère le conduisait souvent. C’est là qu’il apprit à aimer et à connaitre la nature ; c’est dans cette solitude, tantôt au milieu des bruyères et des ajoncs, tantôt à l’ombre des grands chênes, que la vocation de l’artiste se révéla chez l’enfant. Insouciant et gai comme on l’est à seize ans, il passa les années les plus heureuses de sa vie, peut-être, dans ces campagnes pittoresques que son pinceau devait illustrer plus tard.

DECOMBE, Lucien, Notice biographique sur Francis Blin, paysagiste, Rennes, Alphonse Leroy, 1878, 28 p., Voir en ligne. [pages 8-9]

En 1859, il y peint son œuvre la plus célèbre, Le matin dans la lande, souvenir de Monterfil.

Le matin dans la lande, souvenir de Monterfil
Le matin dans la lande, souvenir de Monterfil
1859 - Huile sur toile 1.31 x 2.27 m. Musée des Beaux Arts de Rennes

Cette œuvre connait un vif succès au Salon de 1859 et reçoit les éloges des critiques d’arts et commentateurs parmi lesquels Louis Jourdan, Maxime du Camp 3 et Alexandre Dumas.

J’ai beau chercher, je ne vois que quatre tons dans le tableau de M. Blin ; les autres sont sacrifiés avec une extrême adresse. De là cette tranquillité parfaite du tableau, malgré les innombrables détails qu’il renferme ; le ciel est léger, transparent, plein d’air. Avec quoi M. Blin fait-il ces charmants verts si insaisissables dans la nature ?

DUMAS, Alexandre, L’art et les artistes contemporain au salon de 1859, Paris, Librairie nouvelle, 1859, Voir en ligne. p. 166

Ce tableau est mentionné au n° 2 du catalogue de ses œuvres, publié à l’occasion de sa succession. Cinq autres études ou dessins réalisés eux aussi à Monterfil sont aujourd’hui introuvables 4.—  PETIT, François, Catalogue des tableaux, esquisses et études de F. Blin, Hotel Drouot, 1867, Voir en ligne. —

  • n°2 — Landes de Monterfil (Ille-et-Vilaine) 1,30 x 2,26 m
  • n°27 — Paysage à Monterfil
  • n°32 — Dans les landes de Monterfil
  • n°34 — Landes de Monterfil (Ille-et-Vilaine)
  • n°40 — Environs de Monterfil
  • n°47 — Études à Monterfil

1824-1898 — Amédée Guérard

Éléments biographiques

Amédée Guérard nait à Sens (Yonne) le 24 février 1824. Il se forme à l’École des beaux-arts de Paris aux cours de François-Édouard Picot où il rencontre le rennais Francis Blin avec lequel il se lie d’amitié.

Ce dernier lui fait découvrir la Bretagne qui devient sa principale source d’inspiration. Il séjourne à Monterfil (Ille-et-Vilaine) entre 1859 et 1861 puis à Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) d’où il parcourt la Côte d’Émeraude et la Côte de Penthièvre.

Il se marie avec la veuve de Francis Blin Jeanne-Marie-Auguste Fauquembergue. Figure importante du « réalisme social », il expose constamment de 1850 à 1890. Il meurt le 28 février 1898 à Paris. Une rue de Sens porte son nom. —  CHANDENIER, Félix, « Portrait d’Amédée Guérard », Annuaire historique du département de l’Yonne, 1899, p. 22-28, Voir en ligne. —

Portrait d'Amédée Guérard
Portrait d’Amédée Guérard
—  CHANDENIER, Félix, « Portrait d’Amédée Guérard », Annuaire historique du département de l’Yonne, 1899, p. 22-28, Voir en ligne. —

Le peintre et les Salons

De 1848 à 1890, Amédée Guérard présente des œuvres aux Salons et expositions officielles. Inspiré par Gustave Courbet et Adolphe Leleux, il y acquiert progressivement une réputation de peintre majeur du « réalisme social ».

La première de ses œuvres remarquées est une huile sur toile exposée à l’Exposition universelle de 1855, aujourd’hui introuvable. Le souvenir de sa formation artistique en Italie est néanmoins conservé sous la forme d’une gravure.

Eau-forte de l'adoration de la croix dans une église de campagne dans les environs de Rome
Eau-forte de l’adoration de la croix dans une église de campagne dans les environs de Rome

Une toile intitulée Jour de fête en Bretagne, elle aussi introuvable aujourd’hui, est exposée au Salon de 1857. Ce tableau, peut-être réalisé dans la région de Monterfil, est apprécié par une partie de la critique 5.

