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1942

La merveilleuse dame de Trécesson

Un conte de Brocéliande en breton vannetais

La merveilleuse dame de Trécesson est un conte de Loeiz Herrieu (1879-1952) extrait d’un recueil de contes et d’histoires pour la veillée de Noël intitulé De hortoz kreisnoz (En attendant minuit). Dans cet ouvrage écrit en breton vannetais, paru en 1942, l’auteur partage les illustrations avec Xavier De Langlais, Xavier Haas et Raoul Perrin.

Loeiz Herrieu, écrivain et militant breton

Louis Mathurin Henrio, dit Loeiz Herrieu, est né à Lanester (Morbihan) en 1879. Son œuvre écrite en breton vannetais s’épanouit dans de nombreuses formes littéraires.

L’œuvre de Loeiz Herrieu est extrêmement variée : poésie, théâtre, contes, recueils de chants populaires, articles sur les sujets les plus divers, les plus inattendus, parmi lesquels des études linguistiques. C’est tout Dihunamb qu’il faudrait feuilleter pour la dénombrer. Car c’est dans le cadre de ses éditoriaux de Dihunamb que le talent de Loeiz Herrieu s’exprime le plus librement. Une œuvre aussi nombreuse est fatalement inégale. En outre, très dispersée, elle défie le classement et décourage la traduction, ayant souvent plus d’intérêt par la forme que par le sujet... L’actualité d’un sujet passe vite ! Ce qu’il faut en retenir c’est la qualité de la langue, toujours admirable, la souplesse de la syntaxe, la richesse du vocabulaire. Loeiz Herrieu est véritablement un écrivain.

LANGLAIS, Xavier de, « Extrait d’une étude et son oeuvre par Xavier de Langlais », in Kammdro an Ankoù, 1933-1942, Meriadeg Herrieu, 1972, p. B-C, Voir en ligne.

L’activité littéraire de Loeiz Herrieu commence au milieu des années 1890, années durant lesquelles il commence la collecte de chants populaires du Morbihan. À partir de 1898, il fréquente l’équipe du Clocher Breton, revue bilingue littéraire de Lorient 1. Il y publie ses propres écrits à partir de 1902. La même année, il intègre la Gorsedd de Bretagne sous le nom de Barz Labourer (Le barde laboureur).

Loeiz Herrieu
Loeiz Herrieu

En janvier 1905, il crée la revue mensuelle en vannetais Dihunamb ! (Réveillons-nous !) 2, puis en 1906, la revue bilingue, Le Pays Breton 3.—  JAFFRÉ, Job, « Biographie Loeiz Herrieu », 2021, Voir en ligne. —

Loeiz Herrieu adhère à l’Union régionaliste bretonne dans les premières années du 20e siècle. Il en est membre puis secrétaire général. En 1912, il quitte l’URB, et rejoint la Fédération Régionaliste de Bretagne créée un an plus tôt 4.

La première guerre mondiale

Loeiz Herrieu est mobilisé de 1914 à 1918 en tant que sous-officier dans l’infanterie territoriale. Fortement marqué par l’expérience de la guerre, il rédige quotidiennement des notes prises sur le front, ainsi que des lettres à son épouse Loeiza er Meliner (Louise Le Méliner).

Dans les années 1930, il publie Kammdro an Ankoù - Le tournant de la mort - journal de guerre écrit à partir de ses notes de 1914-1918. Loeiz Herrieu illustre lui-même cet ouvrage, considéré comme son chef d’œuvre 5.

Seuls l’expérience et le récit de la guerre posent Loeiz Herrieu en grand écrivain, auteur d’une unique œuvre marquante. Car c’est paradoxalement dans cette terrible situation de privation de liberté d’homme qu’il trouve son espace de liberté littéraire. Grâce à la rédaction de carnets tout d’abord, dans lesquels il note chaque jour scrupuleusement ce qu’il lui arrive. Ces carnets vont être la source de Kammdro an Ankoù [...] rédigés dans une langue spontanée, un premier jet destiné à être transformé en une œuvre écrite dans une langue littéraire.

HEULIN, Anthony, « Loeiz Herrieu, de la langue des carnets à la langue littéraire », Varia, Vol. 19, 2015, p. 343-361, Voir en ligne.
Pont détruit - Illustration pour Kammdro an Ankoù
Pont détruit - Illustration pour Kammdro an Ankoù
—  HERRIEU, Loeiz, Kammdro an Ankoù, 1933-1942, Brest, Al Liam, 1994, 318 p. —

La Seconde Guerre mondiale

Loeiz Herrieu est un membre actif du Parti National Breton durant toute la guerre 6. Membre de la section vannetaise, il est présent le 3 juillet 1940, à la réunion de Pontivy au cours de laquelle le Comité national breton établit un manifeste de dix-huit points, dit « Programme de Pontivy » 7 et fonde un nouvel organe de presse en remplacement de Breizh Atao, L’Heure Bretonne 8.—  HAMON, Kristian, Les nationalistes bretons sous l’occupation, Kergleuz, An Here, 2001, 261 p., (« Collection histoire »). [pages 121 ; 132] —.

Durant les quatre années de guerre, Loeiz Herrieu signe une rubrique mensuelle dans L’Heure Bretonne, intitulée Diu gentel de bredérien ar nehe, sous le pseudonyme de E. Er Rouzig 9. Durant l’été, 1942, il cosigne une chronique collective antisémite dans la revue pétainiste La Bretagne 10.

Loeiz Herrieu poursuit ses activités littéraires dans le contexte troublé de la Seconde Guerre mondiale. En 1942, il publie un recueil de contes comprenant une adaptation d’une légende de Trécesson en Campénéac (Morbihan). —  HERRIEU, Loeiz, « Intron burhudus Treùison (La merveilleuse dame de Trécesson) », in De hortoz Kreisnoz (En attendant minuit), Lorient, Ed. Dihunamb, 1942, p. 102-119, Voir en ligne. — L’année suivante il fait paraitre une étude sur la littérature bretonne qui comprend de longs développements sur le cycle du Graal.—  HERRIEU, Loeiz, La littérature Bretonne, Hennebont, Dihunamb, 1943, 232 p., Voir en ligne. —

En 1945, son appartenance au P.N.B. lui vaut une condamnation à 20 ans d’indignité nationale. Il est amnistié le 15 janvier 1952 en vertu de l’application de l’article 6 de la loi du 5 janvier 1951.

Amnistie de Loiez Herrieu - 15 janvier 1952
Amnistie de Loiez Herrieu - 15 janvier 1952

Atteint d’une maladie incurable, Loeiz Herrieu décède à Auray le 22 mai 1953, à l’âge de 74 ans.—  JAFFRÉ, Job, « Biographie Loeiz Herrieu », 2021, Voir en ligne. —

L’écriture du conte

1942 : première édition

En 1942, parait De hortoz kreisnoz (En attendant minuit), un recueil de contes et d’histoires pour la veillée de Noël en breton vannetais. L’auteur partage les illustrations avec Xavier De Langlais, Xavier Haas et Raoul Perrin.

