aller au contenu

Les matériaux de construction de l’abbaye de Paimpont - II

Contexte topographique et géologique

L’abbaye de Paimpont est construite au milieu de trois grandes formations géologiques :

  • le Grès armoricain, dont les affleurements s’étendent sur une largeur de 3 à 5 km. Les fondations de l’abbaye reposent sur le Grès armoricain.
  • la Formation de Pont-Réan (« Série rouge » de la base du Paléozoïque) qui affleure à la périphérie du massif de Paimpont,
  • les sédiments du Briovérien distants d’un peu plus de 10 km.

Dans ce contexte géologique situé à moins de 20 km de l’abbaye de Paimpont, les faciès rocheux susceptibles d’être utilisés pour sa construction sont variés. En fonction des époques on distingue :

Dans le Briovérien

  • des poudingues : le Poudingue de Gourin,
  • des grès,
  • des alternances silto-gréseuses,
  • et des faciès locaux particuliers appelés « Dalles de Néant »

Dans le Paléozoïque

Au Tertiaire

  • Au Pliocène
    Des sables blancs ou rouges, plus ou moins agglutinés par oxyde de fer. Cette induration secondaire par les oxydes de fer aboutit à la formation de bancs gréseux rouges localement désignés comme « Roussard  ».
  • Au Plio-Pleistocène
    Des conglomérats, postérieurement cimentés par des oxydes de fer sont issus d’alluvions résiduelles : les Grisons
Notre ami Yves Quété nous a quitté le 2 octobre 2020.

Il nous a laissé huit articles (dont celui-ci) en attente de validation par le comité de lecture. Nous avons choisi de les mettre directement en ligne. Ces articles constituent une contribution inestimable au contenu de l’Encyclopédie de Brocéliande.
Outre la rédaction d’articles, Yves a organisé pendant cinq ans, de 2015 à 2019, trente-cinq sorties géologiques sur l’ensemble du massif de Brocéliande et sa périphérie. Son but était de faire découvrir aux encyclopédistes la diversité des formations géologiques de la région et la complexité de cette discipline, à travers des exemples observés sur le terrain.
La synthèse de ces excursions est accessible ici.

Les grands ensembles géologiques de la région de Brocéliande et leur histoire sont décrits dans l’article Une histoire géologique simplifiée de la région.

L’abbaye de Paimpont (154 m NGF) est située sur un plateau culminant à 250-230 m d’altitude. Ce plateau paléozoïque est entamé vers le Sud par la rivière l’Aff qui l’a érodé sur près de 100 m de dénivelé.

Le réseau hydrographique en place, orienté est-ouest ou plus rarement transverse (nord-sud), individualise des reliefs résiduels (orientés est-ouest) de socle rocheux paléozoïque.

— L’Aff sépare l’Unité de Paimpont au nord de celle de Coëtquidan au sud.

— Les deux ensembles paléozoïques : Unités de Paimpont/Coëtquidan – Ellipse de Réminiac, sont situés de part et d’autre de la rivière Oyon. Ils montrent des altitudes résiduelles maximales de 180 et 150 m.

— Le socle rocheux briovérien (Voir « Histoire géologique de la région ») est entamé à l’ouest par la rivière Yvel et ses affluents (drainage vers le sud) et au nord par la rivière le Meu (drainage vers l’est). Les reliefs résiduels y varient entre 100 et 110 m, les points de sortie des rivières étant à 20 - 50 m d’altitude.

Fig. 1 - Abbaye de Paimpont - Contextes topographique et hydrographique
Fig. 1 - Abbaye de Paimpont - Contextes topographique et hydrographique
Contextes reliés aux ensembles sédimentaires du Paléozoïque et du Briovérien (rayons de 5 et 20 km)
Les altitudes sont indiquées dans des cercles.
Y. Quété

L’aspect « festonné » des limites 1 des formations géologiques paléozoïques - Grès armoricain (Voir « Histoire géologique de la région ») / Série rouge 2 (Voir « Histoire géologique de la région ») - et briovériennes - « Dalles de Néant » / faciès silto-gréseux - dessinent sur le terrain des bandes alternées, de largeur kilométrique, orientées N.80°E, qui soulignent des structures hercyniennes plissées communes aux sédiments briovériens et paléozoïques.

