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1816-1895

Guérin Alphonse

Médecin, inventeur du pansement ouaté

Alphonse-François-Marie Guérin, né à Ploërmel en 1816, est un chirurgien et un professeur des hôpitaux de Paris. Il est connu comme l’inventeur du pansement ouaté qui sauve de l’infection purulente de nombreux blessés et amputés. Il développe une théorie microbienne de l’infection, s’appuyant sur les travaux de Pasteur. Cette théorie, d’abord rejetée par la majorité de ses confrères, fait d’Alphonse Guérin un précurseur de l’antisepsie. Décédé en 1895, il repose dans un mausolée de granit, au sommet de la « Lande du Cerisier » (Néant-sur-Yvel), monument édifié par le docteur en 1890 à la mémoire de son épouse.

Éléments biographiques

Alphonse-François-Marie Guérin naît le 9 août 1816, rue de l’Union, près des Halles de Ploërmel en centre ville. Son père Pierre Marie exerce la profession de notaire dans cette ville. Il meurt en 1822, âgé de 37 ans, après une longue maladie. Orphelin à six ans, il est élevé par sa mère Thérèse Julie Perrine Orieulx de la Porte. Celle-ci, originaire du Bois-de-la-Roche (Néant-sur-Yvel), est née dans une résidence située face au château. Cette famille côté maternel exerce aussi le notariat depuis plusieurs générations —  BOULÉ, Joseph, « Ascendance et vie d’Alphonse Guérin », 2008, Voir en ligne. —

A la mort de son père, sa famille s’installa dans une maison beaucoup plus vaste, mais tant soit peu penchée par la vieillesse, au quartier de la Porte d’en Haut, près des Fossés, presque en pleine campagne, avec ses trois jardins superposés aux pieds des remparts, son pré planté d’un noyer centenaire et d’une ligne de hauts peupliers dont le hardi garçonnet ne craignait pas de faire l’ascension pour dénicher les nids de pies construits à la cime. 1.500 mètres plus loin se trouvait avec sa cascade haute de 7 mètres, le pittoresque étang du Duc, où l’été les baignades des deux frères faisaient leur grand amusement. […] Vif, entreprenant, riant toujours, Alphonse ne se plaisait qu’au jeu. On s’amusait parfois à lui promettre un gâteau s’il restait un quart d’heure tranquille et sans rire : il ne le gagnait jamais. […]
Malheureusement Alphonse restait très médiocre écolier, se reposant sur les succès de Frédéric pour soutenir l’honneur des Guérin. On lui demandait un jour s’il avait eu des prix à la distribution du collège. « Non, répondit-il, mais mon frère en a eu. » Cela lui paraissait suffisant.

ORIEULX DE LA PORTE, M., Alphonse Guérin, sa vie, ses oeuvres : origine de la doctrine microbienne, Chailland (Laval), 1897, 192 p., Voir en ligne. p. 10-11
Tour des fossés à Ploërmel
Tour des fossés à Ploërmel
La Tour des Fossés, vue du jardin de la famille Guérin
—  ORIEULX DE LA PORTE, M., Alphonse Guérin, sa vie, ses oeuvres : origine de la doctrine microbienne, Chailland (Laval), 1897, 192 p., Voir en ligne. p. 8 —
Tour des Thabors à Ploërmel
Tour des Thabors à Ploërmel
Ancienne « Tour des Fossés », vestige des remparts de Ploërmel
René Barrat (2021)

Le jeune Alphonse montre à cette époque un caractère batailleur et indiscipliné.

Le jeune Alphonse avait des instincts batailleurs qui trouvaient l’occasion de se manifester constamment, la haine entre les blancs et les bleus étant encore vivace dans le pays ; les gamins de son âge se livraient à de véritables batailles rangées, auxquelles il prenait une part des plus actives. Il faisait volontiers l’école buissonnière et rien ne semblait faire prévoir le travailleur acharné qu’il fut plus tard.

ANONYME, « Le monument d’Alphonse Guérin », Nouvelliste du Morbihan (Le), 10 septembre, 1896, p. 2-3, Voir en ligne.

À quinze ans, Alphonse et son frère Frédéric 1 fréquentent d’abord le collège de Ploërmel, puis poursuivent leurs études à Vannes où leur mère vient habiter. La famille y fait la connaissance de Jules Simon 2, futur philosophe et homme d’État, une amitié qui durera 65 ans. Puis, Alphonse gagne Lorient, afin de faire des études à l’École navale. Après un premier échec à l’entrée de l’École, son oncle, Hippolyte Orieulx 3, le persuade de faire médecine. Sa cousine O’Neill, fille d’un chirurgien de Josselin et religieuse de la Sagesse à l’hôpital civil et militaire de Bourbon-Vendée 4, où elle tient la pharmacie, lui propose une place d’interne pour étudier la médecine dans cet hôpital.

Au moment du décès de sa cousine O’Neill, Alphonse quitte Bourbon-Vendée. Étant déjà bachelier, il peut entrer immédiatement à la Faculté de médecine de Paris où il se lie d’amitié avec le poète Hégésippe Moreau 5.

[...] Il se mit au travail avec une véritable fougue : il passait ses matinées à l’hôpital, déjeunait à peine, puis gagnait l’amphithéâtre et n’interrompait la dissection que pour assister à quelques cours. Le soir, dans sa chambre ou dans la bibliothèque, il rédigeait les notes prises aux leçons ou se plongeait dans des livres d’anatomie et de pathologie.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (1) », Le Ploermelais, 9 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

D’un caractère vif mais loyal, Alphonse Guérin n’hésite pas à se battre en duel.

Très habile à l’escrime, qu’il cultiva toute sa vie comme un exercice salutaire, Alphonse devint « une fine lame », qui avait vite fait de provoquer ses adversaires ; cependant, malgré cette fougue, qui tenait au fond de sa nature, nous croyons bien que, pas une fois, il n’alla jusqu’à la fin d’un duel pour son compte personnel.

Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 18

Alphonse Guérin le romantique

Par ailleurs, Alphonse Guérin est l’auteur en 1834 de La Légende de Trécesson, longue poésie romantique composée à l’âge de 18 ans, son seul poème connu à ce jour.

[...]
« Au secours ! au secours ! Ah ! je meurs innocente.
Je vous le dis, bourreau, la vengeance est bien lente, Craignez-la cependant ! Oh ! lâche ! Dieu puissant,
Nul ne m’entendra donc et ma plainte dernière
Ne pourra trouver un seul écho sur terre. »
Elle pleure, elle saigne, et se traine en hurlant
Aux pieds de son bourreau, qui sans un mouvement, La regarde, froid, sombre et tout à sa vengeance.
Soudain un cri strident traverse le silence
De la nuit et du bois, le cruel chevalier
Sent son cheval fléchir ses jarrets d’acier. [...]

Le Marquis de Bellevüe a publié une version intégrale de ce poème en 1913.—  BELLEVÜE, Xavier de, « Château de Trécesson, histoire, seigneurs, légendes », Revue Morbihannaise, Vol. 17, 1913, p. 5-32. —

Vie familiale

Alphonse revient régulièrement pour les vacances au Bois-de-la-Roche chez un de ses oncles 6. Il rend souvent visite à la famille de Pommereul 7, propriétaire du château du Fresne en Néant, dont la fille Anaïs 8 est une amie d’enfance. Il l’aime en secret, mais sans fortune ne peut lui proposer de l’épouser. Celle-ci se marie le 18 juin 1837 avec le baron Hippolyte de Moncuit de Boiscuillé (1798-1842) 9.

Quelques années plus tard, en 1854, Anaïs, alors veuve 10, tombe gravement malade. Alphonse est appelé d’urgence à son chevet et la guérit. Quelque temps après, il l’épouse. Le couple n’a pas d’enfants mais Anaïs avait deux fils de son précédent mariage, Frédéric et Hippolyte.