Ce recueil comprend un conte intitulé La merveilleuse dame de Trécesson, libre interprétation de la légende de la mariée de Trécesson en Campénéac (Morbihan).—  HERRIEU, Loeiz, « Intron burhudus Treùison (La merveilleuse dame de Trécesson) », in De hortoz Kreisnoz (En attendant minuit), Lorient, Ed. Dihunamb, 1942, p. 102-119, Voir en ligne. —

De Hortoz Kreiznoz de Loeiz Herrieu - édition de 1942
De Hortoz Kreiznoz de Loeiz Herrieu - édition de 1942

Rééditions

L’ouvrage a fait l’objet d’une réédition en 1957 ; les exemplaires, sauf un, celui de Loeiz Herrieu, ont été perdus dans un naufrage entre Groix et le continent.

Une réédition bilingue des contes de Loeiz Herrieu devrait paraître en 2022 aux Éditions du Possible. La réécriture en breton unifié est assurée par François Louis, la traduction en français de son fils Mériadec Herrieu est revue par Loeiz Le Braz et François Louis. Une seconde préface de Daniel Doujet actualise la présentation du livre.

De Hortoz Kreiznoz de Loeiz Herrieu - réédition
De Hortoz Kreiznoz de Loeiz Herrieu - réédition

Le texte intégral du conte en français

Première partie

Quand on va de Campénéac, dans le pays Gallo, vers le nord-est, on arrive, à environ trois quarts de lieue du bourg, dans une vallée isolée qui s’étend aux pieds de hautes collines pierreuses et sèches. Dans cette vallée, cachée par des arbres très hauts qui se souviennent des temps anciens, on trouve un château qui n’a sans doute pas son pareil sur la terre de notre pays : le château de Treùison ; ou Trécesson, comme on dit en français. Il se dresse là, hautain et élancé, entouré d’eau. Ses hautes tourelles se reflètent dans le lac où leurs ombres, qui les rallongent encore, semblent fureter parmi les feuilles plates et les fleurs blanches du nénuphar. Il a été construit avec la pierre du pays, une sorte de tuffeau rouge. S’il vous arrive de passer par là, quand le soleil l’éclaire, vous serez surpris par son aspect un peu rougeâtre, piqueté par l’argent des lichens de muraille, qui donne à l’eau du lac cette couleur vieux sang, un peu marbré ici et là. Par endroits, les murailles sont couronnées de lierre sombre et brillant. Les hauts murs sont percés de petites fenêtres ou des meurtrières étroites qui, tels des yeux de géants, dardent leur regard noir sur les cimes vertes des arbres des alentours. Au VIIIe siècle, un château se dressait déjà en ce lieu : la résidence des princes de Ploërmel, d’Augan et de Campénéac. Au même endroit, on construisit au XIVe, le château actuel. Pour s’en approcher, il fallait jadis franchir un pont-levis qu’on abaissait entre les deux tourelles de la façade jusqu’à un bout de digue. Dès lors que la digue fut prolongée jusqu’à l’entrée, le pont perdit son utilité. Une galerie éclairée par des fenêtres permettait le passage d’une tourelle à l’autre. Sous cette galerie, au-dessus de la porte, on peut voir un bouclier, sculpté dans la pierre, portant les armoiries des seigneurs de Trécesson et leur fière devise : « Plutôt rompre que plier ». Au temps où les seigneurs et leurs serviteurs vivaient encore à Trécesson, il devait avoir une allure si noble et si majestueuse qu’on ne trouvait sans doute dans la région d’autre château que celui de Josselin pour éveiller autant de crainte et de respect dans le cœur du passant. Gilles, marquis de Trécesson, l’aîné de la lignée, en était le propriétaire en l’an 1717. Il y habitait avec Anna Le Nein et leur maisonnée, mais, comme il servait comme officier dans les armées du roi de France, il n’y résidait que quand il en avait le loisir. Gilles était âgé de 53 ans lorsque survint l’événement dont nous allons parler. C’était un homme robuste et alerte dont le passe-temps favori était la chasse au cerf, alors très répandue dans la région, spécialement dans les bois de Trécesson. D’autres que lui appréciaient la chair de cet animal. Les chasseurs du pays, des ouvriers et des forestiers, se permettaient parfois de faire, ni vu ni connu, un petit tour dans les bois du château ; ils opéraient surtout la nuit pour être encore plus assurés de passer inaperçus. Noël approchait. Les châtelains n’avaient pas été sans remarquer que les braconniers s’en prenaient davantage au gibier en cette période de fin d’année. Aussi avait-on chargé François, le garde, de faire des rondes nocturnes pour éloigner les voleurs.

