aller au contenu

1824-2007

Contes et légendes populaires de Brocéliande

Une histoire du collectage en forêt de Paimpont

Entre 1820 et 2007, une cinquantaine de contes ont été recueillis sur le massif forestier de Paimpont par des collecteurs dont les plus connus sont Émile Souvestre et Adolphe Orain. Depuis les années 1970, de nombreux conteurs se sont appropriés ce répertoire et le font vivre auprès d’un large public.

La quête d’une identité

Dès la fin du 18e siècle et surtout au cours du 19e siècle, partout en Europe, des minorités culturelles - Pays de Galles, Écosse, Bohème, Serbie, Hongrie, etc. - cherchent dans leur passé un prestige qu’elles peuvent opposer à leurs nouveaux maîtres. Une nouvelle génération d’auteurs, d’artistes, d’intellectuels, apparentée au mouvement romantique, se lance avec passion à la recherche des « origines ».

Remonter avec une telle détermination aux origines revenait à poursuivre un double but. Il s’agissait d’affirmer une identité enracinée dans la pureté naïve d’un âge d’or parce qu’il fallait préparer les fondements politiques de nations qui entendaient recouvrer la liberté en se défaisant du joug des tutelles étrangères. Il convenait également de ménager de nouveaux espaces littéraires pour les jeunes générations désireuses de s’affranchir des sources classiques.

BAZANTAY, Pierre, Celtisme et romantisme, Rennes, La part commune, 2012, 124 p. [pages 44-45]

En Bretagne, cette quête des origines se focalise sur les racines celtiques, interrogées à travers le prisme de la langue bretonne.

Pour la Bretagne, la question va s’actualiser sur un mode particulier. Le besoin d’origine commence à se manifester à l’orée du 19e siècle de façon lancinante : c’est la langue bretonne qui vient en raison de son statut intriguant de langue « autre » exiger que l’on fasse toute la lumière sur son passé. Les origines culturelles sont là de façon particulièrement cruciale.

BAZANTAY, Pierre, Celtisme et romantisme, Rennes, La part commune, 2012, 124 p. [page 58]

Intellectuels et érudits partent en quête du patrimoine oral et écrit. Le collectage et l’étude des contes populaires bretons jouent - avec l’étude de la Matière de Bretagne - un rôle majeur dans cette quête identitaire.

Il sortira de cette étude, j’en suis convaincu, des résultats inattendus et des éléments de comparaison précieux pour l’histoire, l’ethnographie et la mythologie comparées des peuples d’origine celtique. Nos contes populaires sont incontestablement plus anciens que nos chants ; ils sont aussi plus dans le courant des traditions anciennes et, en un mot, plus foncièrement celtiques.

LUZEL, François-Marie, « Contes et récits populaires des bretons armoricains », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 25, 1869, p. 103-108, Voir en ligne. Page 104

Ce collectage, commencé au début du 19e siècle, est principalement consacré à la partie bretonnante (Basse-Bretagne), censée avoir mieux conservé le passé celtique de la Bretagne.

Le pays gallo (Haute-Bretagne), auquel le massif de Brocéliande appartient, est dans un premier temps délaissé. La localisation de Brocéliande en forêt de Paimpont à partir des années 1820 va changer la donne. Des érudits attirés par sa renommée naissante vont s’y rendre et y voir un lieu de conservation de la transmission orale de la mémoire, propice au collectage.

1800-1825 — Les précurseurs de la quête de l’identité en forêt de Brocéliande

Dès le début du 19e siècle, quelques érudits s’intéressent aux légendes et traditions populaires de la forêt de Paimpont. Ces précurseurs mettent par écrit des histoires jusque-là transmises oralement.