Fig. 1bis - Abbaye de Paimpont - Contexte géologique
Fig. 1bis - Abbaye de Paimpont - Contexte géologique
Rayons de 5 et 20 km
Y. Quété

La Fig. 1 bis est réalisée d’après plusieurs cartes géologiques de la région 3 4.

— La coupe géologique (Fig. 2) montre vers le sud - Réminiac/Monteneuf - l’Ellipse de Réminiac, incluse dans la zone de 20 km autour de l’abbaye, qui dessine une structure en pli synclinal plus accentuée que celle des couches tabulaires plus au nord dans l’Unité de Paimpont.

Fig. 2 - Abbaye de Paimpont - Contexte géologique
Fig. 2 - Abbaye de Paimpont - Contexte géologique
Carte et coupe : rayons 5 et 20 km
D’après les feuilles au 1/50 000 des cartes géologiques actuellement disponibles (éditions 1999 à 2009).
Y. Quété

La carte géologique indique que l’abbaye de Paimpont est construite au milieu d’affleurements de Grès armoricain altérés en surface (couverture argileuse) étendus sur une largeur de 3 à 5 km. La Formation de Pont-Réan (« Série rouge » de la base du Paléozoïque) fait suite au Grès armoricain et domine plus loin les sédiments du Briovérien distants d’un peu plus de 10 km.

Fig. 3 - Abbaye de Paimpont - Unités de Paimpont – Coëtquidan
Fig. 3 - Abbaye de Paimpont - Unités de Paimpont – Coëtquidan
La succession des formations géologiques
Y. Quété

Dans ce contexte géologique situé à moins de 20 km de l’abbaye de Paimpont, les faciès rocheux susceptibles d’être utilisés pour sa construction - étalée du 13e au 19e siècle – voir Les grandes étapes de la construction de l’abbaye - sont variés.

La pierre à bâtir est un matériau de construction constitué de substrats géologiques plus ou moins distants, d’où elle est extraite au moyen de carrières creusées à l’air libre ou plus rarement en galerie.

La roche extraite doit avoir une résistance mécanique suffisante pour assurer la solidité du bâtiment, tout en fournissant des blocs de forme compatibles avec les moellons et pierres de taille attendus.

Les roches sédimentaires, constituées de couches successives d’épaisseur décimétrique à métrique et recoupées par une fracturation/schistosité serrée perpendiculaire à ces couches, se caractérisent par un débit naturel en parallélépipèdes, particulièrement recherché par les carriers.

Le Briovérien

Dans le Briovérien (voir légende de la carte géologique, Fig. 1 bis), on peut trouver des poudingues (Poudingue de Gourin), des grès, des alternances silto-gréseuses et des faciès locaux particuliers appelés « Dalles de Néant » (voir Annexe 2 : Mauron – Sentier géologique Pierre Pompéi).

Fig. 4 - Rovéneuc (Concoret) - Bancs de microconglomérat de Poudingue de Gourin
Fig. 4 - Rovéneuc (Concoret) - Bancs de microconglomérat de Poudingue de Gourin
Détail des galets de taille millimétrique à centimétrique - 1 : Quartz – 2 : Phtanite)
Microconglomérat : les fragments/galets y sont de petite taille. Voir aussi Annexe 2 : le sentier géologique à Mauron
Localisation [1] Fig. 23
Y. Quété

—  Le Poudingue de Gourin est un conglomérat composé de galets arrondis constitués de quartz blanc et de rares galets de phtanite 5 noire . Cette composition constante permet de les distinguer des autres formations conglomératiques de Bretagne. —  LE BERRE, Patrick, THOMAS, Éric, SCHROETTER, Jean-Michel, [et al.], « Notice explicative de la feuille 352 - Guer », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2009, (« Carte Géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne. —.