Deux jours avant Noël, l’année dont je vous parle, un terrible orage s’abattit sur la région ; un de ces orages qu’on voit parfois en Bretagne à cette période de l’année. « Une nuit rêvée pour les chasseurs », se dit François. Aussi, lorsque chacun eut regagné sa chambre, s’en alla-t-il, emmitouflé dans un manteau de gros drap et armé de deux pistolets, se poster dans un massif de lauriers, à la lisière du bois, dans une cabane de genêt qu’il avait construite les mois précédents. C’était la pleine lune : il faisait si clair qu’il verrait les chasseurs rôder. La tempête soufflait en bourrasques déchaînées. Les branches des arbres craquaient, grinçaient en frottant les unes contre les autres ; le vent hurlait dans la cime des sapins de croix. Par moments, des lambeaux de nuages noirs passaient sur la face blême de la lune, fuyant éperdument vers l’est comme chassés par tous les diables de l’enfer. Ils apportaient à chaque fois une forte averse dont les gouttes de pluie mêlées de gros grêlons claquaient sur les branches. Il ne faisait pas bon se promener. Pourtant, une demi-heure environ après s’être mis à l’affut, François eut l’impression d’entendre comme un bruit de sabots de chevaux, là-bas, sur l’allée du château. Qui diable viendrait à cette heure, un équipage qui plus est, sans en avoir informé Monsieur ? Les mugissements du vent avaient empêché François de suivre l’approche du bruit ; aussi fut-il fort surpris, un instant plus tard, en voyant déboucher, face à lui, un carrosse attelé de deux chevaux lancés au galop. L’attelage tourna brutalement dans la clairière et vint s’arrêter à quelque deux cents pas de lui, tout près d’un tas de feuilles sèches qu’il avait justement râtelées à cet endroit la saison précédente. Les chevaux haletaient ; une vapeur faite de sueur et de pluie s’élevait au-dessus d’eux. A peine s’étaient-ils arrêtés que, du siège du cocher, deux messieurs bien vêtus sautèrent à terre ; ils portaient des manteaux et le haut de leur visage était masqué par une pièce d’étoffe noire. Ils ouvrirent la portière. Deux autres messieurs de même allure descendirent de la voiture dont on sortit aussitôt deux bêches et deux étreppes. Enfin apparut une jeune femme, toute de blanc vêtue, telle une mariée au jour de ses noces, un lourd manteau de velours jeté sur les épaules. François ne savait que penser. A la lueur de la lune à nouveau découverte, il parvint à distinguer la silhouette des gens avec plus de netteté. La jeune dame paraissait être une bien jolie fille. On aurait dit qu’elle avait les mains liées dans le dos car on ne pouvait les voir. Sans un mot, les quatre hommes s’emparèrent des outils et se mirent à creuser à proximité du tas de feuilles. Ils paraissaient être bien pressés et besognaient d’arrache-pied. Après un quart d’heure d’efforts, ils s’arrêtèrent. L’un d’eux - le chef, probablement - s’approcha de la jeune femme. Il s’adressa à elle d’une façon qui semblait arrogante, accusatrice. La distance qui les séparait était cependant trop grande, et le hurlement de la tempête trop fort dans les arbres pour que François puisse suivre la conversation. Cependant, le vent, en tourbillonnant, en rabattait des bribes vers lui. Ils s’entretenaient en breton et en français. François, né à Saint-Gonéry, entendait le breton ; aussi comprenait-il parfaitement les paroles qui lui parvenaient. Il entendit en particulier le monsieur dire, en français : « Que de manières ! Pourquoi ne voulez-vous pas parler français ? » Et puis, un peu plus tard : « Pourquoi n’avez-vous pas voulu coucher avec le Régent ? » Cette fois il entendit distinctement la voix douce de la jeune femme répondre en breton : « Cet homme n’a aucun droit sur moi. Nous ne sommes pas mariés, que je sache ! » « Vous l’entendez, messieurs ? » dit son interlocuteur, se tournant vers ses acolytes. François ne put saisir la suite, mis à part une réplique de la jeune femme affirmée avec force : « Plutôt mourir que d’être souillée, fût-ce par un roi ! » Et l’autre de lui répondre, toujours en français : « Eh bien, comme vous voudrez ! Vous savez ce qu’a dit le Régent. Quelle fille entêtée vous faites ! La devise de Trécesson vous irait on ne peut mieux ». Un peu plus tard, François vit les quatre hommes se précipiter sur la jeune femme, la saisir sans ménagement et la jeter dans la fosse qu’ils avaient creusée. Malgré sa résistance et ses cris elle fut bientôt recouverte de feuilles et de terre. François en fut tout secoué et il eut bien du mal à se retenir de crier. Mais que pouvait-il, seul, face à quatre hommes probablement armés ? Se rappelant les deux pistolets qu’il avait emportés il reprit cependant courage. Cette jeune femme, il ne pouvait laisser ces meurtriers l’enterrer vive. Cela ne se pouvait ! Alors il hurla à pleine poitrine : « A l’assassin ! » et tira un coup de pistolet. En entendant cette voix si proche d’eux et la déflagration du coup de feu, les quatre malfaiteurs jetèrent leurs outils à terre, sautèrent dans le carrosse et prirent la fuite sans demander leur reste. Celui qui servait de cocher, labourant les flancs des chevaux de la lanière de son fouet, les arracha au grand galop. François tremblait, malgré lui, tout retourné par ce dont il venait d’être témoin. Pour un peu il aurait cru avoir fait un cauchemar s’il n’avait devant les yeux la tombe à moitié comblée où gisait, sous la terre, le corps de la malheureuse jeune femme. Il accourut au bord de la fosse, ôta son manteau qu’il posa sur le tas de feuilles, saisit une bêche et se mit en devoir de vider le trou au plus vite. Mais on comble bien plus rapidement une fosse qu’on ne la vide. De plus, il était seul. Bientôt, la sueur lui coula au front. Il fit une courte pause, le temps de cracher dans le creux de ses mains qui glissaient sur le manche de l’outil, et se remit à balancer la terre à l’extérieur. Pelletée après pelletée, il atteignit enfin les feuilles jetées en premier à même le corps. Il fallait maintenant continuer avec précaution de crainte de le blesser. Une fois dégagée l’extrémité de la fosse où se trouvait le haut du corps de la jeune femme, il se mit à genoux pour balayer de la main les feuilles qui dissimulaient le visage. Il écarta les coins du voile et, aussitôt après, il découvrit la tête de la malheureuse. Il l’interrogea immédiatement : "Madame, êtes-vous en vie ? ". Aucune réaction ; aucune réponse. A la lueur de la lune, la femme paraissait pâle et sans vie. « Il vaut mieux que j’aille chercher du secours », se dit François. Et il prit sa course vers le château.

Il eut vite fait de réveiller Monsieur Gilles ainsi que trois domestiques. Ensemble, ils revinrent à toutes jambes vers la fosse, apportant une civière avec eux. La Dame était toujours étendue, comme sans vie. Une fois le corps totalement dégagé de la terre et des feuilles, ils le hissèrent doucement hors de la fosse, coupèrent les liens qui entravaient les mains dans le dos et le couchèrent sur le brancard. C’est ainsi qu’ils revinrent au château avec leur fardeau. Depuis le parc on voyait des lumières passer devant les fenêtres : la châtelaine et le personnel du château, tout le monde était réveillé. La nouvelle, dont ils ne connaissaient pourtant qu’une partie, les avait tous bouleversés. Arrivé sous le portail, deux serviteurs vigoureux prirent le corps, l’un par les pieds, l’autre par les épaules, le soulevèrent de la civière et, empruntant l’escalier, le portèrent au premier étage où se trouvaient les chambres. Dame Anna et les femmes avaient préparé un lit. On ôta le manteau de velours vert qui recouvrait les épaules, le voile, le beau et lourd diadème posé sur la tête. On se mit en demeure de faire l’impossible pour la ranimer. Cependant, en dépit de leurs efforts prolongés, la pauvre femme ne manifestait pas le moindre signe de vie. Finalement, l’aumônier approcha un miroir de ses lèvres afin de voir si elle respirait. Dieu soit loué ! Elle vit !... Une légère buée vint troubler l’éclat du miroir. Ils continuèrent de lui prodiguer leurs soins jusqu’à ce qu’ils entendent un profond soupir monter de la poitrine de la jeune femme. Elle était vivante. Les femmes apportèrent de l’eau chaude pour lui réchauffer les pieds et le corps. Tous s’étonnaient devant les beaux atours que portait l’inconnue : ce n’était que soieries, or et pierres précieuses. Aucun doute : on avait affaire à une personne de haut rang. Quel mystère cachaient ces lèvres closes ? Au bout d’environ une heure de soins attentionnés, elle ouvrit enfin les yeux. La vie revenue et la chaleur prodiguée lui avaient redonné des couleurs. Tous les assistants étaient subjugués par sa beauté. On lui avait préparé du cidre chaud sucré au miel que dame Anna lui faisait prendre à la cuillère ; elle n’avait pas encore la force de lever son bras sur lequel se lisait encore la marque rouge laissée par le lacet. Une servante était venue aider à lui relever un peu la tête et dame Anna lui donnait à boire à petites gorgées. Ce ne fut qu’une fois la tasse vide et la tête à nouveau reposée sur l’oreiller qu’on entendit le premier mot sortir doucement d’entre ses lèvres : « Trugaré ! - Que dit-elle ? demanda monsieur Gilles. - Merci », dit l’aumônier, bretonnant lui aussi. Ensuite, elle tourna un peu la tête vers le mur, comme pour dormir et prendre congé. Personne n’osa plus dire un mot. On n’entendit plus que les hurlements du vent dans la cheminée, les grêlons qui cognaient aux vitres et la jeune femme qui respirait tout doucement, comme un jeune enfant. Bientôt, comme elle s’était endormie, ils se retirèrent tous sur la pointe des pieds, ne laissant avec elle qu’une servante. Vers le matin, cette dernière, voyant que la femme continuait à dormir, éteignit la lumière et sortit à son tour pour faire un somme avant le jour.