Un homme bon et généreux

L’accueil de l’homme était facile et aimable. Il invitait les jeunes gens de son pays, étudiants ou littérateurs, à venir le voir, leur donnant des conseils, suivant le diagnostic qu’il faisait de leur état d’esprit. Les jeunes gens s’en allaient tout réconfortés et charmés, presque surpris que ce vieillard très savant, qui avait atteint l’apogée de sa carrière, s’intéressât si paternellement à leurs débuts. [...]

ANONYME, « Alphonse Guérin », Journal de Ploërmel, 13 septembre, 1896, p. 1, Voir en ligne.

Un bienfaiteur financier

La Ville de Rennes lui a décerné le titre de bienfai­teur de l’École de médecine de Rennes. En 1884, une décision du conseil municipal supprime deux emplois de professeurs à la clinique. Alphonse Guérin engage encore ses deniers personnels par une donation de 5000 francs au budget de la ville. Bientôt, suite à un revers de fortune, le docteur ne peut continuer sa donation annuelle. —  WIKI RENNES MÉTROPOLE, « Alphonse Guérin », 2017, Voir en ligne. —

Le Nouvelliste du Morbihan rappelle qu’il a beaucoup aidé financièrement la commune de Néant-sur-Yvel.

[...] Tous deux [Alphonse et son épouse] ont été les bienfaiteurs de cette pauvre commune de Néant, et le souvenir de leur charité inépuisable vivra longtemps parmi tous les habitants de cette localité.

ANONYME, « Néant », Nouvelliste du Morbihan (Le), 10 mars, 1895, p. 3, Voir en ligne.

Son portrait par Paul Reclus 11

[...] C’était un homme vigoureux, un peu trapu peut-être, mais souple, malgré ses 65 ans. [...] Sa figure rose, grasse et sans barbe aurait semblé un peu enfantine, si elle n’eût été vivement relevée par un nez spirituel aux ailes frémissantes, un menton volontaire, une bouche aux lèvres minces, toujours entr’ouvertes par un sourire ironique, des yeux d’un bleu profond, vagues et froids au premier abord, mais qui s’allumaient soudain et pétillaient de malice et de bonté. [...]

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (4) », Le Ploermelais, 30 août, 1896, p. 3-4, Voir en ligne.
Portraits d'Alphonse Guérin
Portraits d’Alphonse Guérin
Sources :
A gauche : Image sur Wikipedia
A droite : ORIEULX DE LA PORTE, M., Alphonse Guérin, sa vie, ses oeuvres : origine de la doctrine microbienne, Chailland (Laval), 1897, 192 p., Voir en ligne. p. 148

Engagement politique

La Révolution de 1848

Pendant cette période [1850], la France changeait de gouvernement : la révolution de 1848 avait renversé Louis-Philippe et proclamé la République. Alphonse Guérin était de ceux qui saluèrent son avènement comme l’aube d’une ère nouvelle.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (2) », Le Ploermelais, 16 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

Son ami Jules Simon, député républicain à l’Assemblée constituante de 1848, publie des études sur la question universitaire et la liberté de l’enseignement.

La fin de la IIe République et le Second Empire

Alphonse Guérin est un soutien actif des hommes politiques impliqués dans la Deuxième République 12.

Au coup d’État [2 décembre 1851], lorsque la police de Louis Napoléon traquait les représentants du peuple, il recueillit chez lui et cacha Joigneaux 13, Marc Dufraisse 14, Ribeyrolles 15 et peut-être Proudhon 16.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (2) », Le Ploermelais, 16 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

Sous l’Empire, Alphonse Guérin demeure un fervent Républicain. Cet engagement politique est en totale opposition avec la famille de sa mère. En effet, sa grand-mère maternelle, Thérèse Mélanie Orieulx prit part aux chouanneries de 1794 à 1801. Belle-sœur du chef chouan Pierre Robinault de Saint Régent, elle fit de sa maison du « Bois-de-la-Roche » un repaire contre-révolutionnaire. Pierre Robinault de Saint Régent fut en son temps le bras droit de Georges Cadoudal et tenta d’assassiner Bonaparte. Il fut guillotiné en 1801.

Dans ses Notes sur Mauron, l’abbé Ange David, vicaire de la paroisse, liste les familles dont l’esprit politique est mauvais.

Depuis 1863 environ, l’esprit politique est mauvais. Il est né des divisions qui surgirent entre les châtelains et la famille Danion surtout. Le parti avancé à Mauron, les Guillotin, les Jouaux 17 les Magon, les Bossard du Bois de la Roche, les Guérin du Frêne en Néant en profitèrent pour l’implanter et le conserver. Tout le rouage fonctionnaire leur apporta un concours précieux. C’est sous le titre de Bonapartistes, puis de républicains et aujourd’hui de révolutionnaires qu’ils ont engagé la lutte. Les chouans étaient et sont leurs adversaires.

DAVID, Abbé Ange, « Chapitre quinzième - Mauron au point de vue religieux et politique », in Notes sur Mauron recueillies par l’abbé Ange David, vicaire de la paroisse, Mauron, inédit, 1897, p. 304-356, Voir en ligne.

Dans cette liste figure donc la famille du docteur Guérin, républicain et anticlérical affirmé.

L’engagement local

Suite au décès d’Yves des Prez de La Morlais, Alphonse se présente au Conseil général du canton de Mauron. Il bat Sigismond Ropartz et Goaësbe de Bélée et assure le mandat d’élu de 1865 à 1871.

Docteur Alphonse Guérin au conseil général
Docteur Alphonse Guérin au conseil général
BOHALGO, « Nouvelles locales », Journal de Vannes, 11 février, 1865, p. 2, Voir en ligne.

Financement du chemin de fer Ploërmel-La Brohinière

Le célèbre médecin mène sa vie à Paris et à Néant, lieu qu’affectionne son épouse. Il s’investit dans la vie locale. En 1869, il contribue au financement d’une étude sur la construction du chemin de fer Ploërmel-La Brohinière —  ANONYME, « Alphonse Guérin, un grand médecin et amoureux », Ouest-France, 21 août, 2016, Voir en ligne. —

Délibération du conseil municipal de Mauron
29 août 1869 - Lettre du docteur Guérin qu’une ligne de chemin de fer va passer à Mauron. Il avance une somme de 6 000 frs sur 2 ans sans intérêt pour les frais d’étude.

Archives municipales des délibérations communales copiées par Gilles Montgobert en 2016. Avec l’autorisation de la municipalité de Mauron.

Intérêt pour la sylviculture

Alphonse Guérin s’intéresse à la sylviculture sur le massif de Paimpont. Son épouse avait d’ailleurs fait des plantations sur « la Lande du Cerisier » où se trouve la tombe des deux époux — Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 155 —. D’aucuns prétendent qu’Alphonse Guérin a été un précurseur dans l’introduction des résineux en forêt de Paimpont. Michel Denis précise que cette introduction est antérieure.

Dans un premier temps, les forges ont retrouvé leur essor grâce à une reconstitution de la forêt, à l’aide du pin qui est introduit au plus tard en 1813.

DENIS, Michel, « Grandeur et décadence d’une forêt. Paimpont du XVIe au XIXe siècles », Annales de Bretagne, Vol. 64 / 3, 1957, p. 257-273, Voir en ligne. p. 268

Candidature aux élections sénatoriales

Selon Paul Reclus, Alphonse Guérin refuse d’être candidat aux sénatoriales.

[...] Malgré les efforts de ses compatriotes pour l’y pousser, Alphonse Guérin ne voulut jamais entrer dans la politique militante. Pendant sa courte apparition au Conseil général du Morbihan, où il représentait le canton de Mauron, ses amis le crurent dans l’engrenage et lui proposèrent une candidature au Sénat ou à la Chambre des députés. Alphonse Guérin ne céda point à leurs instances. [...]

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (5) », Le Ploermelais, 6 septembre, 1896, p. 3, Voir en ligne.

Il figure pourtant sur la liste républicaine aux élections sénatoriales de 1876, comme le prouve sa profession de foi publiée dans la presse.