1800 —L’abbé Guillotin

L’abbé Guillotin (1750-1814), prêtre réfractaire caché dans sa paroisse natale de Concoret durant la Révolution, est l’auteur du Registre de Concoret, manuscrit rédigé entre 1792 et 1800. —  GUILLOTIN, abbé Pierre-Paul, « Registre de l’abbé Guillotin », Concoret, 1791. —

La dernière partie du manuscrit, intitulée L’Histoire religieuse et civile de Concoret, comprend les plus anciennes transcriptions de légendes populaires du massif forestier de Brocéliande. L’abbé, devançant les travaux historiques de nombreux recteurs des 19e et 20e siècles, y évoque l’histoire des châtelains de Bellenton ou celle d’Éon de l’Étoile et du prieuré du Moinet.

1817-1821 — Jean-Côme Damien Poignand

Jean-Côme Damien Poignand (1761-1848) est l’un des principaux artisans de la localisation de Brocéliande en forêt de Paimpont. Dans son premier essai historique, daté de 1817, il évoque des légendes du massif forestier comme celle de la fontaine de Jouvence. —  POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur l’arrondissement de Montfort », 1817, 104 p. —

En 1820, Poignand édite ses théories sur les antiquités celtiques et romaines du nord de l’Ille-et-Vilaine dans un ouvrage qui reste sa principale contribution aux problématiques de son époque 1. L’érudit montfortais y évoque à son tour la figure d’Éon de l’Étoile.—  POIGNAND, Jean Côme Damien, Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul par Dinan et au retour par Jugon, Rennes, Duchesne, 1820, Voir en ligne. —

1825 — Le chanoine Mahé

En 1825, parait le premier ouvrage consacré à l’étude des mégalithes en Bretagne, monuments considérés, à cette époque, comme celtiques. Son auteur, le chanoine Mahé (1760-1831) y relate également quelques traditions de la forêt de Paimpont-Brocéliande, notamment celle d’Éon de l’Étoile. —  MAHÉ, chanoine Joseph, Essai sur les antiquités du département du Morbihan, Vannes, Galles aîné, 1825, Voir en ligne. —

1824-1879 — Les premiers collecteurs de contes populaires en forêt de Paimpont

À partir du milieu des années 1820, la renommée de la forêt de Paimpont - considérée depuis peu comme un ancien vestige de la forêt de Brocéliande - attire les érudits en quête de collectage. Hersart de la Villemarqué et Émile Souvestre, illustres inconnus à l’époque de leur venue à Paimpont, deviendront par la suite des figures majeures du collectage en Bretagne.

1824 — La légende de la mariée de Trécesson

La plus ancienne publication d’une légende populaire collectée en forêt de Paimpont date de 1824. Il s’agit de la légende de la Mariée de Trécesson publiée dans la revue romantique nantaise le Lycée Armoricain. Son auteur, qui signe sous le pseudonyme de A., écrit l’avoir collectée auprès du concierge du château —  ANONYME, « Le château de Trécesson », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 5-9, Voir en ligne. —

La Mariée de Trécesson
La Mariée de Trécesson
CALVEZ, Léone et CAOUISSIN, Herri, Légendes de Bretagne pour la jeunesse, Pleyber-Christ, Ronan, 1937

1837 — Hersart de la Villemarqué

Hersart de la Villemarqué (1815-1895) se rend en forêt de Paimpont en 1837. Âgé de 21 ans et encore inconnu, il fait le récit de son voyage dans un article de la Revue de Paris intitulé Visite au Tombeau de Merlin. Si La Villemarqué y évoque les œuvres arthuriennes liées à la fontaine de Barenton, il y collecte aussi les légendes locales auprès d’une vieille femme rencontrée en chemin.—  HERSART DE LA VILLEMARQUÉ, Théodore, « Visite au Tombeau de Merlin », Revue de Paris, Vol. 40, 1837, p. 45-62, Voir en ligne. —

1844 — Émile Souvestre

C’est à Émile Souvestre (1806-1854) que l’on doit la première véritable entreprise de collectage des contes de la forêt de Paimpont. L’auteur publie ses premiers écrits dans le Lycée Armoricain en 1824, en compagnie de Miorcec de Kerdanet et de Blanchard de la Musse. C’est certainement par leur intermédiaire qu’il adhère à leur théorie de « Brocéliande » en forêt de Paimpont.