Tout le monde avait mal dormi en pensant à la jeune fille ; chacun avait hâte au jour pour apprendre qui elle était et ce qu’il lui était arrivé. Depuis son lever, dame Anna était allée déjà plusieurs fois, à pas de loup, coller son oreille contre la porte de la jeune dame : rien ne bougeait, aucun bruit ne provenait de la chambre. Vers onze heures cependant, n’y tenant plus et angoissée à son sujet, dame Anna frappa doucement à la porte. Aucune réponse… Trois coups plus forts : toujours aucune réponse… Il n’aurait pas fallu la laisser seule cette nuit ! Peut-être avait-elle passé ? Comme elle craignait d’entrer seule dans la chambre, elle fit venir une servante pour l’accompagner et on ouvrit la porte. Le lit était vide ! La chambre était vide ! Qu’était-elle devenue ? Dame Anna courut porter la nouvelle à la maisonnée et tous se mirent à chercher dans tous les coins et recoins. On ne trouva pas la moindre trace. Et cependant, comment aurait-elle pu quitter le château alors que le pont-levis était levé, que la fenêtre de sa chambre était si haute ? Comment aurait-elle traversé l’eau pour atteindre la rive de l’étang ? Non, ce n’était certainement pas par là qu’elle s’était enfuie. Et puis, la fenêtre était bien close… On revint dans la pièce, on fouilla les armoires, sous le lit, dans la cheminée. Nulle part on ne releva trace d’elle. Seul son voile était resté suspendu au bras d’un chandelier fixé à la boiserie de la cheminée. Il y avait aussi, flottant dans la pièce, comme un parfum agréable, comme l’odeur de la bruyère et du blé noir en fleur…

Illustration pour "La merveilleuse dame de Trécesson"
Illustration pour "La merveilleuse dame de Trécesson"
Loiez Herrieu

Deuxième partie

Entre la chair et la peau

Les gens de Trécesson furent bien étonnés, bouleversés, à tout le moins embarrassés par ce qui s’était passé cette nuit-là au château. Beaucoup d’autres, après eux, ont été bouleversés à leur tour en entendant les anciens rapporter cette histoire de génération en génération. Je fus de ceux-là. Qui donc pouvait bien être cette jeune femme ? Qui étaient les gentilshommes qui l’avaient enterrée vivante ? Quel crime avait-elle commis ? Comment avait-elle quitté le château de Trécesson ? Toutes ces questions, et bien d’autres encore que chacun se posait, restaient sans réponse. Cette énigme me taraudait moi aussi, et je souhaitais trouver l’occasion de visiter le château.

Elle me fut donnée, un jour. Arrivé devant la porte d’entrée, là où tant d’esprits s’étaient pris à s’interroger, je m’arrêtai aussi, songeur et muet, à regarder les deux tourelles rondes posées sur leurs piliers coniques. De leurs six yeux sombres et sans paupières elles me jetaient des regards désapprobateurs ; comme pour me reprocher ce désir que j’avais de connaître ce qui devait, peut-être, rester secret. Je pénétrai, cependant, à l’intérieur. Je demandai au gardien de m’accompagner pour une visite du château, vide de tout habitant à cette époque et menaçant ruine en maints endroits. Je le suivis, empruntant l’escalier qu’avait dû prendre la jeune femme portée par les domestiques de Trécesson. Il m’ouvrit la porte de la chambre où elle avait été conduite. « Chose curieuse, me dit le gardien en me montrant le chandelier fixé à la cheminée, à la saison des fleurs, quand la fenêtre est ouverte, il arrive souvent que des essaims se fixent sur ce chandelier dont on dit qu’il a porté le voile de la Dame. Mais on ne peut les retenir. Après s’être reposées, les abeilles s’échappent pour retrouver les bois et y vivre en liberté. Maintenant, il y a des gens qui disent qu’ils voient, la nuit, une dame tout de blanc vêtue errer autour du château. Moi, personnellement, je ne l’ai jamais vue. Mais quand on s’en approche, elle disparaît brusquement, dit-on ; comme s’efface le rai de clarté quand un lambeau de nuage masque brusquement la face de la lune ». De là, nous gagnâmes la chapelle, elle aussi abandonnée et humide. Chaque chose y était encore pourtant à sa place et je reconnus l’endroit où était suspendu le voile de la Dame ; ce voile que les jeunes filles des alentours venaient baiser, avant de se marier, dans l’espoir d’une vie heureuse. Le voile a été perdu, durant la Révolution. De la merveilleuse Dame, il ne reste donc plus au château que son mystérieux souvenir. Toujours suivant mon guide, je gagnai les greniers où je fus ébahi par la charpente puissante et si magnifiquement assemblée qui supportait la lourde toiture recouvrant le château. J’admirai les chevilles de bois utilisées pour fixer les grosses ardoises et dont l’extrémité dépassait d’au moins la longueur d’un doigt dans le grenier ; les voliges en étaient comme hérissées de peignes à chanvre aux dents pointues. Nous arrivâmes dans le grenier de la tourelle. J’aperçus, dans un coin, un tas de vieux livres, recouverts de toiles d’araignée et à moitié rongés par la vermine. J’ai toujours eu la passion des vieux livres. Je ne puis m’empêcher de m’arrêter près d’eux, de les prendre en main. J’ai pour eux le respect que l’on porte à des reliques, mais à des reliques qui auraient su garder leur âme. J’en pris un pour l’examiner de plus près. « Des vieilleries qui ne font qu’encombrer les combles, dit le gardien. Un de ces jours, je les descendrai pour les brûler. - Les brûler ! lui dis-je. Pour l’amour de Dieu, ne faites pas cela sans les avoir montrés à quelque personne érudite. Peut-être y a-t-il parmi eux des livres rares.- Vous croyez ? », me répondit le gardien en souriant. J’en pris alors deux ou trois autres. L’un d’entre eux retint plus particulièrement mon attention ; il contenait de nombreuses gravures sur métal, anciennes et curieuses à la fois. « Emportez-le, me dit le gardien. Ça m’en fera un de moins à brûler ! » Je le mis dans mon sac de voyage, après avoir soufflé la couche de poussière qui le recouvrait ; une poussière de cendres plus que centenaires. Une fois la visite du château terminée, une fois le pourboire d’usage glissé dans la main du gardien, je quittai les lieux, l’esprit encore plus perturbé qu’en y arrivant.

