1927-2025
Le Charlès Henri
Un artiste en Brocéliande
Henri Le Charlès (1927-2025) est un peintre et sculpteur installé à Paimpont depuis 1981.
Éléments biographiques
1927-1940 — Jeunesse
La famille d’Henri Le Charlès est originaire des Côtes-d’Armor 1. Son père, Ernest Le Charlès (1897-1949) 2 et sa mère, Anne-Marie Le Goffic (1896-1983) 3, se marient le 17 juin 1923 à Vieux-Marché (Côtes d’Armor). Le couple quitte la Bretagne en 1924 pour le Havre (Seine-Maritime) où Ernest est employé en tant que soutier 4, et Anne-Marie en tant qu’aide-cuisinière dans un hôtel.
Quatre enfants naissent de cette union.
- Jean, né le 28 juin 1924 au Havre, décédé le 29 septembre 1925 à 15 mois,
- Henri Ernest est né au Havre le 8 mars 1927,
- Thérèse, née le 12 août 1930 au Havre, décédée le 13 mai 1932, à 21 mois,
- Pierre, né le 12 décembre 1931 au Havre, décédé en novembre 1984 à Argenteuil.
Ernest et Anne-Marie Le Charlès divorcent le 31 janvier 1936.
1940-1945 — La Seconde Guerre mondiale
En juin 1940, Henri quitte Le Havre en bateau lors de l’arrivée des troupes allemandes. La famille cherche un refuge le long des côtes françaises jusqu’au Pays basque mais revient au Havre occupé en octobre 1940. Six mois plus tard, suite aux bombardements anglais, Henri Le Charlès est placé chez ses grands-parents à Plouaret (Côtes-d’Armor).
A partir de 1941, âgé de 13 ans, il est apprenti forgeron, puis travaille chez un charron, un sabotier, dans une charcuterie... Il commence à dessiner et à peindre des scènes de la vie champêtre.
En septembre 1944, il part avec un groupe de FTP combattre sur le front de l’Atlantique. Membre officiel de la Résistance d’octobre 1944 à l’Armistice de mai 1945, il est notamment chargé d’une batterie dirigée sur la « Poche de Lorient ».
Incorporé par la suite dans l’armée régulière, il rejoint un régiment d’artillerie et fait partie des troupes de relèvement de la 2e Division Blindée en Allemagne jusqu’en août 1946.
1946 — Argenteuil
Relevé de ses obligations militaires, il s’installe à Argenteuil (Val d’Oise). Employé à la SNCF dès l’automne 1946, il travaille de nuit à la gare de triage. Il consacre ses jours de repos à la visite des musées de la capitale - Le Louvre, Le Musée des Arts Modernes, Le Jeu de Paume - et travaille sur le motif avec un élève de Paul Signac (1863-1935).
Son exposition au Salon des Indépendants de 1951 marque le début de sa carrière de peintre. Cette première exposition sera suivie de nombreuses autres à Paris et en banlieue dans les années 1950.
A la même époque, il voyage en Europe : en Italie en 1948-1949, en Angleterre et en Écosse en 1950, en Espagne en 1951, en Norvège, Suède et Danemark en 1952, en Pologne en 1953, en Belgique et en Hollande en 1954, en Italie en 1955 et en Finlande en 1956.
1953- 1965 — Peinture, mariage et action culturelle
En 1953, il fonde avec un groupe de peintres d’Argenteuil une association affiliée à l’Union Nationale des Arts Plastiques. Il est membre du bureau national de cette association de 1953 à 1965.
Henri Le Charlès se marie le 21 décembre 1957 à Argenteuil, avec Gabrielle Lucienne Louise Manini 5. Ils ont deux filles.
- Marie-Pierre, née le 27 janvier 1959 à Argenteuil,
- Fabienne, née le 2 octobre 1966 à Argenteuil 6.
De 1965 à 1970, il crée et anime l’atelier « Le Carré Bleu » ouvert tous les samedis après-midi aux enfants du quartier et un soir par semaine aux adultes. « Le Carré Bleu » s’inscrit dans le cadre des « Académies Populaires » soutenues par le Ministère de la Culture.