M. Amédée Guérard, qui est aussi un jeune, a obtenu, pour son « Jour de fête en Bretagne », mieux qu’une médaille, les bravos de tous les artistes. Il était difficile de mettre plus de gaîté, plus d’entrain, plus d’ensoleillement qu’il n’y en a sur cette grande route, où, bras dessus, bras dessous, gambade la bande joyeuse de paysans de la même ferme, se rendant à la frérie. Ils vont s’amuser aussi bravement qu’ils travaillent, et les grosses plaisanteries sont au bout de leurs lèvres. La bonne vieille endimanchée, qui est au milieu, partage l’allégresse. La gaîté des autres l’a grisée. Pauvre vieille, c’est peut-être la dernière fois qu’elle se rend au village. Chaque physionomie est d’une vérité qui dénote de sérieuses études. Il y a une franchise d’allure remarquable. Une seule observation : je trouve les figures des femmes trop léchées, trop rosées, trop lisses. Il faut songer que le soleil les embrase toute la journée et qu’elles ignorent le cold-cream et la poudre de riz.

LA GAVINIE, « Salon de 1857 (septième article) », La Lumière - Revue de la Photographie - Beaux-arts, héliographie, sciences, 09-05, Paris, 1857, p. 2-3, Voir en ligne.

Un repas de noce (Ille-et-Vilaine), autre tableau possiblement réalisé dans la région de Monterfil, est présenté au Salon de 1861. En 1864, il expose à Toulouse une œuvre intitulée La moissonneuse avec laquelle il s’émancipe de ses influences de jeunesse.

M. Amédée Guérard, après avoir primitivement procédé de M. Ad. Leleux et plus tard de M. Courbet, nous paraît vouloir secouer le joug de l’imitation. Le Convoi d’une jeune fille que ce peintre envoya à l’exposition de l’Union artistique en 1862, annonçait des tendances individuelles, mais aujourd’hui sa Moissonneuse, en nous donnant la mesure exacte de son faire, nous prouve qu’il est entré dans la bonne voie. La femme qui, la faucille au poing, hèle joyeusement ses compagnes à moitié endormies sur les gerbes rutilantes, est nature au possible. Pourquoi donc M. Guérard n’a-t-il pas doré cette scène d’un chaud rayon de soleil ? Le ciel gris et terne n’est pas en harmonie parfaite avec cet épisode champêtre. Malgré l’imperfection légère que nous signalons, imperfection qui provient peut-être d’un jour faux et éreintant, la Moissonneuse est une des belles pages de notre salon.

HILAIRE, Léon, « Exposition des Beaux-Arts en province - Toulouse », Les Beaux-Arts : revue de l’art ancien et moderne, Vol. 10, 1864, p. 79-81, Voir en ligne.p. 80

—  DELOUCHE, Denise, « Réalisme pictural et société rurale bretonne au 19e siècle », Société Historique et Archéologique de Bretagne, 1982, p. 119-156, Voir en ligne. [page 133] —

Amédée Guérard à Monterfil

Amédée Guérard est invité par Francis Blin à Monterfil à partir de 1859. Il y peint quatre tableaux : ses deux œuvres exposés au Salon de 1859, ainsi que deux tableaux présentés au Salon de 1861. —  BLANC, Charles, « Mouvements des arts et de la curiosité », La gazette des Beaux-arts, 1859, p. 184, Voir en ligne. —

1859 — Une messe du matin à Monterfil

De ce tableau aujourd’hui introuvable, on connait la description par des critiques d’arts ou commentateurs du Salon de 1859.

[...] nous entrons dans l’église de Monterfil avec M. Guérard. Les hommes sont d’un côté, les femmes de l’autre, suivant la coutume du pays, et l’officiant regarde ses paroissiens ; toutes les figures se ressemblent pour l’expression et pour la couleur. La beauté est chose rare dans ce canton, et nous plaignons ceux qui vont y chercher femme. On dit à cela : mais c’est ainsi, comment faire ? et nous retombons dans la grave question tant de fois débattue : l’art doit-il reproduire la laideur quand même ? Nous ne sommes pas de ceux qui croient que ce soit là son but. L’architecture est bien disposée et la lumière pénètre sous les voûtes de cet intérieur ; il y a dans cette toile une facture solide et une observation très-consciencieuse. Ces qualités sont habituelles à M. Guérard, il étudie attentivement ses sujets.

DUSMENIL, M. H., Le Salon de 1859, Paris, Ve Jules Renouard, 1859, 230 p., Voir en ligne. p. 120

1859 — Vive la fermière !

Vive la fermière ! (la Parbatte) ; fête après le battage des grains à Monterfil est une huile sur toile présentée au Salon de 1859.