Candidature d'A. Guérin aux élections sénatoriales de 1876
Candidature d’A. Guérin aux élections sénatoriales de 1876
— Avenir du Morbihan (L’) du 29/01/1876 —

Cette seule tentative se solde par un échec.

[...] Républicain convaincu, il fut porté sur la liste républicaine du Morbihan aux élections sénatoriales de 1879 [En réalité ce sont celles de 1876.] ; mais ce fut la liste réactionnaire qui l’emporta.

ANONYME, « Alphonse Guérin », L’avenir du Morbihan, 3 mars, 1895, p. 2, Voir en ligne.

La carrière médicale

Repères chronologiques

Toute la carrière professionnelle d’Alphonse Guérin se déroule à Paris de 1840 à 1879.

  • En 1840, à 24 ans, il est nommé interne des hôpitaux de Paris.
  • En 1847, à 31 ans, il est reçu docteur avec une thèse consacrée à la fièvre purulente 18. La même année, il échoue au concours de l’agrégation.
  • En 1849, à 33 ans, il est nommé prosecteur 19 à la Faculté.
  • En 1850, il est nommé au Bureau central des hôpitaux. Il est alors médecin à l’amphithéâtre de Clamart et aux hôpitaux de Lourcine 20 en 1858, de Cochin et Saint-Louis en 1863 et devient médecin-chef à l’Hôtel-Dieu en 1868.
  • En 1859, les chirurgiens des hôpitaux l’élisent pour les représenter au Conseil de Surveillance de l’assistance publique.
  • En 1868, il est élu membre de l’Académie de médecine.
  • Le 17 janvier 1879, atteint par la limite d’âge, Alphonse Guérin quitte l’Hôtel-Dieu avec le titre de chirurgien honoraire des hôpitaux.
  • En 1884, il devient président de l’Académie de médecine.

Il entretient des relations amicales avec des grands noms du monde médical, comme Louis Pasteur 21, et Joseph Lister 22.

Notoriété médicale

Alphonse Guérin est l’auteur de nombreuses publications, parmi lesquels ses cours et plusieurs ouvrages cliniques de chirurgie opératoire.

  • En 1855, il publie un Traité pratique des opérations plusieurs fois réédité. —  GUÉRIN, Alphonse, Éléments de chirurgie opératoire, ou traité pratique des opérations, 1864, Paris, F. Chamerot, 1855, Voir en ligne. —
  • Des communications à l’Académie nationale de médecine (voir Bibliographie)
  • Des travaux sur les maladies génitales des femmes
    Le premier en 1864 —  GUÉRIN, Alphonse, Maladies des organes génitaux externes de la femme, Adrien Delahaye, Libraire-Editeur, 1864, Voir en ligne. —
    Le second en 1878 —  GUÉRIN, Alphonse, Leçons cliniques sur les maladies des organes génitaux internes de la femme, V. Adrien Delahaye et Cíe., 1878, Voir en ligne. — 23

Nommé chirurgien de l’hôpital de Lourcine en 1858, il se voua pendant quatre ans à l’étude des affections spéciales aux femmes ; durant son court passage à l’hôpital Cochin, il publia les leçons que l’administration des hôpitaux l’avait autorisé à faire devant un public composé de médecins français et étrangers. Cet ouvrage où les maladies des femmes étaient étudiées sous un jour tout nouveau, où les problèmes les plus délicats, sur ce sujet étaient traités de main de maître, causa une vraie sensation dans le monde médical. [...]
Ayant passé de l’hôpital Cochin à l’hôpital Saint-Louis en 1863, le docteur Guérin continua ses leçons cliniques et les réunit dans un nouveau volume, classique comme le premier.

Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 57-58

Le Traité d’anatomie humaine de Léo Testut indique qu’il est à l’origine de découvertes anatomiques qui portent son nom.

Sur la paroi supérieure de l’urèthre spongieux, à 1 ou 2 centimètres en arrière du méat, A. GUÉRIN a signalé en 1849 l’existence d’un repli valvulaire, appelé depuis valvule de Guérin, au-dessus duquel se trouve une sorte de poche ou cul-de-sac, de 6 à 8 millimètres de profondeur, le sinus de Guérin.

TESTUT, Léo, Traité d’anatomie humaine : anatomie descriptive, histologie, développement., Vol. Tome 3, Fascicule 2-4, Edition 1-2, Paris, Octave Doin, Editeur, 1893, Voir en ligne. p. 908-909

Néanmoins, aucune de ses biographies ne fait état de cette spécialité en urologie ni de ces termes dont il est l’auteur 24. En réalité, Alphonse Guérin, comme la plupart des chirurgiens de son époque, aborde diverses disciplines médicales en tant qu’anatomiste.

Son nom n’est pas mentionné dans l’histoire de l’urologie sur le site de l’AFU, contrairement à celui de Félix Guyon 25. Celui-ci, dans son éloge à A. Guérin en 1896, ne lui attribue pas non plus cette spécialité, alors qu’il est le fondateur de l’école de chirurgie urologique.

Invention du pansement ouaté

Dès 1847, dans sa thèse de doctorat, Alphonse Guérin voit le premier que ces corpuscules qu’il désigne sous le nom de « miasmes » sont la cause directe de l’infection purulente. Ses pansements sauvent les premières vies lors de la guerre russo-turque de 1867-1868.
[a corriger]

Pendant la guerre de 1870, il fait le rapprochement entre les « miasmes » responsables des infections purulentes et les découvertes de Pasteur.

« [...] croyant plus fermement que jamais que des miasmes émanant du pus des blessés étaient la cause réelle de cette affreuse maladie, j’arrivai à me demander si les miasmes que j’avais cru impalpables ne devaient pas leur influence nocive à des corpuscules que M. Pasteur avait découverts et qu’il avait comparés à la levure de bière. »

Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 78

Dans une conférence, Alphonse Guérin explique l’origine du pansement ouaté et de ses premières utilisations sur des amputés.

Nous étions arrivés à la fin de janvier 1870. Le 1er décembre, deux blessés me furent apportés à l’hôpital militaire Saint-Martin. Comment les soustraire à l’action des poussières de l’air ? […] Je résolus de filtrer l’air et de faire en sorte qu’il n’arrivât sur les plaies que dépouillé de toutes ses impuretés. Mais comment filtrer l’air ?
Je fis alors un pansement qui ressemble à une expérience de physique.
Je me souvins que M. Burggrœve, médecin belge à qui je me suis toujours plu à rendre justice, bien qu’il n’ait jamais manqué une occasion de m’attaquer, nous avait appris à faire la compression élastique avec la ouate. Je compris de suite que par cette compression j’arriverais à appliquer la ouate assez exactement sur les parties voisines de la plaie, pour m’opposer au passage des poussières sur les limites du pansement. […]

GUÉRIN, Alphonse, « Les pansements modernes. Conférence », Paris, Association des Dames françaises, 1888, Voir en ligne.

Dans son ouvrage « Du pansement ouaté et de son application à la thérapeutique chirurgicale » Alphonse Guérin illustre les différentes étapes de la pose d’un pansement ouaté. —  GUÉRIN, Alphonse, Du pansement ouaté et de son application à la thérapeutique chirurgicale, Baillière et fils, éditeurs, 1885, Voir en ligne. pp. 151-157 —

Alphonse Guérin - Pansement ouaté
Alphonse Guérin - Pansement ouaté
Figures extraites de —  GUÉRIN, Alphonse, Du pansement ouaté et de son application à la thérapeutique chirurgicale, Baillière et fils, éditeurs, 1885, Voir en ligne. —
reproduites dans ORIEULX DE LA PORTE, M., Alphonse Guérin, sa vie, ses oeuvres : origine de la doctrine microbienne, Chailland (Laval), 1897, 192 p., Voir en ligne.

Paul Reclus se souvient de cette véritable révolution médicale de l’antisepsie. Des blessés auparavant condamnés sont guéris.