Très actif dans la vie culturelle d’Argenteuil, il organise des expositions en partenariat avec l’Union Nationale des Arts Plastiques du docteur Bernheim et de Pierre Gamarra (1919-2009) 7, écrivain et directeur de la revue Europe. De nombreux artistes de premier plan s’y côtoient parmi lesquels Pablo Picasso (1881-1973), Fernand Léger (1881-1955), Édouard Pignon (1905-1993), Jean Lurçat (1892-1966) ou Ossip Zadkine (1888-1967).
Acteur du mouvement Freinet, il est durant plusieurs années l’animateur du chantier Art de BT (Bibliothèque de Travail) et des pages Arts de la revue. Il est notamment l’auteur des BT consacrées à Botticelli, Rembrandt, Klee, Léger, Miro, Dubuffet et à l’Art Abstrait.
1981-2025— Paimpont
En retraite à partir de 1981, il s’installe à la Calle Fourchée en Paimpont et se consacre à des travaux artistiques. Il continue son œuvre peint 8 et se lance dans la sculpture.
En 1985, il cofonde l’Association Artbro avec Robert Morvan et en devient le premier président. Il expose au Salon Artbro durant la période estivale en compagnie des autres membres de l’association.
En 1994 en compagnie de sa femme Gabrielle et d’autres bénévoles, il fonde la bibliothèque municipale puis l’Association des Amis de la Bibliothèque de Paimpont.
Henri Le Charlès décède à Paimpont le 24 mai 2025, à l’âge de 98 ans.
L’œuvre
Poésie
Henri Le Charlès est l’auteur d’un recueil de poésie paru en 1957, inspiré par ses voyages en Europe. — LE CHARLÈS, Henri, Primaires, Paris, debresse-poésie, 1957, 60 p. —
Dans les années 1990, il renoue avec la poésie autour du collectif nantais Couleur dite/Parole peinte, mariant arts plastiques et poésie.
- En 1996, il publie un de ses poèmes dans un livre d’artiste tiré à 20 exemplaires. — LE CHARLÈS, Henri, SERG, Gicquel et SILVANCE, Isa, Primaires, Nantes, Couleur dite/Parole peinte, 1996. —
- En 1997, il illustre un poème de Daniel Albel pour un livre d’artiste collectif tiré à 120 exemplaires. — COLLECTIF, L’eau, Nantes, Couleur dite/Parole peinte, 1997, (« Simili Type N&B »). —
Peinture
Henri Le Charlès est l’auteur d’une œuvre abondante produite tout au long de son existence. Grand amateur de musées, d’expositions, de livres d’art, il puise son inspiration dans de nombreux courants artistiques parmi lesquels, le cubisme, les pionniers de l’abstraction, l’école de Paris ou la peinture naïve.
Sa peinture ainsi que sa sculpture sont difficilement définissables. M. Le Charlès ne souhaite pas s’enfermer dans un genre. Parfois, il s’approche plus de l’abstrait, parfois du figuratif, il qualifie lui même son art de baroque. Mais s’il peint depuis toujours, il n’a commencé la sculpture qu’en arrivant à Paimpont il y a 15 ans.
Sculpture
C’est en s’installant à Paimpont qu’Henri Le Charlès commence sa pratique de la sculpture. Inspiré par les éléments de son nouvel environnement, il travaille essentiellement les matériaux organiques et minéraux.
Je sculpte des racines, des morceaux de bois que je trouve en forêt ou dans mon propre tas de bois. Il faut toujours avoir l’esprit en éveil. Quand je trouve une racine, je la prends, je la retourne, je l’observe, je la travaille, parfois j’y ajoute des galets, selon l’inspiration.
Abstraites ou figuratives, ses sculptures sont principalement en bois poli. Parmi ses influences, citons Henri Moore (1898-1986), François Pompon (1855-1933) ou la sculpture traditionnelle inuit.