Fig. 5 - Parc Jacques
Fig. 5 - Parc Jacques
(Mauron – Propriété de Monsieur Nourtier)
Grès briovériens, de couleur verte. Pendage faible
Localisation [2] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 6 - Le Bois (Guilliers)
Fig. 6 - Le Bois (Guilliers)
(Propriété de Joseph Boulé) - Grès briovériens de couleur verte. Pendage faible.
Localisation [3] Fig. 23.
Y. Quété

— Les niveaux gréseux se caractérisent sous la forme de bancs décimétriques à métriques de grès mal classés 6. Les grès sont majoritairement massifs, homogènes. Les rares figures sédimentaires observées y sont des rides de courant à écoulement unidirectionnel —  THOMAS, Éric, BRAULT, Nicolas, CARN, Anne, [et al.], « Notice explicative de la feuille 351 - Ploërmel », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2004, (« Carte géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.. —

Fig. 7 - Tréafeu (Brulais)
Fig. 7 - Tréafeu (Brulais)
Dalles de Néant – Siltites (S) et niveaux gréseux (G) peu épais – A droite : siltites à lamines obliques caractéristiques de figures de courant (dans le sens du marteau) Localisation [4] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 8 - Carrière du Quengo (Néant-sur-Yvel)
Fig. 8 - Carrière du Quengo (Néant-sur-Yvel)
(Propriété de Bertrand Lessard) - A gauche : grès se débitant en parallélépipèdes rectangles de taille décimétrique - A droite : siltites à débit en « baïonnettes » - Localisation [5] Fig. 23.
Y. Quété

— Les Dalles de Néant constituent un faciès du Briovérien particulièrement recherché par les carriers d’hier et d’aujourd’hui. Elles sont principalement composées de bancs de grès vert, moyens à grossiers et de bancs de siltites et d’argilites finement rythmées (riches en figures sédimentaires : courants unidirectionnels) de couleur vert sombre à débit en « baïonnettes » 7 alternant avec des bancs de grès moyens à grossiers.

Fig. 9 - Lithostratigraphie de la formation de Pont-Réan
Fig. 9 - Lithostratigraphie de la formation de Pont-Réan
Représentation synthétique des faciès rocheux constituant le Briovérien et le Paléozoïque (Unité de Paimpont – Synclinal de Réminiac). La série Paléozoïque est ici limitée à son toit, au Grès armoricain, la base du Paléozoïque est jalonnée par un volcanisme principalement effusif qui s’épand sur la pénéplaine briovérienne.
—  LE CORRE, Claude, Approche quantitative des processus syn-schisteux. L’ensemble du segment hercynien de Bretagne centrale, Thèse d’État, Rennes 1, 1978, 381 p. —

Le Paléozoïque

(voir légende de la carte géologique, Fig. 1 bis).
Les faciès rocheux reconnus, discordants sur le Briovérien, correspondent au Grès armoricain recouvrant la Série rouge ou « Formation de Pont Réan ».

Le Grès armoricain

Fig. 10 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
Fig. 10 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
(Propriété de Alain Le Gualès) - Grès armoricain - Couches gréseuses moyennement pentées.
Localisation [6] Fig. 23.
Y. Quété

Cette formation se caractérise aussi par la présence de minerai de fer d’origine sédimentaire (voir aussi Le minerai de fer en forêt de Paimpont ) qui était extrait dans des minières (excavations peu profondes à ciel ouvert ou en galerie) et traité dans des forges.