[...] Je me rappelle cette époque [1870-1871] et notre stupeur indicible lorsque le bruit courut dans les hôpitaux que, dans son service à Saint-Louis, Alphonse Guérin avait obtenu 19 guérisons sur 34 opérés pansés à la ouate. Quoi ! Plus de la moitié auraient échappé à la mort ! Mais c’était impossible ! L’infection purulente était devenue pour nous une maladie fatale, nécessaire, attachée comme par un décret divin à tout acte chirurgical important.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (4) », Le Ploermelais, 30 août, 1896, p. 3-4, Voir en ligne.

Pendant l’insurrection de la Commune de Paris, Alphonse Guérin reste à son poste et soigne de nombreux blessés avec sa nouvelle méthode.

[...] C’est à l’Hôtel-Dieu, en 1871, qu’il applique pour la première fois, sur les blessés de la Commune, le pansement ouaté. La ouate tassée sur la plaie par d’énergiques tours de bande qui appliquent de force les tissus les uns contre les autres devait filtrer l’air qui, purifié des miasmes, deviendrait sans action nocive sur la blessure. Nous savons aujourd’hui que l’air est à peu près innocent de tous les méfaits qu’on lui attribuait ; mais du moins Alphonse Guérin inaugurait un pansement propre, supprimant l’odieuse charpie qui trainait dans toutes les salles d’opération. [...]

ANONYME, « Alphonse Guérin », Journal de Ploërmel, 13 septembre, 1896, p. 1, Voir en ligne.

Dans l’introduction de sa thèse, Alfred Le Mitouard, élève d’Alphonse Guérin, met l’accent sur son apport décisif pour la médecine.

Un des plus éminents chirurgiens de notre temps, désespéré d’avoir perdu soixante-dix malades sur soixante-dix qu’il avait opérés pendant le siège de Paris en 1870, disait qu’il faudrait élever une statue d’or à celui qui découvrirait le moyen de prévenir l’infection purulente.
Il ne se doutait pas qu’un de ses collègues des hôpitaux allait démontrer que l’infection purulente est engendrée par les corpuscules animés de l’air, que l’on nomme maintenant microbes, et que par le pansement ouaté, il était facile de soustraire les blessés à l’empoisonnement désigné sous le nom de pyohémie et d’infection purulente. [...]
A Alphonse Guérin revient l’honneur d’avoir indiqué la voie de la méthode antiseptique et de la science bactériologique, bien qu’il n’ait pas décrit le moindre streptocoque ou autre micrococcus.

LE MITOUARD, Alfred, Du pansement ouaté et de son emploi dans la chirurgie de guerre, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon, 1892, Voir en ligne. pp. 5-6

Le 13 mars 1895, Émile Gautier 26 écrit un long article dans le Petit Journal à la mémoire de l’inventeur du pansement ouaté.

Le pansement ouaté
Alphonse Guérin vient de mourir. On l’a obscurément enterré dans un coin perdu du Morbihan natal, et c’est à peine si les oraisons funèbres dont trois ou quatre initiés saluèrent son cercueil ont éveillé quelques sympathiques échos dans l’âme des foules profanes, ignorantes d’un nom qui méritait pourtant plus de gloire. [...] En attendant, Alphonse Guérin fondait, sur des bases solides, l’autre méthode anti-microbienne, celle qui consiste à opposer un obstacle mécanique au passage des ferments. [...] Mais Alphonse Guérin fut le premier à songer que mieux vaudrait simplement filtrer l’air... Et il inventa le pansement ouaté !

GAUTIER, Emile, « Le pansement ouaté », Le Petit Journal, 18 mars, 1895, p. 1, Voir en ligne.

Le succès du pansement fut incontestable, mais ce ne fut pas le cas de sa théorie sur les microbes, qui subit au début un rejet de la part de ses collègues comme de l’Académie de médecine.

Le succès du pansement était trop évident pour qu’on pût le nier, mais de là à l’acceptation de la théorie qui lui avait donné naissance — doctrine et théorie auxquelles le docteur Guérin tenait plus qu’à la méthode elle-même — il y avait loin. En dehors de ses élèves, on disait à l’hôpital, avec dédain, qu’il n’y avait pas à s’occuper de petits êtres imaginaires et, la première fois qu’il soutint à l’Académie son idée des corpuscules vivants, on pensa que le Siège avait troublé son cerveau ; l’un de ses collègues lui avoua même, plus tard, qu’il l’avait cru fou !

Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 80

Jusqu’en 1878, sa théorie est toujours contestée. Quelques comptes-rendus de l’Académie de médecine attestent la poursuite d’une controverse entre Alphonse Guérin et certains de ses confrères. Pasteur lui-même émet des doutes sur la théorie microbienne de l’infection.

  • —  ANONYME, « Académie de Médecine - Séance du 7 septembre - Le pansement ouaté », Le Temps, 13 septembre, Paris, 1875, p. 3, Voir en ligne. —
  • —  ANONYME, « Académie de Médecine - Séancces du 5, 19 et 26 février », Le Temps, 5 mars, Paris, 1878, p. 3, Voir en ligne. —

Certains vont même jusqu’à nier l’existence des microbes ou du moins leur responsabilité dans les infections. Par exemple Victor Meunier 27 dans Le Rappel de janvier 1875 :

J’ai toujours pensé que M. Pasteur périrait par la médecine. Quand je dis M. Pasteur, il est clair que j’entends parler de son système, ce fameux système qui met partout des germes qu’on ne trouve nulle part. Qu’on ne les trouve point, en voici une nouvelle preuve. [...]
Pas plus que les diables qu’ils remplacent avantageusement dans l’innocente vésanie scientifique du temps, les germes ne remplissent des sinécures. Ce n’est pas comme les savants qui les ont inventés. A l’instar des diables d’autrefois, les germes d’à-présent sont les auteurs d’une foule de nos maladies. Et particulièrement les germes d’où l’on fait bravement sortir les bactéries, les vibrions et autres menus inconnus du même genre, ces farfadets, développés à la surface des plaies chirurgicales, deviennent la cause des plus terribles complications ; croyance qui a conduit un chirurgien de nos hôpitaux M. Alphonse Guérin à inventer le pansement à la ouate. Le coton est aux germes ce que le signe de la croix, l’eau bénite, vade rétro, étaient aux diablotins : le plus puissant des moyens défensifs. Nul doute, si dans l’ordre des temps la blasolatrie (religion des germes) eût précédé la démonopathie, que l’expression « donner du coton » ne fut entrée dans le vocabulaire des exorcistes.

MEUNIER, Victor, « Le pansement à la ouate », Le Rappel, 20 janvier, Paris, 1875, p. 3, Voir en ligne.

En 1897, Le Rappel a changé d’avis : dans un article à propos de la proposition de baptiser une rue du nom d’Alphonse Guérin il précise que Guérin est un bienfaiteur de l’humanité. —  ANONYME, « A l’Hôtel de Ville », Le Rappel, 17 mai, Paris, 1897, p. 2, Voir en ligne. —

Louis Pasteur intéressé par la doctrine d’Alphonse Guérin

[...] « M. Pasteur me parut très impressionné par cet examen qu’il voulut bien renouveler pendant deux ans, lorsque je dépansais mes malades. Je crois que, dès cette époque, il eût adopté la doctrine de la production des maladies par les corpuscules animés qu’il avait comparés au ferment de la bière, si les discussions à l’Académie de médecine et les conversations qu’il avait avec Gosselin ne l’avaient pas un peu ébranlé. »

GUÉRIN, Alphonse, « Origine de la doctrine microbienne », Gazette des Hôpitaux, 21 novembre, Paris, 1893. in Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 86

A la suite de sa communication à l’Académie des Sciences du 23 mars 1874,
—  GUÉRIN, Alphonse, « Du rôle pathogénique des ferments dans les maladies chirurgicales. Nouvelle méthode de traitement des amputés. », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, mars 1874, Voir en ligne. —
Louis Pasteur écrit à Alphonse Guérin pour discuter des effets du pansement ouaté sur la multiplication des germes. — Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 90 —

Pourtant jusqu’en 1877, notamment en raison de son incompétence en matière médicale - il est chimiste et physicien de formation - Pasteur reste réservé sur la doctrine microbienne d’Alphonse Guérin.