Prix & distinctions
- 1960 — Prix de l’Académie d’Argenteuil,
- 1985 — Médaille de la ville de Rethel, Salon Européen de la Sculpture, Rethel,
- 1985 — Prix d’honneur du Salon des Nations, Centre International d’Art Contemporain, Paris,
- 1986 — Prix du Mérite « Artistique Européen », Brest,
- 1988-1989 — Médaille d’or du Festival des Arts en Bretagne de Saint-Quay-Portrieux,
- 1991 — Prix décerné par le Conseil Général de la Manche, Brecey.
Henri Le Charlès, Paimpont et Brocéliande
Depuis son arrivée à Paimpont en 1981, Henri Le Charlès a réalisé de nombreuses œuvres peintes, dessinées ou sculptées, inspirées par son nouvel environnement.
Affiches
1991 — Comper en Bretagne
En 1991, il réalise une affiche à l’occasion d’une exposition de sculpture au château de Comper.
1994-2005 — Bibliothèque municipale
À partir de 1994, Henri Le Charlès participe à l’organisation de nombreuses expositions et animations de la bibliothèque municipale de Paimpont pour lesquelles il réalise les affiches.
1997 — Hamadryade
En 1997, Henri Le Charlès réalise deux illustrations pour l’Association Hamadryade - Paimpont Nature Environnement.
Les illustrations sont imprimées sur deux cartes postales vendues en soutien des actions menées par cette association contre l’établissement d’un poulailler industriel à Telhouët.
Pour nous aider à sauver Brocéliande
Pour nous aider à sauver Brocéliande
Dessins, aquarelles et fusains
1985 — Le Siège de Merlin
En 1985, Henri Le Charlès réalise un dessin au crayon et à la plume du « Siège de Merlin », affleurement de schiste pourpre situé sur les hauteurs du Val sans Retour.
1985 — Val sans Retour
La même année, toujours inspiré par le Val sans Retour, il dessine à la plume une interprétation personnelle du Miroir aux Fées.
1985 — Les menhirs de Monteneuf
1996 — Arbres
Inspiré par son environnement forestier, Henri Le Charlès réalise de nombreux dessins d’arbres.
En nous emmenant d’une rive à l’autre, de l’abstraction à la figuration, de la couleur au noir et blanc, Henri Le Charlès nous montre des œuvres techniquement très maitrisées [...]. En saisissant ce que l’arbre a de plus profond en lui : son âme, il rend un vibrant hommage à des arbres que sans doute nous connaissions déjà, mais que nous redécouvrons avec un regard neuf, chargé d’une réelle émotion, celui de l’artiste.
- Deux dessins au crayon et à l’aquarelle.
- Une série de dessins au crayon sur les arbres remarquables de Brocéliande.
- Un pastel représentant deux arbres sur la digue de l’étang du Pont Dom Jean.
Peinture
Henri Le Charlès est l’auteur de nombreuses toiles consacrées à la forêt de Brocéliande ou aux paysages et monuments de la forêt de Paimpont.
1960 — Brocéliande
1985 — La Station Biologique
En 1985, il peint une huile sur bois (50x60 cm) représentant la Station Biologique de Paimpont.
Vers 1990 — La scierie de la Fenderie
Il peint une huile sur toile de la scierie de la Fenderie située à proximité des Forges de Paimpont.
Sans date — La Ville Danet
Il réalise une série d’huiles sur toile inspirées du bocage de la Ville Danet (Paimpont).
Sans date — L’église
Une peinture à l’acrylique sur toile, sans titre, vraisemblablement une représentation de l’église abbatiale de Paimpont. On reconnait le clocher en impériale, la fenêtre ogivale du chœur ainsi que la haute-forêt en arrière plan.
2012 — L’abbaye de Paimpont
En 2012, il peint une huile sur toile représentant l’abbaye vue du chemin de la Grotte.
Hommage
Une exposition en hommage à Henri Le Charlès a été organisée à la médiathèque de Paimpont en janvier 2026.


