De 1825 à 1827, [il] parcourait les divers pays de Tréguier, de Léon, de Cornouailles, de Vannes [...] pour écouter le soir, aux veillées des paysans, les légendes et les contes fantastiques de ces contrées superstitieuses. [...] Il n’oublia pas la mystérieuse et poétique forêt de Brocéliande [..] Souvestre rapporta de cette excursion des contes ravissants qui [...] formèrent bientôt un superbe livre qui s’appela « le Foyer Breton » [...]

ORAIN, Adolphe, « Les Traditionnistes de Bretagne », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 38, 1907, p. 145, Voir en ligne.

La dernière partie du Foyer Breton commence par une fiction intitulée « la Hutte du Sabotier ». Emile Souvestre y écrit :

Cette Forêt de Paimpont avait été la forêt de Brocéliande, si célèbre dans les romans de la Table-Ronde ; c’était là que se trouvaient le Val des Faux-Amants […] la Fontaine bouillante de Baranton […]

SOUVESTRE, Émile, Le foyer breton : contes et traditions populaires, Vol. 2, 1853, Bruxelles, Kiessling et Cie, 1844, Voir en ligne. Page 64

La hutte du Sabotier introduit Le diable devenu recteur, conte dont l’action se déroule à Concoret.

Le diable devenu recteur (Emile Souvestre)
Le diable devenu recteur (Emile Souvestre)
La rencontre entre Jésus et le diable au Bois du Loup par Octave Pinguilly dans l’édition Coquebert de 1844 du « Foyer Breton »

Le Foyer Breton, paru en 1844, connait une notoriété importante et ouvre la voie au courant folkloriste. Il influence notamment Ernest du Laurens de la Barre, Adolphe Orain et Paul Sébillot.

1842-1879 — Ernest du Laurens de la Barre

A partir de 1842 Ernest du Laurens de La Barre (1819-1881), grand collecteur de contes populaires bretons, s’intéresse à la forêt de Brocéliande. En préambule du conte intitulé La fée de Brocéliande, il explique son attirance pour la région. —  DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, « La fée de Brocéliande : légende bretonne », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 16, 1864, p. 285-294, Voir en ligne. —

On lui doit des contes populaires collectés à Tréhorenteuc et à Mauron. Le premier, L’homme emborné, parait dès 1842 dans Veillées de l’Armor.

L’homme emborné m’a été raconté, il y a déjà longtemps, par un vieux sorcier de Konkoret dans le Morbihan. […] dans un langage gallo, si je puis dire, dont je n’ai guère pu conserver que le sens exact, orné des traits principaux, empruntés à la verve rustique de mon barde.

DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, « L’homme emborné », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 40, 1876, p. 285-294, Voir en ligne.

Il est aussi l’auteur de trois contes parus dans Contes populaires de Bretagne en 1857 :

En 1879, il publie La fontaine de Barenton ou les deux souhaits dans Fantômes bretons.

1857 — Alfred Fouquet

Alfred Fouquet (1806-1875) collecte quelques contes et traditions populaires en périphérie de la forêt de Brocéliande. En 1857, il les fait paraitre dans le recueil Légendes, contes et chansons populaires du Morbihan, dans un chapitre intitulé Le Pays de Guer.—  FOUQUET, Alfred, Légendes, contes et chansons populaires du Morbihan, Vannes, Caudéran, 1857, Voir en ligne. —

Ce chapitre commence par une légende sur saint Gurval, fondateur de Guer. Il évoque ensuite les lutins du château de Coëtbo et termine par la légende de La bête de la Lohière, collectée à Loutehel.

