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Parti National Breton

mardi 14 décembre 2021

Lors du congrès du 11 avril 1931, le Parti Autonomiste Breton - Strollad Emrenerien Vreiz - se scinde pour former deux partis distincts.

  • La Ligue Fédéraliste de Bretagne, fédéraliste et internationaliste 1
  • Le Parti National Breton - Strollad Broadel Breizh - séparatiste et nationaliste

Le Parti National Breton est créé au congrès de Landerneau le 27 décembre 1931, par François Debauvais, Olier Mordrel, Célestin Lainé, Yann Bricler, les frères Delaporte, etc.

Face au fédéralistes, le PNB accentue ses positions de droite et d’extrême-droite, se montrant de plus en plus sensible aux théories en vogue de l’autre coté des Alpes et outre-Rhin, en Italie fasciste et en Allemagne nazie.

CADIOU, Georges, L’hermine et la croix gammée : le mouvement breton et la collaboration, Mango, 2001, 262 p. [page 37]

À partir de 1934, Olier Mordrel propose au PNB le programme Strollad Ar Gelted Adsavet (Parti des Celtes relevés) ou Saga, copié sur celui du Parti nazi et porté par la revue Stur (Le gouvernail). Ce courant devient majoritaire en août 1937, au congrès de Carhaix.

Nous considérons donc comme très important d’éviter les métissages en Bretagne et de rechercher systématiquement l’extension du type nordique, non pas comme le meilleur véhicule d’un génie national, qui est devenu la chose de tous les Bretons, mais comme le symbole du celtisme et comme idéal esthétique. Nous avons la conscience d’obéir au désir profond de la Création en recherchant la pureté et l’unité esthétique. [...] Un État breton, soucieux de la pureté et de la beauté de la race, déciderait sans doute un certain nombre de mesures, telles que la neutralisation des alcooliques et des dégénérés...

Stur n°10 juillet 1937 in CADIOU, Georges, L’hermine et la croix gammée : le mouvement breton et la collaboration, Mango, 2001, 262 p.

En août 1939, suite au débarquement d’armes de Plestin 2, le PNB est interdit et dissous. Ses leaders Olier Mordrel et Fransez Debauvais, se réfugient à Berlin afin de plaider la cause bretonne auprès des nazis. Condamnés à mort par contumace le 7 mai 1940, ils profitent de la débâcle française pour rentrer en Bretagne dans les fourgons de l’occupant.

Le 3 juillet 1940, ils tentent de mettre en œuvre leur projet d’indépendance de la Bretagne, lors de la réunion de Pontivy. Le Comité national breton y établit un manifeste de dix-huit points, dit « Programme de Pontivy » et fonde un nouvel organe de presse, L’Heure Bretonne, en remplacement de Breizh Atao 3.—  CONSEIL NATIONAL BRETON, Déclaration — Programme : Pontivy 3 juillet 1940, Rue Waldeck-Rousseau Rennes, C.N.B., 1940, Voir en ligne. —

Le comité exécutif du C.N.B.
Le comité exécutif du C.N.B.
—  CONSEIL NATIONAL BRETON, Déclaration — Programme : Pontivy 3 juillet 1940, Rue Waldeck-Rousseau Rennes, C.N.B., 1940, Voir en ligne. —

En décembre 1940, conscients du rejet des séparatistes bretons par la population, les Allemands suscitent « une révolution de palais » qui écarte les deux leaders et place à la tête du PNB les frères Yves et Raymond Delaporte. Ces derniers poursuivent la politique de collaboration.

À partir de 1943, le PNB delaportien tente de prendre ses distances avec ses protecteurs, ce qui provoque à la fin de l’année la scission de l’aile dure et militarisée de Célestin Lainé. Ce dernier forme la Bezen Perrot qui participe à la destruction des maquis à l’été 1944. Le PNB est dissous le 18 août 1944, et la plupart de ses membres sont condamnés à la Libération pour collaboration. —  BOUGEARD, Benoit, « La collaboration en Bretagne », 2017, Voir en ligne. —


↑ 1 • La Ligue fédéraliste de Bretagne est constituée par Maurice Duhamel avec Morvan Marchal, Arsène Gefflot, Goulven Mazéas, René-Yves Creston, Le Men, Abeozen, Yann Bricler ...

Nous sommes fédéralistes et nous sommes Bretons. Des hommes positifs, conscients de ce qu’ils sont, pénétrés d’un idéal de fraternité des peuples [...]. Nous jugeons qu’au-dessus des nationalités, il y a l’homme, l’humanité, le monde, qui, s’il était mu par un sentiment de fraternité humaine, aspirerait au règne de la paix, de la concorde universelle, ce qui ne sera possible que lorsque chaque peuple aura pris conscience de lui-même. [...] Mais nous ne versons pas dans l’utopie qui consiste à vouloir fédérer des pays impérialistes, des États unitaristes qui, chacun dans son cadre, se défient, s’enorgueillissent d’un nationalisme outrancier et prêchent au monde leur supériorité sur les autres pays du globe [...]

La Bretagne fédérale n°1, 20 décembre 1931 in CADIOU, Georges, L’hermine et la croix gammée : le mouvement breton et la collaboration, Mango, 2001, 262 p.

↑ 2 • Durant la nuit du 8 au 9 août 1939 des nationalistes bretons parmi lesquels des membres du PNB récupèrent un stock d’armes fournies par les services secrets allemands (l’Abwehr). Les armes, tracts, affiches et munitions sont récupérés sur une plage de Locquirec, transportés par voiture et entreposés dans une villa de Perros-Guirec et à l’abbaye de Boquen dirigée par Dom Alexis Presse.

↑ 3 • L’Heure Bretonne nouvel hebdomadaire du P.N.B. est un journal antisémite, anticommuniste et raciste qui critique Vichy, de Gaulle et les Anglais, exalte « l’Europe nouvelle » nazie et prône la collaboration. —  BOUGEARD, Benoit, « La collaboration en Bretagne », 2017, Voir en ligne. —