Guérisons

La guérison du pape Pie IX

Pour Pâques 1863, Alphonse et son épouse séjournent à Rome. On parle d’amputer le pape Pie IX 28 atteint d’ulcères variqueux et d’eczéma. Alphonse Guérin déjà conscient de l’asepsie est sollicité, malgré le Vatican divisé devant la perspective d’une intervention d’un mécréant, d’un agnostique. Il parvient à guérir le saint Père. Ce dernier ne sachant comment remercier le docteur lui propose de le nommer comte de Rome. Alphonse refuse cet honneur : il n’accepte qu’un chapelet en cornaline qu’il donne à son épouse. Et plein de reconnaissance le Saint Père dit au médecin : Docttore, vous êtes il piu grand de tous les médecins du monde Alphonse qui connait le dogme de l’infaillibilité, lui répond : Puisque votre Sainteté le dit, je suis bien obligé de la croire.

Il est bon de préciser que le médecin est en effet connu comme un anticlérical virulent et un franc-maçon actif. Mme de Martel a dit de lui : Croyant comme un Breton, mais sceptique comme un Parisien !

La guérison de Jules Simon

Alphonse Guérin sauve aussi au moins deux fois la vie de son ami d’enfance Jules Simon. Dans la préface de l’un de ses ouvrages, il l’appelle son sauveur. Voici dans quelles circonstances dramatiques il intervint la dernière fois.

L’illustre homme d’état [Jules Simon] quoique souffrant d’un anthrax était allé dans l’Aude ou dans l’Hérault, soutenir la candidature de son fils qui se portait à la députation… L’anthrax avait pris des proportions telles qu’il s’évanouit. Rentré d’urgence à Paris il dit à son fils de téléphoner sans retard à Guérin. Par malheur, Alphonse Guérin était dans ses terres aux environs de Ploërmel. La dépêche lui fut remise au beau milieu d’une partie de chasse. Un autre aurait hésité, se serait excusé peut-être. Guérin n’eut pas un instant d’hésitation. Jules Simon l’appelait, il accourut. Quelques heures plus tard il arrivait place de la Madeleine où il trouva son ami étendu sur une chaise longue, souffrant comme un damné, plus mort que vif. Il regarde l’anthrax, fait une grimace significative, et prenant la main de Jules Simon :

— « As-tu confiance en moi ? »
Le malade fit un signe de tête.
— « Eh bien, laisse-moi faire, tu ne mourras pas encore cette fois-ci, mais il n’est que temps. »
Et d’un coup de bistouri, le docteur ouvrit l’anthrax, d’où jaillit un flot de sang noir comme de l’encre. Cinq minutes plus tard il aurait été trop tard.

Combien d’autres ce chirurgien éminent n’a-t-il pas préservé de la mort, sans bruit, modestement, comme il fit toutes choses ? [...] Mais il avait horreur de la réclame.

SÉCHÉ, Léon, « Nécrologie : M. Alphonse Guérin », Revue illustrée des provinces de l’Ouest, Vol. 15, 1895, p. 122-124, Voir en ligne.

C’est dans cet article qu’on apprend qu’il était l’ami du folkloriste Paul Sébillot 29.

21 février 1895 - Un décès brutal

1890 - Le décès d’Anaïs Guérin

Son épouse, Anaïs décède de la grippe au château du Fresne le 5 janvier 1890. Afin de respecter ses dernières volontés, il la fait enterrer au sommet d’une colline recouverte de landes et de bois, située sur la commune de Néant-sur-Yvel : la « Lande du Cerisier » 30.

[...] Après l’avoir déposée à l’endroit choisi par elle dans la Lande du Cerisier, grand bois qu’elle avait fait planter [...] — Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 155 —

En réalité, le mausolée est édifié dans une clairière, sur un affleurement rocheux entouré de bruyères. La clairière est environnée par des bois de feuillus et des plantations de résineux.

Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
A. Bellido (2021)

Alphonse contracte lui aussi la grippe au début de l’année 1895. Elle se transforme en pneumonie. Probablement, après avoir pris une trop forte dose de morphine pour calmer ses souffrances, il est terrassé à Paris le 21 février à son domicile, 11 bis, rue Jean Goujon. La sœur qui le veillait envoie chercher un religieux assomptionniste. Ce dernier donne l’extrême-onction au mourant qui dans ses derniers moments a laissé entrevoir des signes d’assentiment.

Le décès d’Alphonse Guérin est annoncé dans la presse locale et nationale.

Dans la presse locale

  • Un court article dans le Nouvelliste du Morbihan —  ANONYME, « Nécrologies », Nouvelliste du Morbihan (Le), 28 février, 1895, p. 2, Voir en ligne. —
  • Un long article dans Le Progrès du Morbihan. Il y est fait mention d’une lettre du docteur évoquant ses travaux par rapport à ceux de Pasteur. Cette lettre est reprise du Figaro. —  ANONYME, « Alphonse Guérin », Progrès du Morbihan (Le), 2 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne. —
  • L’avenir du Morbihan du 3 mars retrace sa vie et rappelle son œuvre principale : l’invention du pansement ouaté. — . ANONYME, « Alphonse Guérin », L’avenir du Morbihan, 3 mars, 1895, p. 2, Voir en ligne. —
  • Le Journal de Ploërmel du 3 mars n’y consacre que quelques lignes. —  ANONYME, « Mort du docteur Guérin », Le Journal de Ploërmel, 3 mars, 1895, p. 2, Voir en ligne. —
  • Le Morbihannais du 26 mars publie un long article biographique. Il retrace sa carrière et fournit des informations sur sa jeunesse. —  ANONYME, « Alphonse Guérin », Le Morbihannais, 26 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne. —
  • Le Ploërmelais du 31 mars reprend entièrement l’article du Morbihannais. —  ANONYME, « Alphonse Guérin », Le Ploermelais, 31 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne. —

Dans la presse nationale

De nombreux journaux rapportent le décès et les obsèques d’Alphonse Guérin.

On peut lire par exemple dans Le Petit Journal :

Les obsèques du docteur Alphonse Guérin, de l’Institut ont été célébrées hier, à l’église de Saint-Pierre-de-Chaillot, au milieu d’une nombreuse assistance, où l’on remarquait toutes les sommités médicales.
Après la cérémonie religieuse, le corps a été conduit à la gare Montparnasse. L’inhumation sera faite à Ploërmel, pays natal du défunt.
Quatre discours ont été prononcés par M. Jules Simon de l’Institut, ami intime et compatriote du docteur Guérin, par M. Armand Dayot, président de l’Association des Bretons de Paris, dont le défunt fut président d’honneur, par M. Lucas Championnière 31, de l’Académie de médecine et par le docteur Auger, président de. la Société de chirurgie.
Le deuil était conduit par le frère du défunt, conseiller d’État, et ses fils. Les honneurs ont été rendus par un régiment de ligne, drapeau en tête. Le docteur Guérin était commandeur de la Légion d’honneur.

ANONYME, « Echos de partout », Le Petit Journal, 26 février, 1895, p. 1, Voir en ligne.

Tous les journaux, quelle que soit leur couleur politique, rendent hommage au docteur Guérin, reconnaissant en lui le grand chirurgien et le bienfaiteur de l’humanité.

  • Une mention spéciale pour le journal L’Univers que Gallica décrit ainsi : Conservateur et ultramontain 32, le journal fustige les républicains comme les catholiques libéraux, jugés trop "tièdes". Ce journal rapporte pourtant le décès d’Alphonse Guérin, républicain et anti-clérical affirmé. —  ANONYME, « Académie de médecine », L’Univers, 28 février, Paris, 1895, p. 4, Voir en ligne. —

D’autres journaux lui consacrent un article en forme d’éloge.