J’avais maintenant l’impression d’avoir connu la Dame. J’avais senti sa présence et cela augmentait chez moi l’envie d’en savoir davantage à son sujet. Son malheur et sa beauté m’attendrissaient. J’aurais donné n’importe quoi pour me trouver, à l’instant nez à nez, avec son spectre sous les grands arbres de cette avenue par laquelle je m’éloignais. J’aurais souhaité être l’un de ces vieux arbres qui avaient certainement été témoins de son passage. C’est étonnant comme l’on peut ainsi s’attacher à quelqu’un d’inconnu et en venir à l’aimer, même si on n’est pas absolument certain qu’il ait jamais existé. Notre esprit aime à se complaire dans le mystérieux que nous façonnons librement à notre fantaisie ; ce mystérieux qui nous console de la pitoyable misère dont nos sens nous font sentir la réalité. Malgré tout, je rentrai de ma tournée heureux d’avoir visité un château remarquable, mais un peu affligé tout de même de n’avoir pu percer, ne fut-ce qu’un peu, l’opacité de cette affaire. En vidant mon sac de voyage une fois à la maison, je trouvai le vieux livre que j’avais emporté de là-bas ; je l’avais oublié. Sur la première page, dans le coin en haut à droite, on lisait : Ex libris Morvan. Presb. Sacrarii in Trecessone. La mention était d’une belle écriture à l’encre noire, jaunie par le temps. Une date figurait dessous : 1717. L’esprit sans doute encore tout accaparé par le souvenir de la Dame, je m’écriai : « Mais ce livre a donc appartenu au prêtre qui a vu la merveilleuse Dame ! » Plus excité que jamais, je feuilletai aussitôt l’ouvrage. Sur la page de titre on lisait : Les Métamorphoses d’Ovide, traduction nouvelle par Monsieur l’Abbé de Bellegarde, Tome second. Plus bas : Amsterdam. Aux dépens d’Etienne Roger, chez qui l’on trouve un assortiment général de musique. MDCCXVI. Je parcourus l’ouvrage, m’arrêtant au moins toutes les deux ou trois pages pour regarder les curieux dessins qui représentaient des scènes de la mythologie païenne où les dieux et les héros sont transformés en arbres, en poissons, en oiseaux, etc. A la page 307 se trouvait la légende des abeilles du berger Aristée, fils d’Apollon, tirée des Géorgiques de Virgile. Sur les conseils du devin Protée, il avait offert quatre taureaux et quatre génisses aux déesses de l’eau. Des corps putréfiés des animaux sacrifiés, d’entre la peau et la chair, sortirent alors des abeilles qui le dédommagèrent de la perte des siennes. La légende se terminait par ces mots : « Elles (les abeilles) s’envolèrent telles une nuée et se rassemblèrent enfin à la cime d’un arbre. Elles se fixèrent à l’extrémité des frêles rameaux telles des grappes de raisin ». Au bas de la page, dans la partie non imprimée, quatre lignes de la même encre que celles figurant sur la première page mais encore plus pâlies disaient : « Tout aussi étonnant, ou peu s’en faut, le fait que les abeilles viennent quasiment chaque année accrocher leur essaim au chandelier de la cheminée de la chambre de la mystérieuse dame de Trécesson ». Quel étrange hasard ! Ce prêtre s’était, lui aussi, intéressé à l’énigme de cette dame. Plus bas il y avait encore quelque chose d’écrit, difficile à déchiffrer car plus près du bord de la page, plus pâli par le temps. A force d’écarquiller les yeux, je parvins cependant à lire les mots suivants : « Entre la chair et la peau des animaux morts était caché le souhait d’Aristée ; entre la chair et….. du livre … ». Impossible d’en savoir davantage car le papier avait été tout mangé par les vers perceurs. Qu’avait donc voulu dire l’auteur de ces lignes ? En vérité on allait de mystère en mystère dans ce château de Trécesson ! Quels étaient les mots qui se trouvaient dans cet emplacement aujourd’hui rongé ? Je réfléchis longtemps dans l’espoir de trouver la réponse. En fermant le livre, je remarquai que la reliure était du veau. « Entre chair et peau ? » Et s’il s’agissait justement du livre ? Je le considérai d’un peu plus près et remarquai que le cuir s’était détaché du carton sur lequel il avait été collé. Sans doute la colle avait-elle mal vieilli et les bords de la reliure repliés en dedans ne tenaient plus que par habitude au carton. Je les soulevai et trouvai, entre le cuir et le dos, un mince feuillet couvert d’une écriture manuscrite. Sans aucun doute était-ce cela qu’il fallait comprendre par : entre chair et peau… Aussitôt, je dépliai le feuillet et lus, avec étonnement ce qui suit : Lecteur avisé qui avez découvert ce feuillet, écoutez ce que je sais au sujet de la mystérieuse dame de Trécesson. Quand on découvrit que la chambre était vide, je participai, comme tous les habitants du château, aux recherches pour retrouver la dame. Par hasard, il advint que mon regard se portât sur la table où avaient été posés le diadème et les bijoux de la dame. Le diadème qui avait reposé sur chant avait laissé son empreinte dans le fin linge souple qui [recouvrait ?] la table. En y regardant de plus près, je remarquai deux hermines, comme imprimées en creux dans le tissu ; entre les deux s’était imprimé à l’envers : HERB… TVOB TEGE LEVREM. En les déchiffrant à l’endroit, je compris rapidement que le premier mot était Bretagne et que la seconde ligne reprenait la devise de notre patrie : Plutôt la mort que la souillure. Ces paroles, aux dires de François, la dame elle-même les avait prononcées ! Comme l’éclair vient illuminer la nuit la plus noire, cette découverte fut pour moi une révélation. La dame mystérieuse n’avait été finalement qu’une apparition : l’incarnation de la Bretagne, de ma patrie, sans tache, courageuse, fidèle à elle-même, que les Français, aidés en cela par des traîtres bretons, ont tenté de franciser, d’étouffer dans les ténèbres et d’enterrer vivante. Alors qu’ils pensaient avoir accompli leur forfait, l’audace d’un de ses enfants les plus humbles les avait effrayés. Les abeilles, qui viennent année après année se poser dans sa chambre pour s’échapper ensuite sans qu’il soit jamais possible de les capturer, symbolisent l’amour qu’elle éprouve pour sa liberté. C’est en tous cas ainsi que moi je compris ces choses. MORVAN, Prêtre. Mon esprit était maintenant en paix ! En trouvant la clé de l’énigme, je compris, moi aussi, comment il se faisait qu’il existât encore des gens pour affirmer avoir rencontré la mystérieuse dame sur leur chemin, et avoir entendu de sa bouche des paroles qui leur sont allées si droit au cœur qu’ils ne peuvent les oublier. Ceux-là sont ses enfants les plus fidèles, ceux qui ont eu foi en son message et lui ont voué l’amour de leur cœur d’homme. Moi aussi, je l’ai rencontrée un jour ; moi aussi j’ai été subjugué par sa beauté inaltérable et par les mots sans pareils que chaque jour elle me murmure au creux de l’oreille. Si vous cherchez bien, jeunes gens, à votre tour vous la rencontrerez sur votre route ; alors elle vous parlera et ses paroles feront tressaillir votre cœur…

Première partie du conte en breton

Intron burhudus Treùison

A pe iér a Gampénéag, ér vro Galleu, trema er gevred-ihuél, é tegoéhér, ar dro tri hart lèu ag er vorh, én ur flagen distro, lédet doh treid tostenneu ihuél, meinek ha tret.

Ér flagen-sé, kuhet get gué ihuél hag en des sonj a uerso, é kavér ur hastel ha ne uélér ket kalz par dehon ar zoar hor bro : kastel Treùison, pé Trécesson, èl ma hrér anehon é galleg.

É ma éno, rok ha plom, deur én dro dehon, é dourellenneu ihuél, hireit get ou skeud, é deur el lén, é fetekat émesk dél sklat ha bokedeu guen er skudel-deur.