1858 — L’abbé Oresve

L’abbé Oresve est l’auteur d’Histoire de Montfort et de ses environs publiée en 1858. Cette étude historique comprend plusieurs légendes et contes de la région de Montfort dont la Croix Robert, conte localisé dans le bois de Coulon, dans lequel un musicien est poursuivi par des loups.—  ORESVE, abbé Félix Louis Emmanuel, Histoire de Montfort et des environs, Montfort-sur-Meu, A. Aupetit, 1858, Voir en ligne. —

1867-1886 — Adolphe Orain

Adolphe Orain (1834-1918) est le plus prolifique collecteur de contes, légendes, chansons et traditions populaires de la forêt de Paimpont-Brocéliande. Il prospecte entre 1867 et 1886, sur les bords de l’Aff, à Campénéac, à Loutehel, à Plélan-le-Grand et à Paimpont notamment dans les villages du Cannée et de l’Abbaye-de-Telhouët.

L’idée me vint d’aller, à mon tour, errer à l’aventure dans les grands bois de Brocéliande, de suivre les sentiers capricieux du Val sans Retour et de Folle-Pensée, de parcourir les rives fleuries de l’étang du Pas-du-Houx, de visiter le château de Comper où le vieux maréchal d’Aumon fut blessé à mort, de découvrir le tombeau de Merlin et les fontaines de Jouvence et de Barenton. J’y recueillis mes plus beaux contes, la bûche d’or, la fée aux trois dents, le géant de la forêt. J’y entendis les chansons composées jadis par un ancien ouvrier des Forges : les filles des Forges de Paimpont, le grand loup du bois, le gars Mathurin.

ORAIN, Adolphe, « Les Traditionnistes de Bretagne », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 38, 1907, p. 145, Voir en ligne. Page 149
Adolphe Orain

Adolphe Orain considère la forêt de Paimpont comme un endroit privilégié pour le collectage de contes et légendes 2. Il y recueille une grande partie de ses contes populaires auprès de la famille Niobé du Cannée en Paimpont.

Quiconque voudra s’en donner la peine, recueillera des contes et des légendes tant qu’il en voudra dans cette partie de l’Ille-et-Vilaine et du Morbihan qui n’a pas été explorée par les folkloristes. Mais il y a une condition : le paysan ne dit pas ses histoires au premier venu. Il faut vivre dans son intimité, s’asseoir à son foyer, l’entretenir des choses du temps passé et provoquer ses confidences. Lorsque sa langue est déliée, il ne tarit plus [...] Il y a trente ans environ nous fîmes la connaissance d’une famille de cultivateurs demeurant au village du Cannée en pleine forêt, et dans cette seule maison, nous recueillîmes un grand nombre de contes, de légendes et de chansons.

ORAIN, Adolphe, « Les contes de l’antique forêt de Brocéliande », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 26, 1901, p. 180-186, Voir en ligne.

C’est notamment auprès de cette famille du Cannée qu’il collecte :

Il publie aussi deux autres contes de Brocéliande ainsi qu’une légende de Loutehel et une histoire du Thélin.

Adolphe Orain fait paraitre ces contes dans des revues ou dans des recueils entre 1870 et 1914. En 1880, il publie un livre dédié à Paimpont, Une excursion dans la forêt de Paimpont . —  ORAIN, Adolphe, Une excursion dans la forêt de Paimpont : Le conte de la bûche d’or - La chanson des filles des Forges, Rennes, L. Caillot, 1880, 12 p. —

1876 — Joseph Foulon-Ménard

Le Conte de Merlin publié en 1876 par Joseph Foulon-Ménard (1808-1879), est collecté dans la région de Brocéliande.

Pendant les premières années du siècle, le conte que l’on va lire se disait aux fileries d’hiver dans toutes les paroisses qui environnent la forêt de Penpont. Je l’avais entendu à Mauron dans ma petite enfance. (…) J’eus l’occasion de me le faire redire par une lingère à la journée, Véronique Paris, âgée alors de soixante-quatorze ans, qui le tenait de sa mère, comme elle repasseuse de coiffe et native de Talensac. Je l’écrivis sous sa dictée, le voici.