Fig. 11 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
Fig. 11 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
Grès armoricain - Figures sédimentaires et ichnofossiles associés.
A gauche – banc vu en tranche : terriers verticaux (Skolithes)
A droite – banc vu du dessus : débouché des terriers – Rides de courant symétriques (marée) - Localisation [6] Illustrations 23.
Y. Quété
Fig. 12 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
Fig. 12 - Carrière de La Moutte (Paimpont)
Ichnofossiles Grès armoricain - A Gauche : Cruziana (piste bilobée) - A Droite : Empreinte d’un trilobite Asaphidae Ogyginus armoricanus. Les pistes bilobées d’une largeur de 5 à 15 cm et longues de plusieurs décimètres se remarquent le plus souvent sous forme d’empreinte en relief à la face inférieure des bancs, les lobes portent des stries obliques par rapport au sillon médian. Elles traduisent l’ambulation ou le pacage d’arthropodes dont certains pouvaient être des trilobites (Ogyginus armoricanus) - Localisation [6] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 13 - Minières (Camp militaire de Coëtquidan – La Gelée - Forêt de Paimpont)
Fig. 13 - Minières (Camp militaire de Coëtquidan – La Gelée - Forêt de Paimpont)
(domaine privé) - Anciennes exploitations du minerai de fer du Grès armoricain Localisation [B et A] Fig. 23.
—  LARCHER, Guy, « Sites métallurgiques de la forêt de Paimpont », 1990, Voir en ligne. —
Y. Quété

La Série rouge

Cette série sédimentaire montre à sa base un faciès conglomératique (Fig. 9 - 2 : le Poudingue de Montfort), des niveaux gréseux (Fig. 9 - 3 : le Grès de Courouët) et des siltites rouges riches en quartz et teintées par l’hématite (Fig. 9 - 4 : les Dalles pourprées).

Fig. 14 - Poudingue de Montfort : Carrière de La Harelle (Montfort)
Fig. 14 - Poudingue de Montfort : Carrière de La Harelle (Montfort)
(Propriété de Monsieur Perrotin) - Faciès à gros galets gréseux – faciès à petits fragments quartzeux anguleux. - Localisation [7] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 15 - Moulin du Casse (Iffendic)
Fig. 15 - Moulin du Casse (Iffendic)
(propriété privée – l’accès est toutefois possible par un chemin piétonnier au Nord) - Poudingue de Montfort : A gauche : faciès à galets de taille pluri centimétrique – A droite : niveaux gréseux (G) associés au Poudingue de Montfort (M) ; ici niveaux à petits fragments de quartz anguleux) - Localisation [8] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 16 - Etang du Vobulo (Augan – Porcaro)
Fig. 16 - Etang du Vobulo (AuganPorcaro)
(Propriété de Michel Ruand) – A gauche : dalles pourprées (S) à pendage marqué vers le nord avec un niveau gréseux(G) interstratifié – A droite : éboulis de Poudingue de Montfort (galets gréseux pluri centimétriques) – Ces éboulis formés de gros blocs de taille métrique sont placés sous les dalles pourprées et niveau gréseux illustrés à gauche - Localisation [9] Fig. 23.
Y. Quété

Le Paléozoïque, situé dans un rayon de 20 km autour de l’abbaye de Paimpont, se caractérise par deux particularités concernant la Série rouge.

Fig. 17 - Carrière des Rochelles (Monterfil)
Fig. 17 - Carrière des Rochelles (Monterfil)
(propriété ? La barrière à l’entrée permet le passage aux piétons) – Grès de Courouët (vue en 1979 par YQ) - Localisation [10] Fig. 23.
Y. Quété
Fig. 18 - Carrière des Rochelles (Monterfil)
Fig. 18 - Carrière des Rochelles (Monterfil)
Grès de Courouët (état actuel) - Localisation [10] Fig 23.
Y. Quété

— Les niveaux gréseux interstratifiés dans les dalles pourprées correspondent :

>À un faciès clair situé plutôt à la base de la Série rouge : le Grès de Courouët sensu stricto. Ce grès représente un faciès sableux déposé latéralement ou immédiatement au-dessus des niveaux plus grossiers du Poudingue de Montfort (voir Fig. 9).