Get mein bénet ag er vro, ur meni tufèu ru, é ma . saùet. Mar da deoh tremén éno a pe sko en héol arnehon, é souéhet d’é 1iù ar ru, brikemardet get man-magoér argantet hag e ra de zeur el lén 1iù goèd koh, briheit a daehadeu. Guéh é ma tokennet er magoérieu get deliaù-red tioél ha luhus.

Ér vagoérieu ihuél, fenestri bihan pé tarhelleu strih, bavaI doh laga ;deu ur jigant,e zivarh ou selleu du ar végeu er gué glas a dro ha tro.

D’en VIII et Kantved, éh oè dija aman ur hastel, léz tierned Ploermel, Aogan ha Kampénéag.

Ar é léh, é ma bet saùet ; d’er XIV et Kantved, er hastel e uélér bepred én é saù.

Aveit tostat dehon, éh oè ret, guéharal, tremen diar ur pont-guintére zevalè étré en diù dourellen dâl, ar undarri chaochér. Brema éh a er chaochér bet ennor, kuit a bont.

Ur pondalé guérennet e lakè darempred étré en diù dourellen ha didanon, adreist en noré huélèd ur skoued, kizellet ér vein, get ardamézeu tudehentil Treùison hagou gir nerhek : « Kentoh torrein eget plégein ».

A pe oè hoah é kastel Treùison é zudchentil hag ou hoskor, ne vehè ket bet kavet merhat, ér hornad bro, riameit kastel Joselin tré dehon delakat doujans é kalon en tremenér, randonus ha meurdedus èl ma oè.

Jili, markiz Treùison, er pieuè ér blé 1717.Chom e hrè abarh geté bried Anna en Nein, hagou ziegeh. Jili e oè pen ligné ré Treùison. Ofisour é arméieu roué Frans, donete. hrè de viùein d’é gastel a pe vezè dizevar.

Tri blé ha hantérkant en doè Jili.a pe zegoéhas er péh e iér de gomz anehon. Ampart e oè hoah ha dibi. É blijadur e vezè jiboésat er herùi, stankd’er hourz-s é, ér hornad-bro ha, dreistol, é koèdeu Treùison.

Estroh eget dehon é plijèer hig karù. Jiboèserion er vro, labourizion ha koèdizion e gavè en tu,· ur uéh benak en amzér, de zonet d’obér ou zro, a guh, de goèdeu er hastel. De noz é vourent er guellan tostat, suroh ma vezent a obér ou zaol hep bout guélet.

Tostat e hrè d’en Népeleg. Eùeheit en doè tud er hastel penaos é kargè muioh er vigrierion d’er jibér d’en termen-sé ag er blé. Chetu perak éh oè bet karget Franséz, er goard, d’obér troiadeu d’en noz aveit spontein er skraperion.

Deu zé kent en Nédeleg, , er blé ma komzan anehon, é tiskaras ar er vro, un tarhad arnan spontus, èl ma huélér meur a uéh é Breih d’er sasun-sé. « Un noz ag en dibab aveit er jiboèserion », e sonjè Franséz. Hag ean ; pe oè krapet en oll d’ou hambreu, de vonet, groñnet mat én ur vantel ballin, ha deu bistoled geton, d’en em-guhet én ur goban bonal en doè saùet, er mizieu kent, é kreiz ur bod loré, ar viùen er hoed.

Loér gann-gaer e oè, splann dehon gué let er jiboèserion ar valé. Huéhein e hrè er gorventen a gohadeu kounaret. Bareuer gué, e darhè hag e chourikè unan d’oh en aral, ha, hudal e hrè begeu er hoed kroéz geten aùél é tremen.

A daoleu é treuzè herrus, diar drem disliù el loér, tammeu koumoul dué tih, par ma hellent, trema er saù-héol, èl a pe vehè bet ol diaoled en ihuern doh ou chaboutat. Nezé é koéhè, kemmesk, tapenneu glaù bras ha grañniad grezille darhè ar er bareu.

Nen dé ket bourapl bout é valé. Ha neoah, un hantér-eur benak goudé men dé bodet, é ma haval get Franséz bout kleuet èl trouz treid ronsed é tonet duhont ar rabin er hastel.

Più en diaol e zehè, d’er pred-man ha get ronsed, hep bout kaset gourhemen d’en Eutru ?

Get en aùél é hudal, ne hel ket Franséz heuli en trouz é tostat ; chetu perak é ma souéhet mat, un herradig arlerh, é huélet é tibouk adal dehon ur harros, deu jao dohton, é vonet d’er pear-zroed. Troein e hrant grons ar er hlazen hag éh ant d’arrest, deu gant paz benak azohton, just étal ur ioh dél séh rastellet éno dehon er sasun treménet.

Dihelhet é er ronsed, ha seùel e hra diarnehè ur vogeden groeit a huiz hag a hlaù. Béh men dint arrestet, ma saill d’en dias, a ziar brich er paotr-kar, deu eutru guisket mat, mantelleu getè ha kuhet lein ou fas get tammeu danùé du. Tostat e hrant d’er harros hag é tigorant en nor de zeu eutru aral haval dohtè, hag e dén ér méz ag er har, diù bal ha deu strep. Goudé é huél é tonet geté eùé ur voéz iouank, guisket ol è guen, èl a pe zehè a euredein, ur vantel velouz ponnér taolet ar hé diskoè.

Franséz ne oui petra sonjal.
A pe zizol el loér, é hel guélet splannoh en dud.
Ur goanten e zisko bout er voéz iouank. Laret e vehè é ma liammet hé deuorn ardran hé hein, rak ne uélér anat erbet anehè.
Hep komz, er pear goaz e grog ér benùegér hag en em laka de grouizein un toul, doh kosté er ioh dél. Diskoein e hrant é vehè her arnehè, rak labourat e hrant a zevri. A p’ou des béhet épad ur hardeur benak, éh arrestant. Unan anehè - er mestr merhat - e dosta d’er voéz iouank. Rok ha tamalus, é komz dohti. Mel rè bèl int ha rè griù hudereh er gué aveit ma hello Franséz kleuetoler péh e larant. Neoah, a pe za d’en aùél-dro huéhein d’é du, é kleu darneu deviz. Galleg ha brehoneg e zo getè. Gañnet é Sant-Goneri, Franséz e oui mat er brehoneg, halg elsé é ta de gompren er homzeu e za betagzon.

Kleuet e hra ataù en eutro é laret, e galleg : « Pe sord ardeu ! Perak ne vennet ket komz galleg ? »

Hag un tammig goudé : « Perak ne hues ket vennet monet de gousket get er « Régent » ? »

Er uéh-man é kleu boéh douser voéz iouank é respont é brehoneg : « En dén-sé n’en des guir erbet arnonn-mé. Nen don ket diméet dehon, merhat ! »
« Hui hé hleu, tudchentil ? » emé er homzour é troein trema é gansorted.

Derhel e hrant elsé, hep ne gleu Franséz komz erbet kén, nameit er voéz iouank é laret get nerh : « Kentoh merùel eget bout kousiet, zoken d’ur roué ! »

Hag en dén de respont é galleg bepred : « Hama, èl ma kareet ! Gout e hret petra en des laret er « Régent ». Nag ur pen ahurtet a blah ! Gir ardaméz Treùison e jaojehè dohoh, biskoah guel ! »

Un nebedig amzér hoah hag é huél Franséz er pear dén é fardein, en un taol, ar er voéz iouank ha doh hè diskar én toul ou des krouizet.