  • Le Figaro
    Un long article rédigé par un ami du Docteur Guérin, Émile de Keratry 33. Dans une lettre à son ami, Alphonse Guérin rappelle qu’il est le père de la doctrine microbienne, avant Pasteur et Lister. —  DE KERATRY, Emile, « Alphonse Guérin », Le Figaro, 23 février, 1895, p. 2, Voir en ligne. —
  • Autres exemples
    —  DE MONTMARTRE, Jean, « Un bienfaiteur de l’humanité », Le Radical, 28 février, Paris, 1895, p. 1 et 4, Voir en ligne. —
    —  ANONYME, « Le Docteur Alphonse Guérin », Le Matin, 24 février, 1895, p. 2, Voir en ligne. —

Le Mausolée de Néant-sur-Yvel

Un service funèbre est célébré à Saint-Pierre Chaillot le 25 février, avant que la dépouille ne soit dirigée vers la Bretagne.

A la gare, plusieurs discours furent prononcés devant le cercueil par MM. les docteurs Lucas-Championnière, au nom de l’Académie de Médecine, Auger, pour la Société de Chirurgie, M. Peyron, au nom de l’Assistance publique, et enfin M. Jules Simon, souffrant, presque aveugle, lut avec beaucoup de peine et d’émotion l’éloge de son vieil ami dont la mort rompait une affection de soixante-cinq années 34.

Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 164

À Néant, on célèbre l’office des morts puis vient l’inhumation au sommet de la « Lande du Cerisier ». Le corps du médecin repose aujourd’hui près de celui de son épouse sous un mausolée de granit, monument que le docteur avait fait édifier à la mémoire d’Anaïs Guérin. Le mausolée est construit sur un affleurement de schiste, au milieu d’une clairière environnée de bois de feuillus et de résineux.

Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
Mausolée de granit, au sommet de la « Lande du Cerisier » (Néant-sur-Yvel), monument édifié à la mémoire de son épouse par le Docteur Guérin en 1890 et qu’il a rejoint en 1895
A. Bellido (2015)
Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
Tombeau du Docteur Alphonse Guérin
En bas à gauche : le mausolée est bien visible sur la photo aérienne (Geoportail)
En bas à droite : localisation du mausolée sur la carte IGN (Geoportail)
A. Bellido (2021)

[...] Après la cérémonie, le corps a été transporté dans notre département, où le docteur avait manifesté le désir d’être inhumé près de sa femme, sur les landes de Néant, au milieu d’une population dont ils ont été tous deux les bienfaiteurs. [...]

ANONYME, « Alphonse Guérin », Le Morbihannais, 26 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne.

Dans ce long article, Le Morbihannais donne des détails sur sa jeunesse et retrace sa carrière de chirurgien.

Depuis les années 1960, l’abbé Gillard et l’abbé Boulé intègrent le mausolée dans le circuit touristique de Brocéliande.

[...] Son mausolée se trouve en bordure de la route de Néant à Paimpont sur la lande du Cerisier, à gauche, à environ 3 km de Néant-sur-Yvel. La solitude du site rappelle le moulin du Grand-Bé où Chateaubriand a voulu reposer.

BOULÉ, abbé Armand, Un pays au passé prestigieux : le Bois-de-la-Roche, 1965, 23 p., Voir en ligne. pp. 4-5

Dans un opuscule de l’abbé Gillard —  GILLARD, abbé Henri, Néant-sur-Yvel, Vol. 6, 1955, Josselin, Abbé Rouxel, 1980, 48 p., (« Œuvres complètes : le recteur de Tréhorenteuc »). — le tombeau du docteur Guérin est représenté par une gravure de Jean Delpech.

Un monument en hommage au Docteur Guérin

Ses amis médecins et les membres de l’Association des Bretons de Paris forment le projet d’un monument en hommage au Docteur Guérin, érigé à Ploërmel, sa ville natale. Trois comités sont chargés de recueillir les dons pour la construction du monument, deux à Paris et un dans le Morbihan.

Voir l’article dédié

1995 - Centenaire du décès d’Alphonse Guérin

L’hôpital de Ploërmel honore Alphonse Guérin

Le centre hospitalier de Ploërmel porte le nom d’Alphonse Guérin.

« Alphonse Guérin eut l’intui­tion d’une des plus grandes dé­couvertes du XIXe siècle : la dé­couverte d’agents extérieurs à l’organisme responsables de l’in­fection purulente », explique le docteur Ber­trand Cholous. Dans l’histoire de la médecine, son nom ne peut être dissocié de celui de Pas­teur. A 30 ans en 1847, il pré­sente sa découverte lors de sa thèse, il appelle alors miasme ce que l’on ne nommait pas encore microbe.
« Il fut combattu par la plupart de ses collègues, rappelle Bertrand Cholous. Mais c’est de là que partit la découverte du pansement ouaté chargé de faire barrage aux micro-organismes contenus dans l’air. »

J.P.A., « L’hôpital honore Alphonse Guérin », Ouest-France, 8 décembre, 1995, Voir en ligne.

Grâce à une photo figurant dans cet article, on remarque qu’en 1995, le buste du Dr Guérin était placé sur une stèle devant l’hôpital de Ploërmel. Le buste seul est maintenant situé dans le hall d’accueil.

Buste d'Alphonse Guérin en 1995
Buste d’Alphonse Guérin en 1995
La statue se trouvait à l’entrée de l’hôpital de Ploërmel.
J.P.A., « L’hôpital honore Alphonse Guérin », Ouest-France, 8 décembre, 1995, Voir en ligne.

Une gerbe déposée au mausolée de Néant-sur-Yvel

Environ 150 personnes, dont les enfants des écoles, se sont rendues samedi dernier, en compagnie de M. Morice, maire de Néant-sur-Yvel, au mausolée d’Alphonse Guérin. Ils y ont célébré le centenaire de la mort du célèbre médecin dont l’hôpital de Ploërmel porte le nom.

J.P.A., « L’hôpital honore Alphonse Guérin », Ouest-France, 8 décembre, 1995, Voir en ligne.

2020 - Les 125 ans de la mort d’Alphonse Guérin

A cette occasion, un article des Infos du Pays de Ploërmel revient sur la vie et l’œuvre du docteur Guérin. —  GATTI, Martine, « 21 février 1895 : il y a 125 ans s’éteignait Alphonse Guérin », Les Infos de Ploërmel, 19-25 février, 2020, p. 3, Voir en ligne. —

Distinctions

  • Il est nommé chevalier de la légion d’honneur le 12 août 1864, officier en 1871 et commandeur en 1884.
  • Il reçoit le collier de grand officier de l’ordre du tsar Stanislas II (1878 ?)
  • L’Académie des sciences lui décerne le prix Montyon en 1875 et le prix Godart en 1879.

Des articles à la mémoire du docteur Guérin sont publiés en Belgique, en Suède, en Allemagne, en Italie, en Russie, en Amérique, etc..

Une rue de Rennes située au sud de l’avenue Sergent Maginot et au nord de la Vilaine, au centre-est de la ville, porte son nom 35, ainsi qu’une rue de Ploërmel et une rue de Vannes.

Le Conseil municipal de Paris, dans sa séance du 19 mai 1897, adopte la proposition que le nom du docteur Alphonse Guérin soit donné à une grande voie de Paris. Cette décision ne sera malheureusement pas appliquée.
—  PERTHOU, L., « Conseil municipal de Paris - Séance du 19 mai », L’Intransigeant, 21 mai, 1897, p. 2, Voir en ligne. —
—  ANONYME, « A l’Hôtel de Ville », Le Rappel, 17 mai, Paris, 1897, p. 2, Voir en ligne. —


Bibliographie

Publications d’Alphonse Guérin

GUÉRIN, Alphonse, De la fièvre purulente, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Paris, 1847.