Fig. 19 - Carrière de Trékoët (Muël)
Fig. 19 - Carrière de Trékoët (Muël)
(propriété Ets Pompei 56430 Saint Léry) – bancs gréseux rouges avec des figures de charge peu marquées (en jaune à droite) Localisation [11] Fig. 23. Voir aussi Annexe 2 : Le sentier géologique à Mauron.
Y. Quété

>À un faciès rouge situé plutôt au sommet de la Série rouge pas loin du contact avec le Grès armoricain : le Grès rouge de Trékoët.

— La présence de volcanites (Voir Annexe 3 : roches volcaniques et volcanosédimentaires 8 ) qui affleurent au nord-ouest et sud-est de Monteneuf, essentiellement sous la forme de coulées de laves massives. Ces coulées se sont étalées sur la pénéplaine briovérienne au moment du dépôt de la Série rouge, mais avant la généralisation de la transgression marine du Paléozoïque marquée par le dépôt du Grès armoricain.

Fig. 20 - Château de Marsac (Quelneuc)
Fig. 20 - Château de Marsac (Quelneuc)
(domaine privé) Volcanites – A gauche : vu en 1975 : dalles pourprées (dp) peu pentées en haut près du château, en dessous la lave (V) – Au milieu : Affleurement de lave massive (V) le long de la D.14 en bas - A droite : Détail de la lave, couleur gris-clair (voir aussi Annexe 3) - Localisation [12] Fig. 23.
Y. Quété

Cet affleurement est aujourd’hui difficile d’accès car les abords (envahis par la végétation) du château ne semblent pas desservis par un chemin. En bas le bord de la D.14 est extrêmement dangereux, du fait du manque de place pour observer l’affleurement (situé dans un virage) et de la circulation automobile.

Fig. 21 - La Trémelais (Guer)
Fig. 21 - La Trémelais (Guer)
(propriété Entreprise Charier 44410 Herbignac) Volcanites – A gauche : la carrière à l’Est de la D.773 – A droite : Blocs fracturés du fait de l’amplitude thermique quotidienne en hiver ou en été, notez la teinte gris-clair de la cassure de la roche (voir aussi Annexe 4) - Localisation [13] Illustrations 23.
Cette carrière a fait l’objet d’une visite : Encyclopédistes de Brocéliande : sortie géologique n° 12 7/16 du 30 sept 2016.
Y. Quété
Fig. 22 - Abbaye de Paimpont
Fig. 22 - Abbaye de Paimpont
Contexte géologique d’après Le Corre (1978).
—  LE CORRE, Claude, Approche quantitative des processus syn-schisteux. L’ensemble du segment hercynien de Bretagne centrale, Thèse d’État, Rennes 1, 1978, 381 p. —

Au-dessus du Paléozoïque

Les cartes géologiques anciennes (feuille de Rennes au 1/80 000 —  BARROIS, Charles et PRUVOST, Pierre, « Carte géologique de la France (1/80 000), feuille de Rennes », 2e éd., Paris, Serv. Carte géol. Fr., 1941. — Voir Annexe 1) couvrant le secteur de Paimpont montrent un placage de sables pliocènes (Pb).

— Sur la légende de la feuille de Rennes il s’agit de :

Sables blancs ou rouges, parfois épais, à stratification entrecroisée, avec lits intercalés de graviers quartzeux, plus ou moins agglutinés par oxyde de fer 9, parfois assez abondant pour être exploité comme minerais de fer (forêt de Paimpont) ; dans d’autres cas, lentilles d’argile grise interstratifiées, exploitées par les potiers (la Poterie, l’Hermitage). Ces sables constituent l’assise tertiaire la plus étendue de la feuille, qu’ils ont dû recouvrir presque complètement.