Deusto dehi diskrap ha garm, embéré ma goleit get dél ha doar.

Hirisein e hra Franséz ha béh en des é parrat a huchal. Met petra hrei ean doh pear dén hag e zo péchans armaj getè ?

Sonj é zeu bistoled ean e zegas hardihted dehon neoah. Ne hel ket lezel er vultrerion-sé d’interrein é biù er voéz iouank. Nen dé ket treu d’obér. Hag ean de huchal a bouéz é ben : « Harz en torfeterion ! » ha de dennein ar un dro un tén pistoled.

É kleuet er voéh-sé tost dehè hag en tén é tarhal, er pear torfetour e daol ou benùegér ar en doar, e saill én ou harros, hag araok ! En hani e gondui ne zéhan ket a labourat kostéieu en deu jao a daoleu foet aveit ou lakat de redek.

Krénein e hra Franséz, en des pet dehon, é sonjal ér péh en des guélet, ha forh és é kredehè é ma hunvréet en en des, a pe ne uélehè ket, adal dehon, er bé hantér lannet hag e zalh, didan é zoar, korv er gaeh voéz iouank. Ne chom ket de lorein pelloh. Redek e hra de dal en toul, ha goudé bout diùisket é vantel hag hé zaolet ar er bern dél, é krog én ur bal hag en em laka de skarhein en toul, par ma hel.

Met difonnoh é skarhein eget ne oè lañnein. Ha n’en des nameiton é unan. Émbér é red en huiz get é dal ; obér e hra un ten hanal ber, eit skopet é kalon é zeuorn hag e riskl ar droed er benùeg, hag ean de uintein doar er méz arré.

Dré forh palata, é kav elkent ag en dél taolet ketan ar er horv. Goarekat e hra, get eun a obér drougdehon. P’en des skarhet er pen léh m’é ma koéhet diskoé er voéz iouank, en em-laka ar benneu é zeulin aveit pellat, get é zeu zorn, en dél e guh er fas. Donet e hra geton, embér, korneu er gouél, ha, kentih arlerh, é tizol pen er voéz gaeh. Aben é krog d’héh aters : « lntron, biù oh ? Esmei erbet ; respont erbet.

Doh splanndér el loér é tisko er voéz bout kann ha divuhé.

« Guel é dein monet de glask sekour », e lar Franséz dohton é unan. Hag ean a réd d’er hastel.

Embér é ma dihunet en Eutru Jili, dihunet tri servitour. Ar un dro, hag a her, éh ant tremaer bé, ur hravah getè.

Ê ma ataù en Intron astennet, divuhé. Achiù e hrant skarhein en doar hag en dél ; dousik hé saùant hag hé lakant ar er hravah, goudé bout trohet er stagelleu e zalh hé deuorn ardran hé hein.

Hag ind d’er hastel get ou fardel.

Guélet e hrant, ag er park, gouleué tremen adal d’er fenestri : dihunet é en Intron ha tud er hastel. Ol é mant treboulet mat d’en doéré, n’anaùant nameit darn anehon.

Didan en nor dâl, é lammér er horv a ziar er hravah, ha deu veùel nerhus er hemér, unan dré en diùhar, en aral didan en diù gazaI, aveit krapein en dergei e gas d’en estaj ketan, Iéh men dé er hambreu.

Ê ma er merhed, en intron Anna getè, é kampen ur guélé. Lemele hrér hé mantel velous guér diar hé diskoé, hag hé gouél, hag er gurunen kaer ha ponnér e zo ar hé fen. Hag ind aben ar hé zro d’asé degas buhé dehi.

Pèl é chomant ar dro er gaeh voéz hep guélet anat erbet a vuhé. En alézonour e gemérer fin ur miloér dora de Iakat étal hé geneu, de uélet ha dihanalein e hra. Doué revo meulet ! Nen dé ket marù ... Ur vrumennig skanù e za de dreboulein sklerdétér miloér., adal d’hé fri. Kenderhel é hrant enta, un herrad hoah, bet ken ne gleuant un huanaden don é tonet a ziabarh er voéz iouank.

Biù é. Et merhed e ia de lask deur tuem de lakat get hé zreid hag hé horv.

Souéhet é én al d’eri dillad kaer e zo en dro dehi : ben dé nameit er sei, en eur, er mein présius. Sur é ma a rank ihuél. Na peh kevrin ê guh hé divéz klos ?

Arlerh bout groeit èrhat dohti, épad Un euriad benak, é tigor elkent hé dèulagad. Deit zo liù dehi, get er vuhé hàg en tuemdér. Hag é chom er séllerion bamet d’hé hoantiz.

Kampennet e zo un tasad chistr tuem sukret get mél, hag en intron Anna et hennig dehi a loéadeu ; rak nen dé ket aveit séùel hé bréh, hag e uélér hoah arnehi trechad tu er stagel. Get sekour ur vatéh ê saùér hé fen, un tammig, hag en intron Anna e ra dehi de ivet a lonkadigeu.

A pen dé skarhet en tas ha pozet endro hé fen ar er goubenér, é kleuér er hetan gir é tonet ér méz ag hé geneu, dousik : « Trugaré ! »

" Petra lar hi, emé en eutru Jili ?

« Merci » emé en alézonour hag e zo brehonegour ean eùé.

Goudé, é tro un tammig hé fen, trema en toul-plouz, aveit kousket.

Hañni ne gred mui laret gir. Ne gleuér nameit en aùel éh iudal ér cheminal, er grezil é tarhal doh guér er fenestri hag er voéz iouank tihostal dousik-dousik, èl ur hroèdur bihan.

Kent pèl, é huélet é ma koéhet er housked arnehi, en em-dennant ag er gambr, ar végeu ou zreid, ha ne chom geti nameit ur vatéh .. Doher mitin, pen dé guir é talh de gousket, er plah-sé e lah er gouleu d’hé zro, aveit Monet d’obér un hun.

Fal gousket en doè en ol é sonjal ér voéz iouank ha hiraeh dehè d’en dé de zonet, aveit gouiet più oè hi ha petra oè degoéhet geti.

Ohpen ur uéh éh a, a bazeu skanù, en intron Anna, pen dé saùet, de lakat hé skoarn doh dor en Intron iouank aveit gout ha fichal e hra. Met trouz erbet ne za ag er gambr.

Ardro unek eur neoah, néhanset ar hé divout, oeit en Intron Anna ha skoein ar en nor, goustadik.

Respont erbet. Tri zaol kriùo’h : respont erbet ataù. Nezé é krap d’hé halon ur gohad ké bout bet hé lézet héh unan. Marsé é ma marù épad en noz ?

Doujein e hra a vonet ér gambr héh unan hag éh a de glask ur vateh de zonet geti.

Nezé é tigor en nor. Goulé é er guélé ! Goulé er gambr !

Émen é vehè hi oeit ? En Intron Anna e red de gas en doéré d’hé zud hag ol en em-lakant de fetekal dré en ti, é kement kognel. Ne gavér trechad anehi é nep léh.