FOULON-MÉNARD, Joseph, « La tradition de Merlin dans la forêt de Brocéliande », in Mélanges historiques, littéraires, bibliographiques, Vol. 1, Nantes, Société des bibliophiles bretons et de l’histoire de Bretagne, 1878, Voir en ligne.

Ce collectage est le premier exemple d’un conte populaire breton comprenant des éléments anciens de littérature arthurienne liés au cycle de Merlin.

1895-1930 — Trois ecclésiastiques collecteurs de contes

L’intérêt pour le collectage et la publication de contes populaires bretons faiblit dans la première moitié du 20e siècle. Quelques contes et légendes locales ont cependant été publiées durant cette période par trois membres du clergé : Édouard Vigoland, curé de Talensac, François Cadic, curé de la paroisse bretonne de Paris et l’abbé Le Claire, aumônier du couvent de l’Action de Grâces de Mauron de 1900 à 1930.

1895 — Édouard Vigoland

Édouard Vigoland est l’auteur de trois légendes publiées en 1895, dans le dernier chapitre de son livre consacré à l’histoire de Montfort :

  • Dans la légende du chêne au Vendeur, les jeunes gens de Coulon en Montfort-sur-Meu, passant outre l’interdiction par les moines de festoyer au pied de l’arbre, sont emportés par l’enchantement d’un joueur de hautbois maléfique.
  • Dans la légende de la Grée saint Méen est évoquée l’origine sainte du mégalithe du Bois de Coulon en Montfort.
  • Dans Judicaël et le lépreux, Édouard Vigoland localise à Montfort un épisode miraculeux de la vie de saint Judicaël. —  VIGOLAND, Edouard, Montfort-sur-Meu : son histoire et ses souvenirs, Rennes, Hyacinthe Caillière, 1895. [pages 208-213] —

1899 - 1929 — François Cadic

François Cadic (1864-1929), curé de la paroisse bretonne de Paris est l’auteur de plusieurs contes localisés dans la région de Guer, collectés entre 1899 et 1929. Il écrit notamment :

  • Le ménage de la paix dont l’action se déroule à la Ville Boscher en Guer, publié en 1943. —  CADIC, François, Contes bretons sur douze métiers, Paris, Librairie Celtique, 1943, 284 p. —

1900-1930 — Abbé Le Claire

L’Abbé Le Claire (1853-1930) est aumônier du couvent de l’Action de Grâces de Mauron de 1900 à 1930. Cet érudit, féru d’archéologie et d’histoire locale, publie plusieurs articles ou ouvrages dans lesquels il évoque des légendes populaires de la région. Il mentionne notamment deux versions, celle de la légende de la vierge de Saint-Étienne de Guer et celle de Sainte Onenne de Tréhorenteuc.

… On raconte qu’étant sortie un jour avec quelques compagnes, dans la campagne voisine, elle rencontra un jeune seigneur qui voulut l’enlever pour l’épouser. Onenne jeta des hauts cris et des canes qui se trouvaient à proximité en firent autant et permirent à des soldats qui passaient près de là de venir au secours de la jeune fille et de la délivrer de son agresseur.

LE CLAIRE, abbé Jacques-Marie, « Au pays de Tréhorenteuc : découverte de ruines gallo-romaines et chrétiennes », Bulletin Archéologique de l’Association Bretonne, Vol. 39, 1927, p. 61-73, Voir en ligne. pages 72-73

1960-2007 — Nouveaux contes, nouveaux conteurs

L’intérêt pour les contes populaires renait en forêt de Brocéliande à partir des années 1960.

1960-1971 — Henri Thébault

Henri Thébault (1921-1986), maire de Mauron, originaire de « Folle Pensée » en Paimpont, est le premier collecteur de contes de l’après-guerre de la région de Brocéliande.