— Cl. Le Corre (1978), indique que le Pliocène présent de part et d’autre de l’abbaye est limité par la faille de Paimpont (direction N170°E), qui se prolonge vers le Sud dans le Briovérien jusqu’à Guer et probablement au-delà 10. —  LE CORRE, Claude, Approche quantitative des processus syn-schisteux. L’ensemble du segment hercynien de Bretagne centrale, Thèse d’État, Rennes 1, 1978, 381 p. —.

— La Notice de la feuille de Guer (2009) indique :

Des fragments ferrugineux ont aussi été observés dans la zone de Plélan-le-Grand, à la Gelée (voir Fig. 13), près d’une ancienne zone d’extraction de minerai de fer des Forges de Paimpont ... Ces blocs observables dans la zone d’altération du Grès armoricain, pourraient correspondre, au moins en partie, à des fragments de minerai de fer de l’Ordovicien inférieur transformés par l’altération superficielle.

LE BERRE, Patrick, THOMAS, Éric, SCHROETTER, Jean-Michel, [et al.], « Notice explicative de la feuille 352 - Guer », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2009, (« Carte Géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

La présence de dépôts de conglomérats à galets de quartz, cimentés ou non par des oxydes de fer et de la silice, ont été cartographiés un peu partout dans ce secteur de Bretagne centrale. Sur les feuilles de Ploërmel (2004) au Sud, de Montfort-sur-Meu (1999), des conglomérats ferrugineux apparaissent dans le quart nord-est de la feuille.

— Ces conglomérats, postérieurement cimentés par des oxydes de fer (Grison11 et localement de la silice, ont été interprétés comme des alluvions résiduelles (Notice feuille St-Méen-le-Grand - 2008). Ils seraient postérieurs au dépôt des faluns miocènes (post-Serravalien < 12 Ma) et représenteraient un système fluvio-deltaique ancien (Plio-Pleistocène) intermédiaire entre les dépôts pliocènes fluviaux-estuariens des « sables rouges » et le dépôt des alluvions des terrasses anciennes (Pléistocène moyen) associées au réseau hydrographique actuel.

Fig. 22bis - Contexte géologique de l'abbaye de Paimpont
Fig. 22bis - Contexte géologique de l’abbaye de Paimpont
Rayons de 5 et 20 km
Y. Quété
Fig. 23 - Localisation et liste des affleurements cités dans le texte.
Fig. 23 - Localisation et liste des affleurements cités dans le texte.

A suivre  : Ce que montrent les murs l’abbaye de Paimpont


Bibliographie

BARROIS, Charles et PRUVOST, Pierre, « Carte géologique de la France (1/80 000), feuille de Rennes », 2e éd., Paris, Serv. Carte géol. Fr., 1941.

LARCHER, Guy, « Sites métallurgiques de la forêt de Paimpont », 1990, Voir en ligne.

LE BERRE, Patrick, THOMAS, Éric, SCHROETTER, Jean-Michel, [et al.], « Notice explicative de la feuille 352 - Guer », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2009, (« Carte Géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

LE CORRE, Claude, Approche quantitative des processus syn-schisteux. L’ensemble du segment hercynien de Bretagne centrale, Thèse d’État, Rennes 1, 1978, 381 p.

THOMAS, Éric, OUTIN, Jean-Marie, RIVIÈRE, Jean-Marie, [et al.], « Notice explicative de la feuille 316 - Montfort-sur-Meu », Orléans, BRGM - Service géologique national, 1999, (« Carte géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

THOMAS, Éric, BRAULT, Nicolas, CARN, Anne, [et al.], « Notice explicative de la feuille 351 - Ploërmel », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2004, (« Carte géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

THOMAS, Éric, BRAULT, Nicolas, CARN, Anne, [et al.], « Feuille 351 - Ploërmel », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2004, (« Carte géologique de la France à 1/50000 »).