Neoah, penaos hé dehè hi groeit aveit kuitat er hastel, get er pont-guintér saùet, ha ken ihuél èl m’é fenestr hé hambr. Ha, d’en dias, el lén é hroñnein er hastel ? Nen dé ket sur dré-zé en hé dehè tihet. Ha nezé, cherret é klos er fenestr ...

Monet e hrant arré d’hé hambr de sellet didan er guélé, én armenérieu, ér cheminal. Nep tu trechad erbet anehi. Hé gouél hepkén hé des lézet a skour doh brank un hantolér-bréhek, staget doh koèdaj. er cheminal.

A hendaral, ne chom ér gambr nameit ur frond huek, èl frond er guenihtu hag er brug a pe vent é bleu...


Bibliographie

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INSTITUT DE DOCUMENTATION BRETONNE ET EUROPÉENNE, « Herrieu Loiez », 2021, Voir en ligne.

Revue Dihunamb !

INSTITUT DE DOCUMENTATION BRETONNE ET EUROPÉENNE, « Dihunamb », 2021, Voir en ligne.

Sous le pseudoyme collectif de Lan Hag Hervé

LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : il y a Jacob et Jacob », La Bretagne, 01/07, 1942, Voir en ligne.

LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : les juifs et les bretons », La Bretagne, 19-20 /07, 1942, Voir en ligne.

LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : l’étoile jaune », La Bretagne, 09-10/08, 1942, Voir en ligne.


↑ 1 • Le Clocher Breton - Kloc’hdi Breiz en breton - est une revue littéraire mensuelle et bilingue crée à Lorient en juillet 1895 par la poétesse Florentine Monier (Madeleine Desroseaux) et son mari Andre Degoul (Renan Saib) qui est l’un des fondateurs de l’Union Régionaliste Bretonne (URB) en 1898. À partir de 1914, la revue peine à poursuivre ses activités en raison de la mobilisation d’un grand nombre de ses contributeurs. Le dernier numéro (n°242) parait en août 1915.

↑ 2 • Dihunamb ! - (Réveillons-nous !) - est fondée en janvier 1905 par Loeiz Herrieu et André Mellac. Bimestrielle à ses débuts, la revue devient mensuelle l’année suivante. Elle cesse de paraître pendant la Première Guerre mondiale et reprend en janvier 1921 avec le n°115. Interdite temporairement en 1940 par André Bousquet, sous-préfet à Lorient, elle disparaît en juillet 1944 après la diffusion de 395 numéros.

Dihunamb ! n°268
Dihunamb ! n°268

Cette revue, dont le but est de faire perdre aux bretonnants vannetais la honte de leur langue, publie des nouvelles, des contes, des chants, des conseils aux agriculteurs, des recettes de cuisine, des comptes rendus de livres, des vies de Vannetais célèbres et de Saints bretons, etc. Deux ans après sa parution, Dihunamb ! est tirée à 3000 exemplaires. La revue atteint un tirage de 5000 et, exceptionnellement, de 7000 exemplaires entre les deux guerres.—  INSTITUT DE DOCUMENTATION BRETONNE ET EUROPÉENNE, « Dihunamb », 2021, Voir en ligne. —

↑ 3 • La revue Le Pays Breton est publiée jusqu’en 1914.

↑ 4 • En 1912, Loeiz Herrieu quitte l’Union Régionaliste Bretonne (URB) en compagnie de Maurice Duhamel, Émile Masson, Camille Le Mercier d’Erm, Jean Choleau, François Vallée et Pierre Mocaër pour rejoindre la Fédération Régionaliste de Bretagne.

↑ 5 • Initialement paru dans la revue Dihunamb !, Kammdro an Ankoù a fait l’objet d’une première réédition en 1972 —  HERRIEU, Loeiz, Kammdro an Ankoù, 1933-1942, Meriadeg Herrieu, 1972, Voir en ligne. — d’une seconde en 1994 —  HERRIEU, Loeiz, Kammdro an Ankoù, 1933-1942, Brest, Al Liam, 1994, 318 p. — et d’une version traduite en français en 2014. —  HERRIEU, Loeiz, Le tournant de la Mort, 1933-1942, Rennes, TIR, 2014, 499 p. —

↑ 6 • Pendant la Seconde Guerre mondiale, Loeiz Herrieu est un responsable local du Parti National Breton ainsi qu’un membre influent dans le Morbihan.—  HAMON, Kristian, Les nationalistes bretons sous l’occupation, Kergleuz, An Here, 2001, 261 p., (« Collection histoire »). [pages 121 - 132] —

↑ 7 • Loeiz Herrieu fait partie de la centaine de militants du PNB à assister à la réunion de Pontivy au cours de laquelle le programme de dix-huit points élaboré par Ollier Mordrel est validé. —  CONSEIL NATIONAL BRETON, Déclaration — Programme : Pontivy 3 juillet 1940, Rue Waldeck-Rousseau Rennes, C.N.B., 1940, Voir en ligne. —

↑ 8 • L’Heure Bretonne nouvel hebdomadaire du PNB est un journal antisémite, anticommuniste et raciste qui critique Vichy, de Gaulle et les Anglais, exalte « l’Europe nouvelle » nazie et prône la collaboration. —  BOUGEARD, Benoit, « La collaboration en Bretagne », 2017, Voir en ligne. —

↑ 9 • En 2002, le nom de Loeiz Herrieu est donné à l’école Diwan de Lorient, inaugurée par le député Jean-Yves Le Drian. Cette dénomination crée une polémique au cours de laquelle les articles de Loiez Herrieu publiés dans L’Heure bretonne et Dihunamb ! durant la Seconde Guerre mondiale sont mobilisés afin de dénoncer les propos antisémites et antifrançais de l’auteur. Un dossier de quatre pages est adressé aux membres du conseil municipal de Lorient par la Fédération de la Libre Pensée Morbihannaise.—  LA LIBRE PENSÉE DU MORBIHAN, « Loeïz Herrieu, nom de l’école Diwan de Lorient », 2002, Voir en ligne. —

↑ 10 • Loiez Herrieu a cosigné trois chroniques collectives Ar Seiz Avel dans La Bretagne, en juillet-aout 1942, sous le pseudonyme collectif de Lan Hag Hervé.

  • —  LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : il y a Jacob et Jacob », La Bretagne, 01/07, 1942, Voir en ligne. —
  • —  LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : les juifs et les bretons », La Bretagne, 19-20 /07, 1942, Voir en ligne. —
  • —  LAN HAG HERVÉ, « Chronique “Ar Seiz Avel” : l’étoile jaune », La Bretagne, 09-10/08, 1942, Voir en ligne. —

Les cosignataires de cette chronique collective sont Xavier de Langlais qui dirige la chronique, Youenn Drezen et François Elies dit Abeozen, Audic, Guillaume Berthou dit Kerverziou, Jacques Conan, Jean Piette dit Arzel Even, Loeiz Herrieu, Jezequel, Alain Le Berre, Yves Ollivier, dit Youenn Olier, Roperzh Steven, Erwan Tranvouez et l’abbé Perrot (d’après Xavier Langlais, dans Al Liamm, n° 161) —  LANGLAIS, Xavier de, « Ar Seiz Avel », Al Liam, Vol. 161, 1973, Voir en ligne. [page 301] —