Vive la fermière, ou la Parbatte, une fête après le battage des grains à Monterfil
Vive la fermière, ou la Parbatte, une fête après le battage des grains à Monterfil

M. Amédée Guérard n’a pas perdu son temps depuis 1857, et ses progrès sont très visibles. Son colori, qui était un peu mou, est devenu plus ferme et il approche d’une originalité personnelle qu’il n’avait pas encore conquise. « Vive la fermière » est une scène de Bretagne élégamment rendue. Les blés sont battus ; on a ramassé en tas le grain jailli de l’épi battu par les fléaux, deux vigoureux gaillards ont placé la jeune fermière sur leurs épaules et lui font faire le tour de l’aire, pendant qu’on chante à pleine voix, qu’on lui offre des fleurs et qu’un des hommes va devant elle en portant sur une pelle quelques poignées de beau blé de couleur blonde. Il y a de l’air, du mouvement, de la couleur, et nous ne demanderions rien de plus si le dessin des têtes n’était douteux et comme aplati.

1861 — Le convoi d’une jeune fille vers l’église de Monterfill

La plus célèbre de ses œuvres, présentée au salon de 1861, est intitulée Le convoi d’une jeune fille vers l’église de Monterfill.

Convoi d'une jeune fille se rendant à l'église de Monterfil - Amédée Guérard
Convoi d’une jeune fille se rendant à l’église de Monterfil - Amédée Guérard
1861, H 121,5 cm, L 200,3 cm, Ep 2,5 cm

M. Amédée Guérard a su mettre une poésie touchante dans le Convoi d’une jeune fille se rendant à l’église. On est en plein champ, près d’un village de la Bretagne. Les compagnes de la morte, jeunes paysannes vêtues de gris et de blanc, défilent sur le chemin. Beaucoup de simplicité, de naïveté et même de charme ; une couleur douce et harmonieuse, dans une gamme claire, sans contrastes d’ombres.

ANONYME, « Salon de 1861 », Le temps, 8 juin, Paris, 1861, p. 2, Voir en ligne.

Le tableau acheté par l’État après l’exposition de 1861 est donné au Musée d’Auxerre (Yonne) en 1864, où il se trouve toujours. Le convoi d’une jeune fille vers l’église de Monterfil a inspiré au graveur breton Théophile Busnel une gravure parue en 1882.

Avec grande minutie, le peintre développe, dans une campagne ample et déserte, un cortège funèbre en marche vers le village. Devant la mère éplorée, les proches et les habitants du hameau - seuls manquent les vieillards et nourrissons - quatre jeunes femmes portent le cercueil qu’un drap blanc recouvre. En tête, une fillette agite une clochette ; derrière s’avance la grande croix d’or, ceinte d’une écharpe au vent. Des enfants récitent le chapelet, portent l’eau bénite ou une petite couronne mortuaire. Toutes ont tablier blanc et coiffe de cérémonie. Derrière la croix, on reconnait une grande quenouille ; c’est dans le monde paysan, l’objet féminin par excellence.

BELBEOCH, Henri et LE BIHAN, René, 100 peintres en Bretagne, Palantines, 1995, 293 p. p. [page 74]

1869 — Réception du cercueil sous le porche de l’église de Monterfil

Le deuxième tableau de la série, intitulé Devant la maison de Dieu, souvenir de Monterfil, ou Réception du cercueil sous le porche de l’église de Monterfil est présenté au Salon de 1869. Il est actuellement exposé au Musée des Beaux-Arts de Sens, sa ville natale.

Réception du cercueil sous le porche de Monterfil - Amédée Guérard
Réception du cercueil sous le porche de Monterfil - Amédée Guérard

Bibliographie

Francis Blin

BARON, Yann et DELOUCHE, Denise, « ‘‘Montfort-sur-Meu, août 1882’’un tableau d’Henri SAINTIN - Les représentations de la porte Saint-Nicolas de Montfort dans les musées et les collections publiques », Musée de Montfort, 2013, Voir en ligne.

BELBEOCH, Henri et LE BIHAN, René, 100 peintres en Bretagne, Palantines, 1995, 293 p. p.

COURTADE, Sylvie et CHAPUIS, Elisabeth, La Bretagne vue par les peintres, Edita Lausanne, 1987, 151 p. [page 36]

DECOMBE, Lucien, Notice biographique sur Francis Blin, paysagiste, Rennes, Alphonse Leroy, 1878, 28 p., Voir en ligne.

DU CAMP, Maxime, Le Salon de 1859, Paris, Librairie nouvelle, 1859, Voir en ligne.

GAUTIER, Théophile, « Le Salon de 1863 », Le Moniteur universel, Vol. 22 aout, 1863, p. 2, Voir en ligne.

JOURDAN, Louis, Les peintres français au salon de 1859, Paris, Librairie nouvelle, 1859, Voir en ligne.

KERJEAN, Louis de, « Chronique », Revue de Bretagne et de Vendée, XX, 1866, p. 162-168, Voir en ligne.

KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. Bli-Bou, Vol. 4, Rennes, Plihon & Hervé, 1886, Voir en ligne.

LEROY, Louis, « Le salon de 1863 - IX - Les refusés », Le charivari, Vol. 20 mai, 1863, p. 2, Voir en ligne.

Amédée Guérard

ANONYME, « Salon de 1861 », Le temps, 8 juin, Paris, 1861, p. 2, Voir en ligne.

BELBEOCH, Henri et LE BIHAN, René, 100 peintres en Bretagne, Palantines, 1995, 293 p. p. [page 74]

BLANC, Charles, « Mouvements des arts et de la curiosité », La gazette des Beaux-arts, 1859, p. 184, Voir en ligne.

CHANDENIER, Félix, « Portrait d’Amédée Guérard », Annuaire historique du département de l’Yonne, 1899, p. 22-28, Voir en ligne.

DELOUCHE, Denise, « Réalisme pictural et société rurale bretonne au 19e siècle », Société Historique et Archéologique de Bretagne, 1982, p. 119-156, Voir en ligne. [page 133]

DU CAMP, Maxime, Le Salon de 1857, Paris, Librairie nouvelle, 1857, Voir en ligne.

DU CAMP, Maxime, Le Salon de 1859, Paris, Librairie nouvelle, 1859, Voir en ligne.

DUSMENIL, M. H., Le Salon de 1859, Paris, Ve Jules Renouard, 1859, 230 p., Voir en ligne.

GUÉRARD, Amédée, « Une lettre d’Amédée Guérard. Paris 1er août 1861 », 1861, Voir en ligne.

HILAIRE, Léon, « Exposition des Beaux-Arts en province - Toulouse », Les Beaux-Arts : revue de l’art ancien et moderne, Vol. 10, 1864, p. 79-81, Voir en ligne.

LA GAVINIE, « Salon de 1857 (septième article) », La Lumière - Revue de la Photographie - Beaux-arts, héliographie, sciences, 09-05, Paris, 1857, p. 2-3, Voir en ligne.


↑ 1 • Le Salon de peinture et de sculpture, appelé de manière générique le Salon, est une manifestation artistique qui a eu lieu à Paris de la fin du XVIIe siècle à 1880. Il exposait les œuvres des artistes agréées originellement par l’Académie royale de peinture et de sculpture, puis par l’Académie des beaux-arts.

↑ 2 • Sa toile médaillée en 1866 : L’Arguenon à marée basse, acquise par le Musée du Luxembourg, figure à l’Exposition du Champ-de-Mars en 1867 ; elle est ensuite exposée au Musée de Dunkerque.—  KERVILER, René et CHAUFFIER, Louis, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les bretons. Bli-Bou, Vol. 4, Rennes, Plihon & Hervé, 1886, Voir en ligne. —

↑ 3 • Il est très favorablement critiqué par Maxime du Camp.

Ce tableau-là est fort bon et annonce l’avenir d’un maître. Nous en dirons autant de celui qui est intitulé « Le matin dans la lande, Monterfil ». L’effet un peu aigu des brumes gris perle, qui s’évanouissent peu a peu au lever du soleil, a été saisi et immobilisé sur la toile avec un exquis sentiment et un talent déjà très sérieux là, non plus, personne ne passe, et devant ces grands peupliers qui détachent leurs belles têtes moites sur le ciel frissonnant encore, on ne voit qu’une bande de corbeaux qui fouillent la terre et cherchent des mans. La brosse de M. Blin est sûre, grasse ; son dessin est juste, l’air circule dans ses paysages, il voit bien, il transmet bien ; je ne vois guère ce qui lui manque, j’allais oublier de dire qu’il parait affectionner les colorations blondes qui sont les plus belles, toujours les plus séduisantes, et celles que le temps respecte le mieux.

Ainsi que par Louis Jourdan. —  JOURDAN, Louis, Les peintres français au salon de 1859, Paris, Librairie nouvelle, 1859, Voir en ligne. p. 23-24 —

↑ 4 • À cette occasion, une cinquantaine d’artistes, parmi lesquels Camille Corot ou Amédée Guérard, offrent des tableaux afin qu’ils soient vendus au profit de la succession de Francis Blin.

↑ 5 • Le critique Maxime du Camp lui reproche notamment de trop s’inspirer de l’œuvre d’Adolphe Leleux.

M. Amédée Guérard procède directement de M. Adolphe Leleux dans sa manière de voir et de rendre. Son Jour de fête en Bretagne semble presque un pastiche attiédi ; la couleur est plus molle et comme délayée ; elle est plus timide encore et semble ne pas vouloir s’accuser plus franchement. En revanche, l’action est vive et le mouvement plein d’entrain et de joyeuse humeur.