GUÉRIN, Alphonse, « Note sur les fonctions du bulbe de l’urètre (ventricule sanguin de l’urètre) », Bulletin de l’Académie nationale de médecine, Vol. 16 / 8 octobre, 1850, p. 49, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, Éléments de chirurgie opératoire, ou traité pratique des opérations, 1864, Paris, F. Chamerot, 1855, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, Maladies des organes génitaux externes de la femme, Adrien Delahaye, Libraire-Editeur, 1864, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, « Du rôle pathogénique des ferments dans les maladies chirurgicales. Nouvelle méthode de traitement des amputés. », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, mars 1874, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, « De l’influence des ferments dans les maladies chirurgicales », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, 1874, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, Leçons cliniques sur les maladies des organes génitaux internes de la femme, V. Adrien Delahaye et Cíe., 1878, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, Du pansement ouaté et de son application à la thérapeutique chirurgicale, Baillière et fils, éditeurs, 1885, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, « Les pansements modernes. Conférence », Paris, Association des Dames françaises, 1888, Voir en ligne.

GUÉRIN, Alphonse, « Origine de la doctrine microbienne », Gazette des Hôpitaux, 21 novembre, Paris, 1893.

Articles de journaux classés par dates

BOHALGO, « Nouvelles locales », Journal de Vannes, 11 février, 1865, p. 2, Voir en ligne.

MEUNIER, Victor, « Le pansement à la ouate », Le Rappel, 20 janvier, Paris, 1875, p. 3, Voir en ligne.

ANONYME, « Académie de Médecine - Séance du 7 septembre - Le pansement ouaté », Le Temps, 13 septembre, Paris, 1875, p. 3, Voir en ligne.

ANONYME, « Académie de Médecine - Séancces du 5, 19 et 26 février », Le Temps, 5 mars, Paris, 1878, p. 3, Voir en ligne.

DE KERATRY, Emile, « Alphonse Guérin », Le Figaro, 23 février, 1895, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « Le Docteur Alphonse Guérin », Le Matin, 24 février, 1895, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « Echos de partout », Le Petit Journal, 26 février, 1895, p. 1, Voir en ligne.

ANONYME, « Académie de médecine », L’Univers, 28 février, Paris, 1895, p. 4, Voir en ligne.

ANONYME, « Nécrologies », Nouvelliste du Morbihan (Le), 28 février, 1895, p. 2, Voir en ligne.

DE MONTMARTRE, Jean, « Un bienfaiteur de l’humanité », Le Radical, 28 février, Paris, 1895, p. 1 et 4, Voir en ligne.

ANONYME, « Alphonse Guérin », Progrès du Morbihan (Le), 2 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne.

ANONYME, « Alphonse Guérin », L’avenir du Morbihan, 3 mars, 1895, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « Mort du docteur Guérin », Le Journal de Ploërmel, 3 mars, 1895, p. 2, Voir en ligne.

ANONYME, « Néant », Nouvelliste du Morbihan (Le), 10 mars, 1895, p. 3, Voir en ligne.

GAUTIER, Emile, « Le pansement ouaté », Le Petit Journal, 18 mars, 1895, p. 1, Voir en ligne.

ANONYME, « Alphonse Guérin », Le Ploermelais, 31 mars, 1895, p. 2-3, Voir en ligne.

ANONYME, « A l’Hôtel de Ville », Le Rappel, 17 mai, Paris, 1897, p. 2, Voir en ligne.

PERTHOU, L., « Conseil municipal de Paris - Séance du 19 mai », L’Intransigeant, 21 mai, 1897, p. 2, Voir en ligne.

J.P.A., « L’hôpital honore Alphonse Guérin », Ouest-France, 8 décembre, 1995, Voir en ligne.

ANONYME, « Le docteur Alphonse Guérin inhumé à Brocéliande », Ouest-France, 31 octobre, 2012, Voir en ligne.

ANONYME, « Alphonse Guérin, un grand médecin et amoureux », Ouest-France, 21 août, 2016, Voir en ligne.

Autres publications

BELLEVÜE, Xavier de, « Château de Trécesson, histoire, seigneurs, légendes », Revue Morbihannaise, Vol. 17, 1913, p. 5-32.

BOULÉ, Joseph, « Ascendance et vie d’Alphonse Guérin », 2008, Voir en ligne.

DENIS, Michel, « Grandeur et décadence d’une forêt. Paimpont du XVIe au XIXe siècles », Annales de Bretagne, Vol. 64 / 3, 1957, p. 257-273, Voir en ligne.

GAUTIER, Marcel, « Le Passé forestier de la Bretagne et l’expansion des Résineux », Penn Ar Bed, Vol. 46 / 3, 1966, p. 254-261, Voir en ligne.

LE MITOUARD, Alfred, Du pansement ouaté et de son emploi dans la chirurgie de guerre, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon, 1892, Voir en ligne.

MERLET, Abbé, « Principales Seigneuries du Doyenné de Mauron », Mauron, 1931, 236 p., Voir en ligne.

MUSÉE D’ORSAY, « Monument à Alphonse Guérin », sans date, Voir en ligne.

ORIEULX DE LA PORTE, M., Alphonse Guérin, sa vie, ses oeuvres : origine de la doctrine microbienne, Chailland (Laval), 1897, 192 p., Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (1) », Le Ploermelais, 9 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (2) », Le Ploermelais, 16 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (3) », Le Ploermelais, 23 août, 1896, p. 3, Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (4) », Le Ploermelais, 30 août, 1896, p. 3-4, Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (5) », Le Ploermelais, 6 septembre, 1896, p. 3, Voir en ligne.

RECLUS, Paul, « Eloge d’Alphonse Guérin (6) », Le Ploermelais, 13 septembre, 1896, p. 2, Voir en ligne.

SÉCHÉ, Léon, « Nécrologie : M. Alphonse Guérin », Revue illustrée des provinces de l’Ouest, Vol. 15, 1895, p. 122-124, Voir en ligne.

TESTUT, Léo, Traité d’anatomie humaine : anatomie descriptive, histologie, développement., Vol. Tome 3, Fascicule 2-4, Edition 1-2, Paris, Octave Doin, Editeur, 1893, Voir en ligne.

TRÉHORENTEUC - EGLISES DE BROCÉLIANDE, « Alphonse Guérin, inventeur du pansement ouaté », sans date, Voir en ligne.

WIKI RENNES MÉTROPOLE, « Alphonse Guérin », 2017, Voir en ligne.


↑ 1 • Né en 1815, Frédéric s’est consacré à la magistrature et devient conseiller à la Cour de Cassation. Il décède à Paris en 1899.

↑ 2 • Jules-François-Simon Suisse dit Jules Simon est un philosophe et homme d’État français, né le 27 décembre 1814 à Lorient (Morbihan) et mort le 8 juin 1896 dans le 8e arrondissement de Paris. Député républicain à l’Assemblée constituante de 1848, il publie des études sur la question universitaire et la liberté de l’enseignement. Il est président du Conseil des ministres du 12 décembre 1876 au 17 mai 1877.

↑ 3 • Hippolyte Orieulx est employé des contributions directes et propriétaire de Kermagaro en Néant.

↑ 4 • Bourbon-Vendée est le nom donné à La Roche-sur-Yon, d’avril 1814 à avril 1815 sous la Restauration, puis de juin 1815 à la proclamation de la république en 1848.

↑ 5 • Pierre-Jacques Roulliot, dit « Hégésippe Moreau », est un écrivain, poète et journaliste français, né le 8 avril 1810 à Paris et mort le 20 décembre 1838 dans la même ville.

↑ 6 • Ernest Louis Eugène Orieulx —  MERLET, Abbé, « Principales Seigneuries du Doyenné de Mauron », Mauron, 1931, 236 p., Voir en ligne. p. 104 —

↑ 7 • Louis Marie Henry François César de Pommereul est marié avec Eugénie Renée Bameulle. Ils ont une fille, Anaïs.

↑ 8 • Anaïs de Pommereul, née au Fresne le 16 décembre 1815, se marie à Néant le 12 juin 1837 avec Hippolyte de Moncuit de Boiscuillé.