THOMAS, Éric et OUTIN, Jean-Marie, « Notice explicative de la feuille 315 - Saint-Meen-le-Grand », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2008, (« Carte géol. France (1/50 000) »).


↑ 1 • Comme vu plus haut, les limites cartographiques des formations géologiques correspondent à des limites érosives creusées par le réseau hydrographique actuel, à un moment où les flux sédimentaires transportés étaient beaucoup plus importants qu’aujourd’hui : soit les périodes de débâcle qui ont accompagné les derniers épisodes glaciaires de l’ère quaternaire (Mindel > Riss > Wurm : 0.475 à 0.011 Ma).

↑ 2 • La « Série rouge » comprend notamment les Dalles pourprées, encore appelées « schistes rouges ».

↑ 3 •  THOMAS, Éric, OUTIN, Jean-Marie, RIVIÈRE, Jean-Marie, [et al.], « Notice explicative de la feuille 316 - Montfort-sur-Meu », Orléans, BRGM - Service géologique national, 1999, (« Carte géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

THOMAS, Éric et OUTIN, Jean-Marie, « Notice explicative de la feuille 315 - Saint-Meen-le-Grand », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2008, (« Carte géol. France (1/50 000) »).

THOMAS, Éric, BRAULT, Nicolas, CARN, Anne, [et al.], « Feuille 351 - Ploërmel », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2004, (« Carte géologique de la France à 1/50000 »).

LE BERRE, Patrick, THOMAS, Éric, SCHROETTER, Jean-Michel, [et al.], « Notice explicative de la feuille 352 - Guer », Orléans, BRGM - Service géologique national, 2009, (« Carte Géol. France (1/50 000) »), Voir en ligne.

↑ 4 • « Carrières et affleurements » désignent sur la carte les points d’observations privilégiés cités dans les notices des feuilles géologiques, la bibliographie associée, ainsi que le travail de reconnaissance de terrain effectué dans le cadre des sorties des encyclopédistes de Brocéliande. Dans leur grande majorité, ces points sont soit inaccessibles soit invisibles (non entretenus – envahissement par la végétation). Dans tous les cas, il faut rester très prudent (sites ennoyés – risques d’éboulement) et obtenir préalablement l’autorisation des propriétaires / exploitants.

↑ 5 • Phtanite : Microquartzite (grain de quartz : 20µm) de couleur noire du fait de la présence dans le ciment, de matière organique : graphiteuse et charbonneuse.

↑ 6 • Un sédiment est dit mal classé quand il est constitué d’un mélange d’éléments de granulométrie hétérogène - taille entre sable, limon et argile.

↑ 7 • Le débit en « baïonnettes » caractérise le plus souvent des siltites dont les bancs (S0) peu épais sont recoupés perpendiculairement par une schistosité (S1) ou une fracturation serrée. Le résultat est le débit naturel de la roche en lames allongées fines (voir Fig. 8).

↑ 8 • Les roches volcaniques s’individualisent sous la forme de laves s’écoulant à l’air libre (Fig. 9 - L), de filons d’alimentation de ces coulées (Fig. 9 - f ), de faciès explosifs ou resédimentés (Fig. 9 - E) nuées ardentes – cendres localement reprises dans la sédimentation des dalles pourprées.

↑ 9 • Cette induration secondaire des sables pliocènes par les oxydes de fer aboutit à la formation de bancs gréseux rouges qui sont localement désignés comme « Roussard ».

↑ 10 • Aujourd’hui cette faille est aussi appelée « Faille de Quessoy - Nort sur Erdre », elle a une extension qui recoupe la totalité du Massif-armoricain.

↑ 11 • Dans le Perche le « Grison » désigne une roche constituée d’un agrégat de cailloux siliceux soudés par un ciment ferrugineux donnant une couleur brun-rouille à l’ensemble.