Dans un ouvrage paru en 1960, il publie plusieurs contes de la région de Mauron. —  THÉBAULT, Henri, Contes Folkloriques de France - Bretagne, Vol. 1, Angoulême, Rachelier, 1960. — Il réédite ces contes en 1971 dans un supplément au bulletin municipal de Mauron. —  THÉBAULT, Henri, « Contes & légendes de Brocéliande & du Porhoët », 30 jours en Brocéliande, Supplément juillet-août, 1971. —

Plusieurs de ces contes sont devenus des classiques du répertoire des conteurs de Brocéliande.

Le sonnou qui de la nuit ne chôma
Le sonnou qui de la nuit ne chôma
—  THÉBAULT, Henri, Contes Folkloriques de France - Bretagne, Vol. 1, Angoulême, Rachelier, 1960. [page 11] —
Jan Guichard

1977 — Jean Markale

À partir des années 1960, Jean Markale (1928-2008) publie de nombreux ouvrages qui le font connaitre. Grand vulgarisateur du monde celtique, il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de contes bretons. Il est attaché à la forêt de Paimpont par deux personnes : sa grand-mère originaire de Mauron et l’abbé Gillard de Tréhorenteuc. En 1977, il publie quatre contes localisés en forêt de Paimpont. —  MARKALE, Jean, Contes populaires de toutes les Bretagne, Rennes, Ouest-France, 1977. —

1982 — Patrick Lebrun

À partir du milieu des années 1970, le mouvement de renouveau de la culture gallèse remet le conte et la figure du conteur au cœur de la culture locale. Patrick Lebrun (1954-1994), conteur originaire de Saint-Malon-sur-Mel (Ille-et-Vilaine) et membre actif de ce mouvement en est le promoteur au niveau local. Il s’investit dans la vie associative, devient président des Amis du moulin du Châtenay, participe à l’organisation des Assemblées Gallèses en Brocéliande et acquiert une solide réputation de conteur traditionnel à l’échelle régionale.

En 1982, il édite un disque dans lequel il interprète en gallo cinq contes populaires de la région de Brocéliande. Chacun de ces contes est précédé d’un morceau de musique traditionnelle interprété par Jean Baron, Philippe Moisselin et Christian Le Mouée dit « Buraliste ». —  LEBRUN, Patrick, BARON, Jean, MOISSELIN, Philippe, [et al.], « Contes et musiques de Brocéliande », Mauron, 1982. —

En 1993, cinq contes classiques, adaptés par Patrick Lebrun sont publiés dans un recueil illustré par Hélène Roinel. —  ROINEL, Hélène, CALINDRE, Henri, HÉDÉ, Arsène, [et al.], Contes et Histoires du Pays Gallo, Le Ploërmelais, 1993. —

En 1999, six contes de Patrick Lebrun sont publiés à titre posthume dans un recueil de contes populaires de la région de Brocéliande, dont l’un, inédit, est intitulé Le pacte avec le diable. —  CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999. —

1979-1990 — Ernestine Lorand

Ernestine Lorand (1921-2008), née à Saint-Méen-le-Grand, passe sa jeunesse à Muel (Ille-et-Vilaine) et s’installe à Concoret (Morbihan) en 1968. Elle se met à écrire des textes en gallo à partir de 1978. Mais c’est véritablement à l’occasion des Assemblées gallèses organisées à Concoret de 1981 à 1987, qu’Ernestine Lorand, renouant avec la culture de son enfance, se découvre un talent de conteuse. En 1990, elle obtient la Bogue d’or à Redon, dans la catégorie « conteurs ».