↑ 9 • Hippolyte de Moncuit (1798-1842), maire de Plélan-le-Grand en 1833, est mort en 1842 au château du Fresne en Néant-sur-Yvel. Son père Pierre de Moncuit de Boiscuillé est copropriétaire des Forges de Paimpont de 1801 à 1810, puis actionnaire de la Société des Forges de Paimpont de 1810 à 1841. Il est aussi propriétaire du Bois de la Moutte de 1824 à 1850.

↑ 10 • Son mari et ses parents décèdent en 1842.

↑ 11 • Paul Reclus est un chirurgien français, né à Orthez (Basses-Pyrénées) le 7 mars 1847 et mort à Paris le 29 juillet 1914. Anarchiste et franc-maçon, il participe à la guerre de 1870 comme chirurgien de campagne, puis à la Commune de Paris, comme médecin du bataillon dans lequel combat son frère Élisée. Paul Reclus est connu pour avoir vulgarisé l’usage de la cocaïne comme anesthésique local et inauguré, en 1904, l’emploi de son premier substitut de synthèse, la stovaïne, mis au point par Ernest Fourneau. Il a aussi décrit la mastopathie kystique diffuse appelée également maladie de Reclus.

↑ 12 • La Deuxième République, ou Seconde République, est le régime républicain de la France du 24 février 1848, date de la proclamation provisoire de la République à Paris, jusqu’à la proclamation de Louis-Napoléon Bonaparte comme empereur le 2 décembre 1852.

↑ 13 • Pierre Joigneaux (Ruffey-lès-Beaune, 23 décembre 1815 - Asnières, 26 janvier 1892) est un journaliste puis homme politique d’extrême gauche. Opposé au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, il est expulsé et se réfugie à Saint-Hubert en Belgique où il se lie d’amitié avec Alexandre Dumas père. Il reprend ses études agronomiques et publie à Bruxelles plusieurs ouvrages pratiques estimés.

↑ 14 • Marc Étienne Gustave Dufraisse, né le 2 mai 1811 à Ribérac et mort à Paris le 22 janvier 1876, est un homme politique français. Avocat, républicain, il est nommé commissaire général de l’Indre et de l’Indre-et-Loire en 1848, puis préfet de l’Indre. Emprisonné à Mazas à la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, puis proscrit, il s’exile en Belgique et en Suisse.

↑ 15 • Charles Ribeyrolles, né à Aynac (Lot) le 16 février 1812 et mort à Rio de Janeiro le 1er juin 1860, est un écrivain, journaliste républicain français et compagnon d’exil de Victor Hugo. Charles Ribeyrolles s’exile à Londres puis, après le coup d’État du 2 décembre 1851, sur l’île de Jersey.

↑ 16 • Pierre-Joseph Proudhon, né le 15 janvier 1809 à Besançon et mort le 19 janvier 1865 à Paris (16e arrondissement), est un polémiste, journaliste, économiste, philosophe, politique et sociologue français. Précurseur de l’anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire du 19e siècle à être issu du milieu ouvrier.

↑ 17 • les Pinsard, les Treillard, les Trochu, les Théaud

↑ 18 • 

J’exposai mes idées dans ma thèse que je dus faire en quelques jours, parce que je la subis à la veille d’un concours d’agrégation auquel je tenais à prendre part. Je ne pus consacrer à ce travail beaucoup trop succinct qu’une trentaine de pages.

Alphonse Guérin in Orieulx de la Porte (1897). op. cit., p. 28

↑ 19 • Un prosecteur est un docteur en médecine qui, avant 1968, était attaché au laboratoire d’anatomie d’une faculté de médecine, préparait les dissections et collaborait à l’enseignement de l’anatomie.

↑ 20 • Aujourd’hui hôpital Broca

↑ 21 • Louis Pasteur, né à Dôle (Jura) le 27 décembre 1822 et mort à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) le 28 septembre 1895, est un scientifique français, chimiste et physicien de formation. Pionnier de la microbiologie, il connut, de son vivant même, une grande notoriété pour avoir mis au point un vaccin contre la rage.

↑ 22 • Joseph Lister, né le 5 avril 1827 à Upton (Angleterre), Essex (aujourd’hui dans Newham, Londres) et mort le 10 février 1912 à Walmer (Angleterre), Kent, est un chirurgien britannique, un des pionniers et le vulgarisateur le plus efficace de l’antisepsie dans la chirurgie opératoire.

↑ 23 • Ce dernier ouvrage est consultable en e-book gratuit.

↑ 24 • Sa notice de Wikipedia met en avant sa spécialisation en urologie.

Spécialiste en urologie, on lui doit de nombreux termes médicaux, comme les glandes de Guérin, communément appelées aujourd’hui Glande de Skene. Les valvules de Guérin ou sinus de Guérin ont gardé son nom pour décrire la fosse naviculaire du méat urétral.

↑ 25 • Jean Casimir Félix Guyon, né le 21 juillet 1831 à Saint-Denis de La Réunion et mort le 20 juillet 1920 à Paris, est un chirurgien français. Fondateur de l’école de chirurgie urologique française, il est le créateur de la « Clinique des voies urologiques » de l’Hôpital Necker, première chaire française exclusivement consacrée à l’urologie.

↑ 26 • Émile Jean-Marie Gautier (19 janvier 1853 à Rennes1 - 20 janvier 1937) est un journaliste français. Docteur en droit et disciple de Jules Vallès, il fut militant et théoricien anarchiste impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 » en 1883 à Lyon.

↑ 27 • Victor Meunier était journaliste scientifique et politique. Socialiste utopiste, il se fit notamment remarquer par la publication de "Jésus-Christ devant les conseils de guerre" (1848) et par sa polémique avec Raspail (1879). Il collabora notamment à divers journaux d’opinion (L’Opinion nationale, L’Avenir national, Rappel, organe fondé par la famille de Victor Hugo...).

↑ 28 • A noter que ce pape est auteur du dogme de l’Immaculée Conception (en 1854) et du Syllabus (en 1864).

↑ 29 • Paul Sébillot (Matignon, Côtes-d’Armor, 6 février 1843 - Paris, 23 avril 1918) est un ethnologue, folkloriste, collecteur de traditions et contes populaires en Haute Bretagne, écrivain et peintre français.

↑ 30 • Ce vaste terrain (plusieurs dizaines d’ha) appartenait à sa femme et à la famille de son premier mari (les Moncuit).

↑ 31 • Just Lucas-Championnière est un médecin français, né à Saint-Léonard (Oise) le 15 août 1843 et mort à Paris le 22 octobre 1913, au cours d’une séance de l’Académie des sciences durant laquelle il venait de prononcer une importante communication sur la trépanation préhistorique. En janvier 1869, il publie le premier article en français sur les vertus de l’antisepsie. Il en sera toute sa vie un ardent propagandiste. Il est l’auteur du premier ouvrage français de référence sur cette méthode, le Manuel de chirurgie antiseptique.

↑ 32 • « Ultramontanisme » désigne les tendances romaines au sein de l’Église catholique qui affirment la primauté spirituelle et juridictionnelle du pape sur le pouvoir politique et donc la subordination de l’autorité civile à l’autorité ecclésiastique. Au 19e siècle, l’ultramontanisme s’oppose aux idées issues des bouleversements politiques et technologiques de la Révolution française et industrielle.

↑ 33 • Émile, comte de Kératry, né le 24 mars 1832 à Paris où il est mort le 6 avril 1904, est un militaire et homme politique français.

↑ 34 • Jules devait décéder l’année suivante

↑ 35 • En 1889, les habitants du quartier des Bas Chemins demandaient qu’un nom fût donné au chemin vicinal n° 50. Leur souhait était de donner à cette artère le nom de Pasteur. La municipalité d’alors opta pour celui d’Alphonse Guérin. —  WIKI RENNES MÉTROPOLE, « Alphonse Guérin », 2017, Voir en ligne. —