Ernestine est l’auteure de cinq contes en gallo, transcrits par ses soins en français, dont la plupart intègrent la topographie et l’imaginaire de la forêt de Paimpont.—  LERAY, Christian et LORAND, Ernestine, Dynamique interculturelle et autoformation : une histoire de vie en Pays gallo, Paris, L’Harmattan, 1995, Voir en ligne. —

En 1999, deux de ses contes sont publiés en version bilingue gallo/français. —  CARREFOUR DE TRÉCÉLIEN, Contes et légendes de Brocéliande, Terre de Brume, 1999. —

En 2005, trois autres de ses contes sont édités dans un ouvrage consacré à son parcours de vie. —  LERAY, Christian et LORAND, Ernestine, Dynamique interculturelle et autoformation : une histoire de vie en Pays gallo, Paris, L’Harmattan, 1995, Voir en ligne. —

1989 — Hubert Mauguet

Mon petit chevreuil est un conte écrit par Hubert Mauguet (1918-2008) 3 en 1989. Ce conte, collecté à l’été 2007, est publié dans un ouvrage consacré aux charbonniers de la forêt de Paimpont. Il fait l’objet d’une adaptation par la conteuse Marie Tanneux lors des Rendez-vous avec la Lune en 2016. —  GLAIS, Pascal, GOOLAERTS, Laurent et CHENU, Frédéric, Charbonniers de Brocéliande : L’art de la fouée, Amis de la Bibliothèque de Paimpont, 2007, 86 p., Voir en ligne. [pages 82-83] —

Hubert Mauguet au café de la Guette
Hubert Mauguet au café de la Guette
Guy Larcher

Bibliographie

ANONYME, « Le château de Trécesson », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 5-9, Voir en ligne.

CALVEZ, Marcel, « Les lieux comme mémoire des représentations collectives. », in La Mémoire sociale. Identités et représentations sociales, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, p. 213-221, Voir en ligne.

DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, « La fée de Brocéliande : légende bretonne », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 16, 1864, p. 285-294, Voir en ligne.

DU LAURENS DE LA BARRE, Ernest, « L’homme emborné », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 40, 1876, p. 285-294, Voir en ligne.

HERSART DE LA VILLEMARQUÉ, Théodore, « Visite au Tombeau de Merlin », Revue de Paris, Vol. 40, 1837, p. 45-62, Voir en ligne.

LUZEL, François-Marie, « Contes et récits populaires des bretons armoricains », Revue de Bretagne et de Vendée, Vol. 25, 1869, p. 103-108, Voir en ligne.

MAHÉ, chanoine Joseph, Essai sur les antiquités du département du Morbihan, Vannes, Galles aîné, 1825, Voir en ligne.

ORAIN, Adolphe, « Les Traditionnistes de Bretagne », Revue de Bretagne, de Vendée et d’Anjou, Vol. 38, 1907, p. 145, Voir en ligne.

SOUVESTRE, Émile, Le foyer breton : contes et traditions populaires, Vol. 2, 1853, Bruxelles, Kiessling et Cie, 1844, Voir en ligne.


↑ 1 • Poignand cherche à démêler ce qui relève du latin et du celtique dans la quête des origines de la Bretagne.

↑ 2 • En 1868, Du Bois de Pacé, auteur du premier guide touristique consacré à la forêt de Paimpont-Brocéliande affiche un avis pessimiste sur les contes à collecter en Bretagne.

Qu’ils ne s’attendent pas à recueillir, de la bouche de paysans, des contes ou des légendes (…) le paysan de l’Ouest a oublié les contes de fées et les histoires de sorciers dont sa mère parlait jadis.

DU BOIS DE PACÉ, Brocéliande en deux journées, Guide du touriste à la forêt de Paimpont, Rennes, Typographie Alphonse Leroy fils, 1868.

Du Bois de Pacé ne possédait vraisemblablement pas le talent d’Adolphe Orain pour entrer dans les confidences des conteurs.

↑ 3 • Hubert Mauguet est né le 13 octobre 1918 à Paimpont. Il fut tour à tour aide charbonnier à 15 ans pour Jean Caro en 1933, carrier à Jacob en Paimpont, mouleur aux Forges de Paimpont, bûcheron, manœuvre à la gare de Rennes puis